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MAURICE BASKINE (1901-1968), CIMETIÈRE DU PÈRE-LACHAISE. MÉMOIRE DES POÈTES, (ARTICLE PARU DANS DIÉRÈSE 82, AUTOMNE 2021)

CIMETIÈRE DU PÈRE-LACHAISE (16 rue du Repos, 75020 Paris, métro Père-Lachaise, ligne 2), quatorzième partie.

  . Dans Diérèse 81,  nous avons évoqué le scientifique, poète et plasticien belge Théodore Koenig (1922-1997), ainsi que le peintre abstrait Paul Revel (1922-1983), tous deux nés la même année, tous deux liés au surréalisme, et tous deux inhumés au columbarium. Poursuivons notre exploration du Père-Lachaise en compagnie de Maurice Baskine, créateur profondément décalé, original, Juif ukrainien ayant grandi en France pour y créer sa propre mythologie.

Maurice Baskine par Emile Savitry.

MAURICE BASKINE (1902-1968)

Localisation : Reposait dans la case 3236, à l’extérieur du columbarium (87ème division). Les cendres ont été exhumées le 31 janvier 1996, et dispersées (probablement dans le jardin du souvenir de la 77ème division).

Kharkov, Paris, Fontenay…

   Située à l’extrême-Est, à quelques kilomètres de la Russie, la ville ukrainienne de Kharkov compte aujourd’hui presque un million et demi d’habitants. La fiche Wikipédia mentionne notamment la cathédrale de Pokrov, élégant édifice à bulbes, ou encore la collégiale de la Dormition. C’est en tous cas là que naît Miron Maurice Baskine, le 7 octobre 1901, et qu’il passe les quatre premières années de sa vie. L’importante communauté juive est alors victime des pogroms organisée par la bande des « Cent noirs », groupe antisémite radical. Est-ce pour fuir pareille violence que la famille déménage à Paris ? Le foyer, qui compte six enfants (quatre garçons, dont deux décèdent en bas-âge, et une fille, qui mourra à Auschwitz), habite un immeuble haussmannien, avenue Ledru-Rollin. Originaire de Krementchouk, au bord du Dniepr, le père, Élie Idel Baskine, (1873-1921), vend diverses marchandises, dont des chaussons, et décède prématurément à l’hôpital de Villejuif[1]. Nous savons peu de choses de son épouse, Hacia Tchoudnowski (1875-1943), hormis qu’elle mourra à l’hôpital Rotschild, dans le XIIème arrondissement, après son internement à Drancy[2] ; Maurice Baskine, très fort en mathématiques, travaille d’abord comme comptable dans une banque, puis comme représentant de commerce de 1923 à 1937, à l’instar de Georges Jacob, son aîné. Marié à une certaine Fernande Descantes le 3 novembre 1932, l’homme habite 84 avenue de Neuilly, à Fontenay-sous-Bois, derrière le périphérique.

   En 1933, il découvre l’occultisme après avoir lu un ouvrage traitant des rêves et de la chiromancie et s’enthousiasme pour la poésie de Norman Far. La guerre éclate sept ans plus tard. Le quadragénaire s’engage alors volontairement dans l’artillerie, le 14 mai 1940. Démobilisé le 30 juillet, Baskine est interné trois ans plus tard au camp de Noé, en Haute-Garonne, puis au camp de de l’organisation Todt à Martigues. Refusant de travailler pour l’Allemagne, il prend le maquis en mars 1944, puis rejoint les Forces Françaises Intérieures le 24 juin.

Kharkov (ou Kharkiv), en Ukraine.

Rupture et renaissance

   Devenu chômeur à la Libération, Maurice Baskine commence à exposer tardivement, présentant le « Temple du Mas » à la galerie parisienne de Katia Granoff, puis au Salon des Surindépendants, où il reviendra quatre fois. Il parle lui-même d’art atomique, en référence à la bombe H, pour qualifier ses sculptures en plâtre peint de couleur métallique, couvertes de fragments comme tirées d’explosion. Celles-ci déroutent généralement le public, mais attirent alors l’attention de Dubuffet, de Paulhan ou encore d’André Breton. C’est le début d’une chaleureuse collaboration entre les deux hommes. Breton initie ainsi Baskine à la pensée de Fulcanelli, mystérieux alchimiste dont l’identité réelle n’est toujours pas connue. Baskine, qui adhère au surréalisme dès 1946, participe notamment à l’exposition internationale de juillet 1947, à la galerie Maeght, avant d’envoyer une lettre de rupture à Breton, en 1951. Je vais de l’avant, seul, y déclare-t-il sobrement.

  Baskine quitte sa femme en bons termes, lui laissant la maison, et habite une chambre de bonne mansardée en haut d’un immeuble haussmannien, quartier Montparnasse. La cabine de cosmonaute, comme il l’appellera lors d’un reportage télévisuel[3], est trop petite pour concevoir de grands formats. Baskine conçoit alors des albums en répandant une encre de Chine noire et rouge à la surface du papier, avant de la gratter à l’aide d’une lame de rasoir. Évoquons toutefois Fantasophe-Roc ou l’édification de la pierre de Fantasophopolis, soit immense triptyque de cinq mètres sur deux mètres, peint entre 1952 et 1958, et présenté à la galerie Charpentier en 1964. Tout semble ici résumé, comme si Baskine avait voulu offrir un aperçu global de sa création, une sorte de compendium.

   Les expositions s’enchaînent, se poursuivent, y compris à l’étranger, comme à Knokke-le-Zoute en 1967.Mauvais gestionnaire et piètre commercial, Maurice Baskine ne sait hélas pas se vendre et reste miséreux. Exalté par les évènements de mai 68, il croit pouvoir diffuser ses idées ésotériques, mais s’épuise dramatiquement, avant de s’éteindre à l’hôpital Lariboisière à l’été, le 5 juillet 1968. Incinéré, le peintre repose longtemps au columbarium, puis ses cendres sont dispersées (vraisemblablement au jardin du souvenir. Cf. plus haut).

« Sirène » par Maurice Baskine (date inconnue).

Un magicien de la matière[4]

   Maurice Baskine entame sa carrière sur le tard, en autodidacte. Appréciées par Dubuffet, ses œuvres s’inscrivent, pour une part, dans le cadre de l’art brut, et on y décèle quelque chose de très enfantin, d’un peu naïf. On l’a classé dans l’art brut parce qu’il n’avait aucune formation déclare ainsi Paul Sanda[5]. Peut-on pour autant, légitimement, parler de création franche ? Citant Nerval ou les poètes symbolistes tel Baudelaire, Baskine est d’abord un homme de culture, imprégné de lectures classiques. Ainsi fait-il figurer un dé, en hommage au fameux poème de Mallarmé, sur plusieurs de ses tableaux, cite fréquemment Rabelais. Ce n’est pas non plus un créateur isolé, mais bien un Parisien, qui fréquente alors les salons, expose, se manifeste. Très bref, son compagnonnage avec le surréalisme demeure capital. Son divorce à l’amiable d’avec Breton reste lié à un goût certain pour l’indépendance. Admiré par l’auteur de Nadja, Baskine s’écarte du mouvement, justement parce qu’il est incapable de suivre un courant défini, soit d’adhérer à un groupe. Bien que mondain, parfaitement introduit au sein des milieux de son temps, l’homme est singulier, indocile.

  Ceci posé, plus qu’un artiste brut ou qu’un surréaliste, Baskine est peut-être, d’abord, un alchimiste. Le modeste employé, représentant de commerce Baskine devient en effet lui-même, c’est-à-dire peintre, après avoir découvert l’occultisme, et, comme le souligne encore Paul Sanda. Toutes ses toiles sont emplies de symboles extrêmement précis, qui font sens. Ainsi du Fantasophe-Roc évoqué plus haut, et qui représente les différentes étapes initiatiques. Ainsi, également des sculptures d’athanors, soit de fours sensés métamorphoser le métal commun en or, réalisées à partir de poêles en une matière épaisse et grumeleuse, dite fantasophale, inventée par Baskine lui-même, selon une recette restée secrète. En 1990, son ami Jean Saucet organise une rétrospective Baskine spécialement à Cahors, où plusieurs façades sont justement ornées de références à cette même alchimie.

  Féru de paranormal, l’homme donne un temps des conférences sur Nostradamus, le tarot. De même, le 9 mai 1956, organise-t-il une parafestation fantasophale chez les surréalistes Robert et Nina Lebel, 14 avenue du président Wilson. Jérôme Bosch et Gustave Moreau s’y trouvent invités ! Baskine déclare également que la lune n’existe pas, mais ne serait qu’un reflet, et le gag est évoqué dans le New York Times. Outre l’alchimie, sa peinture est de fait emplie de signes divers, qu’il s’agisse d’ésotérisme, du judaïsme de son enfance ou serpent qui se mord la queue, l’universel ouroboros auquel il attribue des plumes à l’instar des Aztèques. Une mythologie personnelle, nervalienne, se lit en filigrane, notamment lorsque Baskine peint son propre père sous les traits du Roi de Thune (soit celui qui ramène l’argent à la maison), et sa mère sous les traits de la Reine de Sabbath (soit celle qui organise la cérémonie sacrée).  

Le « Fantasophe-roc » au musée de Cordes-sur-Ciel (Tarn).

   Alchimiste et plasticien, pour Maurice Baskine, son œuvre peint et sculpté n’était pas commentaire de thèmes alchimiques, mais l’expression d’une alchimie qu’il a repensée pour son propre compte, accomplissant ainsi son Grand Œuvre. D’où la difficulté d’attribuer une signification à des pièces dont le titre ne nous est pas parvenu et qui sont majorité. Celles-ci ont été soumises à des experts en sciences occultes ; certains – seulement- ont pu être déchiffrées. C’est pourquoi ne seront indiquéees entre guillemets, que les titres reconnus de Maurice Baskine. Reste, intitulées ou pas, déchiffrées ou pas, la beauté magnétique de ses œuvres, déclare ainsi Jean Saucet[6].  

N.B.

   Personnage fantasque, méconnu de son vivant, découvert, re-découvert par une poignée de passionnés, Maurice Baskine aura donc disparu du columbarium. Mais sa trace s’éteint dans la célèbre nécropole, son œuvre reste à explorer dans ses moindres arcanes. To the happy few, pour reprendre les mots de Stendhal.


[1] Repose au cimetière parisien de Bagneux, 3ème division, ligne 14, tombe numéro 11, concession 17CC1915.

[2] Son nom figure sur le mémorial de la Shoah.

[3] Le 24 novembre 1964, le deuxième chaîne de télévision diffuse un reportage sur Baskine, dans l’émission « Entre les Lignes ».

[4] C’est ainsi que Simone Collinet, galeriste et première femme d’André Breton, qualifie Maurice Baskine.

[5] Paul Sanda Baskine,symboles,Alchimie et littérature – YouTube (conférence donnée en mars 2017 à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn).

[6] Maurice Baskine : peintre, sculpteur, alchimiste : [exposition] Cathédrale de Cahors, Grenier du Chapître, 1er juillet-15 septembre 1990 / texte de Michel Butor, édité par le Conseil Général du Lot.

MÉMOIRE DES POÈTES, GASTON DUF (1920-1966)

   Originaire du Nord, Gaston Duf (Gaston Dufour dit) naît au sein d’une famille pauvre de dix enfants, marquée par la violence et l’alcoolisme d’un père tenancier de cabaret. Entré comme apprenti-boulanger à l’âge quatorze ans, l’adolescent travaille finalement à la mine, mais se fait renvoyer pour absentéisme. À dix-huit ans, solitaire, chétif, il passe ses journées au cinéma ou dans les bars, buvant énormément. L’armée le réforme, puis on l’interne définitivement quelques jours après une tentative de suicide. Il n’a que vingt ans.

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Hôpital psychiatrique de Saint-André-lez-Lille

  À l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Saint-André-lez-Lille, le mutique Gaston se montre d’abord totalement apathique puis participe aux travaux ménagers. Il tente de s’évader en 1946. Son infirmière remarque qu’il dissimule de petits dessins griffonnés à la mine de plomb sur du papier journal, dans la doublure de sa veste. Le psychiatre Paul Bernard encourage discrètement Gaston, lui fournissant des crayons de couleur, des tubes de gouache, ainsi que des toiles grands formats. Le malade représente, de façon obsessionnelle, des créatures chimériques appelées « rhinocéros » (le nom étant écrit avec une orthographe étrange, bien que Gaston maîtrise la langue française), ainsi que des polichinelles. Pourquoi cette fascination? L’artiste fou n’a jamais vu les animaux en vrai, et semble se rappeler avoir croisé un polichinelle lors d’une fête foraine. Se sentant mou, faible, il admire la force brute du rhinocéros. Jean Dubuffet, qui s’est vu offrir plusieurs œuvres par Paul Bernard, lui rend visite, et le surnomme « Gaston le zoologue ».

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   La production cesse vraisemblablement en 1953, pour une raison inconnue. Je ne dois pas dessiner, aurait déclaré Gaston, qui prend toujours soin de sa toilette, et de sa coiffure. De constitution fragile, il meurt en 1966, à l’âge de quarante-six ans.

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NB: une exposition a récemment mis en valeur les dessins de Gaston Duf, au musée de zoologie de Lausanne, sur l’impulsion de l’historienne d’art Lucienne Peiry.

SURRÉALISTES 6: MARILENA PELOSI (née en 1957 à Rio de Janeiro)

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« LA MAISON DE LA GAIETÉ », Denis Montebello,éditions « Le temps qu’il fait » (article paru dans « Diérèse » n° 69)

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   Œuvres éphémères, œuvres fragiles, soumises aux aléas de la Nature, au mépris des vivants, les manifestations d’art brut disparaissent généralement sans bruit. Quelques passionnés défendent parfois ces créations spontanées au moyen d’une pétition, d’une mobilisation aussi restreinte que désespérée. Et puis plus rien. Le jardin merveilleux s’efface, rongé par la forêt, pillé, ou tout simplement détruit. L’ensemble de sculptures termine à la décharge, et tout le monde oublie. De rares « grandes » réalisations se maintiennent, tel le Palais idéal du Facteur Cheval, dans la Drôme, ou l’étrange Villa des cent regards, à Montpellier. Maçons, poètes du dimanche, autodidactes, et autres originaux finissent généralement dans le brouillard, loin des institutions officielles.

  C’est justement pour protester contre cet état de fait, et pour rendre un dernier hommage, que Denis Montebello célèbre aujourd’hui la maison de la Gaieté. Située à Chérac, en Charente Maritime, ornée de grandes mosaïques fleuries, de tessons, de cassons de vaisselle et de fragments, l’auberge appartint longtemps aux Villéger, père et fils, tenanciers avisés et artistes amateurs. Les anciens du village se souviennent des bal-musettes, des concerts ou des pièces de théâtre donnés là, avec une pointe de nostalgie. Soumis à la pression immobilière, trop cher à entretenir pour la nouvelle municipalité, l’établissement est en effet promis, à très court terme, à une démolition que rien ne peut entraver : ni la constitution d’une association de défense, ni la vidéo de présentation circulant sur YouTube, avec pour fond sonore les voix traînantes de Jean Gabin et de Damia, interprétant des airs de guinguette datant du Front Populaire.

  Descendu de mon rêve (interdit de jardin), je me demande si ces fragments constituent une œuvre. S’ils composent seulement un paysage. Qu’est-ce qu’ils signent, alors, nos deux artistes ? Imitent-ils Pierre Loti avec leur maison ? s’interroge l’écrivain. « Archéologue d’autoroute » pour reprendre les termes d’un précédent volume, l’homme entend retracer l’histoire du lieu. La tâche n’est pas simple : car s’agit-il de parler de la maison, de ce qu’elle fut, ou de soi-même, de notre propre rapport à l’objet ? Texte mélangé, singulier, ce nouveau livre tient à la fois de l’essai, de la confession et de la promenade, d’une sorte d’errance délibérée, de vagabondage livresque. Évoquant le parcours des Villéger, le destin de leur étrange baraque, D. Montebello dévide le fil de ses propres souvenirs, de l’enfance lorraine, éden perdu, tel la maison, à la maturité, au milieu du Poitou. « L’instant biface du réveil », « Resséante et voyagère » : s’ensuit une série de chapitres au titre original, comme autant de digressions poétiques, comme les riches billets du blog « Cotojest », où se marient réminiscences, éruditions, conversations, fragments du présent et paysages vus en rêve. Loin des grosses machines littéraires de la rentrée, Denis Montebello poursuit ici un travail unique, inclassable, mélancolique et actuel.

BERNARD PRAS: HOMMAGE ANAMORPHIQUE AU FACTEUR CHEVAL

Réalisé par l’artiste montreuillois Bernard Pras dans le cadre d’une exposition passée, au palais du Facteur Cheval, à Hauterives, dans la Drôme.

« MAGICIENS DE L’ART BRUT », NOUVEAU NUMERO DE LA « QUINZAINE », DEMAIN DANS LES KIOSQUES!

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BLOGORAMA 2: LE SITE DE DAVID BROCOURT

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   Original, choquant, perturbant, mais toujours audacieux, le site de David Brocourt ravira, pêle-mêle, anthropologues, criminologues, amateurs d’art brut et de polars, ou tout simplement curieux. L’intéressé ayant répondu à mon invitation (présenter son propre blog ou site, dans la perspective de la série « Blogorama »), et ayant, de surcroît, présenter « Page paysage » sur son adresse, je ne peux que lui laisser la parole:

    »davidbrocourt,com » est un site internet autour duquel s’articulent divers pôles tous reliés par les uns aux autres par une certaine cohérence de ton ou de style entre les thèmes. Il comprend plusieurs rubriques et il présente mes propres créations ainsi que des œuvres et divers objets provenant de tueurs en série incarcérés. Il peut s’agir de dessins, de peintures, mais aussi de lettres, etc… Le site propose divers articles tel que des biographies, des récits de mes correspondances avec des serial killers ou des interviews donnés. Il propose de découvrir ou de redécouvrir des artistes, pour la plupart assez déviants et sombres. Il y a aussi une rubrique consacré à mon propre cabinet de curiosités qui regroupe divers objets de ma propre collection personnelle.  »davidbrocourt.com » offre également de nombreux documents en libre téléchargement. Ainsi, mon site internet  »davidbrocourt,com » me permet de présenter mon travail et les autres intérêts que je nourris. Le genre méconnu du  »True Crime Art » en fait partie. En effet, je collecte les œuvres (Dessins, peintures, poèmes, etc…) de détenus du monde entier, plus particulièrement de tueurs en série. Je les obtiens en entretenant directement des correspondances écrites avec eux et grâce à un réseau marginal particulier. Ces œuvres sont produites directement depuis des cellules de prison et élaborées avec les moyens du bord. Bien souvent bruts, mais parfois complexes et finement élaborées (Le temps ne leur manque pas), les travaux des assassins sont stupéfiantes et évoquent turpitudes, fantasmes… Bien évidemment, cet intérêt a une influence directe sur mes propres créations. En effet, le thème récurrent de mon travail reste l’être humain. L’être humain, cet animal, face à lui-même et au néant inhérent que lui inspire sa propre condition existentielle. Les corps que je représente se débattent, se tendent, enragent et sont parfois prostrés. Souvent étiqueté comme étant trop sombre et pas assez académique ou  »tendance », je n’attire pas la sympathie. Je peins principalement à l’acrylique et je dessine à l’encre de Chine. Quoi qu’il en soit j’aime explorer sans cesse de nouvelles techniques, bien souvent très personnelles, et peins parfois avec mon propre sang.

Le site de David Brocourt: http://www.davidbrocourt.com/

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