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LITTÉRATURE ET SURRÉALISME À AIX-EN-PROVENCE (JUSQU’AU 3 OCTOBRE 2021)

… Christian Arthaud m’annonce la tenue d’une exposition consacrée au surréalisme, très prochainement à Aix-en-Provence. Le vernissage sera donc organisé vendredi 30 juillet à 18h, au 21 bis cours Mirabeau. On retrouvera les informations complètes en cliquant sur le lien ci-dessous.

L’expo de l’été à ne pas rater : « Surréalisme & littérature » – Les actus – Site du Département des Bouches-du-Rhône (departement13.fr)

FRÉQUENTATION

« Flag », Jasper Johns, USA, 1955.

La fréquentation du blog est en chute libre depuis janvier 2020. Une part des visiteurs venait des Etats-Unis, ce que je ne me suis jamais expliqué, dans la mesure où tous les articles sont en français (peut-être des francophones, ou des Cajuns). Je pense surtout que cela demeure lié au fait que j’en sois resté à la version gratuite, non par économie mais parce que la technique m’agace vite, et que j’en demeure à une forme de minimalisme.

Bizarrement, et je le dis sans affectation, peu me chaut. On pourra toujours objecter que je n’en parlerais pas si je m’en moquais réellement. Disons simplement que le blog est peut-être d’abord un moteur, plus qu’une fin en soi ou une façon de capter l’attention. Evidemment, on aime être lu. Evidemment, il y a là une satisfaction narcissique évidente, sans quoi on ne chercherait pas un éditeur, et on ne partagerait aucun texte (ce pourquoi d’ailleurs l’attitude de certains auteurs qui feignent le détachement est si vaine et si agaçante). Toutefois, je réalise que le simple fait de poursuivre un projet sur des mois, des années, suffit à sa peine. Et que la finalité réelle demeure le livre. Donc, si on en produit pas de livres, et qu’on en reste à l’idée de récolter un maximum de likes et de smileys (souvent de pure complaisance), cela ne fait aucun sens. Le blog permet certes de partager des choses, mais il m’apparaît surtout comme un brouillon vers la finalité supérieure du volume, de l’imprimé, qu’il soit physique ou électronique, sous forme de PDF, d’ebook. C’est très personnel. Je ne crois pas à la survivance des blogs après la disparition de l’auteur. Les livres, eux, même ignorés, resteront à la Bibliothèque Nationale. Il m’est ainsi arrivé d’ouvrir un livre de Théodore Koenig, précédemment évoqué, qui n’avait pas été coupé, et donc jamais lu depuis son arrivée dans les magasins de l’établissement, soixante ans plus tôt. J’ai donc demandé à un agent de couper les pages en question, et le livre a existé, sous mes yeux, mon regard. Comme s’il m’attendait, ou comme s’il attendait n’importe quel lecteur. Tandis que les lignes que vous lisez ici, si elles ne sont imprimées, un jour, disparaîtront à jamais (enfin, tout disparaîtra à jamais. C’est un autre débat. A voir, d’ailleurs. On attend qu’Elon Musk sauve l’Humanité, à défaut de sauver la prose de quelque surréaliste wallon).

Le blog m’aide à maintenir une forme de discipline d’écriture, puisque je me fixe de fournir tant de billets -même de simples images bizarres glanées sur le Net-, par mois. Le fait d’être, même un peu, suivi, génère une pression positive. Mais le fait d’avoir quinze, trente, ou trois mille followers n’est pas en soi si déterminante. Mieux vaut un roman lu par cent personnes qu’un blog lu par des milliers.

« LE BLUES ROUMAIN », RADU BATA, ÉDITIONS UNICITÉ, 2020 (ARTICLE PARU DANS « DIÉRÈSE » 81, PRINTEMPS 2021)

On connaît généralement Eugène Ionesco, Mircea Eliade. Au mieux, Benjamin Fondane, Tristan Tzara, Ghérasim Luca, et puis c’est tout. Est-ce pour réparer cette injustice que Radu Bata, également auteur d’une dizaine de livres divers, s’est ingénié à regrouper plusieurs créateurs contemporains ? Sous-titré anthologie imprévue de poésies roumaines, ce beau recueil rend hommage à une terre de littérature quelque peu oubliée en France, et plus généralement en Europe de l’Ouest. Outre leur nationalité, les différents auteurs ici regroupés semblent tous en proie au spleen, annoncée dès l’intitulé. Le blues, nous le retrouvons sous la plume notamment d’Octavian Soviany : Il nous reste la tristesse, ténue comme une bruine,/Dans les paumes ouvertes, sur la bouche, la poitrine,/Et le sang qui fuit vers la mort aérien./En dessous c’est le rien. Dessus, toujours rien (p. 39). Ce franc désespoir fait souvent place à une forme de nostalgie plus douce, plus voilée et délicate, au souvenir d’amours passés, de plaisirs éteints, notamment chez Ben Corlaciu : Comment vas-tu ? Merci, ça marche après l’aurore./Je vis, il n’y a pas d’autre solution. (p. 92). Si le vers libre domine, la forme est parfois différente, rimée, mais toujours lisible, claire, loin de tout hermétisme. Radu Bata a choisi une poésie populaire, accessible, et certains textes s’apparentent également à des haïkaï, de brefs moments contemplatifs ou réflexifs, dépouillés : nous sommes tous/une fourmi/traversant/-insouciante-/le tranchant de la hache (Petre Stoica, p. 120).

Le « blues » roumain semble parfois atténué par une cocasserie très particulière, à la limite de l’absurde. Ainsi de Vitalie Vovc lorsqu’il évoque un pays centrifuge (p. 81-82), et une étrange machine à laver sous forme, précisément, de centrifugeuse détruisant les habits : et ce pays centrifuge qui est le mien/dont personne n’a encore trouvé le bouton « stop »/rugit quelque part sur la carte/à rotations maximum. Nous nous plaçons ici aux confins du surréalisme, comme le suggère d’ailleurs la peinture d’Iulia Şchiopu reproduite en couverture, représentant une jeune fille dans une robe blanche décorée de fleurs, assise sur un village montagneux emblématique du pays. Et ce même si nombre de vers semblent ancrés dans le présent, dans ce qu’il a de plus immédiat, sinon trivial : Dieu est encore plus visible et semble heureux/tu l’as connecté à Internet/ensuite aux réseaux sociaux/à e-mail YouTube aux torrents, écrit ainsi Robert Şerban (p. 42), dénonçant indirectement le phénomène d’hyper-connexion, ou plutôt s’en amusant.

Par-delà le blues apparaissent également ces taches de bonheur dont parle Mihaela Colin (p. 67), et certains poètes semblent se contenter de célébrer l’existence à travers quelques phrases simples, sincères, bien senties. Tout n’est donc pas si triste, à Bucarest.

EBAY

Deux nouvelles acquisitions:

_ un buste de Dostoievski commandé sur ebay à un artisan de Moscou, pour un prix dérisoire. J’aurais préféré celui créé par l’atelier Missor, qui est superbe, mais c’est plus cher. Le nom est écrit en cyrillique, que je ne sais hélas lire.

_ un nouveau Pleiade. Car quoi qu’en dise Rimbaud dans la Lettre du voyant, Musset a écrit de sublimes poèmes comme « Les Nuits », ainsi que Lorenzaccio qui éclaira définitivement les adolescents spleenétiques que nous fûmes, que nous sommes parfois restés, par goût.

Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J’aime son feuillage éploré ;
La pâleur m’en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai.

UN ARTICLE DE CHRISTOPHE DAUPHIN SUR « LE CANON SANDA » (série « Eléphant blanc »)

Christophe Dauphin a consacré un bel article au Canon Sanda, publié par nos soins chez Unicité, pour sa revue Les Hommes sans épaules. Nous le reproduisons donc ci-dessous avec son autorisation.

Le poète Paul Sanda, né en 1961, se double d’un essayiste prolifique, également éditeur réputé (à l’enseigne des éditions Rafael de Surtis : plus de 600 titres depuis 1996) et directeur de revue (Pris de Peur, Mange Monde et tout récemment, depuis le printemps 2021, 7e Sens). Paul Sanda est également Président de la Maison de la Poésie du Pays de Quimperlé, dans ce Finistère, qui est devenu au fil des ans, son deuxième pays, après le Tarn et Cordes-sur-Ciel ; la perle des Bastides (construite en 1222 par le comte Raymond VII de Toulouse), haut lieu du catharisme, mais aussi d’art et de poésie, grâce à Paul Sanda et Rafael de Surtis. Ce poète, née vendéen (mais contrarié, en raison des deux grandes effigies de l’absence et de la violence que sont le père et la mère ; ajoutons bien sûr Gilles de Rais en son château de Tiffauges) n’ignore rien de sa cité, qui est sa peau même. Aucune pierre, aucune ruelle, aucun symbole ne lui sont étrangers, dans ses failles et ses illuminations. Il est Cordes, comme Cordes est en lui, à la suite de bien d’autres artistes et écrivains, et non des moindres, des peintres surréalistes, qui lui sont chers, Francis Meunier et Maurice Baskine, à Albert Camus : Des voiles légers descendent du ciel de nuit vers les brouillards de la vallée, s’y mêlent un moment, puis coulent plus bas tandis que les fumées de la terre, une à une, montent encore et se dissipent en n sous les étoiles claires. Le silence devient vaste et léger sur la vieille cité déserte. Tout est possible alors : voici la réconciliation.

Paul Sanda est d’un lieu d’où son œuvre multiple et riche prend son essor, qu’il s’agisse d’essais consacrés à la haute-magie, l’ésotérisme, l’alchimie, l’art, la littérature et bien sûr à la poésie, qui est le battement même de l’aorte. Paul Sanda est l’auteur de vingt-trois essais. Son œuvre poétique, totalise trente-cinq livres et plaquettes, de Ludi Funebres (éd. Saint-Germain-des-Prés, 1990) à La Petite Épée de Tolède, avec Bruno Geneste, et Martine Saurel (Rafael de Surtis, 2021). Une importante anthologie a paru en 2016 (Célébrations des Nuées, anthologie poétique 1990-2015). Il manquait encore l’essai que mérite cette œuvre. Odile Cohen-Abbas a l’avantage de bien connaître l’homme et l’œuvre. Il lui a donc été aisé de poser les jalons de son essai, à partir de quinze livres et plaquettes de poèmes de Paul Sanda, de Pour la chair d’une île (1999) à Les îles du silence (2020), en passant par la trilogie phare de Sanda (Entre chair et loup, 2001, Elle saigne à la lanterne, 2002 et La Corde Fantasophique, 2003), mais aussi Racines Profondes (2008), Les Messagères Coperniciennes (2009), Dix-sept Psaumes de Proue de Joue & de Beauté (2014), Ouessant, Phares & Balises (2016), Le vent, je suis Léo Ferré (2017), Les Travaux de la Nuit (2018), la poignante Auberge de la Tête Noire (2019) ou le Dialogue dans l’esprit d’Artaud (2019). Odile Cohen-Abbas nous invite à lire un poète, mais en poète : « Lire Paul Sanda, c’est être un prisme d’enfance, un phare, la chambre de Veille d’un Sémaphore, un navigateur, un mage celte, c’est être une plante marine, un caillou sur la berge, des sueurs et des larmes de fortification et des ombres poreuses, des bris, des cris de creuset alchimique (toutes choses qui se rencontrent dans ses pages) et des appels de feu, de flammes rougeoyantes, au plus profond d’un autre temps ; c’est entrer dans l’actif, le sonore, la jubilation d’un perpétuel renouvellement. Paul Sanda, nous dit Odile Cohen-Abbas, extrait des rangs vils, les promesses des rampes indigestes et les mène vers des lieux d’éblouissement. Ces lieux s’appellent « je », « tu », « ils », les objets de l’âme et de l’existence dans des cycles perpétuels de transmutation. Rien ne se pose dans les royaumes de Paul Sanda ; les désirs, les possessions, les nourritures acquises, convoitées, n’ont pas de fin, d’indice temporel fixe ; dans le même temps, les choses, les affects, ce qui était faim ou non-faim, foi ou non-foi, s’achèvent et engendrent de nouvelles révolutions.

Tout Paul Sanda est donner à lire et à vivre, par Odile Cohen-Abbas, en quinze livres emblématiques, d’où émerge le « canon Sanda », une montée vers l’être, le chant, la création et la Vie !

Christophe DAUPHIN

(Revue Les Hommes sans Épaules)

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La revue « Les Hommes sans épaules » est éditée par la Librairie-Galerie Racine, située dans le Vème arrondissement.

LES MOTS DE PAUL SANDA… (série « Eléphant blanc »)

Paru, chez Unicité, dans la collection « Eléphant blanc », créée et dirigée par Etienne Ruhaud, « LE CANON SANDA » d’Odile Cohen-Abbas. Un essai entièrement consacré à ma poésie, avec beaucoup de justesse et de talent. Une dédicace de cette ouvrage sera organisée à la mairie du Ve arrondissement, dans la cadre du festival « Quartier du Livre ». Merci à tous mes lecteurs assidus, et à tous ceux qui découvrent mon écriture. Véritable cheminement profond au fil de mes ouvrages poétiques… (Paul Sanda).

« ANIMAUX » À L’ÉCOLE! (série: mon propre travail)

L’année prochaine, mes élèves étudieront quelques « animaux » dEtienne Ruhaud. L’idée m’est venue comme une évidence: découverte de la poésie contemporaine pour des adolescents : sacré défi, certes, mais je suis persuadé qu’il y a dans ce merveilleux recueil quelque chose, relevant peut-être de la magie créatrice déjà pour certains perdue de l’enfance, qui saura les toucher ; et également, plus prosaïquement, mine d’or en terme d’exercices d’écriture dont j’ai déjà l’idée…

… Tel est le sympathique message laissé sur Facebook par mon ami, le poète Gaël Guillarme, professeur de Lettres classiques en Poitou-Charentes. Quelle plus belle récompense que de voir son recueil étudié en classe! Mon autre ami, également écrivain, Christian Ghiotti (alias Nasthir Togitichi), psychologue, a lui fait lire mes textes aux jeunes pensionnaires d’un IME (institut médico-éducatif), en Seine-Saint-Denis. Un chaleureux merci (je reproduis le texte ci-dessous).

Photo de Christian Ghiotti.

Animaux, lue d’une voix haute et craintive, par une élève (légèrement déficiente) d’un IME (institut médico-éducatif). Un bon support d’entretien clinique. Que d’associations ! Et elle lit du Ruhaud avec intérêt et plaisir ! Le surréalisme, ici, c’est la rencontre improbable d’ un livre d’un bon niveau, et d’une jeune femme de 18 ans abonnée aux Mangas. Ça vaut presque celle d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table à dissection… Elle n’est pas, de loin, la plus démunie de cette école. Le lien thérapeutique est bon, où va t elle m’emmener ?

DÉDICACE D’ODILE COHEN-ABBAS À PARIS LE 4 JUIN 2021 (SÉRIE « ÉLÉPHANT BLANC »)

Chers amis, chers lecteurs,

Comme indiqué dans le précédent billet, Odile Cohen-Abbas dédicacera donc Canon de Sanda le vendredi 4 juin, à 15 heures, à la mairie du Vème arrondissement (place du Panthéon), dans le cadre du salon « Quartier du livre », sous le patronage de Laure Adler. Rendez-vous donc au stand des éditions Unicité. Ce sera l’occasion de lancer ma nouvelle collection « Eléphant blanc » (je ne sais toutefois si je serai présent). Vous pourrez retrouver d’autres auteurs d’Unicité, fidèles du blog, comme Jacques Cauda ou Eric Dubois.

Moi-même, je viendrai dédicacer le week-end. Vous pouvez me joindre, comme d’habitude, à l’adresse mail er10@hotmail.fr.

« LE CANON SANDA », ODILE COHEN-ABBAS, ÉDITIONS UNICITÉ, COLLECTION « ÉLÉPHANT BLANC », SORTIE FIN MAI 2021.

Editeur, essayiste féru d’occultisme et d’alchimie, Paul Sanda est aussi et d’abord poète. Habitée par les vers de l’intéressé, Odile Cohen-Abbas en explore les moindres aspects recueil après recueil, en adoptant un point de vue personnel, c’est-à-dire sensible, vrai, loin des exégèses universitaires desséchantes. Le résultat est surprenant, émouvant: cent pages de prose passionnée, comme si la lecture attentive engendrait une nouvelle furor lyrique.

… Bientôt, dans la collection « Eléphant blanc » créée et dirigée par Etienne Ruhaud aux éditions Unicité, l’essai d’Odile Cohen-Abbas dédié à la poésie de Paul Sanda. Une dédicace sera par organisée dans le cadre du festival « Quartier du livre », sous la présidence de Laure Adler, à la mairie du Vème arrondissement, vendredi 4 juin à 15 heures. Nous y reviendrons.

EDITIONS UNICITE | ROMANS | POESIE | ESSAIS | HISTOIRE | TEMOIGNAGES (editions-unicite.fr)

« LA MÉMOIRE NÉCROPOLITAINE », COURT-MÉTRAGE DE JAMES FRACHON (SÉRIE : MÉMOIRE DES POÈTES)

Photographe, spécialiste de l’histoire des cimetières, artiste, créateur de monuments funéraires, André Chabot a imaginé sa propre tombe au Père-Lachaise, en sculptant son propre appareil, de marque Leica. Portrait du créateur et de sa femme, Anne Fuard, par James L. Frachon, (Mygale Films 2021).

Notre article sur le livre d’André Chabot, Mes pères sous les draps verts:

« MES PÈRES SOUS LES DRAPS VERTS , ANDRÉ CHABOT, éditions Galerie Koma, Mons, Maison de la culture de Tournai, La mémoire nécropolitaine, 2013. (article à paraître dans « Diérèse  72, printemps 2018) « «PAGE PAYSAGE (wordpress.com)

Le site d’André Chabot:

Accueil – André CHABOT (andrechabot.com)

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