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« MÉANDRES », Hubert Le Boisselier (in « Traction-Brabant 72 »)

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Alors il y eut ce pli pris à la glaise à la terre sombre à la tombe et à l’ombre qui s’étendait sans retenue sur la saison

Un pli creusé par les rivières à la force de leur rayonnement resté longtemps contraint par les berges métalliques

Et au paysage l’eau douce arrache la surface se charge des riches limons d’un épiderme qu’il charrie longuement

Creusant vallées et précipices à faire frémir la raison jusqu’au réseau souterrain de la moelle épinière

Labourant la terre morsure et caresse jusqu’à l’avènement d’une  forme pour le paysage gorgé d’une récolte

Plaines et collines secouées par une cavalcade artère tendue vers le dénouement les bras ouverts de l’estuaire

Et au corps consentant l’eau vive impose la torsion sans recours la courbe plutôt que de rompre l’effort

Tournant méandres au cœur des forêts humides et sonores où dans les plis minéraux sont nées les pensées des hommes

RENCONTRE DU SAMEDI 25/02/2017

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Chers amis

   Ce samedi 25 février, à 19h30, je viendrai présenter mon dernier recueil poétique, le Bestiaire, à la Lucarne des écrivains (115 rue de l’Ourcq, 75019 PARIS, métro Crimée). Avec moi seront présentes les deux écrivaines Prisca Poiraudeau (La demeure des chiens fantômes, éditions Unicité, 2016), et Marianne Vinégla-Camara (Dakar je t’aime, Dakar je te hais, éditions Unicité, 2016), auteure, plasticienne et comédienne, qui a conçu la couverture de Disparaître.

  Le cas échéant, vous pouvez me contacter au 07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr

« RUE LUCIEN-LEUWEN » (article paru dans « L’ami du 20ème » de janvier)

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   Écrit en 1834 et demeuré inachevé, Lucien Leuwen met en scène un jeune homme de bonne famille, renvoyé de l’école Polytechnique du fait de ses idées républicaines, jugées subversives. Nommé lieutenant à Nancy, Lucien fréquente l’aristocratie locale, avant de se faire éconduire par une veuve royaliste, Madame de Chasteler, et de revenir dans la capitale tenter d’entrer en politique.

   Le roman, qui demeure inachevé, reste l’une des meilleures représentations de la Restauration[1]. En outre, le livre a donné son nom à une minuscule impasse coincée entre le village de Charonne et le Père-Lachaise, perpendiculaire à la rue Stendhal (auteur de l’œuvre en question). Longue de quatre-vingt-treize mètres, large de quatre, la rue Lucien-Leuwen ne comporte aucun bâtiment remarquable, mais demeure la seule voie de Paris à porter le nom d’un héros littéraire.

[1] Période qui succède au Premier Empire, et qui correspond au retour d’un régime monarchique, entre 1815 et 1830.

APHORISMES SUR LA SAGESSE DANS LA VIE (« APHORISMEN ZUR LEBENSWEISHEIT », Arthur Schopenhauer, livre 2)

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   Je ne crois nullement faire une chose indigne de ma plume en recommandant ici le soin de conserver sa fortune, héritée ou gagnée. Car posséder suffisamment pour pouvoir, ne serait-ce que seul et sans famille, vivre commodément dans une véritable indépendance, c’est-à-dire sans travailler, est un avantage inappréciable: c’est là l’exemption et l’immunité des misères et des tourments attachés à la vie humaine, c’est aussi l’émancipation de la corvée générale qui est le sort naturel des enfants de la terre. Ce n’est que par cette faveur du destin qu’on est véritablement un homme né libre, qu’on est vraiment sui juris (son propre maître), maître de son temps et de ses forces, et qu’on peut dire chaque matin: « la journée m’appartient ». Aussi, entre celui qui a mille livres de rente et celui qui en a cent mille, la différence est-elle infiniment moindre qu’entre le premier et celui qui n’a rien. Mais la fortune patrimoniale atteint son plus haut prix lorsqu’elle échoit à celui qui, pourvu de forces intellectuelles supérieures, poursuit des entreprises qui s’accordent difficilement avec un travail alimentaire: il est alors doublement favorisé du destin et peut vivre tout à son génie. Il payera au centuple sa dette envers l’humanité en produisant ce que nul autre ne pourrait produire, et en lui apportant ce qui sera son bien commun, en même temps que son honneur. Un autre, placé dans une situation aussi favorisée, se rendra digne de l’humanité par ses œuvres philanthropiques. Celui qui au contraire ne fait rien de ce genre, qui n’essaie même pas, ne serait-ce qu’une fois, à titre d’essai, de faire progresser une science par des études sérieuses, ou de s’en donner si peu que ce soit la possibilité, n’est qu’un fainéant méprisable.

(traduction Michel Houellebecq)

« LES MORTS DE LA RUE » (article paru dans « L’ami du vingtième » du mois de décembre 2016)

  Paru dans L’ami du vingtième du mois de décembre, cet article, dont j’ai déjà parlé sur le blog, n’évoque pas directement la littérature ou les arts. Je le publie néanmoins, d’une part pour rendre hommage aux bénévoles qui s’occupent des SDF, ensuite parce que j’ai parlé d’une disparition dans mon seul et unique roman, et que le sujet me touche.

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 Chaque année, près de 2000 personnes décèdent dans la rue, parfois de maladie, parfois suite à des violences, parfois de froid, parfois d’épuisement… À l’aube du nouveau siècle, confrontés à l’effroyable mortalité des SDF, quelques membres de l’association catholique « Aux Captifs la libération » décident de contacter diverses organisations caritatives telles ATD-Quart Monde ou La Mie de Pain pour connaître le nom des disparus, créer une sorte de fichier commun. Plusieurs structures laïques adhèrent au projet et le collectif « Les Morts de la rue » est officiellement créé en 2002. Pour les bénévoles, il s’agit alors surtout de « faire savoir que vivre à la rue mène à une mort prématurée » : Constatant que l’espérance de vie d’un SDF est de 48 ans contre 80 ans pour la moyenne nationale, les responsables tentent d’alerter la population en rendant publiquement hommage aux victimes de la précarité. Des manifestations sont ainsi organisées dans les grandes villes (Paris, Bordeaux, Grenoble). Le nom des personnes décédées est alors lu, et des fleurs sont déposées au sol, en guise d’hommage. Depuis 2015, plusieurs volontaires effectuant un service civique réalisent également des démarches autour du voisinage en collant des affiches, pour savoir qui étaient au juste les malheureux découverts sans vie, de prévenir une éventuelle famille. Accompagné de photos, le blog « Mémoire de la rue » décrit ainsi le parcours de plusieurs « morts de la rue », et témoigne d’un patient travail de recherche. Il s’agit aussi de faire revivre les SDF, ces existences parfois invisibles, de prendre des photos des lieux traversés, de faire parler les gens qui les ont côtoyés, au hasard des squares, des bancs. Le nom des SDF, les quelques informations glanées parfois difficilement, apparaissent ainsi directement sur le site Internet.

   En lien avec les instituts médico-légaux, le collectif tente aussi de dénoncer les causes généralement violentes des morts, tout en veillant à la dignité des funérailles. Le plus souvent inhumés au carré des anonymes, notamment au cimetière de Thiais, les morts de la rue sont accompagnés dans leur dernière voyage par un membre de l’association, qui prononce à cette occasion quelques paroles, une oraison. Le cas échéant, les proches sont contactés, et soutenus. À l’heure où hélas le nombre de sans-abris se multiplie, où une forme d’habitude, pour ne pas dire d’indifférence, s’installe, le travail d’un tel collectif force évidemment le respect.

Association « Les morts de la rue »

72 Rue Orfila, 75020 Paris

01 42 45 08 01

06 82 86 28 94

http://www.mortsdelarue.org/

 

 

 

 

« LE DIVAN DE STALINE »

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   « Staline n’a jamais douté de son génie, mais, après la victoire sur l’Allemagne, il a complètement pété un plomb » (D. Chostakovitch). « (Staline) a hérité d’une Russie à la charrue et l’a laissée avec l’arme atomique  » (Churchill). Certes, mais à quel prix? Je ne répondrai pas à la question. Ayant lu plusieurs biographies, dont celle de Simon Sebag Montefiore (a priori la plus fiable), j’ai vraiment détesté Depardieu dans ce film. Outre le fait que Staline n’ait jamais suivi de psychanalyse, science qu’il tenait pour bourgeoise, la ressemblance physique entre ce bon Gérard et le dictateur géorgien reste extrêmement mince, si je puis dire. Staline n’a jamais résidé dans un château en URSS, éprouvait un intérêt sincère pour les arts et la culture, buvait fort peu mais faisait boire son entourage, avait des accès de colère, certes, mais travaillait parfois jusqu’à dix-huit heures par jour. Il n’a jamais caché le suicide de sa femme à son entourage, ne projetait pas de se construire un mausolée comme il est dit dans cette production confuse. Béria, ambitieux sadique et psychopathe dans le réel, est encore moins crédible, et Emmanuelle Seigner est mal dirigée. Bref, à oublier.

FABLES, MINIATURES PERSES

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