PAGE PAYSAGE

Accueil » Breton André » MÉMOIRE DES POÈTES: JINDRICH HEISLER (1914-1953), SUITE. (« ET LE GRILLON S’ÉTAIT ENDORMI », A. BRETON)

MÉMOIRE DES POÈTES: JINDRICH HEISLER (1914-1953), SUITE. (« ET LE GRILLON S’ÉTAIT ENDORMI », A. BRETON)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

janvier 2022
L M M J V S D
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Jindrich Heisler (1914-1953)

… IL y a quelques mois, nous évoquions dans Diérèse, puis ici, le tragique destin de Jindrich Heisler, plasticien et poète juif tchèque, ami de Toyen, mort prématurément d’une crise cardiaque. Bouleversé, André Breton consacre quelques lignes à son ami, le 13 janvier 1953, dans la revue surréaliste Médium. La tombe d’Heisler a disparu. Mais soixante-huit ans plus tard, les mots de Breton demeurent toujours aussi forts, émouvants.

PS: Pour lire, relire notre note biographique, cliquer sur le lien:

Le cimetière de Pantin est le plus grand de France.

 

   Le noir n’est pas si noir dit l’un (Paul Valéry) et l’autre parle de ces morts qu’il ne convient pas de pleurer pour la simple raison qu’ils n’ont jamais rien de commun avec la douleur (Apollinaire in Feu Alfred Jarry). Mais la vanité de ces propos devant le départ d’Heisler! Ce 6 janvier vers 3 heures, au cimetière de Pantin enfoui sous la neige, se dérobait jusqu’à l’idée d’un soleil autre qu’un coeur poignardé. 

   Cédons la parole à l’un de ceux qui n’étaient pas là et qui, placés devant la nouvelle foudroyante, ont pu d’autant mieux la tourner à l’exaltation de ce que Jindrich Heisler avait d’unique. De Rabat, le 8 janvier, Robert Benayoun écrit: Il va falloir que nous nous serrions pour que sa place, au lieu d’être prise, soit en chacun de nous – mais ce sens inné de l’harmonie graphique, qu’il possède à plus de titre qu’aucun d’entre nous, cette affinité chimique qu’il entretient avec les matières les plus subtiles et les moins définies, cet oeil incroyablement perfectionné qui apporte à chaque objet, à chaque vide entre les objets, la direction même qui lui manquait, ce don perpétuel de soi-même aux entreprises les plus perdues d’avance, voilà) ce qu’avec notre seule affection nous ne saurions remplacer. 

   De son arrivée en France en 1947 jusqu’à ces tous derniers jours, Jindrich Heisler a vécu intégralement pour le surréalisme. L’énumération de ses titres personnels dans la poésie, l’objet, les recherches de tous ordres, le film, serait plus loin que pour quiconque dépuiser l’étendue de son apport qui se voulut avant tout générateur d’action collective: c’est ainsi qu’il fut de 1948 à 1950 l’âme de Néon et jusqu’à ses derniers instants le plus grand enfanteur de projets que son génie lui soufflait le moyen de réaliser comme par enchantement. Sa perte, en ce sens, est illimitable. 

  Il a été enseveli portant sur lui son livre de prédilection: Gaspard de la Nuit en traduction tchèque. 

Médium numéro 3, janvier 1953. 

 

 

Sans titre, oeuvre de Jindrich Heisler, 1942.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

janvier 2022
L M M J V S D
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Catégories

Catégories

Statistiques du blog

  • 111 945 hits

Suivez-moi sur Twitter

%d blogueurs aiment cette page :