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Archives Mensuelles: juin 2017

LABORATORIO ONIRICO

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BLOGORAMA 23: « LECTURES INDÉLÉBILES, ÉCRITURES VAGABONDES »

  Nous revenons enfin avec un nouveau « Blogorama », cette série autour des blogs littéraires et culturels. Pour ce numéro 23, laissons la parole à une fidèle lectrice, elle aussi sur WordPress.

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« Indélébiles ? » Indéfectibles, radiations, marques a-in-temporelles…

« Vagabondes? » Itinérance des mots, errance, nomadisme, méditations contemplatives…

Lecture, seconde nature

Toujours été insatiable, accrochée aux livres …

Ne me proposez pas de liseuse, j’y suis assez réfractaire (non pas que je sois rétive à la technologie), simplement, je lui préfère le contact soyeux, la texture, la prise en main, les odeurs de cuir et de papier, quitte à s’encombrer de P.A.L, autant qu’elles pèsent ! Certains d’ailleurs, portent les stigmates des relectures.

Intarissable aussi…

Je pourrai en parler des heures…Seul mot d’ordre de l’éclectisme, varier les tons et les styles (romans, science-fiction, poésie, théâtre, essais, bandes dessinées, classique ou contemporain…) selon les humeurs.

Je peux m’alanguir des heures (des éternités même !) en bibliothèques, librairies, salons, marchés d’occasion, ce qui me permet de fouiner, de découvrir de petites pépites

.Je me sens alors l’âme d’un chercheur d’or…Elles se révèlent avec une 4ème de couverture, un titre,un auteur,des couleurs, et même, le simple… hasard.

Ce blog est l’occasion de partager des moments de lectures et d’écritures, alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ou expériences.

« Lectures indélébile, écriture vagabonde », blog (cliquer sur le lien)

 

PRO-KOONS

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   Je ne comprends pas les opposants au projet de tulipes géantes de Jeff Koons, près du musée d’Art moderne de la ville de Paris, boulevard Alma-Marceau. Beaucoup se plaignent que la création contemporaine ne soit pas figurative. Or ces grandes fleurs stylisées le sont, peu ou prou. Beaucoup aussi se plaignent de la vulgarité supposée des représentations d’aujourd’hui. En l’occurrence, on est loin du vagin de la Reine ou du plug anal géant, place de la Concorde, à moins qu’on ne voie dans ses tulipes un symbole phallique. De surcroît ces gros marshmallows colorés mettraient un peu de vie à la sortie du métro, en sachant que le palais de Tokyo représentait la pointe du progrès en son temps. Koons est un commercial, certes, mais la création, c’est aussi du business, et ça l’a toujours été. Enfin, à la traditionnelle rengaine des anti-art contemporain et des contribuables chagrins, on opposera que l’homme souhaite faire don de son œuvre à la municipalité. Daesh n’ayant pas encore le pouvoir en France, laissez-nous donc rêver, retrouver une part d’enfance, avec cet énorme bouquet de fleurs, comme un cadeau posé sur le bitume!

SALVADOR DALI PROFANÉ

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   Une jeune Catalane affirme être la fille cachée de Salvador Dali. Ce dernier aurait eu une relation avec sa mère, alors femme de ménage à Port Lligat, dans une des résidences. La fortune de l’artiste, surnommé Avida Dollars par André Breton, est évidemment considérable, et donc la justice espagnole doit pouvoir prouver la paternité, en déterrant le corps, inhumé dans la province de Girona, non loin de Cadaquès. Travaillant actuellement à un livre autour des tombes de surréalistes, à une sorte de guide des cimetières surréalistes, je ne peux qu’être interpellé par pareille démarche, pour ne pas dire choqué. Dans son autobiographie, Le dernier soupir du Maure, Luis Bunuel, qui a connu Dali dès son adolescence, affirme que celui-ci n’aurait eu de rapports sexuels qu’avec sa femme Gala. D’aucuns évoquent une liaison avec Amanda Lear. Sans rentrer dans des histoires de caniveau, on ne peut qu’être frappé par le sordide de l’Histoire. Dali aimait qu’on parle de lui. On en parle encore, mais on s’éloigne du surréalisme pour rentrer dans des histoires quelques peu glauques. A moins qu’il ne s’agisse purement d’une quête d’identité.

Article complet sur le site « Les dernières nouvelles d’Alsace »

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ÉVENEMENTIEL TARDIF: EUGÈNE SAVITZKAYA À LA LIBRAIRIE « ATOUT LIVRES » CE SOIR

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   Ce vendredi 23 juin se poursuit le cycle des « Soirées Diacritik » initié à la librairie Atout Livre qui est le partenaire de nos rencontres littéraires et critiques où, régulièrement, un auteur vient échanger avec la revue et le public autour de son œuvre. Ce nouveau rendez-vous, animé par Johan Faerber (Diacritik) et David Rey (Atout Livre) prend place vendredi à 19h30 pour recevoir l’un de nos contemporains capitaux : Eugène Savitzkaya.

   Le romancier et poète belge s’entretiendra à l’occasion de la récente parution de son abrasif Sister (éditions L’œil d’or) dont il proposera une lecture et reviendra sur l’ensemble d’une œuvre qui, de Mentir jusqu’à Fraudeur en passant par La Traversée de l’Afrique, a su inventer la littérature contemporaine telle que nous la lisons aujourd’hui. « Frère d’écriture » disait si justement Hervé Guibert à son propos, en une formule qui dit combien l’auteur se tient comme le compagnon secret et lumineux de nombre d’écrivains aujourd’hui.

L’occasion de relire ici même ce que Diacritik avançait au sujet de Fraudeur à sa parution ou encore de sa correspondance avec Hervé Guibert.

En espérant vous y rencontrer nombreux !

Informations pratiques : Librairie Atout Livre, 19h30 – 21h. Adresse : 203 bis avenue Daumesnil, 75012 Paris. Métro Daumesnil. Entrée libre.

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« BONNE PENSÉE DU MATIN » (ARTHUR RIMBAUD)

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À quatre heures du matin, l’été,
Le sommeil d’amour dure encore.
Sous les bosquets, l’aube évapore
L’odeur du soir fêté.
Mais là-bas dans l’immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
Déjà s’agitent.

Dans leur désert de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la richesse de la ville
Rira sous de faux cieux.
Ah ! pour ces ouvriers charmants
Sujets d’un roi de Babylone,
Vénus ! laisse un peu les Amants
Dont l’âme est en couronne
Ô Reine des Bergers!
Porte aux travailleurs l’eau-de-vie.
Pour que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer, à midi.

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ÉVÈNEMENTIEL (suite): THIERRY RADIÈRE ET LES « PROJOS DE GRETA »

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  Organisé par la jeune artiste polyvalente Julie Chaux, le prochain numéro des  « Projos de Greta », qui regroupe des courts-métrages réalisés par de nouveaux talents, se déroulera au Café de Paris, 158 rue Oberkampf (métro Belleville ou Père-Lachaise), le 20 juin, de 19H30 à 23H30. Vous trouverez ci-dessous une présentation, glanée sur Facebook:

Presque cinq ans après sa première apparition, le thème romantique revient pour le dernier jour du printemps, rompant avec les habituels thèmes profonds (mais non pas « prise de tête » !) pour insuffler une dose de légèreté dans l’air et faire battre vos petits cœurs comme au premier jour (de votre premier amour).
° De la romance qui dure, du coup de foudre rose-bonbon, mais aussi des petites touches de noirceur de ci de là, car l’amour c’est léger, mais parfois grave… un peu seulement, car ce soir, quoi qu’il arrive, c’est happy-end assuré, satisfait ou remboursé ! Si vous êtes déjà in love, venez en couple, et si vous êtes seul… ma foi vous ne devriez pas le rester longtemps !

  
— “Le premier pas“ d’Aurélien Laplace
— “Antonia“ de Laura Lago
— “Ma nouvelle robe“ de Nicolas Paban
— “Un silence“ de Lancelot Mingau
— “Invisible“ de Frédéric Baboulaz
— “Borderline therapie“ de Frédéric Guyot
— « Claire et Bruno : une histoire d’amour et de viande crue » de Lionel Delebarre

En présence des équipes des films.

En arrivant, même en cours de projection, prenez un verre au bar et filez avec dans la salle du fond.
Vous pourrez aussi vous restaurer, tout en regardant des courts-métrages, comme à la maison !

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   Auteur vendéen, poète, Thierry Radière, dont nous serons amenés à reparler en juillet, dédicacera ses livres du 25 au 27 août 2017 au salon de Lalinde, en Dordogne. Je ne serai pas présent. Mais si vous habitez dans la région…

« Sans botox ni silicone », le blog de Thierry Radières

 

MÉMOIRE DES POÈTES XV: ALAIN JOUFFROY (1928-2015), Cimetière du Père-Lachaise, division 49. (article publié dans « Diérèse » 70, printemps-été 2017)

 

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   Né à Paris, non loin du parc Montsouris, le 20 décembre 1928, Alain Jouffroy assiste, lors d’un voyage en Espagne en 1936, à la violence de la guerre civile, épisode qui le marquera fortement. Ayant commencé, très jeune, à écrire et à peindre, il croise par hasard André Breton en 1946 dans un hôtel finistérien d’Huelgoat, et devient membre du mouvement surréaliste. Il y fréquente notamment Victor Brauner (enterré au cimetière Montmartre), Stanislas Rodanski, Sarane Alexandrian (incinéré, et présent dans le columbarium, division 87), ainsi que Claude Tarnaud. Exclu deux ans plus tard, A. Jouffroy, qui a également côtoyé Henri Michaux et Francis Picabia, théorise la notion « d’individualisme idéologique », avant de se faire connaître en tant que critique, notamment à travers les revues L’œil et Arts, et d’épouser Manina (1918-2010), artiste vénitienne dont l’influence le marque fortement. Ayant rencontré notamment Marcel Duchamp, Daniel Pomereulle, Roberto Matta, Jouffroy refuse tout sectarisme politique, et, en compagnie de Jean-Jacques Lebel, introduit le pop art, ainsi que la Beat Generation, dans l’Hexagone, tout en se réconciliant avec Breton, jusqu’à produire la première anthologie de poésie surréaliste dans la collection NRF/Poésie Gallimard
L’homme, qui s’est remarié à Laetitia Ney d’Elchingen, descendante du poète franco-allemand Heinrich Heine (inhumé, comme V. Brauner, au cimetière Montmartre) participe activement à mai 68, déploie une intense activité de critique artistique, tout en « révélant » Michel Bulteau et Mathieu Messagier, auteur du célèbre Manifeste électrique aux paupières de jupe, et en fondant les Éditions étrangères, avec Christian Bourgois. La période est extrêmement féconde : Jouffroy publie des essais, comme Les Pré-voyants, (1974), mais aussi les aussi des poèmes, des manifestes politiques, et un intéressant roman autobiographique, avec Le roman vécu, paru en 1978. Il dirige parallèlement la revue XXème siècle, de 1974 à 1981.
Une nouvelle rupture créatrice se produit, après la séparation d’avec sa troisième femme, l’actrice Adriana Bodgan. Au début des années 80, Jouffroy s’intéresse effectivement à la civilisation d’Extrême-Orient, et, devenu conseiller culturel à l’ambassade de France à Tokyo, entre 1983 et 1985, organise les premiers sommets culturels franco-japonais, tout en se passionnant pour le bouddhisme zen. Il épouse la designer Fusako Hasae, puis, de retour en France, créée le Club, sorte de société informelle regroupant artistes et auteurs, en collaboration avec le philosophe Félix Guattari. Il y fait connaissance avec le peintre Christian Bouillé, et entame dès lors une œuvre plastique importante, les fameux Posages, aux confins du collage, et du montage. Influencé à la fois par Nietzsche, Rimbaud, et l’art nippon, auteur d’une centaine de livres tous extrêmement divers, Alain Jouffroy nous a quitté le 20 décembre 2015, et repose désormais sous une tombe fort sobre de la 49ème division. Mais laissons la parole au créateur, à travers ces quelques vers d’amour, intitulés « À toi », et dédiés à la plasticienne Manina, évoquée plus haut .

À toi la stupeur immobile de ma joie
Mon sourire de marbre blanc
Mon regard lavé dans la source du sous-bois
À toi mes mains de ville ouverte
À toi mes genoux d’écureuils
À toi ma voix la plus lointaine
À toi tout ce qui tisse nuit et jour à travers moi
À toi la lagune où nous nous sommes connus
À toi les revenants du soleil
À toi ces palais de lilas dans nos yeux
À toi tout ce qui est tout ce qui change
À toi
L’explosion de la perle au cœur de l’oiseau noir
Venise, 1954-1956

NB: Alain Jouffroy (1929-2015) : La tombe se situe donc dans la 49ème division, 2 lignes de tombes face à la 50ème division et 15 lignes face à la 45ème division.

RÉFLEXION LITTÉRAIRE 6

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DES MONDANITÉS POÉTIQUES

   Évidemment, une part de la poésie, ou plutôt des contacts, ne peuvent se créer que dans un cadre mondain. On ne peut être publié, connu, sans user, ne serait-ce qu’un minimum, des vernissages, marchés de la poésie, ou autres évènements publics, pour partager son art. La tentation est parfois grande de rester dans sa grotte, une sorte d’isolement romantique, d’envoyer de temps à autres des textes à telle ou telle revue, à tel ou tel éditeur, comme le font certains créateurs perdus dans une ferme, à la campagne (afin, peut être, de se targuer d’une forme de pureté de l’intention, qui n’est autre qu’une nouvelle forme d’ego, de projection de l’ego. Car la poésie, à l’image du théâtre est généralement ego, et le marché de la poésie la réunion d’ego parfois surdimensionnés et souffrants) Comment doser, entre sociabilité peut être excessive, et nécessaire solitude? Car l’écriture nécessite aussi le retour sur soi, l’intériorité… Bigre!

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