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Archives de Catégorie: Cinéma

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CINÉ-CLUB 10: « VIVRE AU PRÉSENT » DE MEHDI RAZI, 2009, فیلم مستند زندگی در اکنون

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Mehdi Razi, réalisateur iranien.

Né en 1986 au Nord de l’Iran, Mehdi Razi a d’abord travaillé pour le théâtre, en tant qu’acteur et dramaturge, avant de suivre une école de cinéma à Téhéran. Venu en Suède en 2011, il a réalisé de nombreux courts-métrages et divers documentaires, dont certains ont été présentés à la télévision ou à l’occasion de festivals.

 

Marlik films, site des productions de Mehdi Razi

  Personnellement, je suis tombé un peu par hasard, au court de pérégrinations électroniques, sur ce bref documentaire, tourné dans le Gilan (au Nord de la Perse, soit déjà dans le Caucase). On y découvre un vieil homme handicapé, vivant avec ses six enfants déficients mentaux au sein d’une ferme isolée, dans des conditions de grande précarité. Mais le lecteur/spectateur se fera une idée par lui-même.

  De notre cru, les sous-titres français ne sont certes pas irréprochables. Que les potentiels iranophones soient donc indulgents. Nous en profitons également pour présenter notre nouvelle chaîne YouTube, qui apparaîtra très prochainement dans les liens, sur la page.

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BLOGORAMA 29: JOELLE THIÉNARD

   Poétesse, romancière et cinéaste, notre amie Joelle Thiénard achève cette année 2017 en nous gratifiant d’un intéressant blogorama. Un site lyrique et fort, à suivre.

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   L’écriture est un vaste pays, parfois aride ou foisonnant, essences d’arbres, couleurs diverses, un lac, miroir de l’être ou vagues tumultueuses d’une mer en colère, imagerie soudaine à la rencontre des mondes. Nuages en transparences, herbes folles en tous sens, elle est l’ilot tranquille infini des cadences. En rimes ou sage prose, louant ou dénonçant, ses rives ouvrent les portes de nos étranges refuges. Apercevoir, sentir, donner ou se maudire, la seule certitude est ce vaisseau torride qui franchit tous les flots, se moquant de la forme, ou d’elle prisonnière, poésie, liberté, images certifiées, effroi d’une révolte, contemplation soudaine, elle aurait tous les droits, surtout fidélité à celui qui la vit en toute impunité…

Le blog poétique de Joelle Thiénard

CINÉ-CLUB 9: « MONSIEUR FANTÔMAS », ERNST MOERMAN (1897-1944), UN FILM AVEC LE PÈRE DE JOHNNY!

  En dépit de son aspect souvent décalé, pour ne pas dire intimiste, ce blog n’est pas tout-à-fait en dehors du Monde et de l’actualité. On parle beaucoup, ces derniers temps, de la mort de Johnny Hallyday, devenu héros national, et en quelque sorte panthéonisé, tant par les médias que par le gouvernement, qui lui a donné des funérailles grandioses (à l’instar du grand Hugo). À titre privé, je n’ai jamais rejeté l’homme, qui donnait l’impression d’une certaine sincérité. En revanche je n’ai jamais adhéré à ses chansons, hormis peut-être Tennessee, écrite par Michel Berger (car n’oublions pas que Johnny fut un interprète). Petit serrement au cœur, malgré tout, à l’annonce de sa disparition, car l’homme représentait une part de l’histoire de France, de cet Hexagone des « petits blancs », des ouvriers moqués par Cabu, au moins symboliquement. Cela étant il eut convenu de raison garder, de ne pas faire une sorte de psychodrame national du décès d’un artiste ayant bien vécu, et mort à 74 ans. La chose paraît certes impossible, dans le cas du journalisme. Bast! Revenons en à la poésie.

  … Et donnons un ciné-club putaclick, selon l’expression consacrée, mais fidèle à l’esprit de « Page paysage » en présentant ce court-métrage surréaliste de l’écrivain et réalisateur belge Ernst Moerman (1897-1944). Tourné en 1937, et salué par Paul Éluard, Monsieur Fantômas présente la particularité de faire jouer un certain Léon Smet (1908-1989), acteur wallon, père naturel de Johnny l’ayant peu ou prou abandonné peu après sa naissance. Devenu une sorte de semi-clochard, l’homme, qui ignorait son fils, repose désormais au cimetière de Schaerbeek non loin de René Magritte. Nous n’en dirons pas davantage. Johnny est devenu un sujet trop sérieux, et trop sensible!

ÉVÉNEMENTIEL DE DÉCEMBRE 2017

Chers lecteurs,

  La vie littéraire, artistique, se poursuit, malgré la pluie, malgré le froid. Quelques éléments nouveaux, donc, pour ce dernier évènementiel de l’année 2017. Le mois de novembre a vu le nombre de visiteurs augmenter. Quelques nouveaux abonnés, parmi lesquels un jeune poète et un ufologue, que je ne nommerai pas. Un premier visiteur irakien, également, ce qui constitue évidemment une agréable surprise. Mais venons en aux faits!

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Pétrarque, par Jacques Cauda. 

  Réalisateur, écrivain, peintre, illustrateur, notre ami Facebook Jacques Cauda expose depuis le 1er décembre, avec d’autres artistes, à la librairie « Équipages », au 61 rue de Bagnolet, 75020 PARIS (métro Porte de Bagnolet). Les éditions Tinbad, chez lesquels l’homme a publié Comilédie, sont également présentes. Venez donc avant le 31.

 

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La conteuse Karine Leroy en pleine action.

 

   Mardi 12 décembre à 20h, Karine Leroy viendra interpréter « Les Contes de la lune verte » au Bouffadou, 93 rue des Vignoles 75020 Paris (métro Maraîchers). L’entrée est libre, et un chapeau circulera dans la soirée. Chacun peut également amener quelque chose à boire ou à manger. Ambiance conviviale. (Métro Maraîchers ou Alexandre Dumas, bus 26 64, station Orteaux)

Site de la conteuse Karine Leroy

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   Le 16 décembre, notre lecteur et ami surréaliste franco-québécois David Nadeau, animateur de la revue La vertèbre et le rossignol, présentera ses Poésies complètes à la librairie Saint Jean-Baptiste, 565 rue Saint Jean, dans la belle ville de Québec, de l’autre côté de l’Atlantique, à partir de 17 heures. Je suis déjà allé à Québec à l’occasion d’un festival de poésie (ce qui a d’ailleurs été évoqué sur le blog), mais hélas pour le coup je ne pourrai pas être présent. Je le signale néanmoins à l’attention de mes amis canadiens, puisque certains semblent suivre « Page paysage ».

meaux café poésie

  Organisé par notre ami Pascal Mora, le traditionnel café-poésie de Meaux se tiendra lui ce même 16 décembre. Tout est indiqué sur cette belle affiche. Je serai de la partie (pour la première fois!)

cénacle ruhaud etienne

  Organisé par notre ami poète, l’increvable Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, le prochain Cénacle du cygne se tiendra le jeudi 28 décembre, peu après Noël, à partir de 20 heures, à La Cantada II, 13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant. Je serai présent. Pas de thèmes imposés, cette fois-ci. Freestyle, comme disent les Anglo-Saxons et les jeunes!

wallack

  Dans notre événementiel de novembre, nous évoquions le groupe pictave « Wallack », en plein essor. Vous pouvez d’ores et déjà soutenir leur projet en achetant le disque à sortir en janvier, soit le mois prochain, via la plateforme Ulule (suivre le lien ci-dessous). Un don de 10 euros vous permettra d’acquérir le produit. Plusieurs extraits sont disponibles sur Internet.

     Avant de vous souhaiter à tous de bonnes fêtes de fin d’année (avec un peu d’avance, il est vrai), évoquons le court-métrage Gypsies, par notre ami Stéphane Rizzi. Le tournage commence aujourd’hui même, dimanche 3 décembre, en Seine-Saint-Denis. Je suis à titre privé très fier d’en être le dialoguiste non exclusif, et d’avoir signé mon premier contrat de production il y a maintenant deux semaines. On retrouvera dans ce petit film notamment l’actrice syro-égyptienne Nanda Mohammad. Notre précédent travail, Cantate/macabre, ayant rencontré un certain succès (dans le milieu underground indépendant), on espère qu’il en ira de même pour cette histoire.

  Et joyeux Noël!!

 

 

 

CINÉ-CLUB 8: « HÔTEL DES INVALIDES » (GEORGES FRANJU), 1951

  Déjà le 22 novembre. Il y a quelques jours, nous célébrions comme chaque année l’armistice de 14-18. Et à l’heure où Au revoir là haut, le film de Dupontel, fait un tabac dans les salles, poursuivons notre cycle « Franju » en diffusant ce court-métrage tourné en 1951 au Musée de l’Armée, réquisitoire contre les horreurs de la guerre. Pas de sang, pas de combats, ou presque. Juste le commentaire, terrible, dit par Michel Simon, sur une musique de Maurice Jarre.

CINÉ-CLUB 7: « LA COQUILLE ET LE CLERGYMAN »

  Dans notre précédent billet, nous évoquions la figure attachante de Germaine Dulac (1882-1942), et nous parlions de La Coquille et le Clergyman, premier film surréaliste qui fut boudé par André Breton. Voici donc l’œuvre, en version restaurée. Pour les détails, on se référera donc plus précisément à ce que nous en avons dit il y a quelques jours, ainsi qu’à la fiche Wikipédia qui lui est consacrée, et qui est plutôt bien conçue.

Fiche Wikipédia consacrée au film

MÉMOIRE DES POÈTES XIX: GERMAINE DULAC (1882-1942), Cimetière du Père-Lachaise, division 74 (article paru dans Diérèse 71, automne-hiver 2017)

DIVISION 74
Germaine_Dulac

   De son vrai nom Charlotte Élisabeth Germaine Saisset-Schneider, Germaine Dulac naît le 17 novembre 1882 à Amiens, au sein d’un milieu bourgeois. Enfant, elle connaît plusieurs déménagements successifs, au gré des changements de garnison de son père, alors officier, avant de se fixer chez sa grand-mère, à Paris, et d’épouser le riche agronome socialiste, futur auteur, Albert Dulac, en 1905. Ayant reçu une solide formation musicale, elle s’engage d’abord en tant que féministe, rédigeant divers articles culturels pour La Française, journal fondé par la militante Marguerite Durand, et pour La Fronde, entre 1906 et 1913, tout en composant des pièces de théâtre. Après un voyage à Rome, en 1914, en compagnie de son amie, la danseuse-étoile Stacia Napierkowska , elle s’oriente vers un septième art encore balbutiant et déconsidéré. Profitant de la fortune de son mari, elle fonde sa propre société de production, la Délia films, et tourne dès 1915 un mélodrame historique, Les Sœurs ennemies, travail remarqué pour sa sensibilité intimiste et pour la qualité de l’image. Plusieurs courts-métrages sont réalisés dans la foulée, parmi lesquels Venus victrix, œuvre aujourd’hui perdue mettant en scène Stacia Napierkowska, et qui associe le goût de l’orientalisme et l’idée de libération de la femme. C’est sur le tournage d’Âmes de fous, feuilleton de six épisodes, et où perce un humour corrosif, surprenant, que Germaine Dulac croise Louis Delluc (1890-1923) , écrivain, critique, et metteur en scène dont l’influence s’avèrera déterminante. En 1919, ce dernier écrit ainsi le scénario de La fête espagnole, film dans lequel joue sa femme Ève Francis (1886-1980). L’œuvre, qui décrit le duel de deux hommes s’entretuant pour une femme qui préfère un troisième larron, est très bien accueilli par le milieu, et consacre Germaine Dulac comme une des personnalités prééminentes de la « Nouvelle Avant-Garde », courant également surnommé d’ « impressionnisme français », et qui associe des artistes aussi différents que René Clair, Abel Gance, Marcel L’Herbier ou Jean Epstein, tous cinéastes désirant se détourner de la comédie comme de la littérature pour fonder un art authentiquement et spécifiquement cinématographique. Les productions suivantes (La Mort du soleil, en 1921, La Souriante Madame Beudet, mordante critique de la vie petite-bourgeoise, en 1923 ou Le Diable dans la ville, en 1924), confirment l’orientation esthétisante prise par Germaine Dulac, qui théorise sa propre approche à travers divers articles .
En 1927, elle collabore avec Antonin Artaud (1896-1948) , scénariste pour La Coquille et le Clergyman. D’une durée de quarante-quatre minutes, disponible sur YouTube ou sur Dailymotion, le moyen-métrage, qui décrit, sur un mode totalement onirique, les pérégrinations d’un clergyman versant une sorte de liquide noir à l’aide d’une coquille d’huître géante pour faire apparaître des chimères, est considéré par beaucoup, et notamment par Alain et Odette Virmaux , comme le premier film surréaliste à proprement parler. Un an avec Un chien andalou, et deux ans avant L’âge d’or de Luis Buñuel et Salvador Dali, l’œuvre, qui met notamment en scène Génica Athanasiou (1897-1966), maîtresse roumaine du poète maudit, semble extrêmement novatrice, mais décevra doublement les critiques comme Artaud lui-même. Germaine Dulac (…) avait, elle aussi, abordé un scénario poétique du surréaliste Antonin Artaud : La coquille et le clergyman, mais l’avait gâché à la réalisation par le jeu médiocre d’Alex Allin et noyé sous une débauche de trucs techniques d’où ne surnageaient plus que quelques admirables images éparses, déclare ainsi Jacques B. Brunius (1906-1967). J’ai cherché dans le scénario à réaliser cette idée de cinéma visuel où la psychologie même est dévorée par les actes. (…) Ce scénario recherche la vérité sombre de l’esprit, en des images issues uniquement d’elles-mêmes, et qui ne tirent pas leur sens de la situation où elles se développent mais d’une sorte de nécessité intérieure et puissante qui les projette dans la lumière d’une évidence sans recours, déclare de son côté Artaud.
La désapprobation exprimée par le groupe surréaliste affecte profondément Germaine Dulac, qui dès lors réalise des courts-métrages expérimentaux, mêlant musique et image, telle Étude cinégraphique sur une arabesque (1929) ou Celles qui s’en font (1930), sur des chansons de Fréhel (1891-1951), ou encore Je n’ai plus rien (1931). Évoquons également La Germination d’un haricot, exemple de « cinéma pur » et de « poésie scientifique », employant à merveille les effets de ralenti et d’accéléré, ainsi que la magnifique Invitation au voyage, réalisée quelques années plus tôt, et très librement inspirée du poème de Baudelaire.
L’arrivée du cinéma parlant, qui modifie profondément les règles, en empêchant d’avoir une production totalement indépendante, amène la créatrice à renoncer au septième art. Cette dernière préfère ainsi diriger les actualités des studios Gaumont de 1933 à sa mort, le 20 juillet 1942, en pleine guerre, des suites d’une longue maladie, et dans un relatif oubli. Elle repose désormais dans un caveau familial, sorte de chapelle gothique, au nom de « Schneider-Saussais » (4ème ligne face à la 75ème division, 34ème tombe à partir du mur).

dulac père lachaise

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