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CINÉ-CLUB 7: « LA COQUILLE ET LE CLERGYMAN »

  Dans notre précédent billet, nous évoquions la figure attachante de Germaine Dulac (1882-1942), et nous parlions de La Coquille et le Clergyman, premier film surréaliste qui fut boudé par André Breton. Voici donc l’œuvre, en version restaurée. Pour les détails, on se référera donc plus précisément à ce que nous en avons dit il y a quelques jours, ainsi qu’à la fiche Wikipédia qui lui est consacrée, et qui est plutôt bien conçue.

Fiche Wikipédia consacrée au film

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MÉMOIRE DES POÈTES XIX: GERMAINE DULAC (1882-1942), Cimetière du Père-Lachaise, division 74 (article paru dans Diérèse 71, automne-hiver 2017)

DIVISION 74
Germaine_Dulac

   De son vrai nom Charlotte Élisabeth Germaine Saisset-Schneider, Germaine Dulac naît le 17 novembre 1882 à Amiens, au sein d’un milieu bourgeois. Enfant, elle connaît plusieurs déménagements successifs, au gré des changements de garnison de son père, alors officier, avant de se fixer chez sa grand-mère, à Paris, et d’épouser le riche agronome socialiste, futur auteur, Albert Dulac, en 1905. Ayant reçu une solide formation musicale, elle s’engage d’abord en tant que féministe, rédigeant divers articles culturels pour La Française, journal fondé par la militante Marguerite Durand, et pour La Fronde, entre 1906 et 1913, tout en composant des pièces de théâtre. Après un voyage à Rome, en 1914, en compagnie de son amie, la danseuse-étoile Stacia Napierkowska , elle s’oriente vers un septième art encore balbutiant et déconsidéré. Profitant de la fortune de son mari, elle fonde sa propre société de production, la Délia films, et tourne dès 1915 un mélodrame historique, Les Sœurs ennemies, travail remarqué pour sa sensibilité intimiste et pour la qualité de l’image. Plusieurs courts-métrages sont réalisés dans la foulée, parmi lesquels Venus victrix, œuvre aujourd’hui perdue mettant en scène Stacia Napierkowska, et qui associe le goût de l’orientalisme et l’idée de libération de la femme. C’est sur le tournage d’Âmes de fous, feuilleton de six épisodes, et où perce un humour corrosif, surprenant, que Germaine Dulac croise Louis Delluc (1890-1923) , écrivain, critique, et metteur en scène dont l’influence s’avèrera déterminante. En 1919, ce dernier écrit ainsi le scénario de La fête espagnole, film dans lequel joue sa femme Ève Francis (1886-1980). L’œuvre, qui décrit le duel de deux hommes s’entretuant pour une femme qui préfère un troisième larron, est très bien accueilli par le milieu, et consacre Germaine Dulac comme une des personnalités prééminentes de la « Nouvelle Avant-Garde », courant également surnommé d’ « impressionnisme français », et qui associe des artistes aussi différents que René Clair, Abel Gance, Marcel L’Herbier ou Jean Epstein, tous cinéastes désirant se détourner de la comédie comme de la littérature pour fonder un art authentiquement et spécifiquement cinématographique. Les productions suivantes (La Mort du soleil, en 1921, La Souriante Madame Beudet, mordante critique de la vie petite-bourgeoise, en 1923 ou Le Diable dans la ville, en 1924), confirment l’orientation esthétisante prise par Germaine Dulac, qui théorise sa propre approche à travers divers articles .
En 1927, elle collabore avec Antonin Artaud (1896-1948) , scénariste pour La Coquille et le Clergyman. D’une durée de quarante-quatre minutes, disponible sur YouTube ou sur Dailymotion, le moyen-métrage, qui décrit, sur un mode totalement onirique, les pérégrinations d’un clergyman versant une sorte de liquide noir à l’aide d’une coquille d’huître géante pour faire apparaître des chimères, est considéré par beaucoup, et notamment par Alain et Odette Virmaux , comme le premier film surréaliste à proprement parler. Un an avec Un chien andalou, et deux ans avant L’âge d’or de Luis Buñuel et Salvador Dali, l’œuvre, qui met notamment en scène Génica Athanasiou (1897-1966), maîtresse roumaine du poète maudit, semble extrêmement novatrice, mais décevra doublement les critiques comme Artaud lui-même. Germaine Dulac (…) avait, elle aussi, abordé un scénario poétique du surréaliste Antonin Artaud : La coquille et le clergyman, mais l’avait gâché à la réalisation par le jeu médiocre d’Alex Allin et noyé sous une débauche de trucs techniques d’où ne surnageaient plus que quelques admirables images éparses, déclare ainsi Jacques B. Brunius (1906-1967). J’ai cherché dans le scénario à réaliser cette idée de cinéma visuel où la psychologie même est dévorée par les actes. (…) Ce scénario recherche la vérité sombre de l’esprit, en des images issues uniquement d’elles-mêmes, et qui ne tirent pas leur sens de la situation où elles se développent mais d’une sorte de nécessité intérieure et puissante qui les projette dans la lumière d’une évidence sans recours, déclare de son côté Artaud.
La désapprobation exprimée par le groupe surréaliste affecte profondément Germaine Dulac, qui dès lors réalise des courts-métrages expérimentaux, mêlant musique et image, telle Étude cinégraphique sur une arabesque (1929) ou Celles qui s’en font (1930), sur des chansons de Fréhel (1891-1951), ou encore Je n’ai plus rien (1931). Évoquons également La Germination d’un haricot, exemple de « cinéma pur » et de « poésie scientifique », employant à merveille les effets de ralenti et d’accéléré, ainsi que la magnifique Invitation au voyage, réalisée quelques années plus tôt, et très librement inspirée du poème de Baudelaire.
L’arrivée du cinéma parlant, qui modifie profondément les règles, en empêchant d’avoir une production totalement indépendante, amène la créatrice à renoncer au septième art. Cette dernière préfère ainsi diriger les actualités des studios Gaumont de 1933 à sa mort, le 20 juillet 1942, en pleine guerre, des suites d’une longue maladie, et dans un relatif oubli. Elle repose désormais dans un caveau familial, sorte de chapelle gothique, au nom de « Schneider-Saussais » (4ème ligne face à la 75ème division, 34ème tombe à partir du mur).

dulac père lachaise

ÉVÉNEMENTIEL D’OCTOBRE 2017 (ADDENDUM): MICHEL ZIMBACCA, SURREALISTE HISTORIQUE

Chers lecteurs,

  Précisons d’abord que j’ai fait une erreur en évoquant le prochain Café poésie de Meaux, organisé par notre ami Pascal Mora, et qui aura bien lieu le samedi 21 octobre, donc, à la médiathèque Luxembourg (cf. précédent post).

L-Invention-du-Monde

  Mais évoquons l’exposition « Libre moiseau » du surréaliste Michel Zimbacca. Né en 1924, ancien résistant, poète, cinéaste, compagnon de route d’André Breton et Benjamin Péret, l’homme expose ses créations (peintures, collages, dessins), à la galerie l’Usine de Claude Brabant, dans le dix-neuvième arrondissement, du 14 au 28 octobre. Je serai présent au vernissage (le 14, de 18h à 22h), et peut-être au finissage (le 28 donc), au 102 boulevard de la Villette, 75019 PARIS, 01 42 00 40 48.

Site web de l’Usine

VIE DU BLOG 3: COURRIER DES LECTEURS (suite)

  DIMITRI ROULLEAU-GALLAIS

   Nous allons nous répéter, mais « Page paysage » est aussi un lieu de rencontres et d’échanges, non pas un forum, mais l’occasion de partager. Un de mes amis de faculté, récemment revu, cinéphile invétéré, laisse souvent de longs et intéressants commentaires sous nos articles. En l’occurrence, cet « amateur trop éclairé », pour reprendre le pseudonyme qu’il s’est choisi, a rebondi sur notre avant-dernier « Ciné-club », écrit suite  la mort de Tobe Hooper, il y a déjà deux mois. La critique est intéressante, et nous la reproduisons donc ci-dessous. Chronique itinérante, irrégulière, notre nouvelle série « Vie du blog » laissera ainsi de plus en plus fréquemment, la parole aux lecteurs (pour plus de commodités, nous publions également le billet original, écrit par nos soins).

NB: C’est la seconde fois que nous publions un commentaire d' »Un amateur trop éclairé ». La prochaine fois, nous reproduirons les remarques d’un autre follower, ou plutôt d’une autre, qui nous suit assidûment.

 

hooper

Le regretté Tobe Hooper (1943-2017)

 

NOTRE BILLET INITIAL:

    Tobe Hooper vient de nous quitter, à l’âge de 74 ans. L’occasion pour nous de lui rendre un ultime hommage, à travers cette scène finale de Massacre à la tronçonneuse, film devenu culte, réalisé avec un budget dérisoire en 1971. Nous y voyons « Leatherface », personnage cauchemardesque, inspiré du tueur en série Ed Gein, suivre avec sa tronçonneuse une des malheureuses touristes égarées dans un hameau paumé du Texas, peuplé de sadiques. Ex-étudiant ès Lettres d’origine islandaise, Gunnar Hansen, qui incarne le monstre, a lui disparu en 2015.

LA RÉPONSE D’UN AMATEUR TROP ÉCLAIRÉ:

    « LE film d’horreur des années 70 et l’un des plus grands jamais tournés.
(…) une date, l’archétype du film inoubliable qui saisit toujours autant malgré les visionnages à répétition. Une œuvre dure et brutale qui traverse les décennies sans perdre de sa force. Un cauchemar éveillé qui surprend toujours par son étonnante virtuosité. Et surtout, un opus indispensable au même titre que le Frankenstein de James Whale ou que le King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack. » (Critique parue au verso de dvdclassik)

   Tout cela semble parfaitement juste sauf que je n’en partage pas la totalité, je conteste surtout le caractère inoubliable et son caractère indispensable aujourd’hui: je ferai une distinction entre les oeuvres devenues des classiques, toujours « modernes », et les films novateurs à leur époque, des films-jalons dont l’importance historique est indéniable mais pas forcément toujours actuels car tout simplement démodés ou dépassés ou rendus indigestes en raison de leur postérité…
   Par ailleurs rapprocher cette oeuvre des films cités ci-dessus, vrais classiques incontournables du fantastique plus que de l’horreur, me paraît peu judicieux; oui « Il s’inscrit dans la lignée des premiers survivals de l’histoire du cinéma, au même titre que les très controversés Delivrance réalisé par John Boorman, ou La Dernière maison sur la gauche, réalisé par le quasi-débutant Wes Craven », mais on peut se demander si le film d’horreur en tant que genre n’est pas condamné au vieillissement par essence, surtout s’il repose essentiellement sur son côté purement technique et novateur et non sur une vision forte de l’humanité.

   Je dois reconnaître ses qualités évidentes de mise en scène donc mais ne peux que reconnaître le caractère présentement plus parodique ou grotesque, en aucun cas insoutenable, son caractère dur et brutal n’étant plus qu’un lointain souvenir…

   Pour l’horreur, plutôt penser à Requiem pour un massacre  par exemple… ou aux films muets de Bunuel… ou certains films d’Haneke? Ou…

   Rendre hommage à Romero, oui pourquoi pas?! Au film de Hooper, ouais?

   Et Jess Franco? Déjà fait par nos amis des Cahiers du Cinéma dernièrement! Quant à Rollin…

BLOGORAMA 26: PIERRE KERROCH, UN VOYAGE ARMORICAIN

   Âgé de moins d’un peu plus de vingt-cinq ans, mais de moins de trente ans, le breton Pierre Kerroch est à la fois poète, réalisateur, et chansonnier. Nous avons présenté récemment son interview de Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, sur ce même blog. Laissons-lui la parole pour ce blogorama 26, dont le but est toujours et encore de découvrir, de faire découvrir. Gros travailleur, Pierre, qui vit aujourd’hui à Aubervilliers, reste un talent original et prometteur. À suivre, donc!

kerroch

Poète, je ramifie ma poésie à travers l’écriture, le cinéma, et la chanson.
J’ai écrit plusieurs recueils de poèmes, dont les plus récents : Les Extases Armoricaines, Les Lumières du Mont Royal, Les Noces du Roi-Jaguar, Triomphe de la Musique.
J’écris aussi des articles sur un blog et pour des revues, à propos de littérature, d’art, de philosophie, de mythologie, d’histoire.
J’élabore ma propre façon de faire du cinéma, que j’ai appelée la cinémagie, une sorte de mixe entre le cinéma et la magie du chaos. J’ai ainsi réalisé Armorika (40min, 2014), Les Lumières du Mont Royal (22min, 2015), et bientôt un long métrage intitulé ORGIE.
J’ai aussi joué dans divers courts-métrages, dont le dernier est Le Réveil (12min, 2016), réalisé par Hughes Puyau, où j’incarne le Joker dans l’univers de Batman/Superman (DC Comics).
J’ai aussi créé une chaîne YouTube, appelée « Cinémagie Créations », qui est aujourd’hui à environ 50 vidéos, d’une heure chacune en moyenne, 1000 abonnés, et 100.000 vues. J’y interview des auteurs dont j’ai envie de partager les propos : Edgar Morin, Michel Maffesoli, Dorian Astor, etc.
D’autre part je chante et compose des musiques et des chansons, y compris pour mes films.
Je suis un accro à la créativité, et je m’intéresse particulièrement à tous les états exubérants de l’être humain, à tout l’éventail des émotions extrêmes. Ce qui me nourrit est l’étrangeté, ce qui m’anime est le chaos, ce qui me définit est l’euphorie créatrice. L’extase est mon credo.

LE FESTIN MILLENAIRE (Blog de Pierre Kerroch)

La chaîne YouTube « Cinémagie » de Pierre Kerroch

CINÉ-CLUB 6: « LE SANG DES BÊTES », GEORGES FRANJU, 1949.

  Nous continuons notre série « hommage à Franju » à travers la rubrique « Ciné-club » en diffusant cette fois-ci Le sang des bêtes, court-métrage réalisé en 1949, mettant en scène les abattoirs de Vaugirard et de Pantin. Loin d’être un carnivore invétéré, ou un sadique, Franju capte la violence du geste avec une précision chirurgicale. Une sorte de prouesse, pour un réalisateur féru de surréalisme, connu essentiellement pour son chef d’œuvre, Les Yeux sans visage.

ÉVÉNEMENTIEL DE SEPTEMBRE 2017

Chers amis, chers lecteurs,

   Juste trois évènements à annoncer en ce mois, grisâtre, de septembre 2017. Et trois évènements franciliens (de surcroît):

projos

  • Signalons tout d’abord les « Projos de Greta ». Deux projos pour le prix d’une, c’est possible ce mois-ci. Réalisatrice, chanteuse, Julie Chaux nous donne un double rendez-vous pour présenter les courts-métrages de jeunes créateurs généralement méconnus, débutants:
    – Lundi 11 septembre à 20h30 (précises) au cinéma Saint-André-des-Arts: « Une séance nommée désir », la crème de sa sélection de ces 5 dernières années, pour seulement 5€
    – Mardi 19 septembre dès 19h30 Au « Café de Paris » pour Les Projos de Greta, autour de la thématique « Arrêt sur mirage » (entrée gratuite).
    Au plaisir de vous y accueillir !

 

cénacle ruhaud

Votre serviteur au Cénacle du Cygne, fin août.

 

  • Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, le traditionnel « Cénacle du Cygne » se tiendra comme chaque dernier jeudi du mois, à la Cantada II, bar métal s’il en est, au 10 rue Moret, dans le onzième arrondissement (métro Ménilmontant ou Oberkampf). La thématique en sera les vampires. Et nous accueillerons notamment Jacques Sirgent, spécialiste des créatures et directeur/fondateur du musée de vampires, aux Lilas, ou encore Jean Hautepierre, Jean-Yves Gaudin, que nous avons déjà évoqués ici. Je n’interviendrai pas personnellement mais la programmation sera riche. Le jeudi 28 septembre à partir de 20h30, à la Cantada II.

meaux

  • Organisé cette fois par notre ami Pascal Mora, le prochain Café poésie de Meaux aura lieu le samedi 23 septembre à partir de 10h30 à la médiathèque Luxembourg (2 rue Cornillon, 77100 MEAUX, 01 83 69 00 90). Chacun peut lire et dire ses textes. Chaque rencontre sera dédiée à la lecture de quelques textes d’un poète renommé. Cette fois : Charles Baudelaire. Je pense être présent. N’hésitez donc pas à me contacter (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

 

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