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Archives Mensuelles: août 2019

FATWA

   En 1988, la parution des Versets sataniques a généré des manifestations monstres et la mort de plusieurs centaines de personnes. L’ayatollah Khomeini estimait que la peine capitale devait être appliquée à quiconque diffuserait le livre, ou même le lirait. Il est vrai que Salman Rushdie y dresse un portrait peu flatteur du religieux… Qui a lu le roman de bout en bout? Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé mais c’est doublement long et difficile. De surcroît il faut maîtriser la culture orientale, à la fois l’histoire du Pakistan, la vie du Prophète Mahomet, et les Mille et une nuits. Je doute que bien des manifestants, dont beaucoup étaient quasi illettrés (je le dis sans mépris), l’aient réellement parcouru de part en part.

DINDON!

   J’ai résolu de lire un classique par mois, ce qui fait 12 classiques par an, et ce afin de combler certaines lacunes (disons, 4 pièces de théâtre, 4 romans et 4 recueils poétiques). Hier, assis sur un banc en face de la Comédie française, je commence Georges Feydeau sur ma Kobo, puis, en levant les yeux, tombe sur cette affiche, comme par hasard. Le vaudeville écrit, est excellent. Pour ce qui est du film, j’avoue avoir quelques doutes.

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« DISPARAÎTRE » CITÉ DANS UN COLLOQUE UNIVERSITAIRE DUNKERQUOIS

   La rentrée littéraire approche, avec sa cohorte de romans « jeunes », dans les librairies, dès le prochain Moix. En attendant, vadrouillant sur Google, je découvre qu’on a parlé de mon roman, Disparaître, au cours d’un colloque universitaire, à Dunkerque, en octobre dernier (« L’espace dans le roman contemporain français: approches linguistiques et littéraires »). Je ne connais pas Laura Eugenia Tudoras, qui nous vient de Madrid, mais vais essayer de la contacter afin d’en savoir plus, d’éclaircir le mystère (puisque mon livre n’est plus guère disponible sur Amazon. Un renouveau en Espagne?). À suivre!

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« Reconfigurations des dimensions socio-urbaines de l’espace dans le roman français du XXIe siècle », Laura Eugenia Tudoras Universidad Nacional de Educación a Distancia (UNED), Madrid, Espagne. ltudoras@flog.uned.es

   Notre proposition de contribution prétend réaliser une lecture analytique-symbolique de la représentation littéraire de l’espace urbain parisien dans les romans Les Heures souterraines (2009) de Delphine de Vigan et Disparaître (2013) d’Étienne Ruhaud. L’étude aborde, d’une perspective théorique-critique, l’analyse de concepts tels que: la représentation de l’espace dans le discours littéraire d’un point de vue sociologique; la représentation de l’espace urbain en tant que configuration d’identités unifiées qui risquent de se confondre et, plus particulièrement, la configuration littéraire de la ville souterraine, ainsi que des espaces qui délimitent les nouvelles frontières urbaines dans le roman urbain plus récent. De même, l’analyse abordera les formes par lesquelles la métropole acquiert la dimension hostile d’un lieu emblématique de l’atomisation, de l’isolement et de l’individualisation; d’un scénario qui favorise la formation d’un type particulier de posture psychologique et sociale qui opère avec des codes et des langages propres. Ces codes et ces langages spécifiques profilent des paysages sémiotiques qui, de concert, configurent la ville à niveau symbolique, social, géographique et littéraire. Le processus de création littéraire repère et reprend les codes de l’espace réel, les déchiffre, les interprète et les transforme pour les rendre après à la société, revalorisés et enrichis de nouvelles connotations, des codes ré-signifiés que la fiction reflète comme un miroir de la construction sociale du lieu et de l’espace. Pour conclure, l’étude proposée analysera la représentation de la ville en tant que texte et la représentation de la ville en tant que réflexion sur la réalité socio-urbaine du XXIe siècle.

Lien vers le site de l’université

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« CUEVA DE GUANCHES », OSCAR DOMINGUEZ, 1935, (SÉRIE SURRÉALISTES)

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« LES YEUX D’ELSA », LOUIS ARAGON

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« La mémoire », René Magritte

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende
Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa

ANGST 36

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