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MÉMOIRE DES POÈTES XIV: GÉRARD DE NERVAL (1808-1855), cimetière du Père-Lachaise

DIVISION 49

Gérard de Nerval (1808-1855)

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Gérard de Nerval, par Nadar

   De son vrai nom Gérard Labrunie, Gérard de Nerval naît à Paris le 22 mai 1808 et se trouve immédiatement placé en nourrice à Loisy, dans le Valois, région qui restera toujours très présente dans ses œuvres. Médecin militaire attaché à l’armée impériale, son père, Etienne Labrunie, est envoyé en Allemagne, et notamment à Gross-Glogau, en Silésie, où sa jeune épouse, épuisée par le froid et par les voyages, meurt fin 1818. Orphelin de mère, le futur écrivain est éduqué par son oncle Antoine Boucher à Mortefontaine. Comme il le racontera en 1854 dans Promenades et souvenirs, il ne revoit son père que bien plus tard, et s’installe avec lui dans la capitale en 1814, rue Saint-Martin : J’avais sept ans et je jouais, insoucieux sur la porte de mon oncle quand trois officiers parurent devant la maison ; l’or noirci de leurs uniformes brillait à peine sous leurs capotes de soldat. Le premier m’embrassa avec une telle effusion que je m’écriai “Mon père !… Tu me fais mal !”. De ce jour mon destin changea.  Entré au lycée Charlemagne en 1822, Gérard se lie d’amitié avec Théophile Gautier. Il écrit alors ses premiers poèmes, et compose même un recueil entier, intitulé Poésies et poèmes de Gérard L., 1824, et donné à son ami Arsène Houssaye en 1852. En 1826 paraissent ses Élégies nationales, à la gloire de Napoléon, ainsi que plusieurs satires dirigées contre l’Académie française qui a préféré Charles Brifaut, aujourd’hui oublié, à Lamartine, toujours célébré. Début 1828 paraît également sa traduction de Goethe. La même année, au mois de mai, Nerval entre en apprentissage chez un notaire pour contenter son père, puisque l’homme voit d’un mauvais œil les aspirations littéraires de son fils.

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La bataille d’Hernani, 23 février 1830

  Le 23 février 1830, convoqué par Hugo, il n’en fait pas moins partie du claque de la bataille d’Hernani. Vêtus de rouge, les jeunes Romantiques défendent la pièce, alors violemment attaquée par les auteurs classiques, qui en dénoncent l’audace dramatique et stylistique. Nerval, qui publie de nouvelles traductions de poésies allemandes, abandonne bien vite toute activité professionnelle, et, lié au Petit-Cénacle groupé autour du sculpteur Jehan Duseigneur, effectue deux séjours à la prison Sainte-Pélagie pour tapage nocturne. Il y rencontre notamment le mathématicien surdoué Évariste Gallois, comme il le racontera dans ses Petits châteaux de Bohème. En 1831, il adopte son pseudonyme définitif en souvenir du Clos-de-Nerval, lieu-dit près de Loisy, dans le Valois. Le Prince des sots et Lara, ses premières pièces de théâtre sont alors données à l’Odéon. Toujours officiellement étudiant en médecine, il assiste également son père pour soigner l’épidémie de choléra qui sévit dans la capitale l’année suivante.

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Jenny Colon (1808-1842)

    On pense que l’écrivain aurait rencontré une première fois la jeune actrice Jenny Colon en 1833. Séparée de l’acteur Pierre-Chéri Lafont, la comédienne exerce immédiatement une profonde fascination sur Gérard, qui entre en rivalité avec le banquier William Hope. Poursuivant sa vie de bohême aventureuse, et riche de l’héritage familial légué par son grand-père, Nerval visite à la fois le Midi et également l’Italie du Sud, qui aura un profond écho dans son œuvre, notamment sur Les Chimères, où se trouve évoqué Naples, et le Pausilippe altier : Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse/Au Pausilippe altier, de mille feux brillants (« Myrtho »). Gérard s’engage alors dans la désastreuse aventure du Monde dramatique, revue conçue pour célébrer Jenny Colon, et qui, dès 1835, le laissera profondément endetté. Ses amis du Cénacle de la « Bohême galante » regroupée impasse du Doyenné autour de T. Gautier, et d’Arsène Houssaye (1814-1896) l’aident néanmoins après la liquidation du journal en juin. Grâce à Alphonse Karr (1808-1890), Nerval signe ainsi plusieurs articles dans Le Figaro, et dans La Charte de 1830, feuille favorable à la politique de François Guizot (1787-1874), ministre de l’Intérieur. Co-écrit avec Alexandre Dumas, dont seul le nom apparaît pourtant sur le livret, accompagné par la musique d’Hippolyte Monpou (1804-1841), Piquillo n’attire pas les foules à l’Opéra-Comique. Jenny Colon[1], qui interprète le personnage de Sylva, fait un mariage de raison avec le flûtiste Leplus. Elle mourra en 1842, à trente-trois ans seulement, épuisée par ses maternités et par les tournées en province. Nerval, de son côté, voyage en Allemagne, et, à court d’argent, compose le drame Léo Burckart, en août-septembre 1838. Plusieurs pièces sont alors données, parmi lesquelles L’Alchimiste (co-écrite une nouvelle fois avec Dumas, représentée à la Renaissance), et Léo Burckart, dans une version remaniée. L’écrivain traverse une première phase de dépression nerveuse, et connaît de nombreux soucis financiers. Le gouvernement de Louis-Philippe, qui a retardé la représentation de ses œuvres du fait de la censure dramatique, lui offre alors la possibilité de partir en Autriche pour une mission officieuse, en octobre 1839. Il y rencontre notamment Franz Liszt et Maria Pleyel.

   voyage en orient

   À Paris, il poursuit son travail journalistique, avant de repartir en 1840 pour Bruxelles, à l’occasion d’une nouvelle représentation de Piquillo, en décembre. Il y voit Jenny Colon pour la dernière fois. Malheureux, criblé de dettes, Nerval fait une première crise de folie en février 1841, et, en mars, entre dans la clinique du Docteur Blanche, à Montmartre. Aidé financièrement par des amis, Nerval prend le bateau à Marseille fin 1842, séjourne en Grèce, au Liban, en Turquie, à Malte, d’où il rapporte son magnifique Voyage en Orient, paru en 1851. Les années suivantes, il poursuivra ses excursions en Flandres, aux Pays-Bas, et en Angleterre, tout en effectuant de petits trajets en région parisienne, promenades dont les Souvenirs et les nouvelles des Filles du feu gardent l’empreinte. Parallèlement, il écrit son drame Les Monténégrins, et collabore à divers périodiques, ce qui lui permet de rencontrer Félix Tournachon, dit Nadar, qui le photographie, dans un portrait demeuré célèbre. Ses traductions d’Heinrich Heine, corrigée avec l’auteur lui-même en mars 1848, paraissent dans La Revue des Deux-Mondes. Une nouvelle crise de folie l’amène à la clinique du Docteur Aussandon, en avril 1849, ce qui ne l’empêche pas de participer à diverses revues ésotériques.

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La clinique du Docteur Blanche, à Montmartre.

   Les années suivantes sont dominées par l’instabilité, mais demeurent les plus fécondes, d’un point de vue strictement littéraire. Effectuant de nouveaux aller-retours entre l’Allemagne, la France, la Belgique, et la banlieue parisienne, Nerval poursuit une intense activité théâtrale et journalistique, tout en subissant divers internements. En 1852, il signe un contrat de publication pour Les Petits Châteaux de Bohême, récit en prose qui évoque les années de jeunesse, à l’instar des Nuits d’octobre. En décembre 1853, il achève l’écriture de plusieurs chefs d’œuvre, passés à la postérité : Les Contes et facéties, Les Filles du feu suivies des sonnets des Chimères. En mars 1854, ayant reçu de l’argent pour mener une mission en Orient pour le gouvernement, il doit renoncer à tout départ lointain, du fait de ses soucis de santé. Toujours aidé par l’État grâce à un système de bourse, Gérard n’en part pas moins outre-Rhin en mai, et rend hommage à sa mère à Glogau. Début août, il revient à la clinique du docteur Blanche, et y écrit Aurélia, récit cathartique, sur les conseils du médecin. L’intervention de la Société des Gens de Lettres provoque sa « libération », en octobre. Ruiné, Gérard se retrouve sans domicile fixe, à l’approche de l’hiver. Le 20 janvier 1855, Théophile Gautier et Maxime Du Camp le voient à La Revue de Paris. Cinq jours plus tard, après avoir dîné dans un cabaret des Halles, il erre en plein Paris, par moins dix-huit degrés. La nuit sera blanche et noire aurait-il écrit. Le lendemain matin, à l’aube, il se pend à une grille, rue de la Vieille-Lanterne, non loin de l’actuel théâtre du Châtelet. Il n’a que quarante-six ans.

  nervalMalgré son suicide, et malgré ses orientations païennes, Nerval a droit à une cérémonie religieuse à Notre-Dame, puis on l’inhume dans la 49ème division, juste en face de Balzac, et non loin de Charles Nodier, sous une magnifique colonne en marbre blanc surmontée d’un vase, sans crucifix, avec pour seule inscription son nom de plume. Un lecteur a récemment y a accroché un homard en plastique : la légende veut effectivement que le poète se soit baladé avec un crustacé tenu en laisse sur les marches du Palais-Royal :  » En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… », aurait-il déclaré aux passants intrigués.

  Mort en 1855, Nerval n’a évidemment jamais fait partie du mouvement surréaliste, et ne figure pas dans la fameuse Anthologie de l’humour noir. André Breton n’en n’éprouve pas moins une profonde admiration pour un des grands intercesseurs du mouvement, quand Antonin Artaud, interné à Rodez, évoque fréquemment, un siècle après, son compagnon d’infortune. Appartenant, comme Pétrus Borel (inhumé en Algérie), au romantisme tardif, Nerval, dans ses derniers textes, témoigne d’un profond drame intérieur, et développe un univers onirique extrêmement riche, ce que l’universitaire Jean-Pierre Richard appelle géographie magique dans l’essai Poésie et profondeur[2]. Ayant été initié aux mystères druzes lors de son voyage en Syrie, le poète, qui, déclare avoir au moins dix-sept religions, rend d’ailleurs hommage à Jacques Cazotte ou à Restif de la Bretonne, à travers une série de courts récits biographiques parue en 1852, Les Illuminés. Teintée d’occultisme, de références ésotériques et alchimiques, son œuvre, à l’instar des Chants de Maldoror, annonce ainsi clairement l’esthétique surréaliste. Le rêve est une seconde vie lisons nous ainsi au début d’Aurélia, sous la plume du poète maudit. Citons, pour terminer, ces célèbres et très beaux vers tirés des Odelettes, et qui témoignent assez bien d’un art tour à tour léger et grave :

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets!

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit…
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !

Ulysse et Calypso - Arnold_Böcklin - wiki

« Ulysse et Calypso », Arnold Böcklin

[1] Cette dernière est enterrée au cimetière de Montmartre, dans la division 22, en compagnie de son mari, non loin des surréalistes Philippe Soupault, Victor Brauner et Jacques Rigaut.

[2] Seuil, 1955.

COUP DE FIL

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Clovis Trouille, La grasse matinée ou la momie somnambule

Grande émotion hier. Ayant quitté le Louvre à 18 heures, et m’étant, comme chaque samedi soir de travail, offert un ballon de rosé au comptoir d’un bar attenant, je me balade nonchalamment le long des quais, en observant distraitement les manège des bouquinistes, sous le jeune soleil de juin. Le téléphone sonne, et un numéro inconnu s’affiche. Pressentant je ne sais quelle démarche publicitaire, ou je ne sais quel arnaqueur en manque de pigeons, j’hésite tout d’abord à répondre, puis m’y résout. Une voix de vieille dame, chevrotante, cassée, me répond:

« Bonjour Monsieur Ruhaud. Je suis Madame Denise Alleau, veuve de René Alleau. Vous m’avez écrit récemment.

_ Euh, oui, Madame… C’est-à-dire, je ne pensais pas que vous me rappelleriez.

_ Non, jeune homme. Vous savez, je suis fatiguée, j’ai quatre-vingt quinze ans, mais votre lettre m’a fait plaisir. »

  Surpris, et néanmoins heureux, je dialogue avec la dame en question. Replaçons tout d’abord le contexte: il y a quelques jours, effectuant des recherches autour du surréalisme, et désirant retrouver la trace, éventuellement la sépulture, de l’occultiste et historien René Alleau, auteur de nombreux articles de l’Encyclopedia Universalis et d’un célèbre Guide de la France mystérieuse, j’écris une lettre à Denis Alleau, dont l’adresse m’a été donnée par David Nadeau, surréaliste québécois (sans parenté aucune avec l’éditeur du même nom. « Nadeau », qui signifie « Noël » en occitan, est un patronyme assez répandu en Charentes et dans tout le Sud de l’Hexagone). Je ne pense pas, alors, obtenir de réponse, et encore moins un coup de fil. Et pourtant si. Et quel appel! Longuement, Madame Alleau et moi, nous parlons du travail de feu René, des conférences au cours desquelles ils se rencontrèrent, elle et lui, au début des années 50. Plus encore, nous évoquons Breton, devenu intime, et qui passait souvent manger à leur domicile parisien, parfois avec Benjamin Peret… De tels témoignages sont évidemment parmi les derniers, puisque les témoins de cette révolution artistique s’éteignent progressivement.

« René est enterré au cimetière de Vallaubrix, dans le Gard. Il voulait une tombe comme celle de son ami Benjamin Peret, aux Batignolles, je crois, avec un buisson, du gazon. René aimait beaucoup Benjamin et André… Bon, mais c’est dur à faire pousser dans le Sud. Bref, il est là, et c’est là que je vis désormais! Je mets de l’ordre dans ses papiers. Vous savez, il travaillait énormément jusqu’à sa mort. Si vous voulez, vous trouverez sa correspondance avec André à la bibliothèque Jacques Doucet. Je vous donne aussi quelques noms d’anciens que vous pouvez contacter…

_ Merci beaucoup, Madame! »

   Quel moment! Non loin de la rue de la Vieille Lanterne, où mourut Nerval, une nuit de janvier, il me semble entendre une voix au loin, venue du passé, en traversant les Pont des Arts.

Le_guide_de_la_France_mysterieuse

 

 

RETOUR DU MARCHÉ

  Comme prévu, je suis donc allé au marché de la poésie, sous la pluie, hier après-midi. Qu’en dire, sinon que la fréquentation était relativement forte, et que rien ne semblait, a priori, distinguer cette édition des précédentes? Première impression, toujours désagréable, ce sentiment de prétention, de fatuité, qui saisit le visiteur, comme si tous ces égos généralement forts, concentrés au même endroit, étaient au touche-touche. Seconde impression, nettement plus positive: la présence d’éditeurs et d’auteurs de qualité, certains fort simples, bien qu’étreints, parfois, par l’étiquette. Cette année, je n’aurais pas fait de grandes nouvelles découvertes. Naturellement, j’ai retrouvé mon éditeur François Mocaer, seul responsable, talentueux, d’Unicité, et nos amis Eric Dubois, Mylène Vignon. J’ai également longuement discuté avec un homme fraichement publié par la maison, et qui présente une très belle anthologie du haïku, intéressante pour toute personne appréciant le genre (ce qui n’est pas mon cas, j’y reviendrai peut être dans un prochain billet):

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  Quoi qu’il en soit, bien des années après le célébrissime Fourmis sans ombre, ce recueil devrait apporter un certain renouveau. En me baladant dans les travées, j’ai également croisé un poète iranien, responsable là aussi d’une fort belle anthologie bilingue, présentée dans un format esthétique assez inhabituel, très grand, par les édition « Le temps des cerises », maison dirigée par Jean Ristat, grand poète français actuel et ancien secrétaire de Louis Aragon. Déclamant des textes d’Ahmad Chamlou, que tout le monde connaît, debout sur un banc, Reza Afchar Nadéri rendit hommage à son pays d’origine, grande terre de culture, d’art et de poésie, aujourd’hui étranglé par la dictature que nous connaissons tous. Mais dissocions poésie et politique: vendu vingt euros, ce qui n’est pas excessif pour un ouvrage illustré de cette qualité, le volume rassemble des créateurs très différents, et nous fait voyager:

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  Ensuite, j’ai pu m’entretenir avec des membres de l’incroyable CIPM (Centre International de la Poésie de Marseille), association qui était en grande difficulté, il y a plusieurs années, et qui, outre de très riches recueils,publie les magnifiques Cahiers du refuge, qui constituent des hommages à divers poètes, pour un prix là encore raisonnable. A l’occasion, j’ai évoqué mon travail autour d’Antonin Artaud, qui, après avoir été inhumé dans la ville de sa mort, Ivry, a été transféré à Marseille, sa ville d’origine, au cimetière Saint-Pierre. Apparemment, il y aurait deux personnes nommées « Antonin Artaud » dans la nécropole, toutes deux inhumées… la même année. Laquelle est la bonne, ou plutôt, laquelle est véritablement le poète surréaliste, l’acteur génial, et le fou magnifique? C’est pour répondre à cette épineuse question que j’ai acquis le DVD Antonin Artaud à Marseille, vendue par le CiPM pour 5 euros seulement. Le film, que je n’ai pas encore eu le temps de voir, est réalisé par Alain Paire:

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  Marseille terre de poésie? Par-delà les clichés, il n’y a pas que l’OM, le pastis, les calanques et la corruption dans la cité phocéenne, mais bien quelques maisons exigeantes, comme Al Dante. Notons également au passage, et pour rester dans le champ funéraire, la présence, par l’esprit, d’Arthur Rimbaud, mort sur place à son retour du Harrar, en 1891.

   Pour finir, je me suis longuement entretenu avec Zéno Bianu, poète reconnu, qui était en dédicace au stand Gallimard. J’ai évidemment acheté son recueil, Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas, avant d’évoquer mon projet de recueil autour des tombes de surréalistes. L’homme qui a longuement fréquenté le mouvement, et côtoyé certains de ses éminents représentants, m’a donné quelques précieuses indications. Je conseille à tous, amateurs de poésie,  ou tout simplement aux obsédés, ou aux sentimentaux, l’excellent Eros émerveillé, anthologie de la poésie érotique française chez NRF/Poésie Gallimard (là encore). La couverture est ornée par un magnifique fessier callipyge, peint par Clovis Trouille (le tableau Calcutta! Calcutta!).

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  C’est à peu près tout pour cette année, sachant que je ne suis pas resté longtemps. Avant de partir, je n’ai pu m’empêcher de retourner à l’église Saint Sulpice, admirer les incroyables bénitiers de Jean-Baptiste Pigalle, qui, avant de donner son nom à un quartier chaud, a fait de belles choses avec ses mains, au XVIIIème siècle. Admirons ainsi ce coquillage géant, posé sur un rocher en marbre brut, mais habilement taillé, pour donner une impression de naturel, et parcouru de crabes marins, recouverts d’algues en pierre:

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« HOUELLEBECQ AUX FOURNEAUX » (Dédicace, 15 juin 2016)

   Mercredi 15 juin, à partir de 20 heures et jusqu’à une heure du matin, Jean-Marc Quaranta dédicacera son essai Houellebecq aux fourneaux (éditions Plein Jour, 20,50 euros) au bar librairie « La Belle Hortense » (31 rue Vieille du Temple, 75004 PARIS, métro Saint-Paul). Houellebecquophile mal assumé, j’y serai après le travail vers 22h20, probablement avec un ami. Peu de chances de rencontrer le boss, cela étant. Faites moi signe si vous venez! (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

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  Livre de cuisine et analyse approfondie de l’œuvre de Michel Houellebecq, cet essai d’un genre inédit renouvelle la connaissance de l’auteur de Soumission à partir d’une évidence que personne, jusque-là, n’a remarquée : la nourriture occupe chez lui une place centrale. L’étudier met en lumière la complexité, les nuances de ses livres, loin des caricatures médiatiques qu’ils ne cessent de susciter.

  Jean-Marc Quaranta explore cette table bien garnie, définit avec rigueur et clarté son rôle romanesque, tout en donnant les recettes qui la composent, mélange de terroir et d’exotisme où l’on trouve aussi bien les poivrons à l’huile, le pot-au-feu ou la tarte aux pommes que le poulet aux écrevisses, les baklavas, le biryani d’agneau… Il nous invite, de toutes les manières possibles, à dévorer les romans de Houellebecq, à entrer dans la bibliothèque en passant par la cuisine, pour devenir les intimes de cette œuvre inépuisable, qui n’a pas fini de nous surprendre.

  Jean-Marc Quaranta est maître de conférences en littérature française et création littéraire à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur du Génie de Proust (Honoré Champion, 2011).

 

JAMAIS UN COUP DE DÉS N’ABOLIRA LE HASARD

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   Comme un beauf ayant fait des études, je joue parfois (rarement) au Kéno, jeu beaucoup plus intéressant que le Loto ou a fortiori que l’Euromillions, en terme de probabilités mathématiques (encore que cela reste très faible). Il ne s’agit même pas d’intérêt réel pour l’argent, mais du désir de ne plus travailler, pour m’adonner pleinement à autre chose, à savoir la littérature, éventuellement aider des proches. Bref… Le tirage de la semaine dernière me laisse sceptique, dans la mesure où, en misant 70 euros (suivant en cela la méthode indiquée par un collègue et ami), je suis passé à trois numéros du jackpot. La somme que j’ai empochée reste faible (moins de 300 euros, disons, pour rester vague). Parfois j’en viens à me demander si on joue vraiment pour gagner, ou pour jouer, parce que cela fait partie de l’homme, ou parce qu’il nous faut une dose de morphine mentale, seule capable de nous faire tenir dans un environnement qui, certes, pourrait encore être plus hostile, mais qui somme toute ne nous satisfait pas. Comme chaque individu sur cette planète, ou presque.

ÉVÈNEMENTIEL DU MOIS DE JUIN

Chères lectrices, chers lecteurs,

  Je suis moins intervenu sur le blog en juin. Outre ma recherche inlassable autour du surréalisme, j’ai énormément lu, à la fois une monumentale biographie de Staline, par Simon Sebag Montefiore, et plusieurs romans proposés par des camarades d’écriture, et, disons-le, des amis.

  Je reviens donc, en ce 2 juin pour le moins pluvieux, en espérant que la Seine ne déborde pas, pour vous signaler divers évènements à Paris et en proche banlieue:

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  Tout d’abord, je participerai, en tant que spectateur et amateur, au 34ème marché de la poésie, qui se tiendra comme indiqué ci-dessus place Saint-Sulpice, dans le sixième arrondissement de Paris. Vous pouvez me retrouver si vous le souhaiter, pour prendre un verre, ou dialoguer, le 12 juin dans l’après-midi. Mon mail: er10@hotmail.fr, 07 50 89 83 24. Cette année, le Mexique est à l’honneur.

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    Je relaie également l’information donnée par ma collègue danseuse et auteure Marie-Dominique Xerri, fondatrice et présidente de l’association montreuilloise « Les Kryptonniques ». Comme indiqué ci-dessus, un spectacle sera représenté les 11 et 18 juin dans le vingtième arrondissement de Paris.

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  Le jeudi 23 juin, à la Cantada II (11 rue Moret, Paris 10, métro Ménilmontant), à partir de 20h30, se tiendra le traditionnel et mensuel « Cénacle du Cygne », scène libre où interviendront poètes, musiciens, danseurs, chanteurs, acteurs et artistes en tous genre. L’entrée est libre, et l’animateur n’est autre que Marc-Louis Questin, auteur d’une biographie du groupe de musique progressiste « Urban Sax » (cf. en bas de l’article).

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   Le dimanche 26 juin, à midi, Cantate/Macabre, le court-métrage de mon ex-collègue et ami Stéphane Rizzi, sera projeté au « Trianon » de Romainville, l’un des plus vieux cinémas du Monde, où fut tournée la célèbre présentation de la « Dernière séance, avec Eddy Mitchell. Je suis crédité au générique, en tant que dialoguiste, ce qui évidemment me ravit. Figurent également parmi les actrices les comédiennes Agnès Berthon et Élise Lhomeau, qui joue également dans le magnifique Holy motors de Léos Carax. Sera également projeté Astres errants de Valérie Bert.

  Cinéma « Le Trianon », place Carnot, 93230 ROMAINVILLE (depuis Paris, prendre la ligne 11 du métro, ou la ligne de tramway 3b direction « Porte de la Chapelle » et s’arrêter à la station « Mairie des Lilas ». Prendre ensuite le bus 105 direction « Mairie des Pavillons-sous-Bois » et s’arrêter à la station « Carnot »).

Site internet du cinéma « Le Trianon » (cliquer sur le lien)

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  Signalons également la dédicace du livre Urban sax, les musiciens de l’Infini (éditions Unicité), au Centre culturel Christiane Peugeot (62 Avenue De La Grande Armee 75017 Paris, métro Porte Maillot), le mercredi 29 juin de 18 heures à 21 heures.

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  … Enfin, dans un autre style, le prix « Les Incorruptibles », décerné par de jeunes lecteurs, a été attribué au roman historique 14-14, qui évoque la Grande Guerre, et qui est co-écrit par Silène Edgar et Paul Béorn. Bravo à eux pour le prix, et plus encore pour ce récit de qualité, dont les plus motivés retrouveront la présentation ici.

Présentation du roman « 14-14 » sur le site des éditions Castelmore (cliquer sur le lien)

  Voilà. On se quitte en musique:

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