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JEAN-LUC GODARD (1930-2022). Mémoire des poètes.

Jean-Luc Godard et Anna Karina.

J’ai, comme tout le monde, appris la mort de Jean-Luc Godard ce matin. Je ne vais pas développer ici de biographie détaillée. Je pense que la presse va suffisamment en parler dans les jours qui viennent, et chacun peut consulter Wikipédia, ou autres. De lui, je retiens personnellement, essentiellement, Pierrot le fou ou Alphaville. Comme tout à chacun, je n’ai pas vu tous ses films. Je me rappelle également d’Adieu au langage, vu il y a quelques années dans une salle du Quartier Latin, étrange film en 3D, très esthétisant. Les gens partaient avant la fin de la séance. Il faut dire que l’exercice était intéressant, mais ardu.

La mort d’Elizabeth me laisse parfaitement indifférent. Là, en revanche… Le temps passe énormément, comme disait Jacques Roubaud, il me semble. On en prend conscience, souvent, lorsque disparaissent certaines figures tutélaires.

Paul Vecchiali, notre cher auteur (qui passera d’ailleurs dans la capitale fin septembre, au moment où je serai au festival poétique de Quimperlé), semble affecté. Il vient de perdre un ami.

Je reproduis ci-dessous les quelques articles où j’évoque le créateur, non sans distance parfois. Je demeurais un grand fan d’Anna Karina, dont le destin se confond (un peu), avec celui de Godard:

FERDINAND

« Ce que je voulais dire, c’est… Bof… Pourquoi? »

BON ANNIVERSAIRE, JEAN-LUC! (Mémoire des poètes)

Jean-Luc Godard a eu 90 ans avant-hier. Contre toute attente, l’homme aura atteint un âge canonique, après avoir, à plusieurs reprises, tenté de se suicider. Je peux dire que j’en ai bavé avec ses films les plus ingrats, et que je me sens légitime à en parler, comme on se sent légitime à évoquer un pays qu’on a déjà visité ou d’un roman qu’on a vraiment lu. Surtout au Quartier Latin quand j’ai visionné péniblement ses longs métrages en 3D aux côtés d’assistants réalisateurs ou d’enseignants qui tous sauvaient les apparences, réprimant un bâillement entre deux citations de Hegel ou de Lénine, rêvant de violer les lois spatio-temporelles pour que tout cela s’arrête et de consommer une pinte, ou de rentrer tranquillement. Mais Pierrot le fou ou Vivre sa vie, ça excuse tout. Il y a souvent, au milieu du fatras, d’authentiques moments de grâce qui sauvent le reste. Reconnaissons également à Godard une honnêteté intellectuelle totale et un franc-parler absolu.

(BREF) HOMMAGE PERSONNEL A ANTOINE DUHAMEL

 

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   Fils de l’écrivain Georges Duhamel et de l’actrice Blanche Albane, Antoine Duhamel est mort, hier, dans sa maison du Val d’Oise, à l’âge de quatre-vingt neuf ans. Ancien élève du conservatoire de Paris, créateur exigeant, il reste avant tout célèbre pour avoir écrit la bande originale de nombreux films à partir des années 1960, et son nom reste associé à la Nouvelle Vague, aux œuvres de Bertrand Tavernier, François Truffaut, et tant d’autres. Fondée par ses soins en 1980, l’école de musique de Villeurbanne est aujourd’hui très réputée.

  Ayant eu la chance de croiser l’homme au festival du cinéma de La Rochelle vers l’année 2000, je reste surtout marqué par l’air, ou plutôt les airs, de Pierrot le fou (1965), œuvre complète, polyphonique et colorée, tour à tour policier, comédie musicale et drame. Puissante et mélancolique, la composition d’A. Duhamel épouse parfaitement la trame singulière de cet ovni signé Jean-Luc Godard, et que j’ai revu à de multiples reprises, depuis l’adolescence. Signalons aussi, brièvement, la B.O. de Méditerranée, grand film poétique de Jean-Daniel Pollet, réalisé en 1963.

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