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BLOGORAMA 24: « HOUELLEBECQ AU MILIEU DES GOUFFRES HUMAINS »

…. Où nous retrouvons Michel Houellebecq! Un blog fort intéressant, glané au hasard de mes pérégrinations électroniques, et concocté par une doctorante du Québec. Beaucoup d’articles très riches autour de l’écrivain français le plus célèbre de son temps. Je reproduis ci-dessous l' »A-propos ». Comme toujours, le site sera référencé dans mon propre blogroll (sites amis), et je mets le lien à la fin du résumé.

Soumission

 

   Isabelle Dumas est doctorante à L’Université de Montréal en littératures de langue française en cotutelle avec Paris 3-Sorbonne Nouvelle. Elle est également chargée de cours à l’U. de Montréal depuis 2013. Ses études doctorales portent sur l’oeuvre de Marcel Proust (voir http://www.marcelproustrecherche.wordpress.com) et sont financées par le FRQSC. Elle est spécialiste des romans de Houellebecq (M.A. de l’Université du Québec à Rimouski, études financées par la bourse Joseph-Armand-Bombardier du CRSH), est auteure d’un roman (Disloc) ainsi que de quelques nouvelles, et s’intéresse de près à la création littéraire. Elle a donné des conférences sur Proust et Houellebecq à Rimouski, à Montréal et à Longueuil, et a participé à plusieurs colloques au Québec et en France où elle a présenté des communications sur Proust et Houellebecq. Elle a publié des articles et des comptes rendus dans des ouvrages collectifs (coll. Classiques Garnier) et dans des revues (dont Histoires littéraires, @nalyses et Découvrir). Elle est aussi depuis 2013 responsable bénévole du comité des expositions du Groupe de peintres Alizarin, fondé en 1984. Elle est curieuse, fonceuse, et engagée à faire vivre, dans la mesure de ses moyens, la littérature.
« Houellebecq au milieu des gouffres humains » est un blogue, créé en juillet 2013, entièrement consacré à l’écrivain français. Il propose des analyses, des actualités, des critiques d’ouvrages, des citations commentées, des photos (dont des clichés inédits) ainsi que des liens vers des entrevues avec l’auteur, des articles de presse, etc. (rubrique « Blogroll »).
Courriel : isadumas.udem@gmail.com

HOUELLEBECQ SOUS INFLUENCE (article paru dans la revue en ligne nonfiction, en juillet 2013)

Résumé : L’auteur-culte Michel Houellebecq a de nombreux intercesseurs, à la fois sur le plan littéraire et philosophique, écrivains et penseurs dont les théories et/ou les visions semblent parfois contradictoires.

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« Les tiroirs de Michel Houellebecq », Bruno Viard, PUF, 2013.

 

   Les influences de Michel Houellebecq sont multiples, et reflètent parfaitement un mode de pensée complexe, sinon paradoxal. Échappant totalement aux conceptions dominantes, l’auteur des Particules élémentaires oscille en permanence entre une cruauté, un sens de la provocation affirmé, et une forme de générosité, de lyrisme, de joie, pour ne pas dire de naïveté.

   Une des premières contradictions houellebecquiennes tient à la question sexuelle. L’écrivain croit effectivement que la vie est vouée à la souffrance, mais que le coït reste une source de félicité, sinon l’unique source de félicité, ce en quoi il se distingue radicalement de Saint Augustin et Schopenhauer, tous deux condamnant explicitement les plaisirs de la chair. Le sexe peut néanmoins devenir source de souffrance chez les êtres physiquement peu attrayants, tous victimes de la compétition érotique inhérente au système.

   À ce titre, le féminisme, lié à Mai 68 et au changement de mœurs, est condamné sans appel. Malheureuses une fois devenues vieilles, les féministes payent, en quelque sorte, le prix de ce qu’elles ont contribué à mettre en place. Antiféministe, Houellebecq est également contre toute libéralisation des mœurs, celle-ci n’aboutissant en réalité qu’à un renforcement de l’égoïsme, à un détachement familial et à l’absence d’amour parents-enfants. Ce libéralisme moral et sexuel, qui mène à la désunion, à l’individualisme forcené, à un jeunisme impitoyable, explique en grande partie l’acrimonie des personnages, tout à la fois veules, haineux, et racistes.

   Rien ne permet néanmoins d’affirmer que l’auteur adhère au propos de ces êtres de papier, ni même qu’il le condamne. Écriture du ressentiment, l’œuvre témoigne d’un cynisme inouï, mais possède aussi une sorte de pureté, une mystique du lien, de la tendresse et de l’enfance, toutes choses naturellement opposées à l’égoïsme. L’amour décrit et souhaité par Houellebecq est ainsi inconditionnel, total, et donc incompatible avec la notion de moi, de liberté individuelle.

   Les contradictions houellebecquiennes relèvent également du domaine philosophique. Ne voyant pas dans l’écriture de but en soi, Houellebecq, scientifique de formation, cherche effectivement à transmettre des idées, et, à ce titre, reste influencé par les grands penseurs du XIXe siècle, période charnière, à la naissance de la modernité.

   Politiquement, l’homme paraît difficile à situer. A priori de gauche, Houellebecq est trop pessimiste pour croire en l’homme, et surtout pour croire en un quelconque progrès : antilibérale sur le plan économique, la gauche l’est effectivement devenue sur le plan des mœurs, quand la droite, antilibérale sur le plan des mœurs, l’a toujours été sur le plan économique. Antilibéral sur le plan moral comme économique, à l’instar de Balzac, Houellebecq, partisan de la famille et hostile au mode de vie issu de Mai 68, n’est en réalité rattachable à aucun courant. Total, son antilibéralisme s’étend au domaine sexuel, et même poétique : l’écrivain défend ainsi la versification régulière à travers Rester vivant.

   Tout d’abord, le nom d’Auguste Comte, intellectuel là encore antilibéral, apparaît plusieurs fois dans les romans. Établissant un parallèle avec les Trente Glorieuses, Houellebecq voit dans les Trois Glorieuses le début du capitalisme économique, et la fin d’un certain modèle. De fait, cette période correspond aussi à la naissance de la philosophie comtienne et à l’émergence de certaines doctrines socialistes. Comte, qui apparaît fréquemment dans les romans de Houellebecq, rejette tout comme lui son époque. Héritier de Saint Simon, Comte, qui distingue trois états historiques (état théologique, état métaphysique et état positif), voit dans l’humanité la finalité des desseins divins, et, à ce titre, fonde une nouvelle religion basée sur la science, la connaissance, sans perspective de paradis, soit ce que Nietzsche nomme “arrière-monde”. Nostalgique d’un ordre ancien basé sur le christianisme, Houellebecq n’envisage dans la foi qu’un moteur d’organisation sociale, une source de lien. Percevant dans l’absence d’au-delà la cause de l’échec comtien (puisque le programme positiviste n’a jamais été appliqué), l’auteur de La Possibilité d’une île s’intéresse à la secte raélienne, et voit dans le clonage une forme de vie après la mort.

   Parallèlement, le romancier apprécie Pierre Leroux, autre saint-simonien utopiste, pourtant adversaire du positivisme d’Auguste Comte et de son exégète Prosper Enfantin, mouvement qu’il considère comme autoritariste. Inventeur du mot “socialisme”, Leroux combat à la fois l’idée de collectivisme absolu, mais aussi le capitalisme individualiste, pour trouver un moyen terme, l’“association”. Houellebecq, qui n’a pas foi dans le progrès, et donc dans le communisme (échec illustré par l’épisode cubain de Plateforme), pourrait souscrire au concept développé par Leroux. Pour autant, son gnosticisme, et la vision négative de la filiation propre aux personnages des Particules élémentaires, ne cadrent guère avec la religion de Leroux, chez qui l’au-delà se situe justement dans l’enfantement, seule existence post-mortem.

   Autre théoricien célèbre que l’écrivain cite souvent, Tocqueville, qui se défie de l’État et du “despotisme démocratique”, prône lui aussi l’association, sur le modèle de Leroux. Houellebecq, qui reprend certaines analyses tocquevilliennes à propos de la société contemporaine, conçoit l’individualisme comme une forme d’autisme, de repli total sur soi, de coupure. À l’inverse, Tocqueville comprend l’individualisme comme fruit de la compétition, donc du rapport à autrui, et, par-delà, estime que le gouvernement dit “démocratique” organise justement une sorte d’émiettement social, afin de briser les ambitions et les talents propres, pour conserver le pouvoir et exercer un contrôle.

   Nous retrouvons là une des principales contradictions de l’auteur, qui décrit à la fois le pur libéralisme sexuel dans Extension du domaine de la lutte, et qui pour autant dédaigne la notion même d’amour-propre, donc l’intersubjectivité (amour-propre dont bien des protagonistes, lâches et méprisables, semblent effectivement dépourvus). Le rejet houellebecquien de l’analyse psychologique le range dans la continuité comtienne, et l’éloigne du sociologue Gabriel Tarde, qui croit lui en la notion de mimésis, d’imitation et d’émulation réciproque. Le refus de l’individu, considéré en tant que pur solipsisme, conduit également Houellebecq à ne pas voir les mouvements de masse, et à ne pas traiter les grands crimes massifs du XXe siècle (essentiellement le nazisme et le stalinisme), de façon claire.

   Cette absence de psychologie en tant que telle est aussi tributaire de la philosophie de Schopenhauer, autre grand intercesseur. Une nouvelle fois, l’influence conjointe de Comte et du philosophe allemand a quelque chose de paradoxal. Pour Schopenhauer, en effet, l’homme est malheureux car la vie est mauvaise en soi, nihilisme que ne partage pas Comte, qui lui ne dénigre nullement l’histoire et le progrès, en considérant que le désastre contemporain est avant tout lié à l’individualisme, lui-même lié à l’évolution économique et sociale de son temps, après la fin de l’Ancien Régime. En définitive, Houellebecq ne peut réconcilier l’ontologie négative schopenhauerienne et l’historicisme comtien.

   Bouleversé, jeune homme, par la lecture du Monde comme volonté et représentation, Nietzsche, déteste lui aussi son époque, mais demeure très différent de Houellebecq du fait de sa conception virile de l’existence, son apologie de la force. L’écrivain est tout de même plus intéressé par la compassion schopenhauerienne que par la volonté de puissance nietzschéenne, et juge, à la différence de Rousseau, que la pitié n’a rien de naturel, mais provient au contraire d’un long travail de civilisation.

   Si l’on s’en tient aux influences littéraires qui irriguent l’œuvre, le dégoût de la filiation exprimé à plusieurs reprises pourrait éloigner Houellebecq de Hugo, mais le lier à Flaubert, (bien que Comte valorise, lui, la transmission). Proche de Nerval, à jamais hanté par le manque maternel et en quête d’amour, Houellebecq demeure sans doute plus proche encore de Balzac, maître et fondateur du roman réaliste. Refusant, toujours à l’image de Comte, la société bourgeoise née après 1830, Balzac est en effet l’un des grands modèles clairement revendiqué par Houellebecq, et ce dans tous ses livres. Ardent défenseur du catholicisme et légitimiste convaincu, Balzac, décrit les mécanismes économiques et boursiers dans la majeure partie de ses récits, pour mieux condamner le règne de l’argent et la perte de tout repère. Houellebecq s’inscrit définitivement dans la continuité romanesque de La Comédie humaine.

   L’aigreur de Balzac à l’égard du temps présent n’est pas sans rappeler le dégoût exprimé dans Le Spleen de Paris. Les Fleurs du mal sont plusieurs fois directement reprises dans les textes de Houellebecq, qui partage avec le génie symboliste un même sentiment d’abandon et un même écœurement à l’égard de la Nature. D’abord poète, Houellebecq assume pleinement le modèle baudelairien, et décrit avec horreur la ville moderne, dans La Poursuite du bonheur notamment. Enfin, Houellebecq, qui pourtant ne s’en réclame pas, rejoint Proust, qui lui ne croit ni en la vie mondaine, ni en l’amitié, mais seulement dans la littérature. Obsédé par le retour à la matrice originelle, c’est-à-dire la mère, le créateur de La Recherche du temps perdu raconte lui aussi des histoires d’enfants mal aimés.

   Parfois difficile à saisir dans sa globalité, l’œuvre houellebecquienne est donc riche de multiples influences, souvent paradoxales, mais toutes liées aux mêmes obsessions. Original, provocateur, Houellebecq reste fascinant, jusque dans ses incohérences

APHORISMES SUR LA SAGESSE DANS LA VIE (« APHORISMEN ZUR LEBENSWEISHEIT », Arthur Schopenhauer, livre 2)

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   Je ne crois nullement faire une chose indigne de ma plume en recommandant ici le soin de conserver sa fortune, héritée ou gagnée. Car posséder suffisamment pour pouvoir, ne serait-ce que seul et sans famille, vivre commodément dans une véritable indépendance, c’est-à-dire sans travailler, est un avantage inappréciable: c’est là l’exemption et l’immunité des misères et des tourments attachés à la vie humaine, c’est aussi l’émancipation de la corvée générale qui est le sort naturel des enfants de la terre. Ce n’est que par cette faveur du destin qu’on est véritablement un homme né libre, qu’on est vraiment sui juris (son propre maître), maître de son temps et de ses forces, et qu’on peut dire chaque matin: « la journée m’appartient ». Aussi, entre celui qui a mille livres de rente et celui qui en a cent mille, la différence est-elle infiniment moindre qu’entre le premier et celui qui n’a rien. Mais la fortune patrimoniale atteint son plus haut prix lorsqu’elle échoit à celui qui, pourvu de forces intellectuelles supérieures, poursuit des entreprises qui s’accordent difficilement avec un travail alimentaire: il est alors doublement favorisé du destin et peut vivre tout à son génie. Il payera au centuple sa dette envers l’humanité en produisant ce que nul autre ne pourrait produire, et en lui apportant ce qui sera son bien commun, en même temps que son honneur. Un autre, placé dans une situation aussi favorisée, se rendra digne de l’humanité par ses œuvres philanthropiques. Celui qui au contraire ne fait rien de ce genre, qui n’essaie même pas, ne serait-ce qu’une fois, à titre d’essai, de faire progresser une science par des études sérieuses, ou de s’en donner si peu que ce soit la possibilité, n’est qu’un fainéant méprisable.

(traduction Michel Houellebecq)

ÉVÉNEMENTIEL DE NOVEMBRE 2016

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Chers amis,

  Comme précédemment indiqué, Cantate/macabre, le moyen-métrage de Stéphane Rizzi, auquel j’ai collaboré, sera projeté le mardi 8 novembre au cinéma l’Archipel (17 boulevard de Strasbourg, 75010 PARIS, métro Strasbourg-Saint Denis), dans le cadre de la programmation « A la rencontre », organisée par Marc-Antoine Vaugeois et Damien Trucho. Sera également projeté, à cette occasion, La disparition du chorégraphe, un film d’Anne Colson. L’entrée n’est pas libre, mais le prix devrait être modique.

Site du cinéma « L’Archipel » (cliquer sur le lien)

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  Comme chaque année, le Salon de l’Autre livre, organisé espace des Blancs-Manteaux dans le Marais (48 rue Vieille du Temple, 75004 PARIS, métro « Hôtel de Ville », ligne 1), accueillera du 11 au 13 novembre des éditeurs et des auteurs indépendants, pour que vivent aussi les petites maisons. J’y serai moi-même présent en tant que simple visiteur. Vous pouvez m’appeler ou me contacter par mail, évidemment (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

 L’Association L’Autre Livre vous offre, du 11 au 13 novembre 2016, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.

 Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels.

 Notre salon se présente pour les éditeurs comme un lieu stratégique pour défendre nos maisons indépendantes, une opportunité en raison du faible coût de participation aux frais et une réelle possibilité de conquérir des lecteurs.

  TOUS LES RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES SE TROUVENT SUR LE SITE MÊME DE L’ASSOCIATION:

Site du salon « L’autre livre » (cliquer sur le lien)

 

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  En collaboration avec « L’œil de la femme à barbe », la jeune peintre coloriste Isa Sator exposera ses toiles, librement inspirées des Mille et une nuits, à partir du 15 novembre dans la salle de réception du restaurant « La Table fleurie » (103 rue de Paris, 93100 MONTREUIL, métro Robespierre ou Croix de Chavaux, ligne 9). Les informations complémentaires figurent sur le carton ci-dessus.

Site de l’artiste Isa Sator (cliquer sur le lien)

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   Le mercredi 16 novembre, à 20 heures, se tiendra le premier banquet houellebecquien, autour du livre de Jean-Marc Quaranta que nous avons déjà évoqué ici. La conférence, qui sera accompagnée d’un repas, se tiendra au restaurant « La Bellevilloise » (19-21 rue Boyer, 75020 PARIS, métro Ménilmontant ou Gambetta, ligne 2 ou 3). Il est préférable de réserver  par téléphone au 01 46 36 07 07 ou par mail resa@labellevilloise.com. Les tarifs pratiqués sont raisonnables. Si vous venez, me contacter (er10@hotmail.fr, 07 50 89 83 24). Ci-dessous le descriptif de l’évènement en question, trouvé sur la page Facebook:

  Conférence-lecture, repas, animé par Jean-Marc Quaranta auteur de Houellebecq aux fourneaux (éditions Plein Jour) avec les lectures de Noam Morgensztern, de la Comédie française.

   Infos pratiques : Mercredi 16 novembre à 20h dans la Halle aux Oliviers de la Bellevilloise. Réservation par téléphone au 01 46 36 07 07 ou par mail resa@labellevilloise.com
Détails du menu : http://www.labellevilloise.com/2016/11/banquet-houellebecquien/

   Un événement proposé par Lauren Malka à la Bellevilloise, dans le cadre du Festival « Paris en toutes lettres », en partenariat avec Toutelaculture.com

   Et si pour comprendre l’écrivain français le plus lu dans le monde il fallait passer par la cuisine ? Jean-Marc Quaranta a suivi le fil culinaire des six romans de Houellebecq, pour mieux saisir l’œuvre et l’auteur. Au cours de ce repas houellebecquien l’assiette des personnages (pas toujours bien dans la leur) devient celle du lecteur. Un moment de partage entre réalité et fiction où on verra que « manger Houellebecq » n’a en rien les attributs de la malbouffe à laquelle on associe, généralement et à tort, l’auteur de La Carte et le territoire.

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   Le mercredi 23 novembre, à partir de 18h30, le ténor Roberto Sentieys, accompagné au piano par Marc-Sola Pages, viendra lire des textes de Colette sur une musique de Fauré, Satie, Chausson… sur l’Île Saint-Louis (métro Pont-Marie ou Saint-Paul), magnifique lieu parisien où vécurent notamment Charles Baudelaire et Robert Bresson. Le prix d’entrée est de 15 euros (10 euros pour les étudiants et les demandeurs d’emploi). Il est naturellement préférable de réserver. Notons au passage que le théâtre Paul Rey, l’un des plus petits de Paris, est à la fois élégant, intime est plaisant, ce qui joue naturellement sur la qualité d’écoute.

Site du Théâtre Paul Rey (cliquer sur le lien)

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  Le samedi 26 novembre, de 15h à 21h, se tiendra le premier Salon de la littérature érotique, organisé par l’atelier « Les écrits polissons », au 4 rue Roger Verlomme (75003 PARIS, métro Bastille, Bréguet-Sabin ou Saint-Paul). Un petit descriptif, ci-dessous, une petite mise en bouche, si j’ose dire:

► Le salon de la littérature érotique… ◄
…vous ouvre ses portes samedi 26 novembre !

Alors « salon », « salon », certes, mais ne vous attendez pas à rester bien au chaud dans un fauteuil au coin du feu que le temps passe…

Ce salon se veut vivant et participatif, bouillonnant, décalé, surprenant et bienveillant… bref, en un mot comme en mille : polisson.

► Au menu ◄

– des défis d’écriture érotique à chaque stand auteur (avec des cadeaux à la clé), ventes + dédicaces
– un coin lecture érotique pour les petits rats de bibliothèque
– des surprises tout au long de l’événement
– un espace conférence :

La littérature érotique à l’heure du digital
C’est quoi le sexe ?…. C’est quoi l’amour ?
Comment écrire une (bonne) histoire de cul ?
Ecrire du cul, est-ce que cela peut être un geste militant ?

Sur place, pour ne pas rester l’estomac vide, un traiteur foodtruck vous propsera différentes petites choses à grignoter, accompagné de la Bière la Fessée.

Adresse : L’espace éphémère du Marais
4 rue Roger Verlomme Paris 3ème

Entrée : 5€ (à régler sur place / conso non comprises).

► Les auteurs invités◄

Arthur Vernon « L’amour, la vie et le sexe », « Comment je me suis tapé Paris » (Tabou éditions)

B.Sensory histoires érotiques connectées à un sex-toy (le little bird)

Daniel Nguyen auteur de nouvelles dans la collection « Osez 20 histoires de sexe… » (La Musardine)

Eva Delambre auteur de « Devenir Sienne », « L’esclave », « L’Eveil de l’Ange », « L’envol de l’Ange » (Tabou éditions)

Eve DeCandaulie auteur de « Mon mari est un homme formidable » (La Musardine), « Infidélité promise » (Tabou éditions)

Julia Palombe rockeuse et écrivaine, auteur de « Au lit citoyens ! » (ed. Hugo et Cie)

Julie-Anne De Sée « 10 Bonbons à l’amante » (Tabou) « La pâle heure sombre de la chair » (Broché)

Marion Favry coach en écriture, organisatrice des Dinécritures et auteur de « S’occuper en t’attendant » (La Musardine).

Octavie Delvaux auteur de « Sex in the Kitchen » et « Sex in the TV » (La Musardine)

Philippe Lecaplain journaliste RFI, « Ces Dames de l’Annonce » (Tabou éditions)

Stella Tanagra auteur de « Sexe Cité » (IS éditions)

► Nos chers partenaires ◄

Tabou éditions, Maison Close Lingerie, Blablablog, Cherry Gallery Agency, Alex Varenne, La Musardine, Les écrits polissons, Union Magazine, Karim Haidar

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  Le jeudi 24, comme chaque mois, se tiendra le « Cénacle du Cygne », à La Cantada II, soirée ludique mêlant danse, poésie, chant, performances diverses, cinéma… Le tout organisé par Marc-Louis Questin, alias « Lord Mandrake ». J’y serai moi-même et y lirai quelques fables (à partir de 20 heures).

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  Le lundi 28 novembre, à 20 heures, Laurent Obertone viendra nous parler de Guérilla. Polémique, le roman, qui a suscité une levée de boucliers, pose de vraies questions. Nous ne sommes certes pas obligés d’accepter les réponses d’Obertone. Encore faut-il être capable de les entendre, en commençant par lire le livre. Rappelons également que la liberté littéraire n’est pas négociable, surtout dans le domaine de la fiction, et que la censure, voire aujourd’hui l’autocensure, ne font avancer ni le débat, ni la création, ni la société. Nous en reparlerons très prochainement dans un nouveau billet. Organisée par le Cercle Aristote de Pierre-Yves Rougeyron, la rencontre aura lieu au restaurant « François Coppée » (1 boulevard de Montparnasse, 75014 PARIS, métro Falguière/Duroc). L’entrée de la conférence est généralement de 5 euros. Il est également préférable de réserver: revue.libres@gmail.com.

Site du « Cercle Aristote » (cliquer sur le lien)

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  Voilà. Quittons nous avec cette image de méchante qualité, mais émouvante. Accompagné du réalisateur Albert Serra, Jean-Pierre Léaud est venu nous présenter brièvement le film dans lequel il joue, La mort de Louis XIV, jeudi dernier au MKII Quai de Seine. Et bonne semaine à tous!

« MONDE EXTÉRIEUR »

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Il y a quelque chose de mort au fond de moi,
Une vague nécrose une absence de joie
Je transporte avec moi une parcelle d’hiver,
Au milieu de Paris je vis comme au désert.

Dans la journée je sors acheter de la bière,
Dans le supermarché il y a quelques vieillards
J’évite facilement leur absence de regard
Et je n’ai guère envie de parler aux caissières.

Je n’en veux pas à ceux qui m’ont trouvé morbide,
J’ai toujours eu le don de casser les ambiances
Je n’ai à partager que de vagues souffrances
Des regrets, des échecs, une expérience du vide.

Rien n’interrompt jamais le rêve solitaire
Qui me tient lieu de vie et de destin probable,
D’après les médecins je suis le seul coupable.

C’est vrai j’ai un peu honte, et je devrais me taire ;
J’observe tristement l’écoulement des heures ;
Les saisons se succèdent dans le monde extérieur.

RETOUR SUR « DISPARAÎTRE » (réflexion sommaire)

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   Parfois on se demande si on a fait quelque chose d’abouti. Je ne dis pas ça pour qu’on me rassure mais c’est une vraie question. Orné d’une photo de la gare du Nord, prise depuis la ligne 2 par mon amie Marianne Vinégla Camara, Disparaître est sorti il y a trois ans, grâce à François Mocaër et aux éditions Unicité (Gallimard avait aimé l’idée, et puis c’est tout). Dans sa préface, Dominique Noguez parlait d’un « roman de la crise ». Je demeure très touché que l’écrivain ayant fait connaître Houellebecq, grand romantique libéral de ce nouveau siècle, (et qui m’a écrit par mail après avoir reçu le livre), ait parlé en termes élogieux de ce qui se voulait d’abord un récit poétique. De fait, j’y évoquais le parcours catastrophique d’un étudiant apathique devenu précaire, à la Poste de Nanterre, de ceux qu’Aymeric Patricot appelle les « petits blancs » dans son essai éponyme, sachant que le terme est polémique (comme tout ce qui est vrai aujourd’hui). L’absence de perspective et de foi propre au personnage, l’absence de cause religieuse ou politique, constituaient le fil directeur d’un parcours tristement banal, de la banlieue Ouest jusqu’au cimetière de Thiais. Au moment de l’écriture je voulais surtout évoquer les SDF et les paysages urbains, ces paysages fer, les ensembles multiculturels de la petite ceinture. L’introduction assez rapide d’un personnage ressemblant fort au dynamique François Bon, et animant un atelier d’écriture à la fac de Limoges, ne devait rien au hasard, évidemment. Désormais certains éléments me paraissent datés.D’une part, Paris s’est encore dégradé, évidemment, et la donne terroriste a laissé son empreinte de sang. D’autre part les lieux eux-mêmes ont changé. Mon propre quartier a muté, puisque les squats y ont laissé la place aux bâtiments du Ministère, et que le tramway s’est installé, le long de Montreuil. Chinagora même, qui était alors abandonnée, et où plusieurs affaires sordides s’étaient déroulées, a été réhabilité. Les chiffres de vente du bouquin sont par contre toujours aussi faibles, mais ça c’est encore autre chose. Le prochain roman sera plus saignant, plus direct peut être plus long et plus construit aussi car certains éléments me semblent trop brefs et sommaires. Dépasser le politiquement correct ne serait pas une mince affaire. Pourtant tout est là. Parler de l’époque en vrai, sans provocation ni idée préconçue. Juste dire les choses.

« HOUELLEBECQ AUX FOURNEAUX » (Dédicace, 15 juin 2016)

   Mercredi 15 juin, à partir de 20 heures et jusqu’à une heure du matin, Jean-Marc Quaranta dédicacera son essai Houellebecq aux fourneaux (éditions Plein Jour, 20,50 euros) au bar librairie « La Belle Hortense » (31 rue Vieille du Temple, 75004 PARIS, métro Saint-Paul). Houellebecquophile mal assumé, j’y serai après le travail vers 22h20, probablement avec un ami. Peu de chances de rencontrer le boss, cela étant. Faites moi signe si vous venez! (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

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  Livre de cuisine et analyse approfondie de l’œuvre de Michel Houellebecq, cet essai d’un genre inédit renouvelle la connaissance de l’auteur de Soumission à partir d’une évidence que personne, jusque-là, n’a remarquée : la nourriture occupe chez lui une place centrale. L’étudier met en lumière la complexité, les nuances de ses livres, loin des caricatures médiatiques qu’ils ne cessent de susciter.

  Jean-Marc Quaranta explore cette table bien garnie, définit avec rigueur et clarté son rôle romanesque, tout en donnant les recettes qui la composent, mélange de terroir et d’exotisme où l’on trouve aussi bien les poivrons à l’huile, le pot-au-feu ou la tarte aux pommes que le poulet aux écrevisses, les baklavas, le biryani d’agneau… Il nous invite, de toutes les manières possibles, à dévorer les romans de Houellebecq, à entrer dans la bibliothèque en passant par la cuisine, pour devenir les intimes de cette œuvre inépuisable, qui n’a pas fini de nous surprendre.

  Jean-Marc Quaranta est maître de conférences en littérature française et création littéraire à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur du Génie de Proust (Honoré Champion, 2011).

 

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