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SUITE POUR PANTIN (Série: « Mémoire des poètes »)

En parcourant les cimetières, pour les besoins de mon essai, je réalise que plus de 99 pour cent des écrivains, acteurs, chanteurs, plasticiens ou même scientifiques ont été totalement zappés par le grand public. C’est particulièrement vrai pour l’émouvante nécropole de Pantin, si vaste et complexe. Au détour d’une allée, tu croises un joueur d’échecs célèbre en son temps, ou un magicien, ou un clown, ou un auteur déporté dont la tombe a disparu (Boris Bouïeff), une semi-mondaine chanteuse d’opérette, maîtresse d’un banquier, un gourou quelconque… Cela pourrait inciter à arrêter, à verser dans l’aquoibonisme chronique, dans le nihilisme. Et pourtant non. Car outre le fait que divers acharnés (comme moi, à un petit niveau, ou comme l’excellent Philippe Landru, spécialiste des cimetières, à un niveau plus élevé, voir le lien plus bas), pourront un jour retrouver des oubliés, et les faire vivre même modestement, la création est probablement un but en soi, un divertissement supérieur. Sans oublier que quelque chose se transmet aux descendants, des générations (précisément), plus tard, ce qui fait que rien n’est jamais complètement vain… Cela rend en tous cas creuses certaines chamailleries électroniques sans conséquence, qui apparaissent immanquablement pour ce qu’elles sont: une perte de temps et de fluide vital.

https://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?auteur1

BORIS BOUIEFF (1925-1979)

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   La mémoire de Boris Bouieff (1925-1979), qui fut critique et ami de François Mauriac, se perd donc au cimetière de Pantin, où sa tombe, pourtant indiquée sur le plan, demeure à ras le sol. Descendant de la famille impériale russe, l’homme, qui vécut en Afrique du Nord, puis en métropole, fut envoyé à Buchenwald pour faits de résistance et en rapporta l’affection pulmonaire qui devait le mener de sanatorium en sanatorium. On lui doit des textes poignants, et une conversion sincère, un peu naïve, au catholicisme. Peu d’éléments, sinon ceux glanés au fil des archives. Je sais qu’il vécut à Paris, oû il écrivit Pays de rigueur, et qu’il y mourut en 1979. J’ai également contacte l’association des anciens déportés basée à Montreuil, qui ignorait son parcours, pour leur livrer quelques données.

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