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« STATIONS AVANT L’OUBLI », DOMINIQUE LABARRIÈRE (1948-1991), Mai hors saison, 1996.

labarrière 1

STATION AVANT L’OUBLI VII

s’arrête se tait s’écoule

 

écume des vagues sur les

rochers revient aussi

un reflet du soleil

mouvement qui déjà

recommence

se tait

la voix

 

la voix monotone

 

l’œil perd tout pouvoir

oublie

s’arrêt le grand flux

des images

 

une mouette s’abandonne

au vent puis une autre

et une autre encore

et celle-ci

immobile

au-dessus des remparts

ou presque

 

s’arrête se tait s’écoule

cela

que nulle trace n’enserre

toujours ici et

jamais ici

 

claquement de cordages

contre un mât

une cloche sonne

 

voici

 

c’est

 

 

labarrière 2

Dominique Labarrière (1948-1991)

 

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ÉVÉNEMENTIEL D’OCTOBRE 2017

Chers amis,

  Sortons (pour une fois) d’Île-de-France, pour annoncer un évènement azuréen, avec l’exposition de notre amie Monique Marta, poétesse, peintre et animatrice/créatrice de la revue associative Vocatif, artiste dont nous avons déjà parlé sur « Page paysage ». J’ai moi-même composé pour l’occasion un bref texte de présentation, qui sera reproduit ici, sur le blog, très prochainement. Si vous êtes dans le Sud, venez donc admirer les toiles de Monique dans les locaux de la BNP, , 49 avenue Borriglione, 06100 NICE.

 

marta

Une toile/carte de Monique Marta

 

  Le 10 octobre, le poète, essayiste et collagiste lillois Patrick Lepetit, viendra dédicacer son pamphlet anti-célinien à la librairie libertaire, au 145 rue Amelot, 75011 PARIS (station Oberkampf), à partir de 19H30. Patrick, qui participe au catalogue collectif consacré à la peinture de Monique Marta (cf. plus haut), est en outre un spécialiste du surréalisme. Étant moi-même un admirateur du Docteur Destouches (du moins de ses œuvres), je ne manquerai pas d’être présent!

Site de l’atelier de création libertaire.

 

céline lepetit

L’ouvrage est vendu pour la modique somme de dix euros.

 

  Le 16 octobre paraîtra le nouveau Diérèse. Riche et varié, ce nouveau numéro, supervisé par Daniel Martinez, comportera, outre les textes de Pierre Dhainaut ou Jacques Ancet,  les interventions de votre serviteur, avec un nouvel épisode du « Tombeau des poètes », dans lequel j’évoquerai cette fois, toujours au Père-Lachaise, les figures de Sadegh Hedayat, Nusch Éluard, Germaine Dulac ou encore Guillaume Apollinaire (dans le désordre). Trois articles critiques de mon cru seront également présentés, et ultérieurement reproduits ici même. Pour commander le numéro, comme toujours, envoyer un chèque de 18,88 euros (comprenant les frais de port) à l’ordre de Daniel Martinez, 8 avenue Hoche, 77330 OZOIR-LA-FERRIÈRE. L’abonnement pour 4 numéros est de 45 euros.

Le blog de Daniel Martinez.

 

Diérèse 71

« La part belle », nouvel opus de « Diérèse ».

 

   Le traditionnel « Cénacle du Cygne » se tiendra sinon le dernier jeudi du mois, soit le 26 octobre, à partir de 20H30 au bar « La Cantada II », 13 rue Moret, 75011 PARIS (station Ménilmontant). Animée par Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, la soirée présente à la fois des poètes, des acteurs, des chanteurs et des danseurs. Votre serviteur s’y rend traditionnellement, lit parfois, ne lit pas d’autres fois. L’occasion de découvrir une scène ouverte, de nouveaux talents.

 

cantada II

Une scène ouverte, riche.

  Le samedi 21 octobre, à partir de 10h30, notre ami le poète Pascal Mora animera le « Café Poésie » de Meaux, une autre scène ouverte dédiée exclusivement au texte. Rendez-vous donc dans la salle Bulle de la médiathèque Luxembourg, espace C. Beauchart, 2 rue Cornillon, 77100 MEAUX. Chacun peut venir lire ses productions.

 

mora

Pascal Mora, auteur notamment d’Etoile nomade » et de « Paroles des forêts », deux recueils évoqués sur le blog.

 

 

BLOGORAMA 26: PIERRE KERROCH, UN VOYAGE ARMORICAIN

   Âgé de moins d’un peu plus de vingt-cinq ans, mais de moins de trente ans, le breton Pierre Kerroch est à la fois poète, réalisateur, et chansonnier. Nous avons présenté récemment son interview de Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, sur ce même blog. Laissons-lui la parole pour ce blogorama 26, dont le but est toujours et encore de découvrir, de faire découvrir. Gros travailleur, Pierre, qui vit aujourd’hui à Aubervilliers, reste un talent original et prometteur. À suivre, donc!

kerroch

Poète, je ramifie ma poésie à travers l’écriture, le cinéma, et la chanson.
J’ai écrit plusieurs recueils de poèmes, dont les plus récents : Les Extases Armoricaines, Les Lumières du Mont Royal, Les Noces du Roi-Jaguar, Triomphe de la Musique.
J’écris aussi des articles sur un blog et pour des revues, à propos de littérature, d’art, de philosophie, de mythologie, d’histoire.
J’élabore ma propre façon de faire du cinéma, que j’ai appelée la cinémagie, une sorte de mixe entre le cinéma et la magie du chaos. J’ai ainsi réalisé Armorika (40min, 2014), Les Lumières du Mont Royal (22min, 2015), et bientôt un long métrage intitulé ORGIE.
J’ai aussi joué dans divers courts-métrages, dont le dernier est Le Réveil (12min, 2016), réalisé par Hughes Puyau, où j’incarne le Joker dans l’univers de Batman/Superman (DC Comics).
J’ai aussi créé une chaîne YouTube, appelée « Cinémagie Créations », qui est aujourd’hui à environ 50 vidéos, d’une heure chacune en moyenne, 1000 abonnés, et 100.000 vues. J’y interview des auteurs dont j’ai envie de partager les propos : Edgar Morin, Michel Maffesoli, Dorian Astor, etc.
D’autre part je chante et compose des musiques et des chansons, y compris pour mes films.
Je suis un accro à la créativité, et je m’intéresse particulièrement à tous les états exubérants de l’être humain, à tout l’éventail des émotions extrêmes. Ce qui me nourrit est l’étrangeté, ce qui m’anime est le chaos, ce qui me définit est l’euphorie créatrice. L’extase est mon credo.

LE FESTIN MILLENAIRE (Blog de Pierre Kerroch)

La chaîne YouTube « Cinémagie » de Pierre Kerroch

« VIVRE C’EST OUBLIER QU’ON EST MORT », FABRICE MARZUOLO, éditions du Contentieux, Toulouse, 2017.

 

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Livre publié dans la ville rose par notre ami Robert Roman, avec une magnifique couverture du regretté Pascal Ulrich.

PAYSAGE DE BOUCHERIE

 

Ces gens laids du mois d’août et monstrueux de septembre

sages-femmes tranchées dans les haies d’aubépine

cerfs-volants d’enfants avec un couteau entre les dents

mères en ballon qui s’élèvent comme de la tripaille de ciel

du miel d’abeilles folles

des coulures de plaies sur la tête

il pleut de l’ivraie à perte de vue

le monde va comme une balle perdue

 

Un article sur le recueil, par Patrice Maltaverne.

ÉVÉNEMENTIEL DE SEPTEMBRE 2017

Chers amis, chers lecteurs,

   Juste trois évènements à annoncer en ce mois, grisâtre, de septembre 2017. Et trois évènements franciliens (de surcroît):

projos

  • Signalons tout d’abord les « Projos de Greta ». Deux projos pour le prix d’une, c’est possible ce mois-ci. Réalisatrice, chanteuse, Julie Chaux nous donne un double rendez-vous pour présenter les courts-métrages de jeunes créateurs généralement méconnus, débutants:
    – Lundi 11 septembre à 20h30 (précises) au cinéma Saint-André-des-Arts: « Une séance nommée désir », la crème de sa sélection de ces 5 dernières années, pour seulement 5€
    – Mardi 19 septembre dès 19h30 Au « Café de Paris » pour Les Projos de Greta, autour de la thématique « Arrêt sur mirage » (entrée gratuite).
    Au plaisir de vous y accueillir !

 

cénacle ruhaud

Votre serviteur au Cénacle du Cygne, fin août.

 

  • Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, le traditionnel « Cénacle du Cygne » se tiendra comme chaque dernier jeudi du mois, à la Cantada II, bar métal s’il en est, au 10 rue Moret, dans le onzième arrondissement (métro Ménilmontant ou Oberkampf). La thématique en sera les vampires. Et nous accueillerons notamment Jacques Sirgent, spécialiste des créatures et directeur/fondateur du musée de vampires, aux Lilas, ou encore Jean Hautepierre, Jean-Yves Gaudin, que nous avons déjà évoqués ici. Je n’interviendrai pas personnellement mais la programmation sera riche. Le jeudi 28 septembre à partir de 20h30, à la Cantada II.

meaux

  • Organisé cette fois par notre ami Pascal Mora, le prochain Café poésie de Meaux aura lieu le samedi 23 septembre à partir de 10h30 à la médiathèque Luxembourg (2 rue Cornillon, 77100 MEAUX, 01 83 69 00 90). Chacun peut lire et dire ses textes. Chaque rencontre sera dédiée à la lecture de quelques textes d’un poète renommé. Cette fois : Charles Baudelaire. Je pense être présent. N’hésitez donc pas à me contacter (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

 

« SISTER », EUGÈNE SAVITZKAYA (éditions L’œil d’or, 2017)

sisterIl ne peut avoir la paix. Un hélicoptère de chasse

le poursuit partout où il va. Il entent le terrible

vrombissement même dans le sommeil le plus

lourd. Les vibrations des pales de l’hélice heurtent

son cœur et habitent sa poitrine. Les pales de

l’hélice lui dévastent le ventre. Il sent que sa

verge sera bientôt hachée par les pales de l’hélice

de l’hélico qui le poursuit même la nuit, même

au cabinet, même au bureau de tabac. En plein

bois, sous le couvert des grands arbres, il entend

les saccades du moteur. Parfois, lorsqu’il en a la

force, il parvient à s’introduire dans l’habitacle

de l’appareil, à se glisser derrière les occupants

et alors il est sauvé et plus personne ne peut

l’atteindre. Il devient mince et dur comme une

feuille de mica. Mais après, il a un mal fou à

reprendre sa forme humaine, il a peur de s’effriter

de s’émietter comme du mica-schiste.

 

 

 

« LA VIE, L’AMOUR, LA MORT LE VIDE ET LE VENT ET AUTRES TEXTES » (ROGER GILBERT-LECOMTE, 1907-1944)

gilbert

LA BONNE VIE

Je suis né comme un vieux
Je suis né comme un porc
Je suis né comme un dieu
Je suis né comme un mort
Ou ne valant pas mieux

J’ai joui comme un porc
J’ai joui comme un vieux
J’ai joui comme un mort
J’ai joui comme un dieu
Sans trouver cela mieux

J’ai souffert comme un porc
J’ai souffert comme un vieux
J’ai souffert comme un mort
J’ai souffert comme un dieu
Et je n’en suis pas mieux

Je mourrai comme un vieux
Je mourrai comme un porc
Je mourrai comme un dieu
Je mourrai comme un mort
Et ce sera tant mieux

QUAND VIENDRA LE JOUR DU GRAND VENT

Le vent remue à peine à la pointe du ciel
Et grandissant en soi
Se pensant plus vivant
Et plus vaste et mouvant de l’instant en l’instant
Le vent effraye
La pointe de feu du ciel Peur

Ton cœur de marbre noir ô rose d’ombre ô nuit
Nourrit par sursauts étouffants trop brusqués
L’arbre tonnant de tes veines
Le spectre de corail de tes artères

Ton cœur sentant qu’on frôle en lui
Au centre cachée
La perle inconnue

Et voici le grand vent qui mêle les étages
De l’espace

Cap d’ombre au seuil des nuits d’où sortir météore
Va-et-vient d’arc-en-ciel sur le cristal du soir
Ce qui va ce qui vient c’est la hache des ailes
Décapitant l’espace ivre de lambeaux noirs
Chaos engloutissant les faces et les masques

C’est le moment du silence qui hurle Éclair
Un frisson de la terre engloutit les marées
Sous le vent des fantômes
La terre est parcourue du frisson de la mort

Aux plages hautes de l’étendue
Dans les antres d’éther du feu
Au roc bouillant céleste
Le grand vent des métamorphoses
Travaille les formes
Monstres multicolores hydres d’Arc-en-ciel
Etoiles de mer et de ciel
Etoiles d’air séparées de l’air par nulle membrane
Changeantes et multiformes idées

Quand le grand vent pénétrera
Nul ne sait la couleur que prendra la lumière
Sur l’aspect de prodige des beaux monstres créés
Quelle éclipse de peur quels incendies d’effroi
Le grand vent allumera
Aux espaces inférieurs où rôde le soleil
Roi des bas-mondes

Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent, et autres textes, préface d’Antonin Artaud, choix et présentation de Zéno Bianu, collection Poésie/Gallimard n°496, 2015, pp.34 et 89.

 

 

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Cimetière de Reims. Photographie de Saghi Sam

 

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