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LECTURE AU CÉNACLE DU CYGNE LE 25 MAI 2017 (merci à Saghi S. et à Marc-Louis Questin)

LES LUNES

LES LUNES

   De vastes méduses volantes, descendues des plateaux du ciel.

  La forme est presque ronde. La surface tachée de cratères, de crevasses, de varices, balafres sur une peau grise et rugueuse, éléphantesque.

   Énormes ballons à moitié dégonflés, flottant par-dessus la ville, les champs, apparus après le mois de pluie, comme des saletés à l’horizon, un point noir, une fièvre ou une rancune. Fausses planètes de charbon.

   D’aucun voient bon, ou mauvais présage, dans leurs ondulations, leur mouvement. Les lunes échouent avec un bruit mat, tel bulle qui éclate, eau et boue répandues sur le bitume en une flaque noire, un cloaque. Des gaz s’échappent encore quelques jours, comme après une éruption, feux follets de terre et de cendre, puis tout s’éteint.

LE CAFARD HÉRÉTIQUE ET LE CÉNACLE DU CYGNE

Chers amis,

  Je serai donc ce soir, vers 19 heures, 13 rue de l’École Polytechnique, dans les locaux de l’Harmattan, pour le lancement du numéro 8 du Cafard hérétique, revue poétique désormais dirigée par la maison d’éditions « Lunatique ». Peut-être nous y croiserons nous? er10@hotmail.fr. J’ai déjà publié chez l’Harmattan, mais je n’ai pas participé à cette livraison. Ce sera peut être l’occasion de nous croiser malgré tout.

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  Je serai également présent au traditionnel « Cénacle du Cygne », dirigé par notre ami Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, jeudi soir 25 mai à partir de 20h30 (bar La Cantada II, 13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant). J’y lirai des textes autour des saltimbanques, puisque ce sera le thème de la soirée.

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« CANTATE/MACABRE » AU FESTIVAL « CÔTÉ COURT »

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   Projeté dans le cadre d’ À la rencontre au cinéma l’Archipel le 8 novembre dernierchoisi deuxième meilleur court-métrage de l’année 2016 par Marc-Antoine Vaugeois, rédacteur à Format Court, montré en février dernier à New York dans le prestigieux bâtiment de l’Anthology Film Archives au cours du festival NewFilmMakers,

Cantate/Macabre (réalisé par mon ami Stéphane Rizzi et co-écrit par votre serviteur) est aujourd’hui sélectionné au festival CÔTÉ COURT de Pantin.
Il y sera montré trois fois:
– Dimanche 11 juin à 21 h45 (ciné 104)
– Mercredi 14 juin à 20h15 (en présence du réalisateur)
– Vendredi 16 juin à 18h (ciné 104)
INFORMATIONS PRATIQUES:
FESTIVAL CÔTÉ COURT AU CINÉ 104
104 avenue Jean Lolive 93500 Pantin Métro : Église de Pantin (Ligne 5)
Bus : lignes 249, 170, 61
Station Vélib’ devant le Ciné 104
VOIR LE PLAN POUR VENIR

Entrée 1 séance :
• Plein tarif 5€
• Tarif réduit 3,50€

PANTIN

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   Et toujours la même émotion, mêlée de délectation morose et d’obscénité, en franchissant les portes du cimetière de Pantin, refuge des renards franciliens, le plus grand de France (107 hectares). Un endroit hors de tout, cerné d’immeubles et de restaurants portugais quasi déserts, à la recherche d’on ne sait quoi, de cette mélancolie peut être aux abords de la ville. A retrouver tel clown oublié dont le sourire illumina les grands de la planète, tel réalisateur de séries B, telle actrice comique au hasard des allées, ou ce poète surréaliste dont la sépulture se couvre d’orties, et qu’on ne lira plus, ente Pierrot Pipo; Fréhel et Reinette l’Oranaise. Tout un monde enfoui, et dont on aimerait refuser l’effacement. Comme si tout cela n’était qu’une parenthèse, et que les défunts de toutes époques devaient ressurgir, parler, réinventer quelque chose, se croiser une fois la nuit tombée.

« DISPARAÎTRE » LU PAR MICHEL LECORRE

   L’écrivain et critique Michel Lecorre a aimé mon premier et unique roman Disparaître, et lui a consacré une très belle lecture. Je joins son article ci-dessous, ainsi que les références de son site personnel:

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   Effectivement, le titre de ce roman est magnifique, il ouvre une porte vers l’incertitude, le questionnement, la liberté ? De quel voyage s’agit-il ici ?
Étienne Ruhaud nous donne envie de tourner les pages de son livre, sans nous attendrir dès le départ sur son personnage principal.

Renaud, la vingtaine, se démène pour « bien faire », ne pas décevoir ses parents, trouver une raison d’être à sa vie, à son corps, ses amours, à sa place dans la société. Dans un premier temps, le lecteur a le sentiment de découvrir un garçon paresseux, du genre qu’on aimerait secouer, remuer pour qu’il se prenne enfin en charge. Il n’est pas handicapé, en plus il est allé à l’université. Alors? Renaud ressent une soif d’apprentissage, seulement il ne se lance jamais dans la bataille, ne parvient pas à s’imposer, il n’a pas confiance en lui. Pourquoi ?

   Pour la poste, son ex-employeur, Renaud est un Mourerous, museau roux en provençal, un agneau qui n’a pas la même couleur que les autres, précisément son cerveau ne se met pas en disponibilité totale, de vide précisément, pour devenir un robot qui livre des paquets à la seconde près. Il n’a rien d’un révolutionnaire, n’appelle pas à la grève, mais pour la poste il est dangereux, parce qu’il doute, pense. La poste, les banques, les opérateurs téléphoniques, la grande distribution… liste non exhaustive… sont des abattoirs sociales. Ils ne font pas uniquement que pour vous affirmer : « nous allons mettre fin à notre collaboration », derrière leur sourire ils t’ont socialement détruit, ils se donnent le pouvoir de te bannir. Pourtant travailler pour eux ne devrait pas être un but, parce que cette relation est avilissante, destructrice de la pensée, précisément elle met à sac ce que tu es, fais de toi un produit corvéable et jetable.
   Néanmoins, tu sais que tout est là: à travers les livres, la littérature, la philosophie, les murmures et les silences des peuples des Premières Nations, la force de ton corps et de ton esprit… pour que tu puisses exister tel que tu es, construire tes relations sociales, créer ton savoir, tes savoir-faire. Mais tu ne parviens pas à rebondir… sournoisement on t’a laissé entendre que tu peux penser par toi-même, mais tout est fait pour te rendre dépendant du consumérisme. Renaud devine que ses aïeux avaient des savoir-faire, ils étaient artisans, ouvriers, mais le Taylorisme, le Stakhanovisme, a détruit leur savoir, leur mémoire, leur dignité, pour créer des individus obéissant et dépendant pour absorber tout ce consumérisme, coûte que coûte.
   Ils ont ôté à tes ancêtres la volonté de t’apprendre à te battre pour survivre, exactement être sûr que toi et les générations futur ne parviennent pas à passer cette première étape, pour t’empêcher ensuite de défendre ta place, de créer ton univers, de respecter celui des autres, de t’en nourrir, vivre, puis exister, pour un peu plus tard comprendre qu’il te faut apprendre à mourir. Transmettre pour mourir soutenu par les siens, notre dernière étape de l’amour. Même cela, ils sont parvenus à nous le faire oublier…
   Les parents de Renaud sont-ils défaillants ? Non. Un certain monde du travail leur avait déjà signifié, bien avant leur retraite, qu’ils étaient trop vieux, plus productifs, plus bon à rien, ôté à eux aussi leur dignité. La disparition des lucioles… ou l’étouffement de la mémoire, alors les parents, les anciens n’ont plus rien à transmettre à leurs enfants. En conséquence, Renaud n’a connu aucun rituel pour passer de l’enfance à l’âge adulte, à vingt-ans, ce n’est qu’un nouveau-né face à la réalité. L’issu ? Vous la voyez chaque jour autour de vous.
   C’est une histoire très bien écrite, précise, actuelle, mais au raisonnement intemporel. Les questions qu’elle engendre se poseront sans relâche à nos sociétés modernes. Lorsque je lisais DISPARAÎTRE, je marchais dans Nanterre, un hasard, et je me suis retrouvé, sans l’avoir cherché au cœur du roman, dans un immédiat oppressant, une rage soutenue par une écriture poétique. Ce roman a été un véritable voyage, je vous invite sans réserve à le débuter à votre tour en lisant Étienne Ruhaud.

                                                            Le familier est inconnu
L’inconnu est un frère

« SEMAINE SAINTE »

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  Dans Le dernier soupir du Maure, son autobiographie, Luis Buñuel évoque longuement son enfance à Saragosse, ainsi que sa rencontre avec Salvador Dali. À plusieurs reprises, le cinéastes parle également des processions de la semaine sainte, et de l’influence que cela devait avoir sur sa propre production. Chaque film, qu’il soit réalisé en France, au Mexique, ou dans son pays natal, contient effectivement un ou plusieurs roulements de tambour. Sombre, doloriste, peuplé de Christs tordus sur la croix et de squelettes enchâssés, le catholicisme espagnol ne pouvait, selon son propre aveu, que marquer l’esprit du jeune créateur. À titre privé, et bien que je ne l’aie jamais vue « en vrai », la marche solennelle des pénitents vêtus de San Benito m’a toujours frappé, comme une parfaite célébration de la mort, à l’instar de la corrida.

 

   … Notons que le rythme, au début de la vidéo, est le même que celui du générique, au début de Johnny s’en va-t-en guerre, film antimilitariste de l’Américain Dalton Trumbo (1905-1976), adapté de son propre roman (Johnny got his gun):

 

   Enfin, précisons, s’il le fallait, que ce blog est totalement laïc. Il ne s’agit ici que d’évoquer la culture d’un pays, et son influence.

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