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EDGAR POE, Jean Hautepierre, Pardès, collection « Qui suis-je ? », Grez-sur-Loing, 2012 (article paru dans « Diérèse » 58, automne-hiver 2012)

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   La vie d’Edgar Poe est toute entière marquée par le sceau du malheur. Né à Boston en 1809 de parents comédiens, très tôt orphelin, le futur écrivain est recueilli par le riche négociant John Allan, avec qui il ne s’entendra jamais. Ayant passé une partie de son enfance en Angleterre, Poe se montre excellent élève, mais doit interrompre ses études à Westpoint pour des motifs financiers. Engagé plusieurs années durant dans l’armée, l’homme connaît ses premiers succès littéraires, écrit énormément pour la presse, mais demeure pauvre. En 1847, le décès de Virginia, son épouse bien aimée, le plonge dans la dépression. Alcoolique, de plus en plus instable, il meurt à Baltimore deux ans plus tard, probablement suite à une crise de delirium tremens.
Introduit en France par Baudelaire et Mallarmé, Poe fait l’objet de nombreuses biographies, parfois brillantes. Pourtant, comme on peut le lire en quatrième de couverture : Edgar Allan Poe est un personnage à la fois connu et méconnu. Loin des mythes, des interprétations parfois fantaisistes, Jean Hautepierre s’en tient à la vérité, aux faits, et démonte certaines légendes et idées reçues, entretenues a posteriori. Publié par les éditions Pardès dans l’excellente collection « Qui suis-je ? », ce petit livre décrit de façon sobre et objective le bref parcours du Maître. Il ne s’agit pas, pour autant d’un simple récit de vie. L’auteur, qui a lui-même traduit des poèmes de Poe, a peut être d’abord voulu étudier la portée d’une œuvre immense et variée, saluée par les plus grands, ainsi qu’en témoignent les hommages reproduits à la fin du volume : (…) l’œuvre d’Edgar Poe a donné une impulsion essentielle en de nombreux domaines de la vie de l’esprit, apportant une orientation nouvelle au récit et à la science-fiction, exerçant une influence considérable sur la poésie française, créant le roman policier, élaborant une théorie de la création et de la critique littéraires. Développant un point de vue original et néanmoins rigoureux sur les divers ouvrages de Poe, loin de certaines lectures psychocritiques, Jean Hautepierre montre également en quoi les Histoires extraordinaires ou Le Corbeau demeurent actuels, continuent d’inspirer différents créateurs, dans différentes disciplines, tel les musiciens du groupe « The Cure », le compositeur Philipp Glass ou encore Alex Proyas, réalisateur du film The Crow… Bref, Edgar Poe est semblable aux anciens Grecs : plus on le connaît, plus on mesure l’ampleur de son génie. Également dramaturge et poète, Jean Hautepierre signe là une étude à la fois concise, efficace et pénétrante.

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ÉVÉNEMENTIEL DE FÉVRIER 2018 (ADDENDUM/ERRATUM)

  Dans la version de mon événementiel publiée cette nuit, j’ai omis deux faits: la représentation théâtrale de mon ami Jean Hautepierre, et la représentation musicale de mon autre ami, venu de la Cantada, Yves Gaudin, dit YG, scientifique et comique. Le précédent billet a donc été dûment corrigé. Par ailleurs, plusieurs d’entre vous m’ont demandé ce qu’étaient devenus les acteurs du court-métrage iranien publié sur ce même blog en janvier, Vivre au présent. Signalons simplement que la famille Fallahdoost a été dispersée. Le patriarche, qui récitait le Shanahmeh, poème traditionnel perse, est décédé à la suite de Masoomeh, l’aînée. Ensuite frères et sœurs ont été séparés dans des institutions distinctes, toujours au nord de l’Iran. Ils se revoient néanmoins régulièrement, comme en témoigne la photo ci-dessous.

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ÉVÉNEMENTIEL DE FÉVRIER 2018

  Chers amis, chers lecteurs,

  Trois évènements à annoncer ce mois-ci, peut-être davantage (on trouvera, comme à chaque fois, un addendum dans les semaines à venir).

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  Le 3 février, l’artiste nécrosophe André Chabot, que nous avons évoqué en janvier (en parlant de son livre Mes pères sous les draps verts), inaugurera son exposition « Chronos mythifié » dans le onzième arrondissement, à la galerie « Satellite », station Voltaire, ligne 9, à partir de 19 heures et jusqu’à 21 heures. Je serai naturellement présent.

Galerie SATELLITE
7 rue François-de-Neufchâteau 75011 Paris
Tel. 01 43 79 80 20

Notre article sur le livre d’André Chabot

Site de la galerie Satellite

Site officiel d’André Chabot

 

Page Wikipédia d’André Chabot

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   Le jeudi 8 février, notre ami Jean Hautepierre, fidèle du Cénacle plusieurs fois évoqué sur PAGE PAYSAGE, présentera sa pièce adaptée du mythe de Tristan et Yseult, à Paris. Je joins donc le descriptif ci-dessous, en vous espérant nombreux.

   L’histoire de Tristan représenta en son temps un thème radicalement nouveau : celui de l’amour fatal, qui n’a pour justification que lui-même. Ce thème, fondamentalement peu chrétien, gênait obscurément bien des forces de la société du Moyen Age, d’où la disparition de pans entiers des longs poèmes qui lui ont alors été consacrés. Il trouve une forme à la fois poétique et fidèle au mythe, tel que chacun le connaît, dans la démarche de Jean Hautepierre, auteur d’un théâtre en vers contemporain dont la prosodie, si elle n’est pas toujours strictement classique, est extrêmement réfléchie et rigoureuse. Jeudi 8 février à 20h
Centre Jean Dame 17/25 rue Léopold Bellan 75002 PARIS
Métro : Sentier Entrée libre
Direction : Alain MICHEL

Notre article autour du « Meurtre de la tour de cristal », roman de Jean Hautepierre

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  Comme indiqué sur l’affiche ci-dessus, le traditionnel café poésie organisé par notre ami Pascal Mora se tiendra à la médiathèque Luxembourg de Meaux, 2 rue Cornillon, le samedi 10 février à partir de 10h30. La poésie espagnole, ainsi que la poésie chinoise, seront à l’honneur.

Site de la médiathèque de Meaux

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   Comme indiqué ci-dessus, notre ami du Cénacle, l’infatigable Yves Gaudin, dit YG, se produira le 20 février sur une péniche, non loin du Châtelet, à partir de 20 heures. Pour les amateurs d’électro, entre autres.

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  Enfin, comme chaque dernier jeudi du mois, se tiendra le traditionnel « Cénacle du Cygne », animé par notre ami Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake. Venez donc nous voir le 22 à partir de 20h30 à la Cantada II, 13 rue Moret, 75011 Paris (station Ménilmontant). Le thème ne m’est pas encore connu.

 

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Le regretté Pascal Ulrich fut un des illustrateurs fétiches de « Diérèse ».

 

  Signalons pour finir la parution de plusieurs de nos articles, à la fois des notes de lecture et des hommages consacrés à des poètes enterrés aux Père-Lachaise, dans la revue Diérèse 72, animée par mon ami Daniel Martinez. Diérèse, qui fête en mars ses vingt ans, et dans laquelle j’écris depuis quinze ans, s’acquiert contre un chèque de 18 euros, à l’ordre de Daniel Martinez, au 8 avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière.

Le blog de Daniel Martinez, animateur de « Diérèse ».

 

ÉVÈNEMENTIEL DU MOIS DE JANVIER

Chers lecteurs,

 Signalons d’abord ma propre présence, pour la troisième fois, dans le journal d’arrondissement L’ami du 20ème. Je signe cette fois un article très bref autour de la rue Lucien-Leuwen, derrière l’ancien village de Charonne. Vous pouvez, si vous le souhaitez, me demander l’article en question par mail (er10@hotmail.fr). Je le mettrai de toute manière en ligne le mois prochain, début février donc, comme je mets en ligne ce mois-ci mon travail autour de l’association « Les Morts de la rue ». Ce mois-ci, le journal évoque également les fresques de l’église Notre-Dame de la Croix, à Ménilmontant (entre autres).

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  Signalons aussi la prochaine rencontre entre mon ami Pascal Mora (dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur le blog, et qui a écrit deux très beaux recueils), et la femme de Lettres argentine Lili Muñoz, à la bibliothèque Julio Cortazar de la maison de l’Argentine (27 boulevard Jourdan, Cité Universitaire, 75014 PARIS, station « Cité universitaire » par le RER B ou « Poterne des peupliers » par le tramway, ligne T3). L’entrée est libre, et la rencontre aura lieu le jeudi 19 janvier à 19 heures. Amis hispanophones, bienvenue

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  Enfin, comme chaque mois, sous l’égide de Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, se tiendra le traditionnel « Cénacle du Cygne », au sous-sol du bar « La Cantada II », 13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant. Je ne sais pas encore si j’interviendrai, car mon inspiration poétique s’assèche (je continue à écrire, mais plus de poésie, hélas, ou alors des vers sur Paris qui me paraissent insipides. J’en reparlerai). En revanche, les habitués ou les novices pourront goûter des spectacles de danse, des courts-métrages, une lecture de mon ami Jean Hautepierre et autres joyeusetés.

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LE MEURTRE DE LA TOUR DE CRISTAL, Jean Hautepierre, éditions Unicité, 2016 (article paru dans « Diérèse » 68)

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   Traducteur d’A. Smith, essayiste et biographe de Poe, dramaturge et animateur d’un festival de théâtre en vers, Jean Hautepierre nous offre ici un bien singulier roman, à la croisée du polar et de la science-fiction. Dans la continuité de sa pièce Le Siège, l’auteur décrit Trézène, unique vestige d’une sorte d’Empire byzantin finissant mythique, à mi-chemin entre la cité futuriste et quelque ville de l’époque mérovingienne. Dans une oppressante ambiance de fin du monde, un meurtre est commis. Étrange inspecteur aux allures monastiques, assez semblable au père Guillaume de Baskerville du Nom de la Rose, Théobald de Thunn obtient l’autorisation d’enquêter, non sans difficulté. Le dénouement de l’intrigue sera pour le moins surprenant.

  Par-delà une intrigue assez réduite, somme toute, Jean Hautepierre semble avoir voulu avant tout évoquer un bien singulier décor : l’énigmatique Trézène représente un lieu symbolique, échappé d’un songe cruel, d’une sorte de passé imaginaire, plutôt sombre, à l’image d’autres contrées littéraires, tel l’Ecbatane décrite par Pierre Guyotat. Adorant des divinités inconnues, des dieux lointains et singuliers, pareils aux créatures démoniaques imaginées par Lovecraft, les habitants vivent dans un monde apocalyptique, dominé par d’étranges prédictions. De troublantes mélopées, se font parfois entendre, à l’instar de « Complainte » liminaire : Oyez, oyez la triste histoire/Du moine Théobald de Thunn !/Vous garderez à la mémoire/Le récit de son infortune ! Parsemé, çà et là, de vers réguliers, Le meurtre de la tour de cristal s’apparente donc essentiellement à un récit poétique. Précieux, parfois délibérément hermétique, symboliste, le style est à la fois riche et original, très descriptif, caractérisé par un vocabulaire délibérément rare, faisant la part belle aux néologismes : Car voici le cortège impérial, précédé par la cohorte des veilleurs qui sur les remparts nuit et jour se relèvent sans fin, se saluant de leurs hymnes lugubres, et les très hauts dignitaires : l’éparque, le mystikos, les grands drongaires de la veille et de la flotte (…). Aux antipodes du récit réaliste, à mi-chemin entre tradition et science-fiction, Jean Hautepierre, qui ressuscite les souvenirs païens, trace ici une route originale, tout en explorant de nouveaux sentiers.

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