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Archives de Catégorie: Russie

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RUE DU VOLGA (article paru dans « L’ami du 20ème » en septembre 2018)

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   Plus long fleuve d’Europe, la Volga devient le Volga sous la plume de Jules Verne, dans Michel Strogoff, roman des steppes sibériennes publié en 1876. La forme masculine semble donc pratiquée au XIXème siècle, ce qui explique probablement que la « Vieille Rue », ou « Ancien chemin de Montreuil », soit devenue rue du Volga et non rue de la Volga en 1877. Avec ses 3690 kilomètres, le cours d’eau russe traverse huit grandes villes, parmi lesquelles Nijni-Novgorod, Kazan, avant de se jeter dans la Caspienne, en formant le détroit d’Astrakhan. Des peuples fort divers, parmi lesquels les Tatars musulmans, les Kalmouks bouddhistes ou encore des Allemands, vivent dans son bassin. Longue de 485 mètres, la rue du Volga débute elle au 70 rue d’Avron, et s’achève au 65 boulevard Davout, exactement en face de la station de tramway « Porte de Montreuil », après le restaurant situé à l’angle.

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   Plutôt calme et résidentielle, sans commerces bruyants, la voie forme un saisissant contraste avec la rue d’Avron parallèle. Pas de monuments marquants, mais une belle petite place ombragée, à l’extrémité Ouest, avec une fontaine à caryatides de la Mairie de Paris, plantée sur un dallage qui évoque une portée musicale garnie de notes et d’une clé de sol, formée par des pavés. Évoquons également le romantique pont en meulière qui enjambe la rue, décor occasionnel pour les photographes de mode, juste avant un parc, ainsi que la minuscule section piétonnière séparant la rue des Pyrénées et la rue des Maraîchers. Outre le salon oriental El Warda ou l’Entrepôt 49, ainsi que la bar du Manoir, la rue du Volga héberge le collège de Pataphysique, installé dans un atelier, au numéro 51 A. Fondé en 1948 en mémoire d’Alfred Jarry (1873-1907), écrivain fantaisiste et auteur du célèbre Ubu-roi, régie selon des termes bien précis, l’organisation promeut des sciences inexistantes, dans un esprit absurde, humoristique, et publie la revue Viridis candela (« la chandelle verte » en latin).

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ÉVÉNEMENTIEL D’AOÛT 2018

Chers amis, cher lecteurs,

Nous n’avons pas d’évènements à annoncer a priori. Un addendum suivra peut-être. En attendant, et pour vous souhaiter un beau mois d’août, nous diffusons ce clip musical, réalisé en URSS en 1969 sur une chanson de l’artiste nanaï (sibérien), Kola Beldy (1929-1993). Les paroles ne sont guère passionnantes, mais la réalisation vaut son pesant de caviar. On y voit notamment la Mer Noire, ainsi que les traditionnelles Lada.

kola beldy

Вспоминаю тебя, сестричка, Ханина-ранина,
Когда рыбку бью в реке, Ханина-ранина.
Помню я, как сердце мое, Ханина-ранина,
Трепетало, как рыбка на остроге, Ханина-ранина.
Хотел бы тебе лодку рыбы самой вкусной набить, Ханина-ранина…

Traduction :
Je me souviens de toi, ma soeur, Hanina Ranina,
Quand j’attrape le poisson dans la rivière, Hanina Ranina
Je me souviens comment mon coeur, Hanina Ranina
tremblait comme un poisson sur un pic, Hanina Ranina
J’aimerais t’attraper un bateau de délicieux poissons, Hanina Ranina…

 

 

« LES SURRÉALISTES 4 », VLADIMIR KUSH (né en 1965)

 

kush

« Le monde d’Ophoémon »

 

« QUE FAIRE? LES HOMMES NOUVEAUX », Nikolaï Tchernychevski

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   Retrouvé, ce matin, au salon des Blancs Manteaux, dans le Marais, un des seuls romans ayant réellement changé le Monde, ou plutôt contribué à le changer. Décrivant une société utopique peuplée de révolutionnaires socialistes entièrement dévoués à la cause, Que faire? Les hommes nouveaux devait en effet « labourer » l’esprit de Vladimir Oulianov, qui relut l’ouvrage plusieurs fois en un seul été, comme en témoigne sa correspondance. Profondément marqué par le récit, Lénine devait organiser de manière hiérarchique, militaire, le parti bolchévik, sur le modèle décrit par Nikolaï Tchernychevski (1828-1889). On connaît la suite. Lénine, qui avait repris le titre du récit pour son propre opuscule en 1902, arrivait au pouvoir quinze ans plus tard. Indirectement, et bien malgré lui, ce philosophe pauvre, rêveur, fils de pope, déporté en Sibérie par la police tsariste pour avoir incité les paysans à la révolte, d’une timidité maladive selon ses proches, devait donc contribuer au succès de l’entreprise communiste, succès qui lui-même dépendait très fortement de l’engagement des militants. Le livre, qui est réédité par la petite maison suisse des Syrtes, spécialisée dans la littérature russe, orthodoxe, et, pour tout dire, assez peu marxiste, mérite d’être lu, ne serait-ce qu’à titre documentaire. Une ré-impression est d’ailleurs prévue pour janvier 2017, avec une préface d’Alain Besançon.

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