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« J’AI APPRIS À RÊVER », DIDIER GUILLOT, éditions « La Trace », Paris, 2022 (article paru dans « ActuaLitté »)

   Jean-Jacques Rousseau avait besoin de marcher pour réfléchir et écrire. Ancien ouvrier devenu juriste, le Charentais Didier Guillot semble suivre l’exemple du philosophe, en parcourant les Causses, le Massif Central. Rousseau n’est pourtant guère évoqué, ici : sur les pas de Stevenson, l’auteur évoque avec passion ses pérégrinations, ses réflexions, avec pour fil d’Ariane la figure aimée d’un frère disparu. Journal de voyage, mais aussi récit initiatique, ce premier petit livre nous emmène loin de la civilisation, des voitures, comme pour mieux nous reconnecter au monde.

Quelques jours de nomadisme… (p. 42)

   En 1878, en proie à un chagrin d’amour, Robert Louis Stevenson part se ressourcer dans les Cévennes, avec pour toute compagnie l’ânesse Modestine. Paru l’année suivante, en juin 1879, Voyage avec un âne dans les Cévennes (Travels with a Donkey in the Cévennes) relate les aventures du célèbre écrivain écossais, témoin entre autres de la guerre des Camisards, soit de véritables affrontements religieux opposants protestants et catholiques. En 1978, soit très exactement un siècle après le fameux voyage, la Fédération française de randonnée pédestre créée le fameux « chemin de Stevenson », soit le GR 70, qui suit assez fidèlement la trace de l’intéressé, en l’allongeant toutefois. Le GR 70, qui passe désormais par Le Puy-en-Velay-Le Monastier et Saint-Jean-du-Gard-Alès, compte deux-cent cinquante kilomètres. Dans la foulée, une association est fondée en 1994, afin de promouvoir le sentier. C’est seul que je partirai en cavale (p. 20), déclare Didier Guillot.

Pour lire la suite, cliquer sur le lien suivant:

https://actualitte.com/article/108698/chroniques/j-ai-appris-a-rever-ou-l-eloge-de-la-marche-par-didier-guillot

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RÉACTION POSITIVE

… Réaction positive, sous mon article autour d’Une heure avant la vie de Svetlana Pironko, paru sur le site « ActuaLitté » (cf. précédemment). Hélas, comme je l’ai dit précédemment, je ne peux accepter de nouveaux services de presse. Je dois songer à finir mes propres livres.

Nota bene Je crois par ailleurs reconnaître l’auteure de ce commentaire, qui elle-même se reconnaitra peut-être en lisant ce billet. Si mes prédictions s’avèrent justes, qu’elle soit remerciée.

Pour retrouver l’article en question:

https://actualitte.com/article/107614/chroniques/une-heure-avant-la-vie-de-l-amour-aux-deuils

« UNE HEURE AVANT LA VIE », SVETLANA PIRONKO, LE PASSEUR, PARIS, 2022 (article paru sur le site « ActuaLitté »).

Une heure avant la vie, de l’amour aux deuils

Traductrice, agent littéraire, et éditrice d’origine kazakh, Svetlana Pironko signe là un premier roman d’inspiration autobiographique. Récit initiatique, intime, Une heure avant la vie nous fait également bourlinguer, des steppes d’Asie centrale à Paris, d’Édimbourg à l’Égypte, en passant par Venise, au gré des souvenirs. Le livre ne contient pas d’intrigue définie, mais la narration se fait par petites touches, de manière quasi impressionniste, autour d’une figure paternelle chérie…

(Retrouvez la totalité de l’article en cliquant sur le lien suivant)

https://actualitte.com/article/107614/chroniques/une-heure-avant-la-vie-de-l-amour-aux-deuils

« PETITE HISTOIRE D’UN JUIF FRANÇAIS – RÉSURRECTIONS-« , L’HARMATTAN, PARIS, 2022 (article paru dans « ActuaLitté »).

… Paru dans ActuaLitté, donc, mon dernier article autour du livre de Laurent Geoffroy (Laurent Sedel), chirurgien orthopédiste, Juif républicain, universaliste. Aucun rapport avec ce qui se passe au Proche-Orient, que je ne suis pas vraiment, du reste (hasard du calendrier). L’ouvrage, qui peut paraître polémique, est d’une grande honnêteté. Merci, encore une fois, à Nicolas Gary, rédacteur en chef. Pour en savoir plus, cliquez sur le lien!

https://actualitte.com/article/107350/chroniques/petite-histoire-d-un-juif-francais-celui-qui-n-aurait-pas-du-vivre?fbclid=IwAR2sOKGHNebeLTF4nxuvzXaaEmHzXzsWvLoINpzwcZwtDGU5fVfWwdqAUzU

ALEA JACTA EST!

Précisions à venir…

« CÉLÉBRATIONS DU BONHEUR », EMMANUEL JAFFELIN, MICHEL LAFON, 2021 (RECENSION)

Chers amis, chers lecteurs,

Une fois n’est pas coutume, parlons bonheur, pensée stoïcienne et sens de la vie, avec Emmanuel Jaffelin, agrégé de philosophie et auteur d’un très bel essai, publié chez Michel Lafon. Merci encore au site ActuaLitté et à son patron, Nicolas Gary, pour l’accueil. Créé en février 2008, le site, qui propose même une application mobile, attire jusqu’à 650 000 lecteurs par mois, parmi lesquels nombre de professionnels du livre (source: Les Échos). Grande fierté, donc!

https://actualitte.com/article/106307/chroniques/une-nouvelle-voie-vers-le-bonheur-pour-emmanuel-jaffelin?fbclid=IwAR2k9QfVjUbpwXAyJYn7jtMuWvGiquLcavXbXuaXgO8Mqkk4CpOWvZphnvI

« LA VIVEUSE », AYMERIC PATRICOT, ÉDITIONS LÉO SCHEER, 2022. (article paru dans « Zone critique »).

Retrouvez mon article (de fond), autour de La viveuse, roman de mon ami Aymeric Patricot, dans la revue Zone critique.

Aide-soignante issue d’une famille ouvrière désunie, peu éprise d’un compagnon immature, Anaëlle, la vingtaine, se cherche dans les bras d’amants fugaces, jouisseurs. Son travail en EHPAD ne la satisfaisant pas, la jeune femme se tourne vers l’assistance sexuelle… Telle est, dans les grandes lignes, l’intrigue de La Viveuse, roman publié aux Éditions Léo Scheer. Comme souvent, Aymeric Patricot parle d’un sujet tabou, jusque là peu abordé dans la fiction (évoquons malgré le film américain The Sessions de Ben Lewin), ou alors en filigrane.

Lire la suite ici:

« BEAUDÉSIR », DENIS MONTEBELLO, LE RÉALGAR, SAINT-ÉTIENNE, 2021. (note de lecture parue dans « Diérèse » 83, hiver 2021-2022)

Un livre évaltonné : ainsi pourrions-nous qualifier ce nouveau petit volume, publié par le Réalgar, éditeur stéphanois. S’interrogeant sur l’origine même du qualificatif, le latiniste Denis Montebello consacre plusieurs pages à l’étymologie, comme il le fait dans ses précédents livres (dont certains furent chroniqués dans Diérèse). Se définissant lui-même comme un évaltonné, soit, pour résumer, comme une âme errante, flottante, quelque peu lyrique, l’auteur assume pleinement la digression en tant qu’art littéraire. Beaudésir se compose ainsi d’une série de textes, comme autant de billets du blog Cotojest[1], comme autant de poèmes en prose alternant portraits, paysages, refrains, souvenirs familiaux ou réminiscences livresques. La guinguette disparue qui donne son (magnifique) titre à l’opuscule appartient ainsi à cette mythologie personnelle : De l’accordéon musette. Les mêmes airs qu’on passait au Stade Saint-Michel, à la mi-temps, qu’on servait avec les marrons, le vin chaud (p. 12).

  Composite, de prime abord, Beaudésir forme évoque en réalité une autobiographie par fragments, par touches, par tableaux successifs. Résolu à suivre le cadastre qui est la mémoire (p. 52), D. Montebello s’égare volontiers dans les méandres d’un bois où cueillir divers gros pieds, tontons ou polonais (p. 37), ou encore brimbelles (idem), soit des myrtilles, en patois lorrain. Car la clairière, le lieu central, demeure vosgien. Né à Épinal, Denis Montebello évoque avec passion une Lorraine largement italienne, une sorte de Texas français (p. 53). Divers décors se succèdent, du lac d’Orta figurant en couverture à la cité des images (p. 46). S’y croisent plusieurs figures tutélaires, de Giulo, grand-père piémontais amateur de champignons, aux savants oubliés, aux écrivains locaux tel Jacques Grévin (1538-1570), au présentateur luxembourgeois Helmut (p. 51), ou encore à Nietzsche, amoureux transi, souffrant, de Lou-Andréas Salomé. Utilisée par l’auteur même, l’allégorie du Lego (créé en 1958), évoque assez cette prose qui baguenaude, cet assemblage (p. 51) en apparence hétéroclite, mais qui prend sens sous la plume élégante, stylée, de l’écrivain. Comme chez François Bon[2], une grande attention est également portée aux objets, autant de traces demeurées vivaces dans la grande forêt des contes (p. 11).

  Derrière l’apparente légèreté, la fantaisie, sourd une certaine mélancolie, une certaine nostalgie. Restent, pour se consoler, le goût de l’érudition et le beau désir d’exhumer puis de magnifier les remembrances, d’actualiser la page.


[1] Du nom du blog même de Denis Montebello :

[2] Cf. Autobiographie des objets, Le Seuil, 2012.

Retrouvez la note sur Babelio:

https://www.babelio.com/livres/Montebello-Beaudesir/1394349/critiques/2920795

« UNE GARANCE POUR LE VIOLONCELLE, MYLÈNE VIGNON, ÉDITIONS UNICITÉ, SAINT-CHÉRON, 2013. (ARTICLE PARU DANS « LE SALON LITTÉRAIRE » EN JANVIER 2014).

Une série d’hommages : ainsi pourrions-nous qualifier le nouveau recueil de Mylène Vignon, femme de Lettres, blogueuse, journaliste, et animatrice du site « Saisons de culture ». Reprenant, par le titre, une métaphore de Maria Elena Vieira da Silva[1], Une garance pour le violoncelle ressemble en effet d’abord à une belle suite de dédicaces, ou plutôt d’odes à diverses personnes aimées, ou à des éléments, des lieux familiers. Ainsi, page 42, lorsque l’auteure s’adresse à Nina, dans le texte « Vers Nina » : Dors/Et j’écris le poème/Pour toi/Nina/Rien que pour toi, ou encore page 24, dans le texte « Vers les saisons » : Regarder une fleur/Avant de s’en aller/Sans se retourner/Observer le printemps/La veille d’un été/Et rêver. Une large part est faite aux créateurs, musiciens et plasticiens, que la poétesse, par ailleurs critique artistique[2], prend plaisir à célébrer, non sans une certaine complicité : Paris New York/West Side Story/Bernstein/Des cris joyeux/Percent l’hiver/Neigeux (page 26).

   Aucune phrase ne semble détachée, gratuite, et chaque moment, chaque passage, raconte un instant de vie. Une histoire personnelle se déroule ainsi, au fil du livre, comme si le recueil tout entier formait une sorte d’autobiographie fragmentaire. Écrite dans une langue à la fois simple et lyrique, exempte de prosaïsme, Une garance pour le violoncelle rappelle par son style la pureté et la limpidité du haïku. Les vers libres s’enchaînent dans une secrète harmonie, en une série d’images fugaces mais précises, picturales, loin de toute abstraction, de tout hermétisme : Un cri nyctalope/Alcôve interlope/Divan de minuit/Harmonie/Bras de lune/Rivière d’étoiles/Givre/Palette de lumière/Comète (« Vers la nuit », page 33). L’ensemble laisse une impression de vivacité, de bonheur, même si la mélancolie, l’amertume pointent parfois : On chante pour ne pas pleurer (« Vers la nostalgie », page 16).

   Publié par les soins de François Mocaër, jeune éditeur riche d’un catalogue déjà fourni et varié, illustré par Adrienne Jalbert, ce bref ouvrage, profond et touchant, évoque une trouée de lumière en ce morne début d’année.

[1] Un jaune d’or … richesse/Un violet de cobalt pour la rêverie/Une garance qui fait entendre le violoncelle (Maria Elena Vieira da Silva, Testament)

[2] Cf. notamment Rencontre avec Olivier Debré suivi de La Ferveur de l’être, éditions Unicité, 2010.

PS; Retrouvez notre article sur le site « Vu d’ailleurs »:

« LE SILENCE D’AIMER », APOLLINE FONTAINE, ÉDITIONS DOURO, 2021 (NOTE PARUE DANS LE WEBZINE « AMUSE-BEC »)

Ma note de lecture consacrée au Silence d’aimer est parue cette fois dans le webzine Amuse-bec, créé et dirigé par David Laurençon (cliquer sur le lien ci-dessous).

http://amuse-bec.com/apolline-fontaine/

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