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UN CLASSIQUE PAR MOIS: GEORGES COURTELINE (épisode 4).

La couverture est alléchante… Une élégante face à une calèche… La série « Un classique par mois » (consistant, on le rappelle, à lire un auteur « classique » qu’on ne connaîtrait absolument pas), révèle à chaque fois mes lacunes… Mais enfin. J’aurais pu attaquer Courteline avec Boubouroche ou Les ronds de cuir, nettement plus célèbres que ce petit volume de nouvelles et de saynètes, habilement écrites. Mais j’ai délibérément choisi Ah! Jeunesse!, trouvé dans une boîte à livres il y a quelques semaines. J’aime assez cette idée de prendre ce qu’on a sous la main, sans forcément chercher à comprendre. Plus encore, j’adore ces vieux Poche qui sentent fort le papier, cette présentation devenue rétro, sachant que le livre a été imprimé en 1963, chez Brodard et Taupin. Je m’engage d’ailleurs à le remettre dans une boîte à livres, tant l’idée de circulation, de partage, me semble importante.

Résidant, depuis plusieurs années, au sud du XXème arrondissement, je passe régulièrement dans le quartier Picpus, buvant des verres en face de la statue de Courteline (1858-1929) qui orne le square, place… Georges Courteline! Dans ce cher XIIème Nord où repose le père de l’écrivain, lui-même homme de Lettres, Jules Moineaux (cimetière de Saint-Mandé Sud).

Mais venons-en au texte. Impossible de résumer l’ensemble, donc. Evoquons simplement, cette histoire de jeune employé de théâtre désargenté, amoureux d’une actrice insouciante qui le snobe, et oublie leur rendez-vous. Ou cette histoire de vache élégante, qu’un peintre souhaite croquer, avant que les paysans, propriétaires, ne peignent les poils du bovin, pour en faire une sorte de bête à concours. Ou encore ce journaliste débutant ayant écrit un poème en prose lyrique, avant de se voir proposer de composer un éloge, à la gloire d’une race de cochons… Ou enfin ces micro-pièces de théâtre, où des polissons se jouent des agents… Comme chez Labiche, comme chez Feydeau, auxquels on associe souvent Courteline pour former un trio, une triade poétique, l’humour à froid domine. Moins violent, peut-être, moins absurde que chez Alphonse Allais, lui aussi représentatif de son temps. C’est aussi l’élégance qui domine. Elégance d’un style extrêmement mesuré, élégant, cadencé, où affleurent de subtils pointes de lyrisme:

   Ah! Paris le matin, au soleil! – j’en avais devant moi la débordante allégresse, son grouillement de vies emmêlées, ses allées et venues d’ombrelles, ses reflets de beau temps dans les carreaux des fenêtres et sur les flancs vernis des fiacres: joie des yeux, qui se venait achever sous les miens, accrochée en mille paillettes aux minces reflets de couverts, aux cristaux biseautés des verres et des carafes, aux compliqués réseaux de métal emmaillotant l’outre-mer sombre des salières. En un même angle du plafond le verre d’absinthe que j’avais demandé pour la forme et que faisait trembler près de mon coude le passage des omnibus chassait et maintenait un pâle tremblotement (quelque chose comme le vol, sur place, d’un papillon énorme et flou), et vraiment, cinq minutes durant, la vie m’inonda de ses charmes (p. 34). 

  Un témoignage, sur la Belle-Epoque, en quelque sorte, avant la grande boucherie de 14-18. 

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L’OISEAU BLEU

Le rachat de Twitter par Elon Musk, milliardaire contesté, contestable, mais prométhéen, et qui va peut-être nous envoyer sur Mars, fait évidemment jaser. Faut-il y voir une victoire pour la liberté d’expression? Les polémiques sur les réseaux sociaux, autant de temps perdu… Bref. Je suis retourné sur Twitter depuis déjà fort longtemps, uniquement pour diffuser le blog, comme je le fais déjà sur Facebook. Pas d’Instagram, en revanche.

AMOURS, & JEUX D’OMBRES, CATHERINE ANDRIEU, éditions Rafaël de Surtis, 2022 (citation)

CELLE QUI A TOUTES LES GRÂCES

à C.A.

Il me souvient d’avoir aimé passionnément

Une enfant aux boucles blondes avec qui je me battais

En jeux cruels violents deux garçons mais avoir vu en toi

Mon enfant douce dans la tendresse infinie de mes bras

En berceau quinze ans j’avais à ta naissance mon lever du soleil

Ton drame intime l’abandon le deuil et bientôt tu auras un petit frère

Aux boucles blondes comme toi. Tu es l’enfant que j’ai choisie

Choyée tu étais si petite encore quand je suis partie, douze ans

Et moi de me débattre avec la maladie et t’avoir laissée

sans un mot

La culpabilité d’avoir rompu un lien si fort

poignardée de lumière

D’avoir eu la chance de te voir grandir.

L’éclosion d’une intelligence

Si précoce tes voyages plus tard la vie en Chine,

aux États-Unis

Ta curiosité, tes livres, à pas même trente ans énarque

la femme

Que tu es devenue loin de moi.

Il n’y a pas deux êtres plus différents

Mais tu me bouleverses, je te comprends si belle

ton front baudelairien

Le mien mon sang toutes deux d’avoir foncé

nos cheveux bouclés

Ne jamais parler de toi et toujours l’ouverture du coeur

pour l’Autre

Être si jolie et le savoir si peu tes grands yeux verts

soulignés de bleu

Ta présence inouïe quand tu les plantes dans mes rétines

Passant par les lésions tu m’habites et je ne vois que toi.

La petite enfant qui me servait d’alibi pour fumer secrètement

Et toi m’avoir promis le secret puis m’avoir dessinée

la clope au bec

Les secrets font du mal aux petites filles (p. 25-26)

Le site de Catherine Andrieu:

https://www.catherineandrieu.fr/amours-jeux-d-ombre/

Notre entretien avec Catherine Andrieu:

https://pagepaysage.wordpress.com/2022/09/09/un-entretien-avec-catherine-andrieu-paru-dans-la-revue-le-portulan-bleu-n38-mai-2022-serie-la-voix-des-auteurs/

VOIX DES AUTEURS: PIERRE MÉROT (entretien paru dans « ActuaLitté » en mai 2022)

Pierre Mérot : « Ce livre est tout entier tourné vers la passion« 

Journaliste, éditeur, puis enseignant, Pierre Mérot construit, depuis 1987, une œuvre exigeante, singulière. Proche du premier Houellebecq, l’homme accède à une certaine célébrité grâce à Mammifères, roman d’inspiration autobiographique, autofictionnelle, succès commercial paru en 2003. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

Étienne Ruhaud : Pourquoi as-tu choisi la forme épistolaire ? On est par ailleurs frappé par le fait qu’il s’agisse de mails, et non d’une correspondance manuscrite classique (comme dans Les liaisons dangereuses et/ou La Nouvelle Héloïse par exemple).

Pierre Mérot : Il s’agit de mails – de « courriels », aurait préféré notre ami Dominique Noguez – réellement envoyés durant plus d’un an. Ce n’est donc pas un roman épistolaire comme le sont les œuvres que tu cites, Les Liaisons dangereuses ou La Nouvelle Héloïse. Il est clair, cependant, qu’il y a un travail littéraire. Pas dans tous, bien sûr : certains sont très banals, très ordinaires, comme dans n’importe quelle correspondance. Mais un écrivain qui envoie des mails reste un écrivain, voilà tout… Je préfère quand même le terme de « lettres ». D’ailleurs, quand je faisais référence à nos messages ou quand la destinatrice y faisait référence, c’est ce terme qui était employé. Et c’était une forme de jeu entre nous.

Tes mails sont clairement signés « Pierre Mérot ». En revanche, nous n’avons pas les réponses de Sandy…

Pierre Mérot : On me l’a reproché. On m’a reproché d’être monologuant, répétitif, écrasant, monolithique, etc. Et pourtant il y en eut des réponses ! Et si Sandy n’avait pas répondu constamment à mes lettres, les miennes n’existeraient pas, elles n’auraient pas été écrites, tout simplement. Des siennes, je n’en ai reproduit qu’une, légèrement retravaillée. Une lettre forte, à la suite d’une terrible crise, qu’il m’a semblé nécessaire de faire figurer dans ce livre, un mail écrit à cinq heures du matin. Cinq heures du matin… Tout un programme… Et qui commence ainsi dans la vraie vie : « Je suis entrée dans ta chambre pour te parler mais tu dormais profondément alors que moi je me sentais idiote, infecte, tellement honteuse et perdue. » À part celle-là, rien. Je ne sais pas quoi te répondre.

J’espère pourtant que se dessine en creux, progressivement, un portrait de cette femme. Mais je te renvoie au savoir-faire de Frédéric Beigbeder, qui eut la gentillesse d’écrire le premier article sur mon livre dans le Figaro magazine : « Il a l’élégance (ou l’orgueil, ou la pitié) de ne pas publier ses réponses. » À chacun ses talents, donc. Et le français n’était pas la langue maternelle de Sandy… Plus profondément, il me semble qu’écrire c’est s’adresser à on ne sait qui, à nos frères humains en général, sans attendre une réponse, mais s’adresser quand même. Un mélange de solitude et de besoin de l’autre…

Ton amante et interlocutrice, enseignante d’origine philippine, s’appelle « Sandy Courbet ». Là encore, s’agit-il de son vrai nom, ou as-tu choisi ce patronyme en hommage à l’auteur de L’origine du Monde ? Sachant que Pars, oublie et sois heureuse contient certaines allusions érotiques.

Pierre Mérot : Bien sûr, j’ai changé le nom de la destinatrice pour des raisons évidentes. Cependant, j’ai fait en sorte que ce nom soit proche, au moins par les sonorités et le nombre de syllabes, de celui de la vraie personne à qui j’ai écrit. Elle s’appelle donc Sandy Courbet dans le livre. C’est très proche du vrai prénom et pas très loin du vrai nom. Courbet, oui. Le peintre… Ça m’a semblé proche et simple, en même temps qu’un clin d’œil à la fois réaliste et érotique…

 Pour autant les scènes crues, sexuelles, demeurent rares. Pourquoi ? Est-ce pudeur de ta part ?

Pierre Mérot : Je ne parle pas des scènes « crues » ou « sexuelles », dont tu sembles regretter la rareté. Il y a des évocations de son corps, de nos désirs, mais c’est loin d’être l’essentiel du livre, en effet… D’une manière générale, j’ai enlevé beaucoup d’éléments matériels, réalistes, souvent mesquins ou sans intérêt. Ou tout ce qui pourrait porter atteinte à la vie privée. En fait, tout ce qui abîmerait « le temple verbal » (p. 144).

Pour retrouver la suite de l’interview, cliquer sur le lien suivant:

https://actualitte.com/article/106140/interviews/pierre-merot-ce-livre-est-tout-entier-tourne-vers-la-passion

MÉMOIRE DES POÈTES: FRANCIS BOUVET (1929-1979). Cimetière du Père-Lachaise.

L’atelier de Victor Brauner, rue Perrel, en 1952.

De gauche à droite : François Bouvet, Sarane Alexandrian, Alain Jouffroy, Luce Hoctin, Jean-Dominique Rey, Jacqueline et Victor Brauner. Tableau au mur : La Cavalier du Rien

Photo : Théodore Brauner. IMEC/Fonds Alexandrian.

Localisation : division 65. Compter six tombes depuis la division 66 (au Sud) et vingt-deux tombes depuis la division 68 (à l’Est). Sinon, prendre l’allée centrale qui divise la division 65 en deux, compter six lignes. Francis Bouvet repose dans la deuxième tombe à gauche, avec la famille Dècle, soit une chapelle blanche récemment ravalée, ornée de grappes.

 Surréaliste précoce

  Né le 21 février 1929 dans le très chic Auteuil, Francis Bouvet passe ses premières années derrière la façade haussmannienne du 94 rue Miromesnil, où son père, ancien poilu, exerce la profession de dentiste, comme avant lui son propre père. Sa mère est d’origine pied-noire. L’enfant se lie alors avec le futur compositeur Pierre Henry, fondateur de la musique concrète, et qui restera son ami. Contrairement à son aîné, Jean-Marie, futur docteur, Francis commence à peindre et à sculpter dès l’adolescence, bravant ainsi la volonté paternelle. À seize ans, ce très jeune participant[1] fréquente les réunions des Deux-Magots, de la Place-Blanche, et participe à l’exposition bruxelloise « Surréalisme », de décembre 1945 auprès de René Magritte, Marcel Mariën ou encore Jacques Hérold. L’année suivante, il rencontre André Breton à son retour en France. Le poète lui fait bon accueil, comme en témoigne une lettre adressée par Bouvet lui-même, le 8 juin 1946. Enthousiaste, inventif, Bouvet se montre actif au sein du groupe, signant notamment Liberté est un mot vietnamien, tract anticolonialiste d’avril 1947 publié dans Le Libertaire. En novembre 1947, on le retrouve à la galerie Maeght, 13 rue de Téhéran, pour l’Exposition Internationale du surréalisme. Accompagné de Claude Tarnaud et de Michel Herz, Bouvet a confectionné les deux « alvéoles » de la salle de magie, soit une sorte d’hôtel conçu par Breton lui-même, et auquel collabore également le plasticien tarnais Francis Meunier. La rencontre avec Sarane Alexandrian s’avère déterminante. Bouvet écrit dans Néon, avec ses jeunes amis surréalistes : Francis Bouvet (…) peignait des tableaux auxquels il donnait les titres des romans de Peter Cheney, On ne s’embête pas, Qu’est-ce qu’on déguste, etc. Il arrivait en tenant à la main tantôt les Méditations cartésiennes de Husserl, tantôt un album de Mickey. Son ironie le faisait exceller dans notre constant partis pris de mêler la frivolité au sérieux, déclare ainsi Alexandrian[2]. Abstraites, colorées, les toiles aux courbes rigoureusement découpées et acérées, aux couleurs franches[3] de Bouvet évoquent à certains égard le style de Miro.

Sans titre. Huile sur toile de 1947 donnée par l’artiste.

L’année 1948.

   En juin 1948, on retrouve la signature de Bouvet au bas d’un tract violemment anticlérical, rédigé (essentiellement) par Henri Pastoureau : « À la niche les glapisseurs de Dieu ». Toujours en juin, l’artiste, dix-neuf ans seulement, expose à nouveau en compagnie d’onze autres jeunes créateurs, parmi lesquels Meunier, Demarne, ou encore Jerzy Kujawski, cette fois à la galerie Jean Bard, dans le cadre de la manifestation « Comme », sous le patronage d’Alexandrian et de Maurice Baskine, préfacier du catalogue. Alors qu’il passe ses vacances d’été à Penne d’Agenais chez les Seigle, couples de surréalistes montalbanais, Bouvet reçoit une carte postale chaleureuse d’André Breton, alors à La Chaise-Dieu. La rupture se produit toutefois en novembre, pour un motif apparemment futile. Traumatisé par l’expérience du cancer, le peintre d’origine arménienne Arshile Gorky, alors exilé aux États-Unis, s’est pendu en juillet. André Breton accuse rapidement le libertin Roberto Matta, lui-même peintre et amant de Madame Gorky, d’avoir aggravé le désespoir d’Arshile. L’exclusion est prononcée le 25 octobre. Refusant de s’associer à la mesure, Victor Brauner est à son tour exclu pour « activités fractionnelles », suivi par Alexandrian, Jouffroy, Rodanski, Tarnaud… et Francis Bouvet.

Carte postale d’André Breton à Francis Bouvet

L’éditeur

   Quatre ans s’écoulent. Francis Bouvet continue à fréquenter le milieu surréaliste, et notamment Sarane Alexandrian, avec lequel il expérimente la « psychanalyse collective » dans une villa de Blonville, station balnéaire du Calvados, à l’été 1951 : l’un de nous devait se confesser, couché dans une pièce obscure, tandis que les autres, dans une pièce éclairée, l’écoutaient par la porte entrouverte. Cette situation angoissante pour le patient rendait sa confession particulièrement intense. Jouffroy ponctua la sienne de rires fébriles (réactions médiumniques), Bouvet eut une inhibition, Brauner révéla révéla de splendides fantasmes que je notai au fur et à mesure[4].

   À partir de 1952, Bouvet cesse toute activité artistique, pour se consacrer à l’édition. D’abord secrétaire général des éditions de Minuit, il se lie d’amitié avec Michel Butor et participe ainsi à l’émergence du Nouveau Roman. Méticuleux, Bouvet dirige ensuite les collections artistiques chez Flammarion, rue Racine. Ses goûts sont pour le moins éclectiques. Auteur d’un Recueil général des incunables géographiques[5], Bouvet préface également un album consacré à Pierre Bonnard, publie Chestov, ou correspond avec Christian Dotremont, sans pour autant parvenir à publier les fameux logogrammes. Hugolâtre transi, il regroupe toutes les poésies de son idole en un seul volume de 3,8 kilogrammes, comptant 153 837 vers, étalés sur 1800 pages. Réalisant ce projet fou en 1961, Jean-Jacques Pauvert se souvient, non sans émotion, de son cher Francis Bouvet, trop tôt disparu[6]. Bouvet, qui mène une activité intense, habite alors passage Dauphine, au 27 rue Mazarine, en plein quartier littéraire, avec sa femme Sylvine Delannoy, fille du compositeur Marcel Delannoy, et leurs deux enfants. La famille passe ses vacances avec celle d’Yves Bonnefoy, en Italie notamment, au mois d’août 1973. Hélas la maladie interrompt cette carrière brillante. Hospitalisé à Villejuif, Francis Bouvet décède le douze septembre 1979, à seulement cinquante ans. Outre ses œuvres plastiques, dispersées chez des particuliers, ce grand mélomane aura notamment rédigé les commentaires d’un portfolio de bois gravés, dont l’auteur n’est autre qu’Antoine Duhamel, le célèbre compositeur.

Les oeuvres complètes de Victor Hugo, publiées chez Jean-Jacques Pauvert sous la direction de Francis Bouvet.

[1] Sur un sculpteur et ses peintres, Yves Bonnefoy, Plon, Paris, 1989, p. 101.

[2] L’aventure en soi, Le Mercure de France, Paris, 1990, p. 274.

[3] Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Adam Biro, René Passeron, PUF, Paris, 1982, p. 61.  

[4] L’aventure en soi, Sarane Alexandrian, Ibidem, p. 335.

[5] Éditions de Minuit, 1961.

[6] La traversée du livre, éditions Viviane Hamy, Paris, 2004, p. 314.

« DAS VERHÄNGNIS » (« LE DESTIN »), KONRAD KLAPHECK, ALLEMAGNE, 1989, surréalisme.

ADDENDUM

… En fait Annie Ernaux, c’est pas illisible. C’est en fait très lisible. C’est même terriblement lisible, sinon attendu. A l’instar de ses positions, quoi.

NOBEL 2022

« Bravo, Annie! » (Houria Bouteldja).

SORTIE D' »AURORA CORNU » (PIERRE CORMARY).

Qui connaît Aurora Cornu (1931-2021) ? Romancière, poétesse, sage-femme, et cinéaste franco-roumaine, la dame semble avoir eu mille vies. Le public français retient d’elle son rôle dans le célèbre Genou de Claire. Le reste semble confidentiel, sinon totalement inconnu. Loin de toute biographie au sens strict, Pierre Cormary nous parle ici d’une rencontre : celle d’un agent d’accueil muséal, geek assumé, rohmérien transi – et d’une dame âgée, fantasque, devenue égérie. Non sans humour ni distance, Pierre raconte donc Aurora, et, ce faisant, se raconte tout autant. Autofictionnel, intime, Aurora Cornu nous fait aussi voyager, des Balkans au Liban, de New-York à la rive gauche de Paris, où se concentre l’essence de l’action. Difficile, ainsi, de ranger ce livre inclassable, où se mêlent tant de figures et de lieux, condensés en une subtile alchimie poétique teintée de mélancolie, mêlée d’une singulière drôlerie.

… Sortie officielle le 26 octobre, avec une préface d’Amélie Nothomb!

Il s’agit du sixième « éléphant blanc », dans la collection créée et dirigée par mes soins, aux éditions Unicité. Disponible sur commande en librairie, ou encore à la Fnac ou sur Amazon.

ANGST

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