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ORIENTATIONS D' »ÉLÉPHANT BLANC »

Une auteure d’Unicité me demande quelle est la ligne de la collection « Eléphant blanc ». C’est difficile à définir. Je dirais que j’ai d’abord privilégié la ligne surréaliste tout en refusant toute forme d’introduction du politique (pourtant central dans l’optique d’André Breton. J’en ai bien conscience. Mais Breton sortait des tranchées et la morale catholique était alors toute puissante quand aujourd’hui on a changé de mandarinat). Ensuite, je souhaite tout simplement publier des textes contemporains que je trouve bons, et parfois quelques auteurs connus qui m’ont marqué, bien qu’Unicité demeure une maison d’édition indépendante encore peu diffusée. Pas mal de râteaux généralement polis, donc, mais qu’importe, puisque ça fait partie du jeu. Je suis aussi mû, disons-le, par un objectif de rentabilité, puisque l’éditeur engage des frais, et donc doit, sinon gagner de l’argent, du moins ne pas en perdre. C’est ainsi. Je n’aurais pas le front de me comparer à Gus Van Sant (réalisateur que j’admire profondément). Je constate que l’homme produit quelques films audacieux et expérimentaux, comme ceux de La trilogie de la mort (et plus particulièrement Gerry, échec financier), avant de faire un film à gros budget, parfois mauvais mais qui rapporte. L’un ne va pas sans l’autre. Bon, en précisant que nous tirons d’abord à 150 exemplaires, quand Gus Van Sant manie des millions de dollars.

PS: Le programme est bouclé jusqu’en 2023-2024. Je me répète, mais je ne peux accueillir de nouveaux manuscrits.

https://www.editions-unicite.fr/collection/elephant-blanc.html

LA POSITION DU DÉCIDEUR

Sans être moi-même à proprement parler éditeur, ni directeur d’une revue (sinon électronique), je mesure désormais combien la position du décideur, est compliquée à l’égard de l’auteur. Car l’auteur, en France du moins, pense fréquemment que l’éditeur est à son service, et hurle souvent à l’incompréhension en cas de refus, ce qui est moins le cas outre-Atlantique. Un jour, un enseignant m’a expliqué en quoi l’auteur, fondamentalement, demeurait pour l’éditeur un prestataire de services. Comme 95 pour cent des étudiants, j’étais imprégné de marxisme (encore aujourd’hui) car c’était l’idéologie dominante à la faculté ès Lettres (comme le libéralisme l’est dans les écoles de commerce, ou en fac de droite), et de fait l’allégorie économique me choquait. Mais dans le fond, on est généralement choqué par les vérités. Et en effet, d’un point de vue financier, stricto sensu, l’auteur doit permettre à l’éditeur de s’en sortir, c’est-à-dire être rentable. Ou, à défaut, l’éditeur doit trouver des auteurs qui lui permettent ensuite de combler une sorte de trou financier, par exemple en publiant une tête d’affiche avant de sortir un livre de poésie, ou un texte expérimental qui se vendra moins (à l’instar de P.O.L.). De la même manière que Gus Van Sant sort un film plus commercial, tel Harvey milk après avoir réalisé « La trilogie de la mort », qui a probablement moins rapporté. Etant aux USA, où il faut bien gagner sa croûte, et où les cinéastes jouissent certes d’une liberté totale, mais n’ont pas la position de réalisateurs fonctionnaires, comme c’était le cas en ex-URSS. La position du décideur (éditeur, parent, dirigeant, professeur qui met une sale note), est inconfortable. Parfois on manque d’empathie (je m’inclue dans le « on ». Car on se sent toujours blessé quand on est éconduit). Pardonnez le ton péremptoire, le manque d’approfondissement. Cela fait suite à plusieurs discussions menées avec des amis hier soir.

GUS VAN SANT À LA CINÉMATHÈQUE (jusqu’au 31 juillet 2016)

… En ce moment à la cinémathèque française, et jusqu’au 31 juillet 2016, se tiennent une exposition et une rétrospective Gus Van Sant, créateur américain renommé, souvent abusivement rattaché au genre « gay » qui ne signifie rien (ou si peu). Réalisateur, l’homme est aussi plasticien, influencé par Burroughs (qu’il met en scène dans Drugstore cowboy). L’oeuvre m’a, a titre personnel, beaucoup marqué, et plus particulièrement dans ses aspects intimistes. Je pense naturellement à la trilogie de la mort, à Gerry, Elephant et Last days, évocation indirecte du suicide de Kurt Cobain, icône de ma propre génération, mais aussi à La Mala noche, premier film en noir et blanc, tourné avec peu de moyens dans l’Oregon. Je ne sais que dire de plus, et préfère laisser la parole aux spécialistes de cinéma, aux professeurs. Ci-dessous un petit bon, First kiss, très bref court-métrage esthétisant, typique de l’inspiration vansantienne (puisqu’il faut lui donner un nom).

N.B.: L’entrée de l’exposition est libre.

« First kiss », un court-métrage de Gus Van Sant (cliquer sur le lien)

Présentation de l’exposition sur le site de la cinémathèque (avec une longue présentation de l’oeuvre)

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