PAGE PAYSAGE

Accueil » Non classé

Archives de Catégorie: Non classé

ANGST 11/09

DÉCADE II, DUODI DE FLORÉAL DE L’AN 229 DE LA RÉVOLUTION, FÊTE SAINFOIN.

MÉMOIRE DES POÈTES: MICHEL ZIMBACCA (1924-2021)

Me suis rendu, ce matin, à l’enterrement de Michel Zimbacca, 96 ans, à Pantin (mes récentes pérégrinations n’ont aucun rapport). La cérémonie, rythmée par la musique de Louis Armstrong, fut sobre et émouvante, et les cieux devaient rester cléments. En 2008, peu après mon arrivée à Paris, je fréquentais le groupe surréaliste en compagnie de Marie-Dominique Massoni, Pierre-André Sauvageot et de Guy Girard, qui devint un copain. J’étais un peu intimidé, et Michel Zimbacca, en grand aîné, se montra à la fois accueillant et chaleureux, m’encourageant à lire mes contes animaliers. Je ne suis hélas jamais parvenu à faire son interview. A la fois cinéaste professionnel (il travaillait pour EDF), poète et plasticien, l’homme a connu la grande période du surréalisme: Breton, Peret, etc. Hélas il évoquait peu le passé, parlant peu de ses voyages en Amérique latine. On lui doit notamment L’invention du monde, film ressorti en DVD. J’en reparlerai.

(On reconnaît Michel Zimbacca (cf. post précédent), tout à fait au fond, au deuxième rang, posant sa main sur l’épaule d’une belle jeune femme blonde. A ses côtés, Clovis Trouille puis Juan Andralis. Remarquons également, adossé à la colonne, un certain Julien Gracq. Au premier rang, Man Ray, une jeune femme inconnue (donc), Max Ernst, Alberto Giacometti, André Breton, Benjamin Peret et Toyen. Le jeune homme souriant au deuxième rang est Jean-Pierre Duprey. Juste au-dessus de Toyen, Simon Hantaï et Wilfredo Lam tenant une pipe)

« AUTOPORTRAIT EN ÉRECTION – ÉPERON D’AMOUR » – VERS 1965- PIERRE MOLINIER (surréalisme)

JENSEITS VON GUT UND BÖSE (Par-delà Bien et Mal)

Obscène? Décadent? Putàclick? Le Bordelais Pierre Molinier (Agenais en réalité, mais peu nous chaut), choqua jusqu’à André Breton qui l’accusait de proxénétisme, et qui demeurait farouchement homophobe (Dieu merci, la culture du Bien ne l’a pas encore censuré). Molinier, qui eut des relations féminines, et dont la fille tenait un bar en banlieue, aimait se travestir, et provoquer. Suicidé en 1976, il avait demandé à ce que son corps soit légué à la science.

Facebook m’a censuré suite à la publication des photographies ci-dessous. Mon but n’était pas de faire le buzz, mais simplement d’appliquer une liberté totale à la création artistique, en l’occurrence surréaliste. Le mouvement, c’est Magritte, les « chantefables » de Desnos, mais c’est aussi Sade, l’angoisse, et le déferlement du refoulé.

POINT OMÉGA, Don DeLillo, traduit de l’américain par Marianne Véron, Actes Sud, 2010 (note de lecture parue dans « Diérèse » 51, Hiver 2010)

New York, MOMA (Museum of Modern Arts). Chaque jour, un inconnu vient visionner 24 hours Psycho, version ralentie du célèbre film d’Hitchcock, réalisée par le plasticien Douglas Gordon. Bien loin de là, dans le désert californien, Richard Elster, un vieil universitaire pessimiste spécialiste de géopolitique, répond de mauvais gré aux questions du jeune cinéaste marginal James Finley. Venue les rejoindre, Jessie, la fille d’Elster, échange diverses banalités avec Finley, avant de disparaître définitivement lors d’une randonnée. Pendant ce temps, le spectateur anonyme du MOMA discute avec une étudiante, sans parvenir à un contact réel.

            Que signifie ce bref et étrange roman ? Loin des vastes fresques historico-réalistes Americana ou Cosmopolis, Point Oméga apparaît comme une lente quête de sens, à travers des personnages eux-mêmes murés dans leur propre solitude, soumis aux affres de l’incommunicabilité. Perdu dans sa contemplation muette, le cinéphile ne réussit pas à nouer le moindre rapport avec le monde extérieur, et le visionnage obsessionnel de 24 hours Psycho ne lui fournit nulle réponse existentielle. De même, Richard et Jessie Elster n’établissent aucun véritable échange, et Finley n’arrive pas à se lier à eux. Progressivement, la conversation s’éteint pour laisser place à l’angoisse du vide.

            Reste, dès lors, la beauté des images et la pureté de l’évocation. À défaut de l’expliquer, de fournir une quelconque solution, Don DeLillo décrit le monde en phrases sobres, parfois lyriques, comme pour atténuer la souffrance et le désespoir : Parfois le vent vient avant la pluie et fait envoler les oiseaux devant la fenêtre, des oiseaux fantomatiques qui parcourent la nuit, plus étranges que des rêves (p. 139). Point Oméga, un livre profond, singulier et mélancolique.

JOYEUX ANNIVERSAIRE, PÈRE UBU! (et bonne année 148 Pataphysique aux abonnés!)

P

« LA GARDIENNE DE L’OEUF NOIR » (LEONOR FINI), série surréaliste.

ONFRAY? (Libre propos)

Je pratique Onfray depuis des années. J’ai lu notamment les deux premiers tomes de sa trilogie consacrée au devenir de l’Humanité, ainsi que son livre sur Houellebecq (qui le traite pourtant d’indigent graphomane dans La possibilité d’une île). J’ai rencontré l’homme sur mon lieu de travail, au Louvre, et l’ai trouvé fort sympathique. Pourtant je ne peux cacher mon scepticisme. Je ne parle pas uniquement de son mouvement politique, dont les contours me paraissent flous (battre Marine Le Pen, alors même qu’il défend des idées souverainistes et tient des positions proches de cette dernière et qu’Emmanuel Macron va de toute façon très certainement repasser…), mais de ses multiples contradictions. Je n’arrive plus à voir en lui la moindre ligne de pensée cohérente. Comme s’il évoluait en fonction des évènements et qu’il changeait de casquette, de cap, au gré du vent de l’actualité. Je continue à admirer Onfray, car j’aime les stakhanovistes littéraires, j’apprécie le fait qu’il gagne de l’argent grâce à la philosophie, mais je ne sais plus qui il est, quelle est sa ligne, quelle est sa profonde pensée. Un attrape-tout de génie?

VACANCES DU BLOG (libre-propos)

Chers amis, chers lecteurs,

Le blog est resté à l’arrêt quelques semaines pour des raisons purement techniques. Il ne s’agissait nullement de vacances, prises au mois d’août, avant la rentrée, mais d’un simple problème Internet, puisque ma box ne fonctionnait plus. « PAGE PAYSAGE » reprend son rythme de croisière en septembre. En espérant que vous avez tous passé un bel été!

MARABOUTISME (libre propos)

barbès

   …Quand j’habitais le XVIIIème, j’étais généralement sollicité parles marabouts distribuant leur carte de visite à la sortie du métro Barbès (du moins ceux qui ne me prenaient pas pour un keuf en civil). En soi, cela ne me paraît pas plus absurde que les voyantes, dont certaines furent, dit-on, consultées par l’Élysée. Reste que le grand maître spirituel A. a publié le message commercial suivant dans le groupe Facebook « Surréalisme(s) » (un an d’existence, déjà!).

Bonjour, bonsoir mes très chers!
Attention!attention!attention! Encore de retour le grand maître spirituel clairvoyant A. du BENIN mets à votre disposition ses produits secret de richesse et chance.
*porte-monnaie magique pour la multiplication de l’argent quelques soit la monnaie utilisée dans votre pays; valise magique ; calebasse magique ; le retour d’affection rapide dans les couples séparés depuis des années, savon de chance, problème de justice résolu.ainsi que d’autres travaux disponible.
Les produits seront récupérer par la DHL pour les clients qui sont à l’extérieur. Merci que la bénédiction soit avec vous.
Téléphone :+XXX
Whatsapp :+XXX

   En soi, je ne peux lui reprocher de vendre sa came charlatanesque, mais j’ai dû me résoudre à le bannir du groupe après avoir effacé ledit message, car cela ne rentre pas dans le cadre de nos activités. Alors certes, on m’opposera l’intérêt profond de Breton ou Leiris pour l’Afrique, ainsi que le versant occulte du surréalisme… J’ai préféré néanmoins trancher dans le vif, tout en rigolant bêtement, quinze minutes durant, devant l’écran de mon PC. Je rigolerai peut-être moins s’il me jette un sort. La plaisanterie n’est guère de mise sur de tels sujets.

%d blogueurs aiment cette page :