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« LES MORTS DE LA RUE » (article paru dans « L’ami du vingtième » du mois de décembre 2016)

  Paru dans L’ami du vingtième du mois de décembre, cet article, dont j’ai déjà parlé sur le blog, n’évoque pas directement la littérature ou les arts. Je le publie néanmoins, d’une part pour rendre hommage aux bénévoles qui s’occupent des SDF, ensuite parce que j’ai parlé d’une disparition dans mon seul et unique roman, et que le sujet me touche.

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 Chaque année, près de 2000 personnes décèdent dans la rue, parfois de maladie, parfois suite à des violences, parfois de froid, parfois d’épuisement… À l’aube du nouveau siècle, confrontés à l’effroyable mortalité des SDF, quelques membres de l’association catholique « Aux Captifs la libération » décident de contacter diverses organisations caritatives telles ATD-Quart Monde ou La Mie de Pain pour connaître le nom des disparus, créer une sorte de fichier commun. Plusieurs structures laïques adhèrent au projet et le collectif « Les Morts de la rue » est officiellement créé en 2002. Pour les bénévoles, il s’agit alors surtout de « faire savoir que vivre à la rue mène à une mort prématurée » : Constatant que l’espérance de vie d’un SDF est de 48 ans contre 80 ans pour la moyenne nationale, les responsables tentent d’alerter la population en rendant publiquement hommage aux victimes de la précarité. Des manifestations sont ainsi organisées dans les grandes villes (Paris, Bordeaux, Grenoble). Le nom des personnes décédées est alors lu, et des fleurs sont déposées au sol, en guise d’hommage. Depuis 2015, plusieurs volontaires effectuant un service civique réalisent également des démarches autour du voisinage en collant des affiches, pour savoir qui étaient au juste les malheureux découverts sans vie, de prévenir une éventuelle famille. Accompagné de photos, le blog « Mémoire de la rue » décrit ainsi le parcours de plusieurs « morts de la rue », et témoigne d’un patient travail de recherche. Il s’agit aussi de faire revivre les SDF, ces existences parfois invisibles, de prendre des photos des lieux traversés, de faire parler les gens qui les ont côtoyés, au hasard des squares, des bancs. Le nom des SDF, les quelques informations glanées parfois difficilement, apparaissent ainsi directement sur le site Internet.

   En lien avec les instituts médico-légaux, le collectif tente aussi de dénoncer les causes généralement violentes des morts, tout en veillant à la dignité des funérailles. Le plus souvent inhumés au carré des anonymes, notamment au cimetière de Thiais, les morts de la rue sont accompagnés dans leur dernière voyage par un membre de l’association, qui prononce à cette occasion quelques paroles, une oraison. Le cas échéant, les proches sont contactés, et soutenus. À l’heure où hélas le nombre de sans-abris se multiplie, où une forme d’habitude, pour ne pas dire d’indifférence, s’installe, le travail d’un tel collectif force évidemment le respect.

Association « Les morts de la rue »

72 Rue Orfila, 75020 Paris

01 42 45 08 01

06 82 86 28 94

http://www.mortsdelarue.org/

 

 

 

 

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« LE DIVAN DE STALINE »

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   « Staline n’a jamais douté de son génie, mais, après la victoire sur l’Allemagne, il a complètement pété un plomb » (D. Chostakovitch). « (Staline) a hérité d’une Russie à la charrue et l’a laissée avec l’arme atomique  » (Churchill). Certes, mais à quel prix? Je ne répondrai pas à la question. Ayant lu plusieurs biographies, dont celle de Simon Sebag Montefiore (a priori la plus fiable), j’ai vraiment détesté Depardieu dans ce film. Outre le fait que Staline n’ait jamais suivi de psychanalyse, science qu’il tenait pour bourgeoise, la ressemblance physique entre ce bon Gérard et le dictateur géorgien reste extrêmement mince, si je puis dire. Staline n’a jamais résidé dans un château en URSS, éprouvait un intérêt sincère pour les arts et la culture, buvait fort peu mais faisait boire son entourage, avait des accès de colère, certes, mais travaillait parfois jusqu’à dix-huit heures par jour. Il n’a jamais caché le suicide de sa femme à son entourage, ne projetait pas de se construire un mausolée comme il est dit dans cette production confuse. Béria, ambitieux sadique et psychopathe dans le réel, est encore moins crédible, et Emmanuelle Seigner est mal dirigée. Bref, à oublier.

FABLES, MINIATURES PERSES

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« LA MAISON DE LA GAIETÉ », Denis Montebello,éditions « Le temps qu’il fait » (article paru dans « Diérèse » n° 69)

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   Œuvres éphémères, œuvres fragiles, soumises aux aléas de la Nature, au mépris des vivants, les manifestations d’art brut disparaissent généralement sans bruit. Quelques passionnés défendent parfois ces créations spontanées au moyen d’une pétition, d’une mobilisation aussi restreinte que désespérée. Et puis plus rien. Le jardin merveilleux s’efface, rongé par la forêt, pillé, ou tout simplement détruit. L’ensemble de sculptures termine à la décharge, et tout le monde oublie. De rares « grandes » réalisations se maintiennent, tel le Palais idéal du Facteur Cheval, dans la Drôme, ou l’étrange Villa des cent regards, à Montpellier. Maçons, poètes du dimanche, autodidactes, et autres originaux finissent généralement dans le brouillard, loin des institutions officielles.

  C’est justement pour protester contre cet état de fait, et pour rendre un dernier hommage, que Denis Montebello célèbre aujourd’hui la maison de la Gaieté. Située à Chérac, en Charente Maritime, ornée de grandes mosaïques fleuries, de tessons, de cassons de vaisselle et de fragments, l’auberge appartint longtemps aux Villéger, père et fils, tenanciers avisés et artistes amateurs. Les anciens du village se souviennent des bal-musettes, des concerts ou des pièces de théâtre donnés là, avec une pointe de nostalgie. Soumis à la pression immobilière, trop cher à entretenir pour la nouvelle municipalité, l’établissement est en effet promis, à très court terme, à une démolition que rien ne peut entraver : ni la constitution d’une association de défense, ni la vidéo de présentation circulant sur YouTube, avec pour fond sonore les voix traînantes de Jean Gabin et de Damia, interprétant des airs de guinguette datant du Front Populaire.

  Descendu de mon rêve (interdit de jardin), je me demande si ces fragments constituent une œuvre. S’ils composent seulement un paysage. Qu’est-ce qu’ils signent, alors, nos deux artistes ? Imitent-ils Pierre Loti avec leur maison ? s’interroge l’écrivain. « Archéologue d’autoroute » pour reprendre les termes d’un précédent volume, l’homme entend retracer l’histoire du lieu. La tâche n’est pas simple : car s’agit-il de parler de la maison, de ce qu’elle fut, ou de soi-même, de notre propre rapport à l’objet ? Texte mélangé, singulier, ce nouveau livre tient à la fois de l’essai, de la confession et de la promenade, d’une sorte d’errance délibérée, de vagabondage livresque. Évoquant le parcours des Villéger, le destin de leur étrange baraque, D. Montebello dévide le fil de ses propres souvenirs, de l’enfance lorraine, éden perdu, tel la maison, à la maturité, au milieu du Poitou. « L’instant biface du réveil », « Resséante et voyagère » : s’ensuit une série de chapitres au titre original, comme autant de digressions poétiques, comme les riches billets du blog « Cotojest », où se marient réminiscences, éruditions, conversations, fragments du présent et paysages vus en rêve. Loin des grosses machines littéraires de la rentrée, Denis Montebello poursuit ici un travail unique, inclassable, mélancolique et actuel.

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ÉVÈNEMENTIEL DU MOIS DE JANVIER

Chers lecteurs,

 Signalons d’abord ma propre présence, pour la troisième fois, dans le journal d’arrondissement L’ami du 20ème. Je signe cette fois un article très bref autour de la rue Lucien-Leuwen, derrière l’ancien village de Charonne. Vous pouvez, si vous le souhaitez, me demander l’article en question par mail (er10@hotmail.fr). Je le mettrai de toute manière en ligne le mois prochain, début février donc, comme je mets en ligne ce mois-ci mon travail autour de l’association « Les Morts de la rue ». Ce mois-ci, le journal évoque également les fresques de l’église Notre-Dame de la Croix, à Ménilmontant (entre autres).

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  Signalons aussi la prochaine rencontre entre mon ami Pascal Mora (dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur le blog, et qui a écrit deux très beaux recueils), et la femme de Lettres argentine Lili Muñoz, à la bibliothèque Julio Cortazar de la maison de l’Argentine (27 boulevard Jourdan, Cité Universitaire, 75014 PARIS, station « Cité universitaire » par le RER B ou « Poterne des peupliers » par le tramway, ligne T3). L’entrée est libre, et la rencontre aura lieu le jeudi 19 janvier à 19 heures. Amis hispanophones, bienvenue

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  Enfin, comme chaque mois, sous l’égide de Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, se tiendra le traditionnel « Cénacle du Cygne », au sous-sol du bar « La Cantada II », 13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant. Je ne sais pas encore si j’interviendrai, car mon inspiration poétique s’assèche (je continue à écrire, mais plus de poésie, hélas, ou alors des vers sur Paris qui me paraissent insipides. J’en reparlerai). En revanche, les habitués ou les novices pourront goûter des spectacles de danse, des courts-métrages, une lecture de mon ami Jean Hautepierre et autres joyeusetés.

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