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MEMOIRE DES POETES IV, ANDRE HARDELLET (1911-1974), CIMETIÈRE DE PANTIN 1

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CIMETIÈRE DE PANTIN (164 avenue Jean Jaurès, 93500 PANTIN, Station Fort d’Aubervilliers ou Aubervilliers Pantin-Quatre chemins, ligne 7)

   Immense, pour ne pas dire monstrueux, le cimetière de Pantin s’étale sur 107 hectares, compte 32 kilomètres d’avenue et d’allées, et regroupe près de 145 000 sépultures, soit plus d’un million de défunts, ce qui en fait le plus grand cimetière de France, le troisième plus grand cimetière d’Europe, et le septième plus grand cimetière du monde encore en activité. Ouvert par la préfecture de la Seine en 1886, cet énorme ensemble dépend bien, administrativement, de Paris, à l’instar des cimetières de Bagneux (créé la même année), et de Thiais, installés en banlieue par manque de place intra-muros. Sa situation géographique, le faible nombre de personnalités connues, l’état de dégradation de nombreuses sépultures, abîmées par la pollution, la tristesse qui s’en dégage, n’en font pas un lieu touristique, à la différence du Père-Lachaise. Il s’agit d’abord d’un cimetière populaire.

   Depuis plusieurs années, la municipalité tente de rendre le lieu plus attractif. Un plan avec les tombes célèbres (parmi lesquelles celle du cinéaste Jean-Pierre Melville, né Grumbach, ou du philosophe Emmanuel Lévinas) est ainsi fourni à l’accueil. De même on dénombre près de 8700 arbres, de 74 essences différentes, donnant leur nom aux allées (avenue des Marroniers rouges, avenue des Acacias communs, avenue des Peupliers argentés), et certaines divisions, telle la 88, sont transformées en secteurs paysagers. Enfin, un véhicule aménagé a été prévu pour le transport des personnes à mobilité réduite.

NB : Le cimetière compte 217 divisions, numérotées de 1 à 163, puis de 201 à 217, ce qui fait un total de 180 divisions, composées généralement d’une quarantaine de tombes.

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ANDRÉ HARDELLET

Division 9 :  Né à Vincennes le 13 février 1911, André Hardellet entame des études de médecine avant de reprendre la bijouterie familiale, les Alliances Nuptia, dans le Marais. Il ne commence à publier qu’à quarante ans passés, avec La Cité Montgol (Seghers, 1952), mais s’impose vite comme un poète singulier, le seul conquérant des terres vraiment lointaines qui vaillent la peine, pour reprendre les termes d’André Breton en 1958. Romancier, essayiste, l’homme, qui fréquente le milieu littéraire parisien, tournera également un court-métrage avec Serge Gainsbourg en 1972, La dernière violette, et écrira plusieurs chansons, dont le fameux « Bal chez Temporel », repris par Guy Béart et Patachou :

Si tu reviens jamais danser

Chez Temporel un jour ou l’autre

Pense à ceux qui tous ont laissé leur nom gravé

Auprès du nôtre.

  En 1973, le prestigieux prix des Deux-Magots récompense l’ensemble de son œuvre. La même année, Lourdes, lentes…, récit érotique, rimbaldien, publié quatre ans plus tôt chez Jean-Jacques Pauvert sous le pseudonyme de Steve Masson, choque Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur, et Hardellet se trouve condamné pour « outrages aux bonnes mœurs », par la 17ème chambre correctionnelle de Paris. Très affecté par l’affaire, un peu oublié par la critique, l’homme s’épanche auprès de Françoise Lefèvre un certain 23 juillet 1974… et meurt le lendemain, à l’âge de soixante-trois ans. La romancière lui rendra hommage dans Les larmes d’André Hardellet (éditions du Rocher, 1998). Publiées en trois tomes chez Gallimard entre 1990 et 1992, dans la collection l’Arpenteur, ses œuvres sont aujourd’hui largement reconnues, et étudiées par le monde universitaire. Plusieurs professeurs, tels Françoise Demougin ou l’écrivain-cinéaste Philippe Claudel, maître de conférences à Nancy, lui ont ainsi consacré leur thèse. Enterré avec les siens, André Hardellet repose dans un caveau très sobre, sans décoration, indiqué sur le plan fourni à l’entrée.

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