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« NÉANT », DIDIER AYRES, TARABUSTE, 2019 (article paru dans Diérèse 77, automne-hiver 2019)

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  Exigeante, l’écriture de Didier Ayres paraît bien loin des effets de manche ou des considérations esthétiques propres à tant d’auteurs. De prime abord, cela ressemble fort à un journal intime, ou plutôt à un journal poétique divisé en cinq « cahiers », composé dans un style efficace, délibérément dépouillé, tout en brèves notations. Avec un langage pauvre (p. 21), D. Ayres tente essentiellement de se comprendre, de saisir son être, à la manière de Montaigne. Fidèle à son objet d’étude (qui n’est autre que lui-même), l’écrivain se regarde, se décrit, sans pour autant verser dans le narcissisme littéraire, le nombrilisme si commun à la production actuelle. Ici, le moi est traité en tant que pur objet d’observation, de dissection, avec pour seul scalpel la plume, et pour conclusions médicales, le texte. Ayant [son] étude pour toute occupation, Didier Ayres semble tout entier tourné vers l’intériorité, reconnaissant ainsi s’enclore en une sorte de citadelle. Si le monde vibrionne comme une ruche (p. 38), la vie monastique semble tentante à cet homme dont l’âme est un poème double et vitreux. La tentation mystique n’est pas loin non plus, mais la voie semble bloquée, pour laisser place au pessimisme, au nihilisme annoncé par un titre programmatique. La mort étant la seule vraie finalité (p. 31), l’écriture constitue-t-elle un refuge ? Fidèle à une tâche doublement austère et irréalisable, Didier Ayres n’a pas même le soutien d’une religion vers laquelle il voudrait tendre, en vain. En concevant des sortes d’épîtres (p. 95), l’homme, qui, de son propre aveu, voudrait prendre la robe de bure, ne peut dépasser l’angoisse existentielle, la certitude de marcher vers la disparition, qu’en grattant des pages, encore et encore, avec cette obstination de griffonner puis de biffer (p.31). Il ne s’agit pas de composer des poèmes, de faire du bel ouvrage, de se perdre dans le vers ou dans le morceau lyrique, mais bien de se saisir, de dessiner un modèle qui toujours échappe. Comme si cette quête insensée, en apparence vaine, remplaçait les habituels exercices littéraires. Parfois la beauté jaillit au détour d’une phrase, d’un paragraphe, mais il s’agit en quelque sorte d’une beauté fortuite, de la richesse involontaire d’un poème (p. 34). L’objectif n’est pas là. Nous ne jouons pas.

   « Là où d’autres proposent des œuvres, je ne propose rien d’autre que de montrer mon esprit », déclare Antonin Artaud dans L’ombilic des limbes. Pareille considération s’applique parfaitement à ce nouveau recueil, publié par les soins de Djamel Meskache et Tatiana Lévy, aux élégantes éditions Tarabuste. Animateur d’atelier d’écriture, docteur ès Lettres, directeur de la revue L’hôte, Didier Ayres propose ici une voie exigeante, loin des sentiers battus.

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Didier Ayres et votre serviteur, au salon « Ecriture et spiritualité », le 1er décembre 2019 au collège des Bernardins (Paris)

« L’INTELLIGENCE HUMAINE N’EST PAS UN ALGORITHME », OLIVIER HOUDÉ, ODILE JACOB, PARIS, 2019 (chronique parue sur le réseau CANOPÉ)

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   Ma chronique (service de presse) autour du livre d’Olivier Houdé est parue sur le réseau de l’Education Nationale « Canopé ». Il s’agissait essentiellement de donner un aperçu général de l’ouvrage, sachant que je n’ai pas étudié la psychologie. Je ne peux reproduire l’article ici. Je joins donc le lien, si vous êtes intéressés.

Mon article (cliquer sur le lien)

 

VERNISSAGE/FINISSAGE LE 26 SEPTEMBRE, VERS NATION

  Le 26 septembre, cinquième jour de Vendémiaire, je me suis donc rendu au vernissage, ou plutôt au finissage organisé par mon ami poète et peintre Pascal Dandois. Une belle soirée, avec des gens que je ne connaissais pas, et que j’ai découverts. Citons notamment les toiles colorées, joyeuses de Stéphane Pruvot.

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Stéphane Pruvot

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Pascal Dandois devant ses œuvres (lors d’un précédent vernissage)

LE « DIÉRÈSE » NOUVEAU VA ARRIVER!

   Le nouveau numéro de Diérèse, paraîtra donc en novembre (dans la première quinzaine manifestement). Au programme, la traduction de poésie néo-zélandaise, mais aussi allemande, chinoise, et anglaise, avec plusieurs inédits de Katherine Mansfield. Plusieurs chroniques littéraires et cinématographiques viendront également compléter ce 77, avec notamment des extraits du journal de Pierre Bergounioux. Citons enfin mon propre (long) article consacré à Paul Éluard ainsi que deux notes de lecture (consacrées aux dernier recueil de Didier Ayres et au premier roman de Céline Debayle).

  Pour commander Diérèse, envoyer un chèque de 18 euros à l’ordre de Daniel Martinez, 8 avenue Hoche, 77380 Ozoir-la-Ferrière.

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ANNIVERSAIRE!

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   Le 9 septembre 2014, Donald Tusk démissionnait de son poste de premier ministre de la Pologne pour présider le Conseil européen, succédant ainsi à Herman Van Rompuy… C’est tout ce que j’ai trouvé sur Wikipédia, du moins, pour cette date. Aucune mention de l’ouverture du blog, où votre serviteur publiait un premier billet évoquant John Kennedy Toole, immortel auteur de La conjuration des imbéciles. 

  Cela fait donc très exactement cinq ans, soit un quinquennat, que nous publions ici, après avoir clôturé un précédent blog, sur hautetfort. Joyeux anniversaire à « Page Paysage » et grand merci aux happy fews (une centaine d’abonnés) qui le suivent!

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John Kennedy Toole (1937-1969)

JOYEUSE ANNÉE 147!

1_TAXfZ9ki1RZFTHSBL2b3ZgChers amis, chers lecteurs pataphysiciens!

 

  Bonne année 147! Samedi, votre serviteur a croisé la route de son ami Maximilian Gilessen, traducteur de Raymond Roussel en allemand, ainsi que de Fernando Arrabal, grand Satrape, rue du Volga.

 

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Fernando Arrabal, photo d’Etienne Ruhaud.

Mon article sur la rue du Volga

FATWA

   En 1988, la parution des Versets sataniques a généré des manifestations monstres et la mort de plusieurs centaines de personnes. L’ayatollah Khomeini estimait que la peine capitale devait être appliquée à quiconque diffuserait le livre, ou même le lirait. Il est vrai que Salman Rushdie y dresse un portrait peu flatteur du religieux… Qui a lu le roman de bout en bout? Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé mais c’est doublement long et difficile. De surcroît il faut maîtriser la culture orientale, à la fois l’histoire du Pakistan, la vie du Prophète Mahomet, et les Mille et une nuits. Je doute que bien des manifestants, dont beaucoup étaient quasi illettrés (je le dis sans mépris), l’aient réellement parcouru de part en part.

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