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Monthly Archives: août 2017

« SISTER », EUGÈNE SAVITZKAYA (éditions L’œil d’or, 2017)

sisterIl ne peut avoir la paix. Un hélicoptère de chasse

le poursuit partout où il va. Il entent le terrible

vrombissement même dans le sommeil le plus

lourd. Les vibrations des pales de l’hélice heurtent

son cœur et habitent sa poitrine. Les pales de

l’hélice lui dévastent le ventre. Il sent que sa

verge sera bientôt hachée par les pales de l’hélice

de l’hélico qui le poursuit même la nuit, même

au cabinet, même au bureau de tabac. En plein

bois, sous le couvert des grands arbres, il entend

les saccades du moteur. Parfois, lorsqu’il en a la

force, il parvient à s’introduire dans l’habitacle

de l’appareil, à se glisser derrière les occupants

et alors il est sauvé et plus personne ne peut

l’atteindre. Il devient mince et dur comme une

feuille de mica. Mais après, il a un mal fou à

reprendre sa forme humaine, il a peur de s’effriter

de s’émietter comme du mica-schiste.

 

 

 

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LE PLEURE-MISÈRE, Flann O’Brien, traduit de l’irlandais par André Verrier et Alain Le Berre, éditions Ombres, Toulouse, 1991. (article paru dans « Diérèse 54 », automne 2011)

    Le-Pleure-misere-ou-la-triste-histoire-d-une-vie-de-chienHaut fonctionnaire et linguiste, figure célèbre à Dublin grâce à de mordants articles, Flann O’Brien (1911-1966) a également composé diverses pièces pour la télévision et quatre romans. Publié en Irlande, rédigé en langue celtique, Le Pleure-misère (An Béal Botcht, no an Milléanach) nous plonge dans le triste univers des paysans de la première moitié du siècle, à travers le parcours de Bonaparte O’Coonassa, malheureux Gaël du Comté de Corca Dorcha, à l’Ouest de l’île, dans la région appelée Gaeltacht. Narrateur infortuné, personnage picaresque élevé dans une ferme au milieu des pourceaux, Bonaparte tente de survivre grâce aux multiples subterfuges inventés par un aïeul aussi paresseux que roué, le Vieil homme gris. D’aventures en mésaventures, notre héros devient subitement riche suite à la découverte d’un mystérieux trésor, mais finit en prison, victime d’une erreur judiciaire. Il y retrouve un père inconnu, libéré après de nombreuses années au cruchon (p. 21)
Injustement oublié, ce petit livre mélange allégrement tons et genres, transcende les divisions généralement admises. Vivant tableau d’une lande dévastée, dominée par les Anglais et marquée par de graves crises alimentaires, Le Pleure-misère évoque par certains aspects Las Hurdes –Terre sans pain de L. Buñuel, dans un autre contexte. O’Brien ne compose pas pour autant un documentaire, mais fait la part belle aux mythes, aux légendes propres au pays, notamment lorsque Bonaparte croise le fameux Chat de Mer, qui lui fait forte impression : Un grand quadrupède (…) au milieu des rochers, crachant autour de lui des rafales de puanteur nauséabonde (…) une grande chose velue, au poil gris et aux yeux rouges éraillés. (p. 87-88). Enfin, Le Pleure-misère demeure un conte parodique, swiftien, pénétré d’humour noir, par exemple lorsque les différents protagonistes vont chasser le phoque loin des côtes, ou quand plusieurs professeurs émérites, venus de la ville, enregistrent des cris de cochon lors d’une fête, et pensent qu’il s’agit de gaëlique. Divers éléments propres à l’histoire de l’Eire manquent hélas au lecteur étranger pour juger pleinement de la portée satirique de ce bref roman. Toujours est-il que l’auteur a su construire un texte riche, profondément humain, souvent tragique mais généralement drôle, comme si le rire sauvait, un peu, du désespoir.

« LES SURRÉALISTES » 3, JOSEPH SIMA (1891-1971)

 

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« Le désespoir d’Orphée », Prague.

 

 

CINÉ-CLUB 5: MORT DE TOBE HOOPER, « THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE »

 

   Massacre_a_la_tronconneuse   Tobe Hooper vient de nous quitter, à l’âge de 74 ans. L’occasion pour nous de lui rendre un ultime hommage, à travers cette scène finale de Massacre à la tronçonneuse, film devenu culte, réalisé avec un budget dérisoire en 1971. Nous y voyons « Leatherface », personnage cauchemardesque, inspiré du tueur en série Ed Gein, suivre avec sa tronçonneuse une des malheureuses touristes égarées dans un hameau paumé du Texas, peuplé de sadiques. Ex étudiant ès Lettres d’origine islandaise, Gunnar Hansen, qui incarne le monstre, a lui disparu en 2015.

MÉMOIRE DES POÈTES XVII: HOMMAGE À FASSBINDER

Fox-and-His-Friends  Un numéro un peu spécial de notre série « Mémoire des poètes », aujourd’hui, puisque nous rendons hommage à Rainer Werner Fassbinder, cinéaste, dramaturge et acteur bavarois, mort à 37 ans après avoir réalisé une quarantaine de films. Nous sommes allés directement sur sa tombe, à Munich, dans un minuscule cimetière, autour d’une église. Pour l’occasion, la fidèle S. m’a filmé en train d’allumer une bougie.

 

BLOGORAMA 25: « KATATSUMURI NO YUME »

   Collègue et amie, Sandra B. anime un blog au nom compliqué, pour nous Européens, mais riche et varié.  Historienne de formation, comme précisé ci-dessous, et japonisante invétérée, la jeune journaliste mêle articles sur la gastronomie, sur la mode, ou encore sur la littérature et l’art, avec une préférence marquée pour la culture nippone. À consommer, donc, sans modération! Mais laissons la parole à la principale intéressée.

sans-titre

   Le 13 août 2010, le petit Katatsumuri No Yume est sorti de sa coquille numérique pour parler culture, lifestyle et pop culture. Mais, avant de parler de sa croissance, je voudrais revenir sur sa genèse. Tout d’abord le nom : Katatsumuri No Yume qui signifie « Le Rêve de l’Escargot », mais avec la grammaire japonaise qui ne précise pas le nombre, on peut aussi dire le Rêve des Escargots, ou les Rêves des Escargots. J’aime bien cette idée de multiplicité et de flou et, à l’époque, je ne connaissais pas la symbolique de l’escargot en psychanalyse, mais finalement c’est un bon choix je pense.
   Quand j’ai lancé ce blog, je n’avais pas de ligne éditoriale précise, d’ailleurs je pense que je n’en ai toujours pas mais je voulais juste parler de ce qui m’intéressait, de la culture dans tous les sens avec des expositions, des animes, des mangas, des décryptages de tableaux et un peu tout ce qui me passe par la tête. A l’époque, j’écrivais mon premier mémoire de master d’histoire, j’avais besoin d’un espace d’expression plus libre et de délier ma plume loin de la sphère universitaire.
   Après sept ans passés à grandir ensemble, j’ai vu, à de multiples reprises, le Katatsu prendre son envol puis retourner hiberner dans sa coquille, n’ayant pas pu le nourrir régulièrement. Mais aujourd’hui, l’envie et les possibilités de partage sont plus grandes et je suis ravie de voir les réactions de mes lecteurs. Un cercle vertueux s’installe attisant ma curiosité, ma confiance en moi et ma volonté d’ouverture.

Katatsumuri no Yume, le blog

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