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BLOGORAMA 25: « KATATSUMURI NO YUME »

   Collègue et amie, Sandra B. anime un blog au nom compliqué, pour nous Européens, mais riche et varié.  Historienne de formation, comme précisé ci-dessous, et japonisante invétérée, la jeune journaliste mêle articles sur la gastronomie, sur la mode, ou encore sur la littérature et l’art, avec une préférence marquée pour la culture nippone. À consommer, donc, sans modération! Mais laissons la parole à la principale intéressée.

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   Le 13 août 2010, le petit Katatsumuri No Yume est sorti de sa coquille numérique pour parler culture, lifestyle et pop culture. Mais, avant de parler de sa croissance, je voudrais revenir sur sa genèse. Tout d’abord le nom : Katatsumuri No Yume qui signifie « Le Rêve de l’Escargot », mais avec la grammaire japonaise qui ne précise pas le nombre, on peut aussi dire le Rêve des Escargots, ou les Rêves des Escargots. J’aime bien cette idée de multiplicité et de flou et, à l’époque, je ne connaissais pas la symbolique de l’escargot en psychanalyse, mais finalement c’est un bon choix je pense.
   Quand j’ai lancé ce blog, je n’avais pas de ligne éditoriale précise, d’ailleurs je pense que je n’en ai toujours pas mais je voulais juste parler de ce qui m’intéressait, de la culture dans tous les sens avec des expositions, des animes, des mangas, des décryptages de tableaux et un peu tout ce qui me passe par la tête. A l’époque, j’écrivais mon premier mémoire de master d’histoire, j’avais besoin d’un espace d’expression plus libre et de délier ma plume loin de la sphère universitaire.
   Après sept ans passés à grandir ensemble, j’ai vu, à de multiples reprises, le Katatsu prendre son envol puis retourner hiberner dans sa coquille, n’ayant pas pu le nourrir régulièrement. Mais aujourd’hui, l’envie et les possibilités de partage sont plus grandes et je suis ravie de voir les réactions de mes lecteurs. Un cercle vertueux s’installe attisant ma curiosité, ma confiance en moi et ma volonté d’ouverture.

Katatsumuri no Yume, le blog

ÉVÉNEMENTIEL (TARDIF) DU MOIS D’AOÛT 2017

  Étant parti une dizaine de jours en vacances (comme précisé plus bas), je n’ai pu rédiger le traditionnel, et mensuel, événementiel pour ce mois d’août 2017. Peu de choses à évoquer, car les gens sont généralement partis.

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  Comme indiqué sur l’affiche ci-dessus, mon ami Gilles Broussaud réalisera une des performances dont il est familier vendredi soir à Belleville, dans le cadre d’un vernissage dont pour l’heure je ne sais rien. Venez et découvrez! Nous serons de la partie.

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  Animé par Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, le traditionnel Cénacle du Cygne, où se mêle danse, poésie, magie, cinéma et théâtre, se tiendra le 24 août au bar « La Cantada II, 10 rue Moret, 75011 PARIS (métro Ménilmontant), à partir de 20h30. Nous y serons là encore présent.

RÉFLEXION LITTÉRAIRE 8: « COURRIER DES LECTEURS »

   Lecteur actif de « Page paysage », un camarade de faculté nous a laissé il y a quelques semaines un commentaire fort intéressant, à propos du travail littéraire et de la solitude, nécessaire à la création. Je le reproduis ici tel quel, en espérant que chaque auteur, ou chaque artiste, en prenne de la graine. Votre serviteur compris!

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Statue de Franz Kafka, Prague.

Au hasard:
Kafka : « Vous ne devez pas quitter votre chambre. Restez assis à votre table et écoutez. Vous n’avez même pas besoin d’écouter, attendez simplement, apprenez juste à être calme, et immobile, et solitaire. Le monde va s’offrir librement à vous afin que vous le dévoiliez. Il n’a pas le choix ; il roulera extatiquement à vos pieds. »
Picasso : « Sans grande solitude, aucun travail sérieux n’est possible. »
Goethe : « On peut être instruit par la société, mais on ne peut être inspiré que par la solitude. »
« Y a-t-il des règles à suivre pour être créatif? Dans son livre Daily Rituals. How Great Minds Make Time, Find Inspiration, and Get to Work, Mason Currey s’est amusé à répertorier les habitudes de plus de 150 personnalités. Bilan de ce curieux catalogue? Qu’ils soient compositeurs, peintres, architectes, dramaturges, scientifiques, écrivains ou encore poètes, les génies nourrissent tous leur fibre créative à grand renfort de routines bien calibrées.
Gustave Flaubert, par exemple, annonçait tous les matins son réveil à 10 heures précises en faisant sonner une cloche. Ses domestiques lui apportaient alors le journal, un verre d’eau, sa pipe et son courrier. Après avoir parcouru la presse, il toquait au plafond, signe qu’il était temps pour sa mère de le rejoindre dans sa chambre pour causer. En véritable forçat de l’écriture, l’auteur de Madame Bovary travaillait par ailleurs 12 heures par jour selon une routine bien réglée: après avoir tracé une phrase sur un manuscrit placé en hauteur sur un pupitre de musique, l’écrivain allumait sa pipe, se renversait sur son siège et contemplait les mots dans une atmosphère enfumée. Au bout d’un quart d’heure, il supprimait une virgule inutile. Au second quart d’heure, il remplaçait un mot inadapté. Après 45 minutes, il effaçait le tout et recommençait à zéro.
Doté d’une conscience aiguë de l’écoulement du temps, Benjamin Franklin segmentait quant à lui ses journées. Selon son scheme of order, une «charpente temporelle» qui trace le plan de la journée idéale, la bonne heure du lever est 5 heures du matin et celle du coucher 22 heures. Dans l’intervalle, l’inventeur du paratonnerre partageait ses journées entre le travail, auquel il consacrait 6 heures (de 8 à 11 heures et de 14 à 17 heures), la lecture (à midi), la musique et les divertissements (de 18 à 21 heures), et les repas. Convaincu des vertus de l’air frais, il travaillait nu tous les matins pendant une heure dans sa chambre, un rituel qu’il nommait le «bain froid» et qui était destiné à fortifier son corps et son esprit. Enfin, toutes ses journées débutaient et s’achevaient par deux questions: «Que vais-je faire de bien aujourd’hui?» et «Qu’ai-je fait de bon aujourd’hui?».
Eté comme hiver, Karl Marx se rendait à 9 heures à la salle de lecture du British Museum, qu’il ne quittait qu’à la fermeture, à 19 heures. Sa soirée était ensuite occupée à de nouvelles heures de travail intensif.
Solitude, grande discipline… SOLITUDE!
Distinguer solitude et isolement je vous prie! Quant à l’ego, que penser de l’intériorité – de l’enfant???
Laissons le dernier mot (du moins pour l’instant car les mondanités terrestres m’appellent!) à un contact, un poète plutôt, je veux dire un poète majeur…qui a donné ce conseil très clair:
« Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne – c’est à cela qu’il faut parvenir. Etre seul comme l’enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l’enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s’en affairent et que l’enfant ne comprend rien à ce qu’elle font. S’il n’est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d’être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. (…) Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d’évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l’enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien. »
Désolé pour ce long commentaire un peu bardé d’autorités…alors qu’il est question de création… mais toute création dialogue avec toute la CREATION…
Romantisme que tout cela?

 

ZENTRALEUROPA

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CRACOVIE, EN STAN SMITH, LE NEZ DANS LE ROUTARD

 

Chers lecteurs,

   La compagnie allemande Flixbus propose cinq voyages partout sur le vieux Continent pour 99 euros. Loin de moi l’idée de leur faire de la publicité, mais l’occasion était trop belle pour quitter Paris. Votre serviteur vient donc de faire 4000 kilomètres en car, parcourant ainsi six pays, s’arrêtant dans quatre villes différentes (Prague, Cracovie, Budapest et Munich), d’auberge de jeunesse en auberge de jeunesse, le tout en onze jours et pour un coût relativement modeste. Semblable balade n’aurait pas été possible tout seul, évidemment (ou, disons, cela aurait été plus difficile), mais laissons ma vie privée de côté. Plusieurs textes relatifs à ce périple seront publiés sur le blog. Pour qui n’a pas beaucoup d’argent, aime la culture, la gastronomie, et désire fuir les destinations touristiques, je ne saurais trop conseiller l’Europe centrale. L’accueil y est globalement chaleureux, et le dépaysement garanti. Vous y trouverez la montagne, et, à défaut de mer, de grands lacs où se baigner, des thermes.

  Nous voici donc de retour!

Bonne fin de vacances à toutes et à tous, bonne reprise pour ceux qui travaillent,

Amicalement, en poésie,

ETIENNE RUHAUD

RÉFLEXION LITTÉRAIRE 7: UN ENTRETIEN AVEC MARC-LOUIS QUESTIN

  Poète, essayiste, animateur de la revue Salamandre, éditeur chez Eleusis, créateur du spectacle du « Cénacle du Cygne » auquel je participe chaque dernier jeudi du mois, Marc-Louis Questin nous livre ici ses réflexions littéraires et personnelles, depuis sa maison de Brunoy, dans l’Essonne. Une interview passionnante, réalisée par « Cinémagie créations », une chaîne YouTube créée par le jeune artiste breton Pierre Kerroch, à découvrir et explorer!

CINÉ-CLUB 3: « MÉLIÈS » PAR GEORGES FRANJU

   Nous avons parlé de Georges Méliès dans notre dernier numéro des « Mémoires des poètes », au début du mois. L’occasion pour nous de présenter ce magnifique court-métrage de Georges Franju (1912-1987), cinéaste inhumé à Dourdan, dans l’Essonne, et dont nous aurons l’occasion de reparler fréquemment, tant il reste lié, dans l’esprit, à l’esthétique surréaliste.

« LA VIE, L’AMOUR, LA MORT LE VIDE ET LE VENT ET AUTRES TEXTES » (ROGER GILBERT-LECOMTE, 1907-1944)

gilbert

LA BONNE VIE

Je suis né comme un vieux
Je suis né comme un porc
Je suis né comme un dieu
Je suis né comme un mort
Ou ne valant pas mieux

J’ai joui comme un porc
J’ai joui comme un vieux
J’ai joui comme un mort
J’ai joui comme un dieu
Sans trouver cela mieux

J’ai souffert comme un porc
J’ai souffert comme un vieux
J’ai souffert comme un mort
J’ai souffert comme un dieu
Et je n’en suis pas mieux

Je mourrai comme un vieux
Je mourrai comme un porc
Je mourrai comme un dieu
Je mourrai comme un mort
Et ce sera tant mieux

QUAND VIENDRA LE JOUR DU GRAND VENT

Le vent remue à peine à la pointe du ciel
Et grandissant en soi
Se pensant plus vivant
Et plus vaste et mouvant de l’instant en l’instant
Le vent effraye
La pointe de feu du ciel Peur

Ton cœur de marbre noir ô rose d’ombre ô nuit
Nourrit par sursauts étouffants trop brusqués
L’arbre tonnant de tes veines
Le spectre de corail de tes artères

Ton cœur sentant qu’on frôle en lui
Au centre cachée
La perle inconnue

Et voici le grand vent qui mêle les étages
De l’espace

Cap d’ombre au seuil des nuits d’où sortir météore
Va-et-vient d’arc-en-ciel sur le cristal du soir
Ce qui va ce qui vient c’est la hache des ailes
Décapitant l’espace ivre de lambeaux noirs
Chaos engloutissant les faces et les masques

C’est le moment du silence qui hurle Éclair
Un frisson de la terre engloutit les marées
Sous le vent des fantômes
La terre est parcourue du frisson de la mort

Aux plages hautes de l’étendue
Dans les antres d’éther du feu
Au roc bouillant céleste
Le grand vent des métamorphoses
Travaille les formes
Monstres multicolores hydres d’Arc-en-ciel
Etoiles de mer et de ciel
Etoiles d’air séparées de l’air par nulle membrane
Changeantes et multiformes idées

Quand le grand vent pénétrera
Nul ne sait la couleur que prendra la lumière
Sur l’aspect de prodige des beaux monstres créés
Quelle éclipse de peur quels incendies d’effroi
Le grand vent allumera
Aux espaces inférieurs où rôde le soleil
Roi des bas-mondes

Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent, et autres textes, préface d’Antonin Artaud, choix et présentation de Zéno Bianu, collection Poésie/Gallimard n°496, 2015, pp.34 et 89.

 

 

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Cimetière de Reims. Photographie de Saghi Sam

 

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