PAGE PAYSAGE

Accueil » 2020 » septembre

Archives Mensuelles: septembre 2020

POINT OMÉGA, Don DeLillo, traduit de l’américain par Marianne Véron, Actes Sud, 2010 (note de lecture parue dans « Diérèse » 51, Hiver 2010)

New York, MOMA (Museum of Modern Arts). Chaque jour, un inconnu vient visionner 24 hours Psycho, version ralentie du célèbre film d’Hitchcock, réalisée par le plasticien Douglas Gordon. Bien loin de là, dans le désert californien, Richard Elster, un vieil universitaire pessimiste spécialiste de géopolitique, répond de mauvais gré aux questions du jeune cinéaste marginal James Finley. Venue les rejoindre, Jessie, la fille d’Elster, échange diverses banalités avec Finley, avant de disparaître définitivement lors d’une randonnée. Pendant ce temps, le spectateur anonyme du MOMA discute avec une étudiante, sans parvenir à un contact réel.

            Que signifie ce bref et étrange roman ? Loin des vastes fresques historico-réalistes Americana ou Cosmopolis, Point Oméga apparaît comme une lente quête de sens, à travers des personnages eux-mêmes murés dans leur propre solitude, soumis aux affres de l’incommunicabilité. Perdu dans sa contemplation muette, le cinéphile ne réussit pas à nouer le moindre rapport avec le monde extérieur, et le visionnage obsessionnel de 24 hours Psycho ne lui fournit nulle réponse existentielle. De même, Richard et Jessie Elster n’établissent aucun véritable échange, et Finley n’arrive pas à se lier à eux. Progressivement, la conversation s’éteint pour laisser place à l’angoisse du vide.

            Reste, dès lors, la beauté des images et la pureté de l’évocation. À défaut de l’expliquer, de fournir une quelconque solution, Don DeLillo décrit le monde en phrases sobres, parfois lyriques, comme pour atténuer la souffrance et le désespoir : Parfois le vent vient avant la pluie et fait envoler les oiseaux devant la fenêtre, des oiseaux fantomatiques qui parcourent la nuit, plus étranges que des rêves (p. 139). Point Oméga, un livre profond, singulier et mélancolique.

LES VAMPIRES (création personnelle)

Illustration par Jacques Cauda.

Vastes chauve-souris du cauchemar.

  Leurs ailes font plusieurs mètres d’envergure. Couvert de fourrure rouge, rêche, leur corps s’achève par des pattes griffues. Plissées, pointues, leurs oreilles ultrasensibles leur permettent de repérer hommes ou animaux, de loin. Leurs yeux injectés confèrent un air de permanente férocité. Très développé, l’odorat leur permet de sentir les charognes à des kilomètres. En journée, on les voit ainsi sucer le sang des bêtes crevées dans la savane.

  L’attaque a lieu de nuit. Les vampires emportent leurs proies à travers les ténèbres. Habitant des cabanes troglodytes, les indigènes bouchent leurs entrées au moyen de cailloux, de végétaux, de bouse séchée, et disposent des pieux défensifs devant l’habitation. Toute sortie nocturne est également prohibée.

  lls arrivent parfois à attraper l’animal, au moyen de pièges compliqués, garnis de volailles ou de ruminants enchaînés. La chair à goût de faisan est consommée en méchoui, à l’occasion de fêtes. Les dents acérées servent de flèches, et le pelage d’habits. Tannées, les ailes font un excellent cuir, très recherché par les professionnels.

SORTIE D' »ANIMAUX » (mon propre travail)

Chers lecteurs,

Intitulé Animaux, publié chez Unicité et vendu 12 euros, mon quatrième livre sort donc le 15 octobre. Mon ancien professeur de khâgne, devenu ami, Jean Renaud, a accepté d’en écrire la préface. Jacques Cauda s’est chargé des illustrations. Je dédicacerai théoriquement le livre au marché de la poésie, ainsi que dans d’autres salons, en fonction des évènements (bien sûr).

Signalons par ailleurs la parution de Diérèse 79 le 20 octobre. La revue contiendra notamment mon article sur le poète dadaïste Jean Gaudry (1933-1991), ainsi que deux notes de lecture. J’y reviendrai.

JOYEUX ANNIVERSAIRE, PÈRE UBU! (et bonne année 148 Pataphysique aux abonnés!)

P

« LA GARDIENNE DE L’OEUF NOIR » (LEONOR FINI), série surréaliste.

ONFRAY? (Libre propos)

Je pratique Onfray depuis des années. J’ai lu notamment les deux premiers tomes de sa trilogie consacrée au devenir de l’Humanité, ainsi que son livre sur Houellebecq (qui le traite pourtant d’indigent graphomane dans La possibilité d’une île). J’ai rencontré l’homme sur mon lieu de travail, au Louvre, et l’ai trouvé fort sympathique. Pourtant je ne peux cacher mon scepticisme. Je ne parle pas uniquement de son mouvement politique, dont les contours me paraissent flous (battre Marine Le Pen, alors même qu’il défend des idées souverainistes et tient des positions proches de cette dernière et qu’Emmanuel Macron va de toute façon très certainement repasser…), mais de ses multiples contradictions. Je n’arrive plus à voir en lui la moindre ligne de pensée cohérente. Comme s’il évoluait en fonction des évènements et qu’il changeait de casquette, de cap, au gré du vent de l’actualité. Je continue à admirer Onfray, car j’aime les stakhanovistes littéraires, j’apprécie le fait qu’il gagne de l’argent grâce à la philosophie, mais je ne sais plus qui il est, quelle est sa ligne, quelle est sa profonde pensée. Un attrape-tout de génie?

VACANCES DU BLOG (libre-propos)

Chers amis, chers lecteurs,

Le blog est resté à l’arrêt quelques semaines pour des raisons purement techniques. Il ne s’agissait nullement de vacances, prises au mois d’août, avant la rentrée, mais d’un simple problème Internet, puisque ma box ne fonctionnait plus. « PAGE PAYSAGE » reprend son rythme de croisière en septembre. En espérant que vous avez tous passé un bel été!

ANGST 49

21762160-3-1522941539-728-673f02e37b-1523524718

%d blogueurs aiment cette page :