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MEMOIRE DES POETES I: Alfred Jarry (1873-1907) à Bagneux (92)

Alfred_Jarry (Le Père Ubu) n’a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s’éteindre. Il va s’arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu, écrit Alfred Jarry à la romancière Rachilde le 28 mai 1906. Criblé de dettes, miné par l’alcool, malade, l’écrivain s’éteint des suites d’une fièvre tuberculeuse à l’hôpital parisien de la Charité un an et demi plus tard, soit le 1er novembre 1907. L’inventeur de la Pataphysique, qui a demandé, en guise d’ultime volonté, un cure-dent à son ami Jean Saltas, sera inhumé le surlendemain, dans la banlieue Sud, au cimetière de Bagneux, après une courte cérémonie à l’église Saint Sulpice. Il n’a alors que trente-quatre ans, mais son œuvre est immense.

  D’après une souscription lancée par Alfred Valette (lui-même enterré à Bagneux) dans le numéro 252 de son journal Le Mercure de France, la dernière demeure d’Alfred Jarry se trouverait au cinquième emplacement de la cinquième rangée, dans la division 23. Aujourd’hui ne reste cependant qu’une tombe extrêmement délabrée, sans inscription. La concession étant alors temporaire, on peut hélas supposer que l’occupant actuel ne soit pas Jarry lui-même. L’hypothèse la plus probable, toutefois, c’est que l’endroit soit resté tel quel, à l’abandon, et que le poète s’y trouve encore. Mais est  ce si important? Son esprit et son humour demeurent, eux, éternels!

La tombe d’Alfred Jarry (1873-1907), au cimetière de Bagneux. Photographie personnelle.

PS: Couvrant plus de 60 hectares, le cimetière de Bagneux, accessible en métro depuis la ligne 13 (arrête Châtillon-Montrouge), comporte les tombes de nombreux autres écrivains, parmi lesquels Jules Laforgue, Rosny Aîné, Jean Rictus, Francis Carco ou Armand Olivennes. Signalons aussi, entre autres, les cinéastes Claude Berri, Jean Eustache, et Jean Vigo, les chanteuses Barbara, Louise Boyer et Gribouille. Un plan est fourni à l’entrée, mais la tombe de Jarry n’y est pas indiquée, pour les raisons évoquées plus haut.

« UNE SALE HISTOIRE », Jean Eustache, 1977.

  J’ai découvert ce court-métrage il y a quelques jours, après avoir fait des recherches sur Google autour de Michaël Londsdale, qui s’est produit dimanche dernier dans l’église de mon quartier, rue des Pyrénées, pour une très belle lecture de Victor Hugo et de Baudelaire, le tout accompagné par l’orgue.

  Certes, il n’est guère question de Dieu et de religion dans cette étrange et dérangeante Sale histoire. A l’artiste, tout est permis, comme dit le proverbe, et la scène, le livre ou l’écran sont justement là pour tout dire, surtout l’indicible, dans une visée cathartique ou pas. C’est d’ailleurs dans cet esprit que j’ai mis en ligne la bande-annonce de Patries de Cheyenne Carron, film qui évoque la question du racisme dans les banlieues, en présentant cette fois une victime européenne (ce qui suscitera évidemment des protestations critiques, mais qu’importe).

   Sommes-nous tous un peu voyeurs? Qu’il me soit permis de ne pas répondre. Réalisée par Jean Eustache en 1977, soit quatre ans avant son suicide, Une sale histoire traite du sujet de façon singulière et trouble, en présentant d’abord un volet fictionnel, avec ce même Londsdale, puis un volet documentaire, avec Jean-Noël Picq. Après vérifications, j’ai constaté que le bar évoqué existe toujours, à la Motte-Picquet Grenelle. Cela étant, je ne suis pas allé regarder s’il y avait, ou non, un trou dans la paroi des toilettes.

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