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MÉMOIRE DES POÈTES XVI: GEORGES MÉLIÈS (1861-1938), Cimetière du Père-Lachaise, division 64 (article paru dans Diérèse 70, printemps-été 2017)

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   Marie-Georges Jean Méliès, dit Georges Méliès, naît le 8 décembre 1861 à Paris, au 49 boulevard Saint-Martin, dans le 3ème arrondissement, au sein d’une famille très aisée de fabricants de chaussures. Après des études au lycée Michelet de Vanves, puis à Louis-le-Grand, il effectue son service militaire à Blois. Bien qu’aucune trace écrite ne subsiste, la légende veut que l’appelé ait fréquenté le prestidigitateur Robert Houdin dans sa propriété de Saint-Gervais-la-Forêt. Revenu à la vie civile, Georges Méliès, qui désire devenir peintre, travaille quelques temps chez son père, et y apprend des rudiments de mécanique. En 1883, envoyé à Londres pour perfectionner son anglais, le jeune homme vend des corsets dans un grand magasin de confection, et en profite pour apprendre la prestidigitation auprès David Devant, comédien dont il réalise les décors, à l’Egyptian Hall. Revenu à Paris, il épouse Eugénie Génin, riche pianiste d’origine hollandaise, et se produit avec elle à la galerie Vivienne et au cabinet fantastique du musée Grévin notamment. Parallèlement, il poursuit une carrière de journaliste et de caricaturiste, notamment au journal antiboulangiste La Griffe, détenu par son cousin Adolphe Méliès. En 1888, fort des 500 000 francs rapportés par l’héritage familial, Méliès rachète son théâtre à la veuve de Robert Houdin, au 8 boulevard des Italiens. S’y produisent alors de célèbres illusionnistes tel le professeur Carmelli (1850-1919), qui passe pour être d’une habileté inégalée, mais aussi Okita, au style japonisant, au milieu des somptueux décors d’Houdin embellis par Méliès, et peuplés d’incroyables automates. Les soirées s’achèvent par des projections de photographies, sur des plaques en verre, dans une sorte d’ambiance poétique. Parallèlement, Méliès fonde en 1891 l’Académie de Prestidigitation, qui changera plusieurs fois de nom, et qui contribuera à donner un véritable statut à la profession .
Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n’a aucun avenir commercial ! lui aurait dit l’un des frères Lumière, ou leur père (les versions divergent), lors de la première projection du Cinématographe, le 28 décembre 1895, à l’Hôtel Scribe, 14 boulevard des Capucines, à Paris. Désirant racheter le brevet de l’invention, Méliès essuie un refus poli, mais ferme. Comprenant quel est le formidable potentiel de l’outil, il achète donc le procédé de l’Isolatographe des Frères Isola (inhumés au cimetière des Batignolles) et le projecteur Theatograph commercialisé par son ami londonien, l’opticien et cinéaste Robert William Paul (1869-1943), avant de fonder sa propre société de production, la Star Films. Le 5 février 1896, à trente-quatre ans, Méliès diffuse ainsi ses propres œuvres, très inspirées par celles des Frères Lumière, dans son propre théâtre. Une seconde vie commence.
L’homme n’a plus seulement envie de filmer le réel, des scènes de rue, mais invente des scénarios, des histoires courtes. Il découvre également le procédé du collage, ancêtre du montage moderne, notamment dans Escamotage d’une dame au théâtre Robert-Houdin, en 1896. Ayant fondé le premier studio de cinéma français dans sa propriété montreuilloise, Méliès filme sa propre équipe théâtrale, des gens trouvés dans la rue, des danseuses devant des décors peints, et bâtit un atelier spécial pour colorier ses images. Passant fréquemment de l’autre côté de la caméra, Méliès devient ainsi une sorte d’athlète complet, tour à tour réalisateur, producteur, scénariste, machiniste et décorateur. Il va jusqu’à réinventer sur pellicule les actualités auxquelles il n’a pu assister, avec le Sacre du roi Édouard VII notamment . Pas moins de six-cents petits « voyages à travers l’impossible » sont ainsi tournés entre 1896 et 1914, autant de petits sketchs poétiques, étonnants, de quelques minutes, généralement projetés dans des foires.
On retient aujourd’hui de cette période essentiellement L’Affaire Dreyfus, Barbe bleue et surtout l’incroyable Voyage dans la Lune. Tourné en 1902 et devenu un classique, Remportant un franc succès, d’une durée de seize minutes (ce qui, pour l’époque, reste exceptionnel), décrivant une merveilleuse aventure dans l’espace, le court-métrage est salué outre-Atlantique. Très admiratifs, les Américains n’hésitent toutefois pas à pirater les bobines, au point que la Star Films ouvre une succursale à New-York, dirigée par Gaston Méliès, frère de Georges, afin de contrôler la diffusion. Ce dernier n’hésite pas à rédiger un article dans la presse, menaçant de poursuivre tous les contrefacteurs. Hélas rien n’y fait. En ce qui me concerne, ne croyez pas que je me considère rabaissé en m’entendant traité dédaigneusement d’artiste, car si vous, commerçants (et rien d’autres, donc incapables de produire des vues de composition), vous n’aviez pas des artistes pour les faire, je me demande ce que vous pourriez vendre, déclare Méliès à l’époque. Les mots sont magnifiques, mais cruellement révélateurs : ne possédant pas le sens des affaires, le cinéaste perd ses procès face au géant Edison, qui profite d’une histoire de brevet, obtenu sur le sol américain, pour exploiter en toute tranquillité le Voyage dans la Lune, et le manque à gagner est important. Les difficultés commencent : ne parvenant pas à rivaliser avec les grosses sociétés de production, Méliès perd le contrôle éditorial sur ses œuvres au profit de Pathé, qui devient dès 1911 distributeur officiel de Star Films. La femme de l’artiste décède deux ans plus tard. Devenu un simple cinéma, le théâtre Robert-Houdin doit fermer lors de l’entrée en guerre, en 1914, sur ordre préfectoral. Placé dans une situation financière extrêmement critique, Méliès monte, avec l’aide de sa famille, un théâtre, puis un cabaret d’opérette, dans sa propriété de Montreuil. L’aventure dure huit ans, de 1915 à 1923, avant qu’un créancier ne se présente. Pathé rachète la demeure, et tous les films disparaissent, vendus à des forains, ou détruits par Méliès, dans un acte de désespoir. On brûle les bobines pour en extraire l’argent, ou pour en faire du celluloïd, destiné à la confection de talonnettes, pour les Poilus. Ironie de l’Histoire : nous connaissons aujourd’hui les films de Méliès grâce aux copies piratées et aux contrefaçons yankees.
La banlieue entière s’est figée dans le décor préféré du film français. À Montreuil, le studio de Méliès a été démoli. Ainsi merveilles et plaisirs s’en vont, sans bruit, déclare mélancoliquement Maurice Pialat dans L’Amour existe, longue prose filmique autour de la banlieue parisienne. Ruiné, amer, Méliès épouse Jeanne d’Alcy (de son vrai nom Charlotte Faës), en 1925. Ensemble, le couple tient une boutique de confiseries et de jouets, gare Montparnasse, tout en recevant des chèques de Bernard Nathan . En 1929, le journaliste Léon Druhot le retrouve et le fait sortir de l’oubli. En 1932, Méliès et son épouse sont accueillis au château d’Orly, maison de retraite de la Mutuelle du cinéma. L’artiste meurt du cancer le 21 janvier 1938, à l’âge de soixante-seize ans. Il repose désormais avec sa femme dans la division 64, dans une tombe blanche portant la mention professionnelle « créateur du spectacle cinématographique », sous un buste signé Gavinelli. Située dans la division 64, non loin du mur de clôture Ouest du cimetière, régulièrement fleurie et ornée de vieilles pellicules, la sépulture figure sur le plan fourni à l’accueil.
Alchimiste de la lumière, pour reprendre les termes de Chaplin, Méliès aura donné son nom à plusieurs rues, à plusieurs établissements et à plusieurs cinémas (à Montreuil et à Toulouse notamment), fait l’objet de nombreux hommages et expositions, et inspiré le groupe électro Air . En leur temps, les surréalistes eux-mêmes ont contribué à découvrir, ou plutôt à redécouvrir, le travail de l’artiste. Fasciné, le réalisateur allemand Hans Richter (1888-1976), a ainsi grandement contribué à sortir Méliès de l’ombre. En février 1937 on projette à nouveau des films de Méliès dans diverses salles. Il est de plus en plus apprécié par la « nouvelle vague » d’alors et par les jeunes poètes. Le Festival est placé sous la présidence d’Edmond Jaloux et se tient à la brasserie Lux, rue de Rennes, près de la gare Montparnasse. Là, sur un papier à en-tête de la Brasserie, le dessinateur Gea Augsbourg brosse un croquis de Méliès, chapeau sur la tête. La feuille est bientôt couverte de signatures : André Breton, Paul Éluard, Maurice Fombeure, Louis Aragon… cet hommage spontané cause une grande joie à grand-père : se voir reconnu comme l’un des leurs par les surréalistes, quelle surprise à soixante-seize ans ! témoigne ainsi Madeleine Malthête-Méliès, dans le livre consacré à son père . De fait, l’univers onirique, décalé, expérimental, du magicien, ne pouvait que fasciner ces jeunes esprits enthousiastes, tournés vers le rêve, l’imaginaire. Bien que n’ayant évidemment jamais participé au mouvement, Méliès semble, indirectement, l’annoncer, et Breton évoque d’ailleurs son cinéma primitif dans une conférence prononcée le 2 mai 1938 à Mexico, quelques jours après la disparition de l’intéressé.

ÉVÈNEMENTIEL DE JUILLET

Chers amis,

  Peu de choses à annoncer pour ce nouveau mois. Juillet/août constitue généralement une période de vaches maigres.

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   Signalons d’abord l’extraordinaire Festival du Film de La Rochelle, qui, pour sa 45ème édition, présentera notamment une rétrospective Hitchock et Tarkovski. Le réalisateur Volker Schlöndorff est également attendu. Arnold Schwarzenegger, le talentueux acteur de Terminator , devenu gouverneur de Californie, sera également à l’honneur. L’occasion de découvrir des nouveaux talents, des surprises, des films en avant-première. Hélas je ne pourrai pas m’y rendre.

Le site du festival du film de La Rochelle (cliquer sur le lien)

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  Signalons, pour rester dans le domaine cinématographique, le prochain numéro des « Projos de Greta », séances organisées par la talentueuse Julie Chaux, rappeuse et réalisatrice. Un ensemble de court-métrages vous sera ainsi présenté au Café de Paris, le mardi 18 juillet, autour d’une thématique historique (à partir de 19h30, 158 rue de Paris, 75011 PARIS, métro Ménilmontant). L’occasion de découvrir des jeunes, des bleus ou des déjà confirmés.

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   Pour rester dans le onzième, signalons le traditionnel Cénacle du Cygne, qui, comme chaque fois, se tiendra au bar La Cantada II (13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant), le dernier jeudi du mois (soit le 27 juillet) à partir 20h30. Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, l’évènement accueillera notamment Jean Hautepierre, que nous avons déjà évoqué ici, mais aussi votre serviteur, venu lire ses délires animaliers, le comique YG, et bien d’autres.

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   Évoquons enfin la rétrospective consacrée à l’artiste britannique David Hockney au Centre Pompidou. Ouverte le 21 juin, l’exposition se poursuivra jusqu’au 31 octobre 2017.

ÉVENEMENTIEL TARDIF: EUGÈNE SAVITZKAYA À LA LIBRAIRIE « ATOUT LIVRES » CE SOIR

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   Ce vendredi 23 juin se poursuit le cycle des « Soirées Diacritik » initié à la librairie Atout Livre qui est le partenaire de nos rencontres littéraires et critiques où, régulièrement, un auteur vient échanger avec la revue et le public autour de son œuvre. Ce nouveau rendez-vous, animé par Johan Faerber (Diacritik) et David Rey (Atout Livre) prend place vendredi à 19h30 pour recevoir l’un de nos contemporains capitaux : Eugène Savitzkaya.

   Le romancier et poète belge s’entretiendra à l’occasion de la récente parution de son abrasif Sister (éditions L’œil d’or) dont il proposera une lecture et reviendra sur l’ensemble d’une œuvre qui, de Mentir jusqu’à Fraudeur en passant par La Traversée de l’Afrique, a su inventer la littérature contemporaine telle que nous la lisons aujourd’hui. « Frère d’écriture » disait si justement Hervé Guibert à son propos, en une formule qui dit combien l’auteur se tient comme le compagnon secret et lumineux de nombre d’écrivains aujourd’hui.

L’occasion de relire ici même ce que Diacritik avançait au sujet de Fraudeur à sa parution ou encore de sa correspondance avec Hervé Guibert.

En espérant vous y rencontrer nombreux !

Informations pratiques : Librairie Atout Livre, 19h30 – 21h. Adresse : 203 bis avenue Daumesnil, 75012 Paris. Métro Daumesnil. Entrée libre.

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ÉVÈNEMENTIEL (suite): THIERRY RADIÈRE ET LES « PROJOS DE GRETA »

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  Organisé par la jeune artiste polyvalente Julie Chaux, le prochain numéro des  « Projos de Greta », qui regroupe des courts-métrages réalisés par de nouveaux talents, se déroulera au Café de Paris, 158 rue Oberkampf (métro Belleville ou Père-Lachaise), le 20 juin, de 19H30 à 23H30. Vous trouverez ci-dessous une présentation, glanée sur Facebook:

Presque cinq ans après sa première apparition, le thème romantique revient pour le dernier jour du printemps, rompant avec les habituels thèmes profonds (mais non pas « prise de tête » !) pour insuffler une dose de légèreté dans l’air et faire battre vos petits cœurs comme au premier jour (de votre premier amour).
° De la romance qui dure, du coup de foudre rose-bonbon, mais aussi des petites touches de noirceur de ci de là, car l’amour c’est léger, mais parfois grave… un peu seulement, car ce soir, quoi qu’il arrive, c’est happy-end assuré, satisfait ou remboursé ! Si vous êtes déjà in love, venez en couple, et si vous êtes seul… ma foi vous ne devriez pas le rester longtemps !

  
— “Le premier pas“ d’Aurélien Laplace
— “Antonia“ de Laura Lago
— “Ma nouvelle robe“ de Nicolas Paban
— “Un silence“ de Lancelot Mingau
— “Invisible“ de Frédéric Baboulaz
— “Borderline therapie“ de Frédéric Guyot
— « Claire et Bruno : une histoire d’amour et de viande crue » de Lionel Delebarre

En présence des équipes des films.

En arrivant, même en cours de projection, prenez un verre au bar et filez avec dans la salle du fond.
Vous pourrez aussi vous restaurer, tout en regardant des courts-métrages, comme à la maison !

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   Auteur vendéen, poète, Thierry Radière, dont nous serons amenés à reparler en juillet, dédicacera ses livres du 25 au 27 août 2017 au salon de Lalinde, en Dordogne. Je ne serai pas présent. Mais si vous habitez dans la région…

« Sans botox ni silicone », le blog de Thierry Radières

 

MÉMOIRE DES POÈTES XV: ALAIN JOUFFROY (1928-2015), Cimetière du Père-Lachaise, division 49. (article publié dans « Diérèse » 70, printemps-été 2017)

 

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   Né à Paris, non loin du parc Montsouris, le 20 décembre 1928, Alain Jouffroy assiste, lors d’un voyage en Espagne en 1936, à la violence de la guerre civile, épisode qui le marquera fortement. Ayant commencé, très jeune, à écrire et à peindre, il croise par hasard André Breton en 1946 dans un hôtel finistérien d’Huelgoat, et devient membre du mouvement surréaliste. Il y fréquente notamment Victor Brauner (enterré au cimetière Montmartre), Stanislas Rodanski, Sarane Alexandrian (incinéré, et présent dans le columbarium, division 87), ainsi que Claude Tarnaud. Exclu deux ans plus tard, A. Jouffroy, qui a également côtoyé Henri Michaux et Francis Picabia, théorise la notion « d’individualisme idéologique », avant de se faire connaître en tant que critique, notamment à travers les revues L’œil et Arts, et d’épouser Manina (1918-2010), artiste vénitienne dont l’influence le marque fortement. Ayant rencontré notamment Marcel Duchamp, Daniel Pomereulle, Roberto Matta, Jouffroy refuse tout sectarisme politique, et, en compagnie de Jean-Jacques Lebel, introduit le pop art, ainsi que la Beat Generation, dans l’Hexagone, tout en se réconciliant avec Breton, jusqu’à produire la première anthologie de poésie surréaliste dans la collection NRF/Poésie Gallimard
L’homme, qui s’est remarié à Laetitia Ney d’Elchingen, descendante du poète franco-allemand Heinrich Heine (inhumé, comme V. Brauner, au cimetière Montmartre) participe activement à mai 68, déploie une intense activité de critique artistique, tout en « révélant » Michel Bulteau et Mathieu Messagier, auteur du célèbre Manifeste électrique aux paupières de jupe, et en fondant les Éditions étrangères, avec Christian Bourgois. La période est extrêmement féconde : Jouffroy publie des essais, comme Les Pré-voyants, (1974), mais aussi les aussi des poèmes, des manifestes politiques, et un intéressant roman autobiographique, avec Le roman vécu, paru en 1978. Il dirige parallèlement la revue XXème siècle, de 1974 à 1981.
Une nouvelle rupture créatrice se produit, après la séparation d’avec sa troisième femme, l’actrice Adriana Bodgan. Au début des années 80, Jouffroy s’intéresse effectivement à la civilisation d’Extrême-Orient, et, devenu conseiller culturel à l’ambassade de France à Tokyo, entre 1983 et 1985, organise les premiers sommets culturels franco-japonais, tout en se passionnant pour le bouddhisme zen. Il épouse la designer Fusako Hasae, puis, de retour en France, créée le Club, sorte de société informelle regroupant artistes et auteurs, en collaboration avec le philosophe Félix Guattari. Il y fait connaissance avec le peintre Christian Bouillé, et entame dès lors une œuvre plastique importante, les fameux Posages, aux confins du collage, et du montage. Influencé à la fois par Nietzsche, Rimbaud, et l’art nippon, auteur d’une centaine de livres tous extrêmement divers, Alain Jouffroy nous a quitté le 20 décembre 2015, et repose désormais sous une tombe fort sobre de la 49ème division. Mais laissons la parole au créateur, à travers ces quelques vers d’amour, intitulés « À toi », et dédiés à la plasticienne Manina, évoquée plus haut .

À toi la stupeur immobile de ma joie
Mon sourire de marbre blanc
Mon regard lavé dans la source du sous-bois
À toi mes mains de ville ouverte
À toi mes genoux d’écureuils
À toi ma voix la plus lointaine
À toi tout ce qui tisse nuit et jour à travers moi
À toi la lagune où nous nous sommes connus
À toi les revenants du soleil
À toi ces palais de lilas dans nos yeux
À toi tout ce qui est tout ce qui change
À toi
L’explosion de la perle au cœur de l’oiseau noir
Venise, 1954-1956

NB: Alain Jouffroy (1929-2015) : La tombe se situe donc dans la 49ème division, 2 lignes de tombes face à la 50ème division et 15 lignes face à la 45ème division.

MARCHÉ DE LA POÉSIE

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Chers amis,

   Contrairement à ce que j’annonçais dans l’événementiel, il y a quelques jours, je me rendrai au marché de la poésie de la place Saint-Sulpice le samedi 10 et non le dimanche 11 juin. J’y visiterai notamment les stands d’Unicité, mais aussi de Diérèse et d’Empreintes, la revue de mon amie Claude Brabant. J’espère vous y retrouver. Comme toujours: er10@hotmail.fr, 07 50 89 83 24. Bonne fin de semaine!

AVIS DE PARUTION

Chers amis,

Un peu d’autopromotion:

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   Mon article autour de la rue Monte-Cristo paraîtra après-demain, jeudi 1er juin, dans prochain numéro du journal d’informations locales L’ami du XXème (disponible dans tous les kiosques de l’arrondissement au prix d’1,70 euro).

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   Signalons également la présence, dans le dernier Diérèse, la revue poétique de Daniel Martinez, d’un « Tombeau des poètes » consacré au figures de Méliès et d’Alain Jouffroy, ainsi que de deux articles critiques autour des ouvrages de Jean Hautepierre et Thierry Radières. Le numéro sera en vente au marché de la poésie, ce week-end, place Saint Sulpice, au prix de quinze euros. Pour le commander, envoyer un chèque de 15 € + 3,90€ de frais de port, soit 18,90 € (35 € port compris pour deux exemplaires. Le port est offert à partir de trois exemplaires). Ecrire à Daniel Martinez, 8 avenue Hoche, 77380 OZOIR-LA-FERRIERE.

 

 

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