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Archives Mensuelles: avril 2021

JACQUES LUCCHESI EN FORME!

Signalons à nos aimables lecteurs la parution de deux nouveaux livres, de la main de notre ami marseillais Jacques Lucchesi (qui a évoqué mes propres ouvrages): un recueil de nouvelles érotiques publiées chez Douro, dans la collection dirigée par Jacques Cauda, et un essai autour de l’antispécisme (anti-antispéciste, si l’on veut, donc, in fine, spéciste), cette fois aux éditions de Paris. On trouvera la description et les liens ci-dessous. Précisons également que Jacques Lucchesi dirige depuis plusieurs années les éditions phocéennes du Port d’Attache.

Éditions du Port d’Attache (editionsduportdattache.blogspot.com)

L’animal serait-il devenu notre alter-ego ? Pour les antispécistes, il faudrait ouvrir en grand les
portes des zoos, attribuer aux animaux des droits subjectifs et, bien entendu, s’abstenir de les
consommer jusque dans leurs productions naturelles : les fourrures, bien sûr, mais aussi la laine et le
cuir, sans oublier les œufs, le miel et la soie, tous produits issus de la domestication.
Ainsi pourquoi ne pas envisager d’expérimenter de nouveaux médicaments sur des
handicapés et des comateux plutôt que sur des rats, des chiens et des singes en parfaite santé
comme le préconisent certains ? Ou, selon d’autres, déculpabiliser la zoophilie lorsqu’elle est
librement consentie ! Pour ces gens-là, l’animal serait un homme comme les autres et sa libération
s’inscrirait dans un processus politico-social, tout comme l’antiracisme et le féminisme.
Un projet qui n’est pas seulement chimérique, mais aussi pernicieux et dangereux pour
notre société. Il avalise l’idée qu’il n’y a qu’une différence de degré entre l’homme et l’animal, lequel
mériterait de jouir des mêmes droits que l’être humain. En jouant sur la corde sensible et en
instrumentalisant les émotions liées à la condition animale, ce discours attaque la civilisation
occidentale qu’il charge de tous les maux. En oubliant qu’il en est le pur produit.
et ouvrage, entre l’essai et le pamphlet, veut démonter les arguments de l’idéologie antispéciste,
mais aussi ceux du véganisme, de la collapsologie et de l’écologie radicale. Sans nier la
nécessité d’améliorer le sort des animaux dans notre société, l’auteur rappelle que le monde humain
s’est bâti sur la différence homme-animal. Et qu’il vaudrait mieux maintenir la part d’altérité des
animaux plutôt que de vouloir les humaniser à tout prix.

L’auteur
————————————————————————
Né en 1958, Jacques Lucchesi s’est rapidement tourné vers le
journalisme et la critique d’art après des études de philosophie et
d’écologie humaine. Il est, parallèlement, l’auteur d’une œuvre
éclectique et abondante (recueils de poèmes et de nouvelles, essais
littéraires et philosophiques). Depuis longtemps intéressé par le théâtre,
il a adapté Les dialogues avec Leuco de Cesare Pavese et publié une
pièce aux éditions ETGSO, Les monologues de l’Homme-Serpent
(2011), créée à Marseille en 2008.

(Présentation sur le site de l’éditeur).

Peut-on encore écrire et publier des textes érotiques en 2020 ?
Peut-on, bien modestement, essayer de s’inscrire dans une tradition littéraire qui a, depuis longtemps, ses lettres de noblesse en France ? Il serait facile de répondre oui et pourtant, ces questions peuvent se poser en cette époque de passions tristes ; à l’heure où notre société est laminée par une vague de censure et de puritanisme d’une rare violence, conséquence du politically correct américain. Un coup d’oeil sur les murs de nos villes, de plus en plus réquisitionnés par les néo-féministes, suffit à comprendre que la chasse à l’homme est ouverte, que ses désirs sont de plus en plus condamnés et repoussés dans le champ de la perversion. En ce sens les nouvelles rassemblées dans cet ouvrage n’échappent pas à une intention polémique. Elles expriment, à travers leurs différents canevas, une révolte contre cet état de choses étouffant.
Car l’érotisme de Jacques Lucchesi ne fait pas dans la dentelle. Il prend sa source dans les bas-fonds de la psyché humaine, là où le sexe et l’argent forment un couple indissociable, où la frustration et la rêverie onaniste débouchent sur des situations fortement transgressives. Ici les femmes profitent des hommes autant qu’ils profitent des femmes. Chacun se sert avant d’être servi dans un sempiternel jeu de dupes où seule règne la loi du désir, où la faim (de l’autre) justifie tous les moyens pour l’assouvir — et l’asservir.
Point n’est besoin d’être devin pour comprendre que cet éloge du libertinage ne fera pas l’unanimité chez celles et ceux qui ouvriront ce livre. Car l’auteur, selon le mot du prince de Ligne, préférera toujours « les époques de catins aux époques de Catons ».
JL

« LE CANON DE SANDA » D’ODILE COHEN-ABBAS EN PRÉPARATION CHEZ L’ÉLÉPHANT BLANC!

Cher amis, chers lecteurs,

   Comme précédemment annoncé, je dirige depuis quelques semaines une collection chez Unicité, intitulée « Éléphant blanc ». Le projet se précise, puisque nous publions aux alentours du vingt mai notre premier volume. Écrit par Odile Cohen-Abbas, auteure prolixe déjà évoquée sur le blog (à travers une critique consacrée au roman Les Fosses célestes), l’essai porte sur l’oeuvre poétique de Paul Sanda, et compte une centaine de pages. Nous en reparlerons naturellement ici le moment venu. 

https://pagepaysage.wordpress.com/2016/01/29/les-fosses-celestes-odile-cohen-abbas-editions-rafael-de-surtis-cordes-sur-ciel-2008-note-parue-dans-dierese-n-4849-automne-2010/

 

HOMMAGE À DOMINIQUE PRESCHEZ (1954-2021), MÉMOIRE DES POÈTES

   Je ne connaissais pas vraiment Dominique Preschez mais nous avions des contacts communs, il publiait chez « Tinbad », maison dirigée par notre ami Guillaume Basquin, et demeurait très lié à Jacques Cauda. Nous nous croisions épisodiquement dans les groupes de discussion Facebook et j’aimais écouter ses compositions expérimentales. Issu de la Schola Cantorum, musicien reconnu et aussi poète, l’homme nous aura donc quitté hier. Je publie cette Sonate de neige que je trouve fort belle, et invite mes lecteurs à parcourir son oeuvre. 

  Pour en savoir davantage:

Dominique Preschez — Wikipédia (wikipedia.org)

Dominique Preschez – Organiste – Compositeur -Ecrivain

« BLUES-ROCK (CÉLÉBRATION) », LOUIS BERTHOLOM, ÉDITIONS SÉMAPHORE, COLLECTION « ARCANES », 2020 (note de lecture parue dans « Diérèse » 80, hiver 2020)

   Le recueil porte un titre programmatique. Ancien infirmier en psychiatrie, attaché à sa Bretagne natale, Louis Bertholom fut aussi, de 1975 à 1985, chanteur et parolier du groupe Tasmant (soit « le fantôme » en breton). Et c’est précisément cette décennie qu’il choisit d’explorer à travers un ensemble de vers libres, courts, incisifs et rapides comme les riffs d’une Gibson (p.44). Dédié à Patrick Quiniou, alias Pat King, du groupe Délire, le volume semble déborder de l’énergie brute propre au rock, ce cri au fond des tripes (p. 56). Écrits en quatre-vingts dix jours, soit dans l’urgence, les fragments évoquent en effet de brèves annotations, pareilles à des flashs, de subites réminiscences. L’occasion, également, de retrouver des passions de jeunesse, qu’il s’agisse de musiciens ou d’auteurs, essentiellement issus de la beat generation. Fan de Bob Dylan, de Frank Zappa, Louis Bertholom s’est également nourri de Jack Kerouac, de Ginsberg, comme on peut le sentir dans Amerika blues, chroniqué par nos soins dans le numéro 45 (à l’été 2009). Livre américain, mais d’abord armoricain, Blues-rock mêle avec bonheur diverses références, comme si Louis Bertholom avait intégré les références d’outre-Atlantique à sa propre sensibilité de barde celtique, en une sorte de long cut-up granitique. 

   L’aventure rock se termine hélas brutalement lorsque, miné par les excès, l’auteur crache du sang/sur la bonnette bleue/du micro Shure SM58 (p. 13). Traumatique, l’incident apparaît à plusieurs reprises, au détour des pages, de façon récurrente, obsédante. Après 1985, Louis Bertholom se tourne définitivement vers la poésie, sans abandonner pour autant la musique, qu’il s’agisse de collaborer avec des jazzmen, ou de publier des disques (trois, à ce jour). Dès lors, ce bref recueil autobiographique prend valeur de témoignage. Une pointe de nostalgie baigne ainsi l’ensemble, tel un brouillard, un crachin. Quand du rock nous passons au blues Hérauts qui embellissent les souffrances/sculptant les notes/jusqu’à l’extase/la beauté de la tristesse (p. 70). 

MÉMOIRE DES POÈTES: MICHEL ZIMBACCA (1924-2021)

Me suis rendu, ce matin, à l’enterrement de Michel Zimbacca, 96 ans, à Pantin (mes récentes pérégrinations n’ont aucun rapport). La cérémonie, rythmée par la musique de Louis Armstrong, fut sobre et émouvante, et les cieux devaient rester cléments. En 2008, peu après mon arrivée à Paris, je fréquentais le groupe surréaliste en compagnie de Marie-Dominique Massoni, Pierre-André Sauvageot et de Guy Girard, qui devint un copain. J’étais un peu intimidé, et Michel Zimbacca, en grand aîné, se montra à la fois accueillant et chaleureux, m’encourageant à lire mes contes animaliers. Je ne suis hélas jamais parvenu à faire son interview. A la fois cinéaste professionnel (il travaillait pour EDF), poète et plasticien, l’homme a connu la grande période du surréalisme: Breton, Peret, etc. Hélas il évoquait peu le passé, parlant peu de ses voyages en Amérique latine. On lui doit notamment L’invention du monde, film ressorti en DVD. J’en reparlerai.

(On reconnaît Michel Zimbacca (cf. post précédent), tout à fait au fond, au deuxième rang, posant sa main sur l’épaule d’une belle jeune femme blonde. A ses côtés, Clovis Trouille puis Juan Andralis. Remarquons également, adossé à la colonne, un certain Julien Gracq. Au premier rang, Man Ray, une jeune femme inconnue (donc), Max Ernst, Alberto Giacometti, André Breton, Benjamin Peret et Toyen. Le jeune homme souriant au deuxième rang est Jean-Pierre Duprey. Juste au-dessus de Toyen, Simon Hantaï et Wilfredo Lam tenant une pipe)

JOYEUSES PÂQUES! (surréalisme)

MES LIVRES SUR « RADIO ACTIV' » (mon propre travail)

Animateur du webzine breton Litzic, Patrick Béguinel, qui a déjà évoqué par écrit Disparaître et Animaux (cf. précédemment), les met cette fois à l’honneur de vive voix sur Radio Activ’, jeune station briochine, dans l’émission B.O.L. (Bande Originale de Livres). Ce n’est donc pas une, mais deux émissions, qui me sont consacrées! Soit un compte-rendu et un entretien, et donc presque une heure autour de mes livres. Je suis naturellement touché, et encourage mes lecteurs à soutenir Litzic ainsi que Radio Activ » (on peut acheter le tee-shirt. On peut également commander les ouvrages des éditions « Sans crispation », désormais gérées par Litzic, ou tout simplement faire un don via Paypal).

https://www.radio-activ.com/index.php/category/podcasts/bol/

https://litzic.fr/

Mon entretien avec Patrick Béguinel (le 31/03/2021)
Patrick Béguinel évoque Disparaître et Animaux

ANGST 56

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