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CINÉ-CLUB 6: « LE SANG DES BÊTES », GEORGES FRANJU, 1949.

  Nous continuons notre série « hommage à Franju » à travers la rubrique « Ciné-club » en diffusant cette fois-ci Le sang des bêtes, court-métrage réalisé en 1949, mettant en scène les abattoirs de Vaugirard et de Pantin. Loin d’être un carnivore invétéré, ou un sadique, Franju capte la violence du geste avec une précision chirurgicale. Une sorte de prouesse, pour un réalisateur féru de surréalisme, connu essentiellement pour son chef d’œuvre, Les Yeux sans visage.

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MÉMOIRE DES POÈTES XVIII: MAURICE RAPIN ET MIRABELLE DORS (Cimetière de Bercy)

CIMETIÈRE DE BERCY, 329 rue de Charenton, 75012 PARIS (métro Porte de Charenton).

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Situé à l’extrémité Sud-Est de Paris, à quelques mètres seulement de Charenton et du bois de Vincennes, ce petit cimetière (61 ares pour 1161 tombes) ouvre en 1816 pour enterrer les défunts de Bercy, riche village, alors célèbre pour ses entrepôts de vin. En 1860, Bercy est administrativement rattaché à la ville de Paris, et le lieu devient un cimetière de quartier parmi d’autres, accueillant essentiellement la bourgeoisie locale, les négociants en spiritueux. On ne trouvera pas de célébrité, de people, ici, mais saluons la mémoire d’Henry Céard (1851-1924), naturaliste proche de Zola, et auteur de l’étonnant roman-fleuve Terrains à vendre au bord de la mer, en 1906. Signalons également ces belles sculptures de sablier volants sur les murs de l’enceinte, rappelant notre condition mortelle (Tempus fugit ! en latin), ainsi que cette étrange tombe en forme de dolmen, évoquant la dernière demeure du spirite Allan Kardec, au Père-Lachaise. Admirons enfin la grande croix gallicane qui orne la sépulture du pasteur écossais Charles Greig (1853-1922) : gravée en lettres énormes sur un écriteau, la maxime CHRIST EST MA VIE, semble fort éloignée de l’athéisme de Breton.

 

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Maurice Rapin (1927-2000)

 

MAURICE RAPIN ET MIRABELLE DORS
Né le 30 juin 1927 au 110 rue de Reuilly dans un milieu de garagistes (son père théorise le principe de « machine-outil »), ayant une sœur, Maurice Rapin s’intéresse très jeune à la peinture et à la musique, mais étudie d’abord les sciences. Il soutient ainsi une thèse autour du « métabolisme des porphyrines observés au moyen du microscope à fluorescence », et entre au laboratoire d’anatomie et d’histologie comparées de la Sorbonne, tout en ayant appris les rigoureux principes du dessin botanique au Muséum d’Histoire Naturelle. Professeur au lycée Carnot, apprécié par ses élèves, il mène parallèlement ses activités créatrices et épouse en 1954 l’artiste moldave Mirabelle Dors, contre l’avis de sa famille. Extrêmement proche des surréalistes, exposé « À l’Étoile scellée », il publie différents textes théoriques dans Médium, informations surréalistes, le journal de Jean Schuster (inhumé au cimetière de Pantin), et développe une œuvre singulière, basée sur certains principes mathématiques stricts. Rapidement, il rompt avec Breton, ce personnage atroce (sic) qui s’intéresse au tachisme, courant pictural théorisé par l’écrivain Charles Estienne (1908-1966), et se rapproche notamment de Clovis Trouille (1889-1975) de René Magritte, avec lequel il entretiendra jusqu’au bout une abondante correspondance. À travers plusieurs écrits, il définit ainsi ce que doit être le surréalisme populaire, en réaction directe contre l’abstrait, pour reprendre les termes de Jeanine Rivais , puis créé, en 1978, l’association « Figuration critique », qui a pour but de faire connaître divers artistes, à travers un salon qui se tient à Mons, en Belgique.

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« Sans titre (figures grotesques », Maurice Rapin, musée des Beaux-Arts de Bruxelles.

 

   Décédé le 10 octobre 2000, Maurice Rapin, a été incinéré. Ses cendres reposent désormais auprès des siens, dans le caveau familial, sous une lourde pierre tombale en granit ornée d’un crucifix.

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Mirabelle Dors (1913?-1999)

   Née, selon toute vraisemblance, en 1913 dans une famille francophone, Mirabelle Dors, qui est entrée très jeune dans l’atelier du sculpteur Ludo , tenté d’animer des groupes surréalistes à l’Est, avant de venir en France avec son compagnon Ghérasim Luca (1913-1994), en 1952. Accueillie par André Breton, elle réside d’abord rue Joseph de Maistre, à Montmartre. D’après la légende, son nom français viendrait de sa peau couleur mirabelle, et du goût pour l’hypnose propre au poète, qui lui ordonne fréquemment de dormir (d’où l’injonction « dors »). Ayant rencontré Maurice Rapin au début des années 50, et devenue sa femme, Mirabelle emménage 1 rue Louis Gaubert, à Vélizy-Villacoublay, dans une maison peinte en vert, couleur mousse. En compagnie de Maurice, elle poursuit une activité plastique intense, créant d’étranges masques totémiques, tout un foisonnement de créatures chimériques, parfois inquiétantes. Personnalité forte, féministe, elle anime, avec Maurice, la tendance surréaliste populaire, puis l’association « Jeune Peinture », et enfin « Figuration critique », mouvement résolument cosmopolite, né d’une prise de conscience d’un groupe qui se respecte et ne doit pas chercher à s’intégrer là où s’exerce le pouvoir officiel . Parallèlement, elle co-signe de nombreux tracts, et publie notamment Mirabelle et Rapin, aux éditions API, en 1990. Malade, hospitalisée à plusieurs reprises, elle meurt le 12 novembre 1999, quelques mois avant son époux. Selon nos informations, elle ne reposerait pas à ses côtés. Laissons-lui la parole à travers ce bref poème, glané sur le riche site de la critique Jeanine Rivais, et daté du 27 mai 1971 :

 

AU SOMMEIL D’AUJOURD’HUI
Dans ce palais taillé dans une seule perle, des ombres chinoises labourent les champs avec les doigts de la main. Ailleurs, on a découvert des visages qui se sont imprimés dans des bijoux vivants. Mais un jour reviendra avec des fleurs et des fantaisies musculaires.

 

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Œuvre de Mirabelle Dors.

 

   Signalons également l’hommage rendu à Maurice Rapin et Mirabelle Dors en juillet 2001 dans le numéro 33/34 du Cri d’Os.

N.B. : La tombe de Maurice Rapin se trouve dans la sixième division, le long de l’allée. Un plan est d’ailleurs accroché au mur d’enceinte. Par ailleurs le petit cimetière de Bercy ne doit pas être confondu avec le cimetière de Valmy, situé quelques mètres plus loin, le long du périphérique, et dépendant de la commune de Charenton, et où repose Willy Anthoons (1911-1982). Opposé à la figuration, mais non lié au mouvement qui nous intéresse, ce sculpteur belge nous a néanmoins laissé un dessin à l’encre de chine intitulé Composition surréaliste.

 

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« Kröller Müller », une œuvre de Willy Anthoons.

 

« LES SURRÉALISTES 4 », VLADIMIR KUSH (né en 1965)

 

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« Le monde d’Ophoémon »

 

« VIVRE C’EST OUBLIER QU’ON EST MORT », FABRICE MARZUOLO, éditions du Contentieux, Toulouse, 2017.

 

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Livre publié dans la ville rose par notre ami Robert Roman, avec une magnifique couverture du regretté Pascal Ulrich.

PAYSAGE DE BOUCHERIE

 

Ces gens laids du mois d’août et monstrueux de septembre

sages-femmes tranchées dans les haies d’aubépine

cerfs-volants d’enfants avec un couteau entre les dents

mères en ballon qui s’élèvent comme de la tripaille de ciel

du miel d’abeilles folles

des coulures de plaies sur la tête

il pleut de l’ivraie à perte de vue

le monde va comme une balle perdue

 

Un article sur le recueil, par Patrice Maltaverne.

« LE VOL », SONIA NEMIROVSKY, éditions L’œil du Prince, Paris, 2011 (article paru dans « Diérèse » 54, automne 2011)

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   Le 24 mars 1976, la junte militaire argentine renverse le gouvernement d’Isabel Perón, et met en place le « Processus de réorganisation nationale », qui consiste à supprimer massivement et systématiquement tout opposant au régime (…). Ainsi s’ouvre Le Vol, brève tragédie en trois actes, ou plutôt en trois scènes, dialogue entre un homme en fuite et une jeune disparue, victime de la répression. Récit d’un amour adolescent condamné, la pièce demeure avant tout dénonciation. Brisés par un système politique sanglant et arbitraire, les deux personnages ne peuvent effectivement se réaliser. L’action toute entière tourne autour de l’effroyable « guerre sale » menée par le général Videla , notamment lorsque l’héroïne anonyme décrit la torture avec une vérité criante : Décharges : 7-8. Parle ! Parle ! Parle ! Des noms ? Qui ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Qui bordel ? (p.38). Arrachement, perte d’identité, l’exil incarné par le deuxième protagoniste est également contrainte, pour ne pas dire violence.
Dans quelle mesure parler d’œuvre engagée, ici ? Ni autobiographie, ni chronique de la dictature, pour reprendre les termes du metteur en scène Bertrand Degrémont, Le Vol peut être d’abord considéré comme un texte littéraire. Écrite dans une langue puissante et lyrique, cette évocation dépeint le désespoir et la souffrance en versets poétiques, sublime l’horreur par le truchement des mots et de la scène, comme si le théâtre permettait de dépasser la barbarie à défaut de l’abolir, le temps d’une représentation : Dans tes rêves la Disparue apparaît toutes les nuits pour qu’on soit encore un peu tous les deux, pour que tu ne m’oublies pas, pour que tu te souviennes d’autre chose que des fusils braqués, des balles qui pleuvent et des corps qui tombent. (p. 34). Réactualisant une page sombre et méconnue de l’Histoire récente, ce premier livre de la jeune actrice et dramaturge Sonia Nemirovsky frappe par la justesse, la sobriété et l’efficacité du propos. Une manière de lutter contre l’oubli ?

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ÉVÉNEMENTIEL DE SEPTEMBRE 2017

Chers amis, chers lecteurs,

   Juste trois évènements à annoncer en ce mois, grisâtre, de septembre 2017. Et trois évènements franciliens (de surcroît):

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  • Signalons tout d’abord les « Projos de Greta ». Deux projos pour le prix d’une, c’est possible ce mois-ci. Réalisatrice, chanteuse, Julie Chaux nous donne un double rendez-vous pour présenter les courts-métrages de jeunes créateurs généralement méconnus, débutants:
    – Lundi 11 septembre à 20h30 (précises) au cinéma Saint-André-des-Arts: « Une séance nommée désir », la crème de sa sélection de ces 5 dernières années, pour seulement 5€
    – Mardi 19 septembre dès 19h30 Au « Café de Paris » pour Les Projos de Greta, autour de la thématique « Arrêt sur mirage » (entrée gratuite).
    Au plaisir de vous y accueillir !

 

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Votre serviteur au Cénacle du Cygne, fin août.

 

  • Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, le traditionnel « Cénacle du Cygne » se tiendra comme chaque dernier jeudi du mois, à la Cantada II, bar métal s’il en est, au 10 rue Moret, dans le onzième arrondissement (métro Ménilmontant ou Oberkampf). La thématique en sera les vampires. Et nous accueillerons notamment Jacques Sirgent, spécialiste des créatures et directeur/fondateur du musée de vampires, aux Lilas, ou encore Jean Hautepierre, Jean-Yves Gaudin, que nous avons déjà évoqués ici. Je n’interviendrai pas personnellement mais la programmation sera riche. Le jeudi 28 septembre à partir de 20h30, à la Cantada II.

meaux

  • Organisé cette fois par notre ami Pascal Mora, le prochain Café poésie de Meaux aura lieu le samedi 23 septembre à partir de 10h30 à la médiathèque Luxembourg (2 rue Cornillon, 77100 MEAUX, 01 83 69 00 90). Chacun peut lire et dire ses textes. Chaque rencontre sera dédiée à la lecture de quelques textes d’un poète renommé. Cette fois : Charles Baudelaire. Je pense être présent. N’hésitez donc pas à me contacter (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

 

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