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Archives de Catégorie: Johns Jasper

FRÉQUENTATION

« Flag », Jasper Johns, USA, 1955.

La fréquentation du blog est en chute libre depuis janvier 2020. Une part des visiteurs venait des Etats-Unis, ce que je ne me suis jamais expliqué, dans la mesure où tous les articles sont en français (peut-être des francophones, ou des Cajuns). Je pense surtout que cela demeure lié au fait que j’en sois resté à la version gratuite, non par économie mais parce que la technique m’agace vite, et que j’en demeure à une forme de minimalisme.

Bizarrement, et je le dis sans affectation, peu me chaut. On pourra toujours objecter que je n’en parlerais pas si je m’en moquais réellement. Disons simplement que le blog est peut-être d’abord un moteur, plus qu’une fin en soi ou une façon de capter l’attention. Evidemment, on aime être lu. Evidemment, il y a là une satisfaction narcissique évidente, sans quoi on ne chercherait pas un éditeur, et on ne partagerait aucun texte (ce pourquoi d’ailleurs l’attitude de certains auteurs qui feignent le détachement est si vaine et si agaçante). Toutefois, je réalise que le simple fait de poursuivre un projet sur des mois, des années, suffit à sa peine. Et que la finalité réelle demeure le livre. Donc, si on en produit pas de livres, et qu’on en reste à l’idée de récolter un maximum de likes et de smileys (souvent de pure complaisance), cela ne fait aucun sens. Le blog permet certes de partager des choses, mais il m’apparaît surtout comme un brouillon vers la finalité supérieure du volume, de l’imprimé, qu’il soit physique ou électronique, sous forme de PDF, d’ebook. C’est très personnel. Je ne crois pas à la survivance des blogs après la disparition de l’auteur. Les livres, eux, même ignorés, resteront à la Bibliothèque Nationale. Il m’est ainsi arrivé d’ouvrir un livre de Théodore Koenig, précédemment évoqué, qui n’avait pas été coupé, et donc jamais lu depuis son arrivée dans les magasins de l’établissement, soixante ans plus tôt. J’ai donc demandé à un agent de couper les pages en question, et le livre a existé, sous mes yeux, mon regard. Comme s’il m’attendait, ou comme s’il attendait n’importe quel lecteur. Tandis que les lignes que vous lisez ici, si elles ne sont imprimées, un jour, disparaîtront à jamais (enfin, tout disparaîtra à jamais. C’est un autre débat. A voir, d’ailleurs. On attend qu’Elon Musk sauve l’Humanité, à défaut de sauver la prose de quelque surréaliste wallon).

Le blog m’aide à maintenir une forme de discipline d’écriture, puisque je me fixe de fournir tant de billets -même de simples images bizarres glanées sur le Net-, par mois. Le fait d’être, même un peu, suivi, génère une pression positive. Mais le fait d’avoir quinze, trente, ou trois mille followers n’est pas en soi si déterminante. Mieux vaut un roman lu par cent personnes qu’un blog lu par des milliers.

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