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Archives de Catégorie: Actualité

VLOG: MOËLAN-SUR-MER

https://www.youtube.com/watch?v=3joOBo-7Qso

Bruno Geneste et Gauthier Keyaerts, poète, webmaster du festival « Sémaphore », ont demandé à chaque auteur de se présenter. Mal à l’aise avec la technologie, d’une manière générale, j’ai ressorti mon vieux camescope Sony et j’ai enregistré une brève vidéo, donc, pour évoquer ma venue en Bretagne. Je m’excuse par avance pour la faible qualité sonore du passage, ainsi que de l’apparent désordre de la bibliothèque, en arrière-plan…

CORTI, SADE, TOYEN: TROIS ÉVÉNEMENTS RIVE DROITE (SEPTEMBRE/OCTOBRE 2022)

Chers amis,

J’assisterai, théoriquement, à ces trois évènements. Une occasion, peut-être, de nous retrouver. Mon mail: er10@tutanota.com

En 1925, José Corti ouvre une librairie avec sa femme, Nicole, au 6 rue de Clichy à Paris. À la même époque, il édite ou diffuse la plupart des auteurs surréalistes. En 1938, c’est au 11 rue Médicis que se fixe la librairie, dont Julien Gracq pousse la porte. Il restera fidèle à Corti puis à ses successeurs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Corti diffuse des textes clandestins et marque son opposition au nazisme en publiant notamment des auteurs juifs et anglais. Après la guerre, il édite des textes poétiques, des textes critiques d’universitaires novateurs dans la collection « Les essais » (Georges Blin, Jean Rousset, Georges Poulet, Charles Mauron, Gilbert Durand) et publie aussi des classiques méconnus du romantisme européen (Beckford, Blake, Maturin, de Maistre, Walpole) comme des précurseurs du surréalisme (Lautréamont).

Bertrand Fillaudeau travaille avec les Corti de 1980 à 1984. Ils le choisissent pour prendre la suite. En même temps qu’il conserve l’esprit de Corti, il développe largement les collections « Domaine romantique » et « Les Essais », il crée les collections « Ibériques » et « En lisant en écrivant », et accueille de nouveaux auteurs français (dont Ghérasim Luca, Christian Hubin, Éric Faye, Georges Picard, Claude Louis-Combet, Pierre Chappuis…) et étrangers (dont Léonid Andreïev, Hermann Hesse, Emily Dickinson, Miklos Szentkuthy, Robert Burton…).

Fabienne Raphoz, écrivain et poète, le rejoint en 1996 et crée les collections « Merveilleux » et « Biophilia » ainsi que la « Série américaine ». Elle accueille également de nouveaux auteurs de langue française (dont Denis Grozdanovitch, Caroline Sagot Duvauroux, Julie Mazzieri, Tatiana Arfel, Marc Graciano, Aurélie Foglia, Jean-Christophe Cavallin, Bruno Remaury…).

Reprenant à leur tour le geste de José et Nicole Corti 39 ans auparavant, Fabienne Raphoz et Bertrand Fillaudeau ont choisi de passer, en 2023, le flambeau des éditions à Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon. Ce geste est celui, particulièrement précieux aujourd’hui, du choix de l’indépendance, dans un contexte où la diversité (celle du monde de l’édition comme du vivant) est plus que jamais mise en danger. C’est ce choix, constamment reconduit depuis 85 ans, que cette soirée fêtera, en proposant, autour de quelques lectures d’amis, auteurs, artistes et traducteurs, un cheminement dans le catalogue hors normes des éditions Corti.

Librairie « Le Monte-en-l’air »

2 Rue de la Mare, 75020 Paris (métro Ménilmontant)

Le Prix Sade 2022 sera décerné le vendredi 7 octobre 2022, à 19h30, à la Galerie Suzanne Tarasieve, sise au 7, rue Pastourelle, Paris 3ème.

Le jury du prix Sade 2022 est composé de:
– Emmanuel Pierrat (Président), avocat et écrivain
– Jean Streff (Secrétaire Général), écrivain, scénariste et réalisateur
– Anne Hautecoeur (Secrétaire Générale adjointe), éditrice
– François Angelier, journaliste et écrivain
– Philippe Brenot, psychiatre et écrivain
– Octavie Delvaux, écrivaine
– Catherine Robbe-Grillet, écrivaine
– Laurence Viallet, éditrice et traductrice

Le Prix Sade 2022 sera doté d’une œuvre photographique d’Alexandra Yonnet.

Clôture de la 8e édition
Czech-In Film Festival
Toyen – La baronne subversive du surréalisme
Genre : Documentaire
Réalisatrice: Andrea Sedláčková
Année : 2022
Durée : 75 min.

En présence de la réalisatrice.
Suivi d’un verre d’amitié.
Réservations : kinovisegrad@hotmail.com

Synopsis: Une recherche documentaire passionnante sur la vie et l’œuvre de Marie Čermínová, connue dans le monde de l’art sous le nom de Toyen. Peintre surréaliste, elle fut une amie proche des écrivains Paul Éluard et André Breton. La réalisatrice suit les traces de l’artiste, notamment à Prague et à Paris, où elle a vécu pendant de nombreuses années, mais aussi dans des lieux qui furent des sources d’inspiration pour elle, comme l’Ile de Sein, Saint-Cirq-Lapopie ou Château Lacoste.

Projection : VOST FR, vendredi le 28 octobre 2022 à 18h30
Auditorium de l’Hôtel de Ville, 5 rue de Lobau, Paris 

MAHSA AMINI (suite et fin)

On ne peut pas condamner ce qui se passe en Iran, soit à des milliers de kilomètres, et continuer à fermer les yeux ici (sinon à faire preuve de complaisance). Je laisse la parole à Jean-Jacques Rousseau et j’en reviens à la poésie.

Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins.

(Emile, Jean-Jacques Rousseau)

PAUL VECCHIALI À PARIS

À la Fnac des Halles!

Chers amis, chers lecteurs,

Notre auteur Paul Vecchiali sera donc à Paris à la fin du mois, du 30 au 1er octobre, au moment même où je serai en Bretagne, au festival poétique de Moëlan-sur-Mer (cf. précédemment). Je devrais toutefois croiser le cinéaste/écrivain le 29, à son arrivée. Ouf!

Je partage ici les informations glanées sur Facebook.

Bon dimanche!

E.R.

Pour commander Chansons et poèmes:

https://www.editions-unicite.fr/auteurs/VECCHIALI-Paul/chansons-et-poemes-de-paul-vecchiali/index.php

PUBLIE.NET (2008-2022)

J’ai appris avant-hier la disparition de publie.net, maison riche, créée en 2008 par un auteur que j’ai longtemps admiré. Je renvoie le lecteur à la fiche Wikipédia, manifestement assez complète (cf. lien ci-dessous), et repartage trois notes critiques de mon cru.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Publie.net

REDIFFUSION

Mahsa Amini (2000-2022). Jeune Kurde assassinée par les Gardiens de la Révolution.

J’ai visité l’Iran en 2019 et ce fut un voyage enchanteur malgré tout (difficultés administratives, contexte personnel, simple fait de traverser une dictature). Hormis quelques taxis par essence voleurs, et une mauvaise expérience avec un beauf local dans un restaurant, j’ai été agréablement surpris par la bienveillance des habitants, qui m’offraient des fruits au détour des rues, cherchaient à m’aider, visiblement touchés par le fait qu’un étranger s’intéresse à eux, et ce malgré les contentieux passés avec l’Hexagone. Surpris également par les contradictions même de l’Iran en matière de sexualité, de consommation de drogue, tout étant évidemment caché, voilé, si j’ose dire. Le sentiment aussi d’une perte d’influence, de grandeur. Même impression qu’en parcourant le Parthénon, ruines éparses d’une civilisation éteinte, malgré tout. Les deux grands ennemis d’hier (Grèce et Perse), ayant définitivement perdu une part d’eux-mêmes, de leur grandeur passée, de ce qu’ils furent. Nous ne citerons pas ici les mots de Paul Valéry, tant la phrase semble galvaudée, utilisée à tort et à travers. Mais oui, tout est mortel.

Toutefois je ne suis pas iranologue, je ne maîtrise pas le farsi, j’estime qu’un Français n’a pas de leçons à donner en matière d’islamisme, et donc je risque de ne produire que des banalités quant à la situation actuelle du pays. Sachant qu’une bonne partie des troubles se déroule apparemment au Nord, je repartage ce très beau documentaire, signé Mehdi Razi, autour d’handicapés mentaux, dans la province du Gilan. Je suis fier, et heureux, d’avoir contribué à le diffuser, non sans l’aide d’une généreuse assistante. Le propos du blog doit rester culturel.

FESTIVAL « SÉMAPHORE » DE LA PAROLE POÉTIQUE DE MOËLAN-SUR-MER

Chers amis, chers lecteurs,

Comme annoncé précédemment, je suis donc invité au festival de la parole poétique de Moëlan-sur-Mer, du 30 septembre au 3 octobre 2022, dans le Finistère. J’en profite pour remercier Bruno Geneste et Paul Sanda, les organisateurs, et la maison de la poésie de Quimperlé. Cette année, le festival est donc placé sous le patronage du beatnik Lawrence Ferlinghetti (1919-2021). De nombreux poètes, parmi lesquels plusieurs amis, seront sur place. Je présenterai mes propres livres, ainsi que les ouvrages de la collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité), créée l’an dernier. Vous pourrez donc me retrouver:

  • Vendredi 30 septembre à 13h30, à la librairie Nomade (Centre culturel « L’Ellipse », Rue Pont ar Laer, 29350 Moëlan-sur-Mer), où je dédicacerai mes propres ouvrages et vendrai les volumes de l’Eléphant blanc, donc (dont La précession des sphères de Paul Sanda, cité plus haut).
  • Vendredi 30 septembre à 20h50, toujours à l’Ellipse, pour rendre hommage à Ferlinghetti, en compagnie d’autres poètes, et sous la direction de Miguel Angel Real, traducteur de l’espagnol, auteur, critique.
  • Samedi 1er octobre, à 14h30. Je lirai mes textes, avec les autres festivaliers, à la Chapelle Saint Jacques de Clohars-Carnoët.
  • Dimanche 2 octobre, à 13h30, pour une ultime lecture, à l’Ellipse.

Pour retrouver le programme complet (cliquer sur l’image):

Site de la Maison de la poésie de Quimperlé:

https://maisondelapoesie-quimperle.fr/

Page Facebook de l’évènement:

https://www.facebook.com/events/1169660283623165?ref=newsfeed

VERNISSAGE DE L’EXPOSITION « DREAM GARDENS » (GREGG SIMPSON), 24 SEPTEMBRE 2022.

Chers amis,

Artiste canadien d’inspiration surréaliste, Gregg Simpson exposera la semaine prochaine à la Galerie Azote, 9 rue Saint-Paul (station Saint-Paul, ligne 1). Le vernissage aura lieu samedi 24 septembre, de 17 heures à 19 heures. J’y serai vers 18h20. Mon mail: er10@tutanota.com

JEAN-LUC GODARD (1930-2022). Mémoire des poètes.

Jean-Luc Godard et Anna Karina.

J’ai, comme tout le monde, appris la mort de Jean-Luc Godard ce matin. Je ne vais pas développer ici de biographie détaillée. Je pense que la presse va suffisamment en parler dans les jours qui viennent, et chacun peut consulter Wikipédia, ou autres. De lui, je retiens personnellement, essentiellement, Pierrot le fou ou Alphaville. Comme tout à chacun, je n’ai pas vu tous ses films. Je me rappelle également d’Adieu au langage, vu il y a quelques années dans une salle du Quartier Latin, étrange film en 3D, très esthétisant. Les gens partaient avant la fin de la séance. Il faut dire que l’exercice était intéressant, mais ardu.

La mort d’Elizabeth me laisse parfaitement indifférent. Là, en revanche… Le temps passe énormément, comme disait Jacques Roubaud, il me semble. On en prend conscience, souvent, lorsque disparaissent certaines figures tutélaires.

Paul Vecchiali, notre cher auteur (qui passera d’ailleurs dans la capitale fin septembre, au moment où je serai au festival poétique de Quimperlé), semble affecté. Il vient de perdre un ami.

Je reproduis ci-dessous les quelques articles où j’évoque le créateur, non sans distance parfois. Je demeurais un grand fan d’Anna Karina, dont le destin se confond (un peu), avec celui de Godard:

LIBERTÉ GRANDE (J. GRACQ)

Pendant les vendanges, en Beaujolais, (où j’appris d’ailleurs l’attentat contre les tours jumelles), je me liai d’amitié avec un jeune philosophe d’origine kabyle, rappeur à ses heures perdues, toujours en survêtement, et grand lecteur de Schopenhauer auquel il consacrait un mémoire. Mehdi, dont j’ai hélas perdu la trace… Quand on nous interrogeait sur l’avenir, et sur notre futur métier, nous répondions invariablement « consommateur culturel ». Nous avions créé une nouvelle profession, un nouveau concept pour Pôle Emploi. L’idée étant de flâner à jamais, sans tenir compte des espaces a priori de la perception, des données matérielles, juste à lire, regarder des films, sans même écrire ni produire quoi que ce soit, ou alors de façon totalement gratuite. Ah, comme nous eussions aimé demeurer étudiants, éternellement, boire de la 8-6 ou du rosé de chez Lidl, en écoutant alternativement du métal ou du classique, en discutant cinéma indépendant, dans nos petites chambres spartiates emplies de poches! Mais ma foi il fallut bien entrer dans la vie active, à contre-coeur. Ne plus aimer les études pour les études, et cette formidable insouciance, tant matérielle qu’amoureuse, pour assurer l’avenir. « On se doit à la société », comme dit Rimbaud. Et, loin de toutes illusions anarcho-utopiques somme toute bien confortables (mais inopérantes), cette société demeure nécessaire.

Dans un de ses romans sur le Japon, Amélie Nothomb évoque ces quelques années de permissivité absolue, où les jeunes Nippons suivent un cursus de glande universitaire, avant de travailler comme des esclaves, 25 heures par jours sans vacances ni répit, et ce jusqu’à un âge avancé où on les laissera enfin tranquilles. Où on les saluera, dans la rue, comme si avoir survécu à tout ça vous classait parmi les anciens combattants, et méritait une particulière déférence… Pareillement, je songe au titre de Jarmusch, Permanent vacation. Vivre de rien mais totalement libre, en vacances de l’existence réelle faite de contraintes et d’obligations sociales…

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