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DONATIEN ALPHONSE FRANCOIS

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   Ci-gît un adolescent qui mourut poitrinaire: vous savez pourquoi Ne priez pas pour lui (Lautréamont, Maldoror). C’est donc ici, sous ce foyer de l’enfance, que repose Sade. Interné sur ordre de Bonaparte à l’hospice de Charenton, l’écrivain montait des pièces avec les fous. Il demanda, comme ultime volonté, qu’on ne plante pas de crucifix sur sa tombe. La chose lui fut refusée. Ensuite, le cimetière disparut. Innocents bambins, qui gambadez sur le corps du divin marquis!

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SURRÉALISME 34: JORGE BANDEIRA, PATAPHYSIQUE (MADE IN BRASIL)

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Mon ami pataphysicien brésilien, Jorge Bandeira, originaire de Manaus, a judicieusement repris mon portrait Facebook pour compléter son calendrier pataphysique (Alfred Jarry ayant créé un calendrier spécifique, ubuesque, au cours de sa brève existence). J’envoie des éditions françaises d’Ubu à Jorge, dans le Nordeste, et il me renvoie ses travaux, grosso modo. C’est donc avec plaisir que je vous présente son travail sur cette page, lui disant MERDRE!

PS: Et avouez que je fais quand même plus jeune sur la photo…

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CULTES ANTIQUES (réflexion)

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   Il y a deux ou trois ans, nous visitions; mon ami Laurent D. (afghanologue patenté) et moi-même, le temple de Mormon qui venait d’ouvrir au Chesnay, non loin de Versailles. Aucune perspective d’adhésion à ce culte très anglo-saxon, très « brite », naturellement. L’événement avait été vendu par BFM TV, la chaîne ayant précisé que les Saints des Derniers jours n’étaient pas à proprement parler une secte, et qu’un ancien candidat républicain était venu spécialement des USA pour visiter le lieu. Je me demande si le nouveau centre de scientologie, qui vient d’ouvrir dans la très communiste ville de Saint-Denis, a coûté plus cher encore que cet espèce de truc en marbre blanc, assez réussi je dois le dire (bénitier géant porté par des bœufs, fausses toiles impressionnistes, comme s’il s’agissait d’une religion en toc, le tout pour 80 millions d’euros). Ca ressemble un peu au siège de l’Humanité imaginé par Niemeyer, avec cette volonté de se fondre dans le paysage. Je n’irai pas le visiter, car les techniques de manipulation mentale des scientologues m’inquiètent, et parce que je n’ai jamais pu supporter Tom Cruise. Reste que cette résurgence de croyances américaines à gros budget a quelque chose de troublant. Un peu comme la profusion de délires variés dans la Rome décadente, une sorte de résurgence antique.

ANGST 33

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BORIS BOUIEFF (1925-1979)

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   La mémoire de Boris Bouieff (1925-1979), qui fut critique et ami de François Mauriac, se perd donc au cimetière de Pantin, où sa tombe, pourtant indiquée sur le plan, demeure à ras le sol. Descendant de la famille impériale russe, l’homme, qui vécut en Afrique du Nord, puis en métropole, fut envoyé à Buchenwald pour faits de résistance et en rapporta l’affection pulmonaire qui devait le mener de sanatorium en sanatorium. On lui doit des textes poignants, et une conversion sincère, un peu naïve, au catholicisme. Peu d’éléments, sinon ceux glanés au fil des archives. Je sais qu’il vécut à Paris, oû il écrivit Pays de rigueur, et qu’il y mourut en 1979. J’ai également contacte l’association des anciens déportés basée à Montreuil, qui ignorait son parcours, pour leur livrer quelques données.

histoire

SURREALISTES 31: « RASSEMBLER CE QUI EST EPARS » (JULES PERAHIM)

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« COMMENT ÉCRIRE UN LIVRE QUI FAIT DU BIEN? », DENIS MONTEBELLO, LE TEMPS QU’IL FAIT, 2018. (article précédemment paru dans « Diérèse » 75, hiver-printemps 2019, et sur le site d' »Actualité Nouvelle-Aquitaine »)

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   Tous les deux comme trois frères, Le cactus car il capte, Ce vide lui blesse la vue… Il semble décidément que Denis Montebello ait la magie des titres. Délibérément racoleur, ou plutôt ironique, celui‐ci évoquerait davantage la grosse artillerie littéraire, l’un de ces volumes didactiques publiés chez First (L’Histoire de France pour les nuls, etc.), qu’un ouvrage subtil, sensible, publié au Temps qu’il fait. L’auteur s’en explique, assume son choix dès le second chapitre, pour nous offrir une liste glanée sur Internet, généralement de respectables livres de gare, parmi lesquels Le philosophe qui n’était pas sage. Parmi eux, essentiellement des livres à l’effet feel‐good garanti (p.9), soit des récits pour vous évader, vous aérer l’esprit sans sortir de chez vous (idem).

   Loin de constituer un manuel de creative writing, avec des recettes pour générer des ventes, Comment écrire un livre qui fait du bien ? aurait de quoi déconcerter l’amateur de thrillers ou de romans sentimentaux. Ce dernier serait en droit de protester, de hurler à la tromperie, d’exiger un remboursement. Nulle histoire de tueurs en série, de flic incorruptible ou de périple amoureux en Asie, ici, mais bien plusieurs récits qui s’entrecroisent, selon un art de la fugue propre à l’écrivain, qui enchaîne diverses pistes, comme s’il voulait se perdre, et nous perdre, dans la forêt de sa mémoire. Diverses réminiscences affluent ainsi : des voyages en TGV, des rencontres avec d’autres prosateurs, ou tout simplement des souvenirs livresques et cinématographiques qui s’entremêlent au fil de chapitres eux‐mêmes élégamment titrés : «Un roman d’une longueur raisonnable», «Le rôle de la titrisation dans la contagion de la crise financière», etc.

   Conscient de sa propre difficulté à élaguer l’arbre textuel, l’homme évoque en filigrane un mystérieux feuillu, de ceux dont les branches donnent envie de s’y pendre, et qui, comme le flux de pensées, envahissent l’espace, le cerveau, la maison. Comment, dès lors, dégraisser, aller à l’essentiel, au menu, pour paraphraser un autre titre ? Faut‐il faire appel à ces deux professionnels, roués bûcherons, qui surfacturent avec le sourire, et vous laissent avec un végétal tout aussi encombrant ? Faut‐il se perdre sur Google, à Gourgues, en Belgique, dans je ne sais quelle géographie imaginaire ? Ou faut‐il tout simplement s’en remettre à Denis Montebello, féru d’étymologie, adepte de la digression, mélancolique humoriste ? Nous opterons pour cette dernière option. Nous n’avons pas le choix, de toute manière. Il nous faut accepter de suivre ces « chemins qui ne mènent nulle part », chers à Heidegger. Et peut‐être que la poésie est là, dans ces mauvaises herbes qui encombrent l’intrigue. Qu’il nous faut accepter, sans jalouser ni mépriser les faiseurs de best‐sellers, l’autre voie originale que nous propose le guide, en nous laissant porter par les impressions de voyage, les nouvelles en germe, les anecdotes. Car, comme l’admet notre Lapin blanc (p. 83) : Pour prévenir votre fuite, j’ai de belles histoires à raconter. Elles vous feront trouver belle la route. Elles la rendront émouvante ou drôle, comme vous voudrez, et surtout plus légère.

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