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Monthly Archives: décembre 2016

« L’HIVER QUI VIENT » (JULES LAFORGUE)

ensorBlocus sentimental ! Messageries du Levant !…
Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit,
Oh ! le vent !…
La Toussaint, la Noël et la Nouvelle Année,
Oh, dans les bruines, toutes mes cheminées !…
D’usines….

On ne peut plus s’asseoir, tous les bancs sont mouillés ;
Crois-moi, c’est bien fini jusqu’à l’année prochaine,
Tant les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés,
Et tant les cors ont fait ton ton, ont fait ton taine !…

Ah, nuées accourues des côtes de la Manche,
Vous nous avez gâté notre dernier dimanche.

Il bruine ;
Dans la forêt mouillée, les toiles d’araignées
Ploient sous les gouttes d’eau, et c’est leur ruine.

Soleils plénipotentiaires des travaux en blonds Pactoles
Des spectacles agricoles,
Où êtes-vous ensevelis ?
Ce soir un soleil fichu gît au haut du coteau
Gît sur le flanc, dans les genêts, sur son manteau,
Un soleil blanc comme un crachat d’estaminet
Sur une litière de jaunes genêts
De jaunes genêts d’automne.
Et les cors lui sonnent !
Qu’il revienne….
Qu’il revienne à lui !
Taïaut ! Taïaut ! et hallali !
Ô triste antienne, as-tu fini !…
Et font les fous !…
Et il gît là, comme une glande arrachée dans un cou,
Et il frissonne, sans personne !…

Allons, allons, et hallali !
C’est l’Hiver bien connu qui s’amène ;
Oh ! les tournants des grandes routes,
Et sans petit Chaperon Rouge qui chemine !…
Oh ! leurs ornières des chars de l’autre mois,
Montant en don quichottesques rails
Vers les patrouilles des nuées en déroute
Que le vent malmène vers les transatlantiques bercails !…
Accélérons, accélérons, c’est la saison bien connue, cette fois.

Et le vent, cette nuit, il en a fait de belles !
Ô dégâts, ô nids, ô modestes jardinets !
Mon coeur et mon sommeil : ô échos des cognées !…

Tous ces rameaux avaient encor leurs feuilles vertes,
Les sous-bois ne sont plus qu’un fumier de feuilles mortes ;
Feuilles, folioles, qu’un bon vent vous emporte
Vers les étangs par ribambelles,
Ou pour le feu du garde-chasse,
Ou les sommiers des ambulances
Pour les soldats loin de la France.

C’est la saison, c’est la saison, la rouille envahit les masses,
La rouille ronge en leurs spleens kilométriques
Les fils télégraphiques des grandes routes où nul ne passe.

Les cors, les cors, les cors – mélancoliques !…
Mélancoliques !…
S’en vont, changeant de ton,
Changeant de ton et de musique,
Ton ton, ton taine, ton ton !…
Les cors, les cors, les cors !…
S’en sont allés au vent du Nord.

Je ne puis quitter ce ton : que d’échos !…
C’est la saison, c’est la saison, adieu vendanges !…
Voici venir les pluies d’une patience d’ange,
Adieu vendanges, et adieu tous les paniers,
Tous les paniers Watteau des bourrées sous les marronniers,
C’est la toux dans les dortoirs du lycée qui rentre,
C’est la tisane sans le foyer,
La phtisie pulmonaire attristant le quartier,
Et toute la misère des grands centres.

Mais, lainages, caoutchoucs, pharmacie, rêve,
Rideaux écartés du haut des balcons des grèves
Devant l’océan de toitures des faubourgs,
Lampes, estampes, thé, petits-fours,
Serez-vous pas mes seules amours !…
(Oh ! et puis, est-ce que tu connais, outre les pianos,
Le sobre et vespéral mystère hebdomadaire
Des statistiques sanitaires
Dans les journaux ?)

Non, non ! C’est la saison et la planète falote !
Que l’autan, que l’autan
Effiloche les savates que le Temps se tricote !
C’est la saison, oh déchirements ! c’est la saison !
Tous les ans, tous les ans,
J’essaierai en choeur d’en donner la note.

« LES MORTS DE LA RUE » DANS « L’AMI DU 20ème »

launeChers lecteurs,

  J’avoue avoir hésité à en parler sur le blog, car il ne s’agit plus vraiment de littérature, de beaux-arts. J’ai évoqué « Les Morts de la rue » dans le dernier numéro (décembre) de L’Ami du 20ème, journal parisien local. Comme son nom l’indique, l’association accompagne SDF et errants dans leur dernier voyage, jusqu’au cimetière de Thiais. Je n’en dis pas trop. Le cas échéant, je peux vous envoyer, si vous le souhaitez, l’article en pièce jointe:

er10@hotmail.fr

Site de l’association « Les morts de la rue »

 

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« BONNE ANNÉE À TOUS! »

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  À chaque saison, le site de partage littéraire « Short édition » organise un concours de textes courts. Les internautes servent de comité de lecture, puisque chacun peut voter pour telle ou telle oeuvre. J’ai moi-même choisi de soutenir la nouvelle « Bonne année à tous! », petit conte humoristique que je vous laisse découvrir, en cliquant sur le lien:

La nouvelle « Bonne année à tous! », signée Nethou (cliquer sur le lien)

  Composée par un proche, cette brève, mais heureuse histoire, a quelque chose de délicieusement naïf et frais. Je vous encourage donc à la soutenir son auteur, en lui apportant votre suffrage. Pour cela, rien de plus simple: cliquez sur le lien ci-dessus et suivez la démarche indiquée sur le site. Et que le meilleur gagne!

« CANTATE/MACABRE » Stéphane Rizzi, suite et fin.

cantate-archipel

La qualité n’est certes pas très bonne, mais on peut ici reconnaître Anne Colson, Stéphane Rizzi, et Marc-Antoine Vaugeois.

Chers amis,

   J’en reviens au blog après une interruption somme toute assez longue, liée essentiellement à diverses avanies informatiques. Comme prévu, Cantate/macabre  a donc été présenté le 8 novembre (un mois déjà!), au cinéma « L’Archipel », dans le dixième arrondissement, dans le cadre de la programmation « A la rencontre », organisée par Marc-Antoine Vaugeois. La salle n’était pas comble mais bien pleine, et le public plutôt enthousiaste. En première partie, chacun a pu apprécier La disparition du chorégraphe, une oeuvre d’Anne Colson consacrée à la danse. A l’issue de la séance, j’ai pu discuter brièvement avec Isabelle Weingarten, auteure et réalisatrice, qui a notamment joué dans l’incroyable film de Robert Bresson, presque tout entier tourné vers le Pont-Neuf, Les quatre nuits d’un rêveur. Grande émotion, évidemment.

  Je ne peux, pour diverses raisons, diffuser Cantate/macabre sur « Page paysage ». Celui ou ceux d’entre vous qui souhaiteraient le voir (« to the happy few »), peuvent néanmoins me contacter, et je leur donnerai le lien, en précisant qu’il s’agit là d’un usage privé.

  er10@hotmail.fr

   Voilà. Et, selon la formule consacrée, avec un peu d’avance, bonnes fêtes à tous!

   Ci-joint un petit extrait (cliquer sur le lien). Une nouvelle fois, je suis très fier d’avoir même partiellement, contribué à cet étrange, et exigeant, moyen-métrage:

https://vimeo.com/193792813

PS: J’ai momentanément supprimé mon profil Facebook. J’y passe en effet trop de temps, et j’ai du pain littéraire sur la planche. Je reviendrai néanmoins dans quelques temps.

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