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« DU DIVERTISSEMENT », ( »Pensées », Blaise Pascal, 1623-1662)

 

 blaise-pascal

Divertissement.

Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la Cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d’une place. On n’achète une charge à l’armée si cher, que parce qu’on trouverait insupportable de ne bouger de la ville. Et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu’on ne peut demeurer chez soi avec plaisir. Etc.

Mais quand j’ai pensé de plus près et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective et qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près.

Quelque condition qu’on se figure, où l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde. Et cependant, qu’on s’en imagine accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point. Il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent des révoltes qui peuvent arriver et enfin de la mort et des maladies, qui sont inévitables. De sorte que s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets qui joue et qui se divertit.

De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n’est pas qu’il y ait en effet du bonheur, ni qu’on s’imagine que la vraie béatitude soit d’avoir l’argent qu’on peut gagner au jeu ou dans le lièvre qu’on court, on n’en voudrait pas s’il était offert. Ce n’est pas cet usage mol et paisible et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition qu’on recherche ni les dangers de la guerre ni la peine des emplois, mais c’est le tracas qui nous détourne d’y penser et nous divertit.

…………………….

Raison pourquoi on aime mieux la chasse que la prise.

……………………

De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement. De là vient que la prison est un supplice si horrible. De là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. Et c’est enfin le plus grand sujet de félicité de la condition des rois de ce qu’on essaie sans cesse à les divertir et à leur procurer toutes sortes de plaisirs.

…………………….

 Le roi est environné de gens qui ne pensent qu’à divertir le roi et à l’empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu’il est, s’il y pense.

…………………….

Voilà tout ce que les hommes ont pu inventer pour se rendre heureux. Et ceux qui font sur cela les philosophes et qui croient que le monde est bien peu raisonnable de passer tout le jour à courir après un lièvre qu’ils ne voudraient pas avoir acheté, ne connaissent guère notre nature. Ce lièvre ne nous garantirait pas de la vue de la mort et des misères qui nous en détournent, mais la chasse nous en garantit.

Et ainsi, quand on leur reproche que ce qu’ils recherchent avec tant d’ardeur ne saurait les satisfaire, s’ils répondaient comme ils devraient le faire s’ils y pensaient bien, qu’ils ne recherchent en cela qu’une occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi et que c’est pour cela qu’ils se proposent un objet attirant qui les charme et les attire avec ardeur, ils laisseraient leurs adversaires sans repartie…

…………………….

La danse : il faut bien penser où l’on mettra ses pieds.

…………………….

Mais ils ne répondent pas cela, parce qu’ils ne se connaissent pas eux‑mêmes. Ils ne savent pas que ce n’est que la chasse et non pas la prise qu’ils recherchent.

…………………….

Le gentilhomme croit sincèrement que la chasse est un plaisir grand et un plaisir royal. Mais son piqueur n’est pas de ce sentiment‑là.

…………………….

Ils s’imaginent que s’ils avaient obtenu cette charge ils se reposeraient ensuite avec plaisir et ne sentent pas la nature insatiable de la cupidité. Ils croient chercher sincèrement le repos, et ne cherchent en effet que l’agitation. Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l’occupation au‑dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles. Et ils ont un autre instinct secret qui reste de la grandeur de notre première nature, qui leur fait connaître que le bonheur n’est en effet que dans le repos et non pas dans le tumulte. Et de ces deux instincts contraires il se forme en eux un projet confus qui se cache à leur vue dans le fond de leur âme, qui les porte à tendre au repos par l’agitation et à se figurer toujours que la satisfaction qu’ils n’ont point leur arrivera si, en surmontant quelques difficultés qu’ils envisagent, ils peuvent s’ouvrir par là la porte au repos.

Ainsi s’écoule toute la vie, on cherche le repos en combattant quelques obstacles. Et si on les a surmontés, le repos devient insupportable par l’ennui qu’il engendre. Il en faut sortir et mendier le tumulte. Car ou l’on pense aux misères qu’on a ou à celles qui nous menacent. Et quand on se verrait même assez à l’abri de toutes parts, l’ennui, de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir du fond du cœur, où il a des racines naturelles, et de remplir l’esprit de son venin.

——-

Mais qu’on juge quel est ce bonheur qui consiste à être diverti de penser à soi.

——-

Ainsi l’homme est si malheureux qu’il s’ennuierait même sans aucune cause d’ennui par l’état propre de sa complexion. Et il est si vain qu’étant plein de mille causes essentielles d’ennui, la moindre chose comme un billard et une balle qu’il pousse suffisent pour le divertir.

(…)

——-

Mais, direz‑vous, quel objet a‑t‑il en tout cela ? Celui de se vanter demain entre ses amis de ce qu’il a mieux joué qu’un autre. Ainsi les autres suent dans leur cabinet pour montrer aux savants qu’ils ont résolu une question d’algèbre qu’on n’aurait pu trouver jusqu’ici. Et tant d’autres s’exposent aux derniers périls pour se vanter ensuite d’une place qu’ils auront prise, aussi sottement à mon gré. Et enfin les autres se tuent pour remarquer toutes ces choses, non pas pour en devenir plus sages, mais seulement pour montrer qu’ils les savent, et ceux‑là sont les plus sots de la bande, puisqu’ils le sont avec connaissance, au lieu qu’on peut penser des autres qu’ils ne le seraient plus s’ils avaient cette connaissance.

——-

Tel homme passe sa vie sans ennui en jouant tous les jours peu de chose. Donnez‑lui tous les matins l’argent qu’il peut gagner chaque jour, à la charge qu’il ne joue point, vous le rendez malheureux. On dira peut‑être que c’est qu’il recherche l’amusement du jeu et non pas le gain. Faites‑le donc jouer pour rien, il ne s’y échauffera pas et s’y ennuiera. Ce n’est donc pas l’amusement seul qu’il recherche, un amusement languissant et sans passion l’ennuiera, il faut qu’il s’y échauffe et qu’il se pipe lui‑même en s’imaginant qu’il serait heureux de gagner ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui donnât à condition de ne point jouer, afin qu’il se forme un sujet de passion et qu’il excite sur cela son désir, sa colère, sa crainte pour l’objet qu’il s’est formé, comme les enfants qui s’effraient du visage qu’ils ont barbouillé.

——-

D’où vient que cet homme, qui a perdu depuis peu de mois son fils unique et qui accablé de procès et de querelles était ce matin si troublé, n’y pense plus maintenant ? Ne vous en étonnez pas, il est tout occupé à voir par où passera ce sanglier que les chiens poursuivent avec tant d’ardeur depuis six heures. Il n’en faut pas davantage. L’homme, quelque plein de tristesse qu’il soit, si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux pendant ce temps‑là. Et l’homme, quelque heureux qu’il soit, s’il n’est diverti et occupé par quelque passion ou quelque amusement qui empêche l’ennui de se répandre, sera bientôt chagrin et malheureux. Sans divertissement il n’y a point de joie. Avec le divertissement il n’y a point de tristesse. Et c’est aussi ce qui forme le bonheur des personnes de grande condition qu’ils ont un nombre de personnes qui les divertissent, et qu’ils ont le pouvoir de se maintenir en cet état.

Prenez‑y garde, qu’est‑ce autre chose d’être surintendant, chancelier, premier président, sinon d’être en une condition où l’on a le matin un grand nombre de gens qui viennent de tous côtés pour ne leur laisser pas une heure en la journée où ils puissent penser à eux‑mêmes ? Et quand ils sont dans la disgrâce et qu’on les renvoie à leurs maisons des champs, où ils ne manquent ni de biens, ni de domestiques pour les assister dans leur besoin, ils ne laissent pas d’être misérables et abandonnés, parce que personne ne les empêche de songer à eux.

——-

Le divertissement est une chose si nécessaire aux gens du monde qu’ils sont misérables sans cela. Tantôt un accident leur arrive, tantôt ils pensent à ceux qui leur peuvent arriver, ou même quand ils n’y penseraient pas et qu’ils n’auraient aucun sujet de chagrin, l’ennui de son autorité privée ne laisse pas de sortir du fonds du coeur où il a une racine naturelle et remplir tout l’esprit de son venin.

——-

Le conseil qu’on donnait à Pyrrhus de prendre le repos qu’il allait chercher par tant de fatigues, recevait bien des difficultés.
Dire à un homme qu’il soit en repos, c’est lui dire qu’il vive heureux. C’est lui conseiller d’avoir une condition toute heureuse et laquelle puisse considérer à loisir, sans y trouver sujet d’affliction.

Aussi les hommes qui sentent naturellement leur condition n’évitent rien tant que le repos, il n’y a rien qu’ils ne fassent pour chercher le trouble.

Ainsi on se prend mal pour les blâmer ; leur faute n’est pas en ce qu’ils cherchent le tumulte. S’ils ne le cherchaient que comme un divertissement, mais le mal est qu’ils le recherchent comme si la possession des choses qu’ils recherchent les devait rendre véritablement heureux, et c’est en quoi on a raison d’accuser leur recherche de vanité de sorte qu’en tout cela et ceux qui blâment et ceux qui sont blâmés n’entendent la véritable nature de l’homme.

…………………….

La vanité : le plaisir de la montrer aux autres.

 

 (Autres Pensées)

Qu’on s’imagine un nombre d’hommes dans les chaînes, et tous condamnés à la mort, dont les uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et, se regardant l’un l’autre avec douleur et sans espérance, attendent à leur tour.

Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.

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« NOUS ASSURONS LA STABILITÉ DU SOUS-SOL » (FRANÇOIS BON)

  Je relaie la bien étrange et bien poétique vidéo de François Bon, postée ce matin sur Facebook. On y retrouve Paris, notamment, pour qui connaît: les alentours du Sénat, le cimetière Montparnasse…

 

JACQUES LUCCHESI PARLE DU « BESTIAIRE »

  Jacques Lucchesi, qui dirige la maison d’édition marseillaise « Port d’attache », et qui écrit de forts beaux poèmes, vient de signer la première chronique consacrée à mon petit « Bestiaire ». Si vous suivez bien, chers lecteurs, j’ai déjà parlé du « Port d’attache » dans un précédent « Blogorama »…

lucchesi

   Dans son étude sur « Les Chants de Maldoror », Gaston Bachelard soulignait le caractère visqueux du bestiaire ducassien. On peut se demander ce que le vieux philosophe rationaliste aurait pu écrire sur le recueil d’Etienne Ruhaud, simplement titré « Bestiaire ». Car les créatures imaginaires qu’il offre à notre réflexion sont aussi – à l’exception des Centaures – de celles qui rampent et affectionnent l’élément Eau. Voici, par exemple, les biens nommés Ouranis, sortes de « nénuphars colorés qui éclairent la nuit océane », ce qui serait une très jolie chose s’ils n’étaient dotés d’une voracité à toute épreuve. Ou ces Larves dont « les œufs microscopiques forment une vague jaunâtre». Il y a aussi les Caloplans qui adhèrent irrésistiblement aux murs de votre salle de bain. Ou – pire encore – les Truffes, « cônes translucides » qui colonisent les estomacs. Mieux vaut arrêter ici la description de cet univers glauque et inquiétant dont la noirceur et l’humour froid ne sont pas sans rappeler les plus belles pages de Lovecraft. Car Etienne Ruhaud se révèle être un orfèvre du verbe. Il excelle dans la description minutieuse et érudite de ces créatures fantastiques qui semblent tout droit sorties de ses cauchemars d’enfant. On ne peut quitter qu’à la dernière page ce recueil sitôt qu’on l’a ouvert. Ce qui est d’autant plus aisé que l’ensemble ne fait, en tout et pour tout, que treize petites pages. Quelle frustration ! C’est dire que l’on attend impatiemment une suite.

(Editions La Porte, 4 euros)

Lien vers le blog de Jacques Lucchesi et des éditions « Le Port d’attache »

FRANÇOIS LAUR (1943-2016)

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   Auteur d’une oeuvre abondante, variée, le poète François Laur nous a quittés hier. Originaire d’Aveyron, l’homme vivait à Carcassonne, avait étudié à Toulouse, et publiait chez Rafael de Surtis, dans le Tarn. Je ne le connaissais pas à titre privé mais lisais souvent ses poèmes dans Diérèse ainsi que dans d’autres revues. Un bref hommage, donc, sous forme de citation, avec ce texte trouvé sur Internet, et qui me paraît fort beau:

FRANÇOIS BON PARLE DU « BESTIAIRE »!

  Célèbre pour ses biographies de rockers, ses romans sociaux son activité numérique et ses ateliers d’écriture, l’énergique François Bon fait régulièrement des vidéos YouTube pour évoquer les livres reçus. Ayant eu l’intelligence de lui envoyer mon micro-recueil, j’ai eu la joie, hier, de le voir lire un extrait en direct, sur le réseau.

PS: Pour les lecteurs attentifs, j’ai déjà fait un « Blogorama » autour du Tiers-Livre. N’hésitez pas à vous abonner à la chaîne de François Bon, et même de vous abonner au Tiers-Livre pour participer aux ateliers et avoir accès à quantité de ressources numériques, le tout pour 30 euros (je n’ai aucune part là-dessus).

Le Tiers Livre, blog, site de François Bon

ÉVÈNEMENTIEL DU MOIS DE SEPTEMBRE 2016

   C’est la rentrée, chers lecteurs! Ayant marqué une pause estivale toute relative en juillet-août, j’en reviens aujourd’hui, en ce premier jour de septembre, aux fondamentaux du blog, en annonçant quelques évènements à venir. Le mois va être riche!

urban sax

  Le vendredi 9 septembre, à partir de 18 heures, notre ami Marc-Louis Questin dédicacera son ouvrage consacré au groupe mythique « Urban sax ». Le livre, qui est paru chez Unicité, est accompagné d’un CD, et coûte 22 euros. Rendez-vous nous est donné au Centre Culturel Peugeot, 62 avenue de la Grande Armée, 75017 PARIS (métro « Porte Maillot », ligne 1). Je ne pourrai hélas être présent, pour des raisons professionnelles, mais le livre m’intéresse (la dédicace, que j’ai d’ailleurs déjà annoncée, a été décalée à cette date pour raisons techniques). Ci-dessous une petite présentation de l’ouvrage en question:

   Ce livre est le premier ouvrage consacré à la dimension esthétique, philosophique et poétique du groupe mythique Urban Sax. L’écriture profondément baroque de Marc-Louis Questin s’inscrit dans une longue tradition de récits jouant sur plusieurs niveaux de sens à la manière des poupées russes du romancier cubain José Lezama Lima. Le théâtre des sons mis en forme par les compositions étincelantes de Gilbert Artman redéfinit la relation de l’être humain à l’univers, à la musique tourbillonnante des sphères. L’esprit de chaque lieu investi s’imprègne ainsi du sceau de ces étranges symphonies ludiques et voluptueuses, répétitives et solennelles. Ethnologie, architecture, scénographie et musicologie se font écho entre les pages de cette étude originale. Le jeu des sons mène à l’éveil, à une sereine lucidité, à une vision renouvelée et transfiguratrice du monde.

   Urban Sax demeure une référence majeure en matière de musique vivante et performante, en incessant mouvement de dérive urbaine et de psycho-géographie. Ce pertinent essai montre la puissance, la beauté et la singularité de cette musique incomparable et inclassable. Il y est aussi question d’une méditation intense sur le pouvoir subtil des sons, le silence et le vide, l’espace et l’infini, la présence à soi-même et l’éternel retour.

   Écrivain, peintre, magnétiseur et comédien, Marc-Louis Questin dirige les Éditions Éleusis spécialisées dans la littérature fantastique. Fondateur du Cercle Dionysos et de la revue gothique La Salamandre, passionné de danse japonaise Butô, d’expressionnisme allemand, d’illusionnisme et de cinéma expérimental, il participe à différents projets de groupes tels que Barbarossa Umtrunk, Electric Press Kit, Heavenly Creatures, The Cemetary Girlz.

   Marc-Louis Questin aka Lord Mandrake anime régulièrement les soirées du Cénacle du Cygne au cabaret parisien La Cantada.

    Le lendemain soir, soit le samedi 10 septembre, nous pourrons cette fois écouter l’immortel auteur des Versets sataniques, Salman Rushdie, et son acolyte Wadji Mouawad, au théâtre de la Colline (15 rue Malte Brun, 75020 PARIS, métro Gambetta, ligne 3).

salman

  Je joins ci-dessous la présentation postée sur le site du théâtre, et qui est très complète:

   À l’occasion de la sortie en France du roman « Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits », les éditions Actes Sud et La Colline organisent une rencontre entre les auteurs Salman Rushdie et Wajdi Mouawad le samedi 10 septembre à 20h30.
Trois adolescents seront invités à monter sur le plateau pour cet entretien.

entrée libre, réservation indispensable
au 01 44 62 52 00 ou à contactez-nous@colline.fr

 

meaux

      Le samedi 10 septembre, les activités du Café-Poésie de Meaux reprendront également, comme me l’indique l’ami Pascal Mora, auteur du superbe recueil Paroles des forêts, évoqué sur le blog. Si vous habitez en Seine-et-Marne et que vous souhaitez lire des textes, participer à l’aventure… Ci-dessous le descriptif que m’a laissé Pascal:

Le Café-Poésie de Meaux reprend ses activités en septembre.

Durant la saison 2016 /2017 ,  nous prévoyons d’inviter des éditeurs, auteurs,

ateliers d’écriture, lycéens, musiciens…

Il est ouvert à toute forme poétique. Lecture, chant ou représentation

de 10 minutes environ pour chaque lecteur , acteur ou chanteur. Bien

sûr, il est possible d’assister à la rencontre en tant qu’auditeur uniquement. Entrée

libre et gratuite. L’adhésion à l’association et la participation à

l’organisation des rencontres sont bienvenues.

Les rencontres du Café-Poésie auront lieu à la Médiathèque du Luxembourg

1er étage/ dans la salle bulle au niveau de l’espace jeunesse.

Dates pour 2016 :

– Samedi 10 septembre    10h30/12h30

– Samedi 22 octobre       10h30/12h30

– Samedi 19 novembre   10h30/12h30

– Samedi 17 décembre  10h30 /12h30

Pour toute information, contacter Pascal Mora

pmora1262@gmail.com

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  Le dimanche 11 septembre, à 15 heures, le poète Eric Dubois, dont j’ai déjà parlé sur « Page Paysage », fera une lecture du recueil Chaque pas est une séquence (éditions Unicité), au Cabinet de Curiosités, 41 bis rue Vandrezanne, près de la Butte aux Cailles (Paris 13, métro Tolbiac) dans le cadre du festival « 0+0 ».

Descriptif complet du festival « 0+0 » (cliquer sur le lien)

jauffret

   Le samedi 17 septembre, Régis Jauffret, que j’apprécie, dédicacera son nouveau roman à la librairie « Les Cahiers de Colette » (23 rue Rambuteau, 75004 PARIS, métro Rambuteau ligne 11), à partir de 18 heures. Ci-dessous un bref résumé du livre, que je suis en train de lire, d’ailleurs:

   Noémie est une artiste-peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec un architecte de près de trente ans son aîné avec lequel elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par une lettre adressée par Noémie à la mère de cet homme : elle s’y excuse d’avoir rompu. Une correspondance s’amorce alors et s’affermit entre les deux femmes, qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de se débarrasser du fils et ex-amant. Elles imaginent même de le dévorer cuit à la broche au cours d’un infernal banquet. En réalité, ce roman parle d’amour. Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a appelé son fils du nom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, et qui est mort accidentellement avant leur mariage. Noémie, elle, est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal. Au fil des lettres que, de son côté, il échange avec les deux protagonistes, le fils et ex-fiancé exprime toute la passion qu’il éprouve toujours pour Noémie. Un roman d’amour épistolaire, donc, dans la plus belle tradition du genre.

elka

  Le mercredi 21 septembre, à partir de 18 heures à 20 heures 30, la jeune Elka Léonard, dont j’ai déjà parlée sur le blog, et dont les peintures mêlent érotisme et humour, participera à un vernissage collectif à la galerie Mona Lisa (32 rue de Varenne, 75007 PARIS, métro Rue du Bac, ligne 12). Je ne pourrai être présent au vernissage en question mais visiterai de toute façon l’exposition ultérieurement.

Pour consulter le site d’Elka Leonard (cliquer sur le lien): https://www.artactif.com/elka#.V8fiPKKbcU0

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  Le jeudi 22 septembre à 19h30, à la Lucarne des écrivains, notre ami Jean-François Jacq présentera Fragments d’un amour suprême, autobiographie poignante dont je parlerai dans le prochain numéro de la revue Diérèse. La librairie, où j’ai fait plusieurs lectures, se trouve au 115 rue de l’Ourcq, 75019 PARIS, métro Crimée (ligne 7). L’auteur Michel-Olivier Dury parlera lui de La Vie comme ça. Ci-dessous le descriptif de la soirée, sur le site de l’établissement.

Une soirée avec Jean-François Jacq pour Fragments d’un amour suprême et Michel-Olivier Dury pour La Vie comme ça.

Fragments d’un amour suprême
Deux hommes de milieux très différents, mais chacun avec des cassures, se rencontrent et s’aiment jusqu’à ce que la mort les sépare. Jean-François Jacq, tout en nous faisant part de ses émotions avec justesse, nous amène à une profondeur d’analyse que porte une écriture qui ne lâche rien à la facilité mais au contraire nous interroge. Un récit autobiographique que l’auteur parvient à nous faire partager avec son humanité.
 
La Vie comme ça
Avec cet ouvrage, Michel-Olivier Dury nous invite à lire deux histoires, tout d’abord celle d’un homme dans le milieu du travail de la fonction publique. L’emprise de ses supérieurs hiérarchiques qui frisent le ridicule l’amène à éprouver des états d’âme qui, paradoxalement, vont lui ouvrir la porte des souvenirs et de l’inspiration pour former en parallèle un second récit, celui de sa jeunesse. Alors, au gré des entrées et sorties de ses chefs, l’auteur revoit ou réinvente son enfance et son adolescence émaillées d’aventures, de sentiments, d’expériences amoureuses homosexuelles tout en retenue. Il y a beaucoup de drôlerie et de tendresse mélangée dans ce livre qui amènera le lecteur à se revoir lui-même dans sa propre enfance ou jeunesse.
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Marc-Louis Questin lisant les textes de Prisca Poiraudeau au Cénacle du Cygne (photographie personnelle)

  Le jeudi 22 septembre, enfin, se tiendra le fameux Cénacle du Cygne, dont je ne rate presque aucune édition, et où je vendrai moi-même mon propre petit recueil, Le Bestiaire. Comme toujours Lord Mandrake, alias Marc-Louis Questin, auteur de l’essai mentionné plus haut, fait bien les choses, invitant poètes, chanteurs, danseurs, plasticiens et cinéastes pour des soirées à la fois variées et riches, surprenantes. Comme toujours rendez-vous nous est donnée à la cave du bar « La Cantada II », 13 rue Moret, 75011 PARIS (métro Ménilmontant, ligne 3). Venez nombreux!

  Et bon courage pour la rentrée!

cassandra hans

La belle danseuse Cassandra Hans en pleine action.

« SURVIVRE », MICHEL BUTOR, éditions AEncrages & Co, 2011 (article initialement paru dans « Diérèse » 54, automne 2011)

    Michel Butor, que j’ai eu la chance de rencontrer une fois, et qui était charmant, vient de nous quitter. Ci-dessous, en guise d’hommage, un article de mon cru paru il y a six ans déjà.

survivre

   Le titre du dernier recueil de M. Butor n’a rien de programmatique. Lumineux, Survivre  célèbre le monde et le règne naturel, à la fois la Terre, les animaux, les plantes, les montagnes, mais aussi la mer, très présente dans « Jade », la deuxième partie : végétation minérale / les algues se sont crispées/ dans un glaçon chaleureux/les courants des océans. Fraîche, intuitive, la plume de Butor procède ainsi d’une sorte de panthéisme joyeux, doublé d’une foi en l’avenir, d’un irréfutable optimisme, y compris à l’égard de la technologie : des avions mieux adaptés/des fusées intelligentes/qui puissent les emporter. L’amour participe discrètement de cette fête sensuelle, de cette euphorie : Ma peau se mêle à ta peau/tes yeux coulent sur mes yeux/je vois à travers ton ventre. Seule la vieillesse, la crainte de la déchéance physique, semblent pouvoir assombrir l’horizon du paisible écrivain, bien que l’idée de mort paraisse acceptée à l’image d’une fin heureuse, le terme d’un long et beau voyage : Ce qui diminue sûrement/c’est le nombre des jours qui restent. Maelstrom de métaphores, de couleurs, Survivre est écrit dans un style limpide et pourtant sans prosaïsme. Les textes tranchent ainsi avec certaines productions actuelles, parfois presque illisibles. Essayiste anticonformiste et auteur expérimental, M. Butor choisit ici l’octosyllabe sans rime, soit une forme relativement classique, comme il le dit d’ailleurs lui-même à la fin du livre, définissant son propre art poétique avec humour : Quand on atteint les quatre-vingts/On écrit en octosyllabes/si je deviens nonagénaire/je saurai compter jusqu’à neuf. Ornée des toiles de Georges Badin, et publié par les soins d’AEncrages & Co, en Bretagne, cette plaquette est toute entière portée par l’allégresse et ouvre d’autres perspectives de lecture. Souvent réduit à son rôle de pionnier du Nouveau Roman, M. Butor se révèle également être un poète délicat et sensible, chantre de la Nature et du simple plaisir de vivre.

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