PAGE PAYSAGE

Accueil » 2016 » mai

Monthly Archives: mai 2016

LES 20 ANS DE RAFAEL DE SURTIS (un dimanche à Belleville)

   Invitation-21-et-22-mai   Dimanche, donc, comme prévu, je suis allé assister à la fête d’anniversaire, donnée à la galerie l’Usine, boulevard de la Vilette, pour les vingt ans de Rafael de Surtis. Devant les toiles de Tristan Bastit, exposé par Claude Brabant, l’éditeur Paul Sanda et la chanteuse estonienne Lembe Lokke, se sont exprimés en une série de vocalises furieuses et joyeuses. L’acteur Triboulet nous a fait grâce de ses maximes et de ses récits humoristiques, et votre serviteur a longuement causé de poésie et de chamanisme avec les différents créateurs présents, dont le poète Jehan Van Langenhoven.

IMG_2085

Paul Sanda en pleine action

IMG_2086

Paul Sanda en pleine action

IMG_2087

L’acteur Triboulet, nous jouant ses tours.

  Je ne saurais trop vous conseiller, évidemment d’acheter le dernier livre de Paul Sanda, autobiographie et anthologie de ses propres textes, Célébration de nuées, ouvrage que j’ai brièvement évoqué dans l’avant-dernier billet. Je ne saurais trop également vous conseiller le dernier numéro (27) de la revue Empreintes, publiée par notre hôte Claude Brabant, qui, dans sa jeunesse, fut secrétaire de Guy Debord. Richement illustré de photos en noir et blanc, Empreintes fait comme toujours la part belle à l’art brut, à la poésie surréaliste, et aux auteurs érotiques anciens, oubliés, comme ceux du délicieux abbé Couillardin, et de son incroyable Cathéchisme libertin à l’usage des filles de joie. J’y ai moi-même publié un petit bestiaire (numéro 19), ainsi qu’un texte sur l’art brut le travail plastique de Jean-Michel Chesné (numéro 20). La revue est au prix de 8 euros, et on peut la commander directement en contactant directement Claude Brabant:

La galerie « L’Usine » (cliquer sur le lien)

Empreintes-27-Couverture

« TOUT, TOUT DE SUITE », Morgan Sportès (note parue dans « Diérèse » 56, printemps 2012)

 Tout_tout_de_suite1

   Les faits, tout le monde les connaît, ou presque. Le 21 janvier 2006, Ilan Halimi, jeune israélite vendeur de téléphones, est kidnappé par le « gang des barbares », bande de petits malfrats sans envergure dirigés par un certain Youssef Fofana, un délinquant originaire de Bagneux. La victime ne sera retrouvée que trois semaines après l’enlèvement, agonisant au bord d’une voie ferrée près de Sainte-Geneviève-des-Bois, dans les Yvelines. Partiellement brûlé, le corps d’Ilan porte la trace de nombreux sévices. Arrêté à Abidjan, Fofana, vingt-six ans, évoquera à la fois des motivations crapuleuses et raciales, antisémites. Tous ses complices seront rapidement arrêtés, et lourdement condamnés. Journaliste et auteur, Morgan Sportès est revenu sur l’affaire cinq ans après, décrivant de façon précise les différentes étapes du drame, depuis les premières tentatives d’enlèvement avortées en passant par le «recrutement» d’un appât féminin, jusqu’aux multiples tentatives d’extorsion. Rebaptisé Yacef, Fofana apparaît tel qu’en lui-même : à la fois cruel, manipulateur, affabulateur se croyant investi d’une mission politique et prophétique, mégalomaniaque. Les autres protagonistes de la tragédie (gardiens, tortionnaires, simples témoins, parents du jeune homme supplicié…), sont également campés avec beaucoup de vérité. Impeccablement documenté, l’auteur construit là une parfaite reconstitution, située en plein cœur des banlieues d’Île-de-France, déshumanisées et déshumanisantes. Le résultat est saisissant : un tableau à la fois exact et dur de notre époque, la face cachée d’une période marquée par d’importantes tensions communautaires et sociales, une misère économique et intellectuelle croissantes. Incisif et efficace, le style de Sportès reste au service de l’intrigue, au sens où chaque élément est minutieusement dépeint, avec un grand souci du détail. L’écrivain cite également des textes de rap en exergue de chaque chapitre, et le langage des cités est soigneusement retranscrit : La « bête de meuf » entreà nouveau en scène : Zelda, cette lycéenne d’origine iranienne qu’on avait utilisée dix mois auparavant pour tenter d’appâter Raymond, à Bagneux. Elle avait 16 ans alors. Elle en a 17 aujourd’hui, mardi 17 janvier 2006. Il fait gris, froid, elle arpente, avec ses cuissardes blanches, le trottoir à la sortie du RER Denfert-Rochereau (p.139). Troublant et lucide, ce nouveau roman de M. Sportès reste sans doute l’un des plus intéressants de la rentrée littéraire 2011.

N.B.: Je republie cette note suite à la sortie du film de Richard Berry, adapté du roman.

ÉVÈNEMENTIEL DU MOIS DE MAI

Chers amis, chers lecteurs,

   Ce blog ayant aussi une fonction évènementielle, je vous annonce trois manifestations pour ce mois de mai, et pour début juin. Je serai présent à chaque fois. Si vous souhaitez me contacter: 07 50 89 83 24. er10@hotmail.fr

celebration-des-nuees-anthologie-poetique-de-l-oeuvre-de-paul-sanda-de-paul-sanda-1056154802_L

  Samedi 21 mai et dimanche 22 mai, nous célèbrerons les vingt ans des éditions Rafael de Surtis. Animée par l’infatigable et talentueux Paul Sanda, cette maison, sise dans le Tarn, publie à la fois des ouvrages poétiques, avec une préférence marquée pour le surréalisme, et des ouvrages ésotériques, historiques, liés à l’occultisme. J’y ai moi-même publié mon premier recueil au printemps 2009, les Petites fables.

   Le 21 mai, à partir de 14 heures, nous aurons droit à un spectacle musical, avec Aude Halary, harpiste, et Michèle Savalle, qui joue du djembé. Paul Sanda dédicacera Célébrations des nuées, et Jehan van Langhenhoven Défaite de la poésie. Le poète Jimmy Gladiator sera présent. Vous pourrez également admirer les toiles de Tristan Bastit les deux jours.

  Le 22 mai, nous aurons droit aux représentations de la chanteuse Lembe Lokk et du comédien Jean Triboulet. De nombreux poètes, réalisateurs plus ou moins célèbres, artistes seront également présents.

   Le tout à la galerie « L’Usine », 102 boulevard de la Vilette, 75019 PARIS. A priori, l’évènement est privé. Me contacter, donc, par mail ou par téléphone, pour en savoir plus, et éventuellement venir.

 1280489_610074539082316_1157332941_n

   Signalons également le prochain Cénacle du Cygne, qui, sous la houlette de Marc-Louis Questin, évoqué dans le dernier billet, présentera, comme chaque mois, des cinéastes, des poètes, et des danseurs, tous venus se produire à la Cantada II (13 rue Moret, Paris 11, métro Ménilmontant), le jeudi 26 mai à partir de 20H30. Votre serviteur sera présent, ainsi que l’écrivain Jean Hautepierre, entre autres.

  il_570xN.443329946_ey5q

   Ethnologue, traducteur du pachtoune, ayant vécu en Afghanistan dans les années 70, écrivain, mon ami Laurent Dessart présentera lui ses calligraphies le samedi 28 mai au soir (après 20h) au restaurant « Le Petit Moulin », à Montmartre (17 rue Tholozé, Paris 18, métro Anvers ou Abbesses). De belles écritures en perspective, pour tous les amateurs d’Orient, lecteurs de Nerval ou simples curieux.

couv1-test2-web

  Restons dans les contrées lointaines, avec le vernissage de l’exposition « Les mille et une nuits » par la jeune plasticienne Isa Sator, le 1er juin, à 18h30, à la galerie « Tapis by Felix », (192 rue de Courcelles, Paris XVII, métro Péreire ou RER Pereire-Levallois). Je recopie ici le descriptif paru sur le site « L’oeil de la femme à barbe »:

    Quand Isa Sator – artiste de la couleur et de la chatoyance – se penche sur les contes des Mille et une nuits, attendons-nous à voir les murs frôler l’incandescence ! Félix en prend le risque et accueille l’artiste dans son chaleureux magasin de tapis orientaux. S’inspirant autant des textes des contes érotiques que des illustrations que Kees Van Dongen en avait fait en 1918, Isa Sator nous emmène à la rencontre de « Grain de Beauté » et du « Beau Prince Diadème » le temps d’une exposition aussi envoutante que dépaysante.
Apportant son concours complice, L’œil de la femme à barbe réalise le catalogue (consultable très prochainement) et vous invite à un vernissage inoubliable, aux couleurs, saveurs et senteurs de l’Orient.
  Exposition du 1er au 6 juin 2016

Pour se faire une idée du style coloré, sensuel, d’Isa Sator:

Le site d’Isa Sator (cliquer sur le lien)

9782811219826FS

   Dans un autre registre, et pour en revenir à la littérature, évoquons la parution hier, du roman historique Les lettres volées, qui s’adresse à un public adolescent, mais pas seulement, pour nous parler de Madame de Sévigné, et du XVIIème siècle. Auteure de plusieurs livres, à la fois des nouvelles érotiques (Les Moelleuses au chocolat, que j’évoquerai très prochainement sur le blog), des récits d’anticipation et des livres pour la jeunesse, Silène Edgar nous livre ici une belle intrigue. Pour une présentation plus complète:

Présentation du roman sur le site des éditions Castemore

 N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez venir. (Si vous ne souhaitez pas venir, vous pouvez me contacter quand même).

BIBLIO-POÉSIE 2

Liebe Freunde und Freundinen,

  … Oui, mes années de pénible apprentissage de l’allemand, sous l’autorité d’un professeur aussi sévère qu’efficace, m’ont laissé quelques séquelles, mais aussi une certaine, et non suspecte, germanophilie, l’amour d’une langue exigeante et carrée, peu appréciée pour des raisons de sonorité, de difficulté et d’Histoire.

  Mais tel n’est pas le propos. J’ai laissé ce blog en friches pendant quinze jours, occupé que j’étais à diverses choses, et surtout à m’éparpiller. Tempus fugit! Dans mon avant-dernier billet, je vous ai sollicités pour établir une bibliographie poétique. Nombre d’entre vous ont répondu à l’appel et je les en remercie. Il va de soi que je leur offre le modeste cadeau promis: un calepin et un bic, objets dont ils feront bon usage, je pense, pour écrire des poèmes, ou établir des listes de courses (cela ne me regarde plus). Pour les gens que je rencontrerai au marché de la poésie, évidemment, ce sera café, et une franche poignée de mains, ou trois bises. Au choix.

  En tout, donc, j’ai reçu seize listes, avec des constantes (l’axe Baudelaire-Apollinaire-Aragon-Rimbaud-Verlaine et parfois Claudel), et parfois de savoureux résultats inattendus. Par où commencer? A raison d’une liste par mois, on se retrouve à planifier les prochaines « Biblio-poésies » jusqu’en 2017. Soyez donc patients, vous qui m’avez écrit. Chaque liste est intéressante. Et chacune sera citée, sachant que j’ai tout prélevé, et copié/collé dans un fichier word.

  En ce beau, mais capricieux, mois de mai, j’ouvre les hostilités, la joute, avec la liste de mon ami Marc-Louis Questin, que plusieurs connaissent, notamment pour sa magnifique Anthologie de la poésie gothique, parue chez Unicité. Auteur, féru d’ésotérisme, d’Histoire, de musique, Marc-Louis, dont vous pouvez trouver une biographie sur Wikipédia (je joins le lien à la fin de l’article) anime depuis plusieurs années le fameux Cénacle du Cygne, où j’interviens fréquemment en compagnie de Jean Hautepierre, un autre ami que j’ai déjà évoqué sur le blog, et dont je reparlerai. Ce Cénacle, qui se tient au bar « La Cantada II », réunit des artistes variés, des plasticiens, des cinéastes, des écrivains, des danseurs. L’esprit gothique, parfois caustique, y est de mise, mais chacun vient comme il veut, comme il est.

hqdefault

  La liste de Marc-Louis, alias Lord Mandrake, est à la fois variée et passionnante. On y retrouve des surréalistes, des classiques (Lautréamont, Baudelaire…), mais aussi des étrangers:

1) Howl (suivi de Kaddish), Allen Ginsberg
2) Les Chants de Maldoror, Lautréamont
3) Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire
4) Trophées, José-Maria de Heredia
5) Poèmes barbares, Leconte de Lisle
6) Poésies, Stéphane Mallarme
7) Sébastien en rêve, Georg Trakl
8) Les Campagnes hallucinées, Emile Verhaeren
9) Le Condamné à mort, Jean Genet
10) Chants d’innocence et d’expérience, William Blake
11) La Victoire à l’ombre des ailes, Stanislas Rodanski
12) Les Contemplations, Victor Hugo
13) Le Contre-Ciel, Rene Daumal
14) Cendres et poussières, Renée Vivien
15) Les Minutes de sable mémorial, Alfred Jarry

Et bien sur Dante, Homère, Shakespeare, Léopardi, Raymond Carver, Dylan Thomas, Gottfried Benn, Jean Lorrain, Claude Pélieu, Jacques Audiberti, Gherasim Luca, William-Butler Yeats, Samuel Taylor Coleridge, Roger Gilbert-Lecomte, Friedrich Hölderlin, Clovis Hesteau de Nuysement… »

  Quel poète choisir parmi tous ceux évoqués ici? La liste est riche, diverse. Ne connaissant pas Renée Vivien, et ayant résolu de citer une poétesse (La femme aussi sera poète! selon Rimbaud), j’opterai donc pour ce court texte sensible, écrit en vers réguliers, mais souples. N’y voyez pas, de grâce, un choix politique, idéologique. Le politiquement correct, cet espèce de stalinisme light, feutré et pervers, étouffe le débat, la littérature. Je me répète, mais ici seul m’importe le style, la sensibilité:

Renée_Vivien_1

Sommeil

Ô Sommeil, ô Mort tiède, ô musique muette !
Ton visage s’incline éternellement las,
Et le songe fleurit à l’ombre de tes pas,
Ainsi qu’une nocturne et sombre violette.

Les parfums affaiblis et les astres décrus
Revivent dans tes mains aux pâles transparences
Évocateur d’espoirs et vainqueur de souffrances
Qui nous rends la beauté des êtres disparus.

  Poétesse torturée, anorexique, toxicomane, lesbienne, voyageuse, la belle Renée Vivien (1877-1909), qui mourut prématurément et dont la tombe se trouve au cimetière de Passy, ouvre donc le bal, sachant que chaque nouvelle biblio-poésie sera publiée au milieu du mois. Merci encore à toutes et tous!

Biographie de Marc-Louis Questin sur Wikipédia (cliquer sur le lien)

Biographie de Renée Vivien sur Wikipédia (cliquer sur le lien)

 

« AMOUR ET PRINTEMPS » (Emile Waldteufel)

   J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.

(A. Rimbaud, Une saison en enfer).

%d blogueurs aiment cette page :