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LE (VIEUX) PÈRE-LACHAISE

  J’ai beaucoup parlé de cimetières, de tombes d’auteurs, sur le blog et à travers plusieurs publications imprimées. Adhérent de l’APPL (Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise), habitant le XXème arrondissement, je me balade souvent dans les allées du célèbre lieu, à la recherche d’écrivains oubliés, de personnages singuliers. Dans la prochaine livraison de Diérèse, j’évoquerai directement l’histoire de la nécropole (l’article sera reproduit ici même en avril), du Mont-Louis à l’actuel lieu touristique. En attendant je partage avec vous quelques magnifiques lithographies signées Pierre Rousseau et Émile Lassalle, tirées du livre de Joseph Marty, Les principaux monuments funéraires de Père-Lachaise, de Montmartre, du Mont-Parnasse et autres cimetières de Paris, publié à Paris en 1839, chez Amédé Bedelet, imprimeur. Je reproduis également les légendes de l’ouvrage sous les images.

père lachaise vue générale

« Vue de la porte d’entrée du Père Lachaise ». Le cimetière était encore situé dans le village de Charonne, aujourd’hui « intégré » à Paris.

père lachaise

LE BARON DE BEAUJOUR.


Beaujour (Louis-Félix de), pair de France, naquit à Callas, en Provence, le 28 décembre 1765.

Entré fort jeune dans la diplomatie, il fut, pendant plusieurs années, consul-général en Suède et en Grèce. Après le 18 brumaire (9 novembre 1799), il fut appelé au Tribunat et s’y distingua constamment par la sagesse de ses principes.

En 1804, nommé consul-général et chargé d’affaires aux États-Unis, il y composa, dans ses moments de loisir, un excellent ouvrage publié en 1814 sous le modeste titre de : Aperçu des États-Unis au commencement du dix-neuvième siècle, in-8°. Ce livre donne les notions les plus exactes sur ce pays et sur ses habitants.

Rentré dans sa patrie, Beaujour fut nommé, en 1816, consul-général à Smyrne, et, en 1817, inspecteur-général de tous les établissements français dans le Levant.

En 1818, le titre de baron lui fut accordé en récompense de trente années toutes dévouées au bien public.

Il a en outre publié, en 1801 et 1802, deux opuscules politiques in-8°, le Traité de Lunéville et le Traité d’Amiens ; Tableau du commerce de la Grèce, formé d’après une année moyenne, depuis 1787 jusqu’en 1797, Paris, 1800, deux vol. in-8°. Cet ouvrage a été traduit en anglais, ainsi que son Aperçu des États-Unis.

M. de Beaujour s’est occupé, depuis plusieurs années, d’un travail très-important sur la géographie de la partie de l’Asie que ses missions diplomatiques l’ont mis à même de parcourir et d’étudier avec soin.

Il est décédé le 1er juillet 1836 et a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Le monument de M. Beaujour, qui est un des plus élevés du cimetière, offre par sa solidité un grand luxe de construction : sa forme est pyramidale, élevée en cône et couronnée d’une coupole à jour qui est dorée. L’intérieur du monument n’est pas moins remarquable : il est décoré d’une Peinture dont le fond est ponceau ; des filets jaunes d’or figurent des panneaux dans lesquels sont inscrits les différents voyages de M. Beaujour et les diverses missions diplomatiques qu’il a remplies. Vis-à-vis la porte d’entrée est le portrait du défunt peint à fresque.

À l’extérieur du monument, on lit sur la façade principale :

Félix BEAUJOUR
Né à Callas, en Provence, le 28 décembre 1765,
Mort à Paris, le 1er juillet 1836.

Ce monument a été construit sur les dessins et sous la direction de M. Cendrier, architecte.

Père Lachaise Denon

Le baron Denon (Dominique-Vivant) naquit à Châlons-sur-Saône (Saône-et-Loire), en 1747, d’une famille noble.

Il était destiné à la magistrature, et ses parens l’avaient envoyé à Paris pour faire son droit. L’étude des lois lui parut trop sérieuse. Les arts le réclamaient ; il s’y livra tout entier : la littérature légère, qu’il cultiva en même temps, lui procura de nombreux succès dans la société ; une conversation qu’il eut avec Louis XV, lui valut la place de conservateur d’un musée particulier de pierres gravées et de médailles que le Roi s’était formé.

Quelque temps après, Denon demanda au Roi d’être employé dans la diplomatie, et fut nommé gentilhomme d’ambassade à Saint-Pétersbourg. Paul Ier, alors grand-duc, affectionnait les Français, mais principalement ceux qui possédaient quelque talent ; il s’établit une espèce d’intimité entre le grand-duc et Denon, dont l’impératrice Catherine II conçut quelqu’ombrage ; des tracasseries en furent la suite. Alors Denon demanda et obtint de se rendre avec le même titre qu’il avait en Russie, auprès du comte de Vergennes, ambassadeur en Suède ; il l’accompagna quand celui-ci fut nommé à l’ambassade de Danemarck.

Lorsque M. de Vergennes revint en France prendre le portefeuille des affaires étrangères, il ramena le jeune Denon, il lui confia une mission importante en Suisse. De là, il passa à Naples avec le baron de Talleyrand, y resta sept ans, et, après le rappel de l’ambassadeur, y demeura comme chargé d’affaires.

La révolution commençait à s’annoncer : déjà des idées de liberté fermentaient dans plus d’une tête. Denon ne sut pas en garantir la sienne ; il encourut la disgrâce de la reine Marie-Caroline, qui demanda son rappel ; et la carrière diplomatique fut fermée pour lui.

Mais il avait mis à profit son séjour en Italie : il s’y était perfectionné dans le dessin ; il s’y était formé un tact sûr, un goût exquis. On peut dire que c’est à lui que le Voyage pittoresque de Naples et de Sicile dut la plus grande partie de son succès, puisque c’est lui qui dirigea dans le choix des matériaux les dessinateurs que l’auteur (l’abbé de Saint-Non) employait pour ce travail important.

De retour en France, Denon fut reçu à l’Académie de Peinture, section de la Gravure ; il passa encore quelque temps à Paris, puis se rendit à Venise, où, pendant cinq ans, il étudia avec la plus grande assiduité les chefs-d’œuvre de l’école vénitienne. Forcé comme Français de quitter le territoire de cette république, il se rend à Florence ; mais la même proscription le contraint d’en sortir. Il se réfugie en Suisse, où il ne peut rester, la république française ayant défendu au gouvernement helvétique de donner asile aux émigrés. Pendant son séjour à Venise, il avait été porté sur la liste, et ses biens avaient été confisqués.

Proscrit en France, proscrit chez l’étranger, Denon, au péril de sa vie, se hasarde à revenir à Paris ; il est accueilli par David, dont la puissante égide le protège comme membre de l’Académie de Peinture.

Des jours plus sereins commencent à luire ; la société se reconstitue sur de nouvelles bases. Denon y reparaît avec tous les avantages qui l’avaient fait distinguer plusieurs années avant ; il est accueilli, et cette bienveillance, si justement acquise, devient pour lui la source d’une nouvelle fortune. Il accompagna Bonaparte en Égypte ; embarqué comme artiste, il se battit comme soldat dans le voyage de la Haute-Égypte qu’il fit avec le général Desaix. C’est dans cette expédition qu’il dessina ces monumens qui, depuis quatre mille ans, défient les ravages du temps, Riche de toutes ces vues, à son retour en France, il publia son Voyage dans la Basse et Haute-Égypte, pendant la campagne du général Bonaparte.

Napoléon, devenu consul, le nomma directeur-général des Musées et de la monnaie des Médailles ; c’est sous sa direction que fut érigée la colonne triomphale de la place Vendôme. Il fut conservé dans ces deux places en i8i4 ; niais il les perdit en i8i5.

Denon avait été nommé par l’Empereur membre de l’Institut, baron de l’empire et officier de la Légion-d’Honneur ; en 1816, il fut nommé membre de l’Académie des Beaux-Arts, première section (peinture).

Le monument de Denon est du nombre de ceux qui n’ont aucun aspect funèbre ; il n’a de remarquable que sa statue en bronze, qui est d’une parfaite ressemblance, placée sur un piédestal en pierre de Volvic. Il est représenté assis sur un socle, tenant de la main droite un crayon, et de la gauche des tablettes. Sur le piédestal sont gravés ces mots :

VIVANT DENON,
n. en 1747 — m. en l825.
N.B.: Notons que Vivant Denon est également l’auteur d’une unique longue nouvelle, Point de lendemain, évoquée par Milan Kundera dans La lenteur.

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