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Archives de Catégorie: Sanda Paul

RENCONTRE AUTOUR DE LA COLLECTION « ÉLÉPHANT BLANC » ( ÉDITIONS UNICITÉ) AU MARCHÉ DE LA POÉSIE

Chers amis, chers lecteurs,


Dimanche 12 juin, dans le cadre du Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, je présenterai ma collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité), au stand 706, ainsi que mes propres livres (Disparaître, paru en 2013, et Animaux, paru en 2020). Sur place, retrouvez nos auteurs: Pascal Mora, Odile Cohen-Abbas, Pascal Varejka, ainsi que notre amie Claudine Sigler. Pour me contacter: er10@tutanota.com

Page Facebook de l’évènement:

https://www.facebook.com/events/988487411669147?ref=newsfeed

Pour acheter nos livres:

https://www.editions-unicite.fr/collection/elephant-blanc.html

Mes propres ouvrages:

https://www.editions-unicite.fr/auteurs/RUHAUD-Etienne/animaux/index.php

« LA PRÉCESSION DES SPHÈRES » (PAUL SANDA) PAR MIGUEL-ANGEL REAL

Déjà auteur d’une note consacrée à Villes/Ciudades (anthologie bilingue franco-argentine), le poète et traducteur, Miguel-Angel Real nous livre un très bel article sur le dernier Paul Sanda, publié par nos soins dans la collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité). Merci, à lui! Muchas gracias.

http://oupoli.fr/2022/04/la-musique-comme-une-quete/?fbclid=IwAR2R8ejWYxL11l57gXd2UMsoNHlWXGFYZI_NIyyZbla80BrpKXnR7Qfs8PQ

ÉVÉNEMENTIEL DE MARS (RÉCAPITULATIF)

Chers amis, chers lecteurs,

Le mois de mars est donc chargé, en termes d’événements (ne parlons pas, ici, de la triste actualité internationale. À quoi bon?). Deux livres paraissent quasiment coup sur coup (La précession des sphères de Paul Sanda et À la recherche de l’éléphant blanc de Pascal Varejka, cf. plus bas), et nous participons à plusieurs rencontres. Je dresse donc ici un bref récapitulatif, au cas où vous souhaiteriez vous joindre à nous, et à l’éléphant blanc!

  • Jeudi 17 mars, à 18h30, nous présenterons, Pascal Mora (président de l’association « Café poésie de Meaux »), François Mocaër, Esteban Charpentier et moi-même, l’anthologie Villes/Ciudades (éditions Unicité, coll. « Eléphant blanc », donc, 18 euros), à l’ambassade d’Argentine, 6 rue Cimarosa, 75016 Paris, métro Boissière, ligne 6).
  • Vendredi 25 mars, à 19h30, accompagné par trois poètes publié chez Unicité, je présenterai l’essai de Pascal Varejka À la recherche de l’éléphant blanc (livre illustré, 13 euros), à la Lucarne des écrivains, 115 rue de l’Ourcq, 75019 Paris, métro Crimée.
  • Samedi 26 mars, de 15h à 17h, je présenterai mes livres (Petites fables, Animaux, La poésie contemporaine en bibliothèque, Disparaître), ainsi que la collection « Eléphant blanc », au salon LIVR’OUVERT BLEU COULEUR D’ORANGE de Montreuil, organisé par Claude Gaisne, au 9 rue Barbès, station Robespierre (ligne 9)

À bientôt pour de nouvelles aventures!

E.R.

AVANT-GOÛT

Le quatrième volume de notre collection « Eléphant blanc » sort ces jours-ci, et coûte 14 euros. Il n’est, a priori, pas encore disponible sur le site de l’éditeur, mais cela ne saurait tarder. Je pense qu’on peut d’ores et déjà le commander en librairie. Je reproduis ici le quatrième de couverture, écrit par mes soins:

Auteur, éditeur, vociférateur proche des surréalistes, Paul Sanda est aussi mélomane. En témoignent ces surprenants poèmes, où l’auteur célèbre le jazz, et plus particulièrement Patricia Barber, puis le classique, à travers plusieurs figures tutélaires, méconnues du grand public, tel Louis Marchand (1669-1732). Orné des œuvres de Klervi Bourseul, ce petit recueil témoigne de l’éclectisme propre au créateur et de son goût, profond, pour la musique, pour les musiques. Toutes harmonies le menant vers les sphères, ces nobles espaces qu’évoque si justement Odile Cohen-Abbas en avant-propos

http://www.soleils-diffusion.com/articleref.php?isbn=9782373556919

FESTIVAL DE MOËLAN-SUR-MER (précisions)

En mars, j’étais donc invité par Paul Sanda et Bruno Geneste au festival de Moëlan-sur-Mer, organisé par la Maison de la poésie de Quimperlé en Bretagne. L’évènement est hélas perturbé, du fait de la situation sanitaire. Plusieurs animations se tiendront donc aux dates prévues (cf. ci-dessus), mais le festival littéraire à proprement parler, comprenant notamment mes interventions en tant qu’auteur et directeur de la collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité), sont reportées à fin septembre-début octobre. J’y reviendrai plus en détail ultérieurement, en précisant que nous publions un recueil de ce même Paul Sanda aux alentours du 20 mars.

https://maisondelapoesie-quimperle.fr/

GUYLIAN DAI PARLE DU « CANON SANDA » (ODILE COHEN-ABBAS, éditions Unicité, collection « Eléphant blanc »).

Notre ami Guylian Dai a écrit un très bel article sur Le Canon Sanda pour le webzine Zone critique, auquel je collabore moi-même. Grand merci à Pierre Poligone, également, pour son travail d’animateur. Ma collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité) existe aussi, d’abord, grâce aux lecteurs et aux critiques.

https://zone-critique.com/2022/01/20/le-canon-sanda-les-debauches-de-la-connaissance/?fbclid=IwAR1ZQqCc_ICxoMcIec-0GGNnJUaTeEDRWQeSSdZ93bE5cSaGFx5bxAOAkOo

ÉLÉPHANT BLANC SUR WIKIPÉDIA

Chers amis, chers lecteurs, chers éléphanteaux,

Notre collection « éléphant blanc » (dirigée par mes soins chez Unicité), apparaît désormais sur Wikipédia, puisque Le Canon Sanda (essai consacré à la poésie de Paul Sanda, par Odile Cohen-Abbas), ainsi que le recueil Poèmes et chansons du cinéaste Paul Vecchiali,, sont mentionnés dans les bibliographies. Je joins les liens (ci-dessous):

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Sanda

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Vecchiali

OLIVIER MASSÉ PARLE DU « CANON SANDA » DANS « DIÉRÈSE » 82

Auteur des Poèmes préhistoriques (précédemment évoqués par mes soins. Cf. ci-dessous), le Girondin Olivier Massé a chroniqué Le Canon Sanda dans Diérèse 82. La note a par ailleurs été reproduite sur Babelio. Un chaleureux merci à lui, donc!

NB: Consacré à l’oeuvre poétique de l’éditeur et occultiste Paul Sanda, Le Canon Sanda est paru dans ma collection Eléphant blanc, aux éditions Unicité.

Cet essai d’Odile Cohen-Abbas entend nous présenter l’œuvre de Paul Sanda, passant en revue de nombreux recueils de ce poète. Pas moins de quatorze se succèdent ainsi, de 1999 (Pour la chair de l’ile) à 2020 (Les iles du silence). Le projet s’avère entièrement passionné, d’une dévoration de l’être atteignant d’emblée le cosmos (plusieurs photographies de l’espace galactique en font écho d’emblée et au fil des pages). La forte présence de Paul Sanda s’y prête assurément : en exergue, l’organisation saisissante de ses journées au rythme identique, fait de marches, de méditation et d’écriture, et en postface son commentaire félicitant l’autrice d’avoir saisi la facture organique de l’évocation. En effet, le corps, le désir sexuel comme une essence, sont très présents, et c’est toute une puissance de flux et de reflux, de bouleversements et de jaillissements, que l’on perçoit. Car Odile Cohen-Abbas nous donne avant tout à percevoir les effets de la poésie, ainsi que la substance qu’elle exprime, à travers son écriture enthousiaste au sens quasi étymologique, habitée par l’esprit du poète. Les rites des légendes, des mythes, des songes, des transgressions oniriques, ont même poids que ceux de la réalité. Toutes formes s’évasent, se transvasent, s’échangent, trouvent dans ces ondoyantes, giboyeuses mutations, impacts sensibles et poussées de sensualité. La passion n’empêche pas la méthode, et le lecteur appréciera, après chaque évocation, une citation substantielle du recueil en question, puis une nouvelle page faisant un écho enserré visuellement dans un grand cercle. Ainsi cet extrait de citation d’Entre chien et loup : j’ai voulu la mort pour chaque/transformation pour chaque caresse nouvelle/ pour chaque tourbillon sauvage des aspérités/ voilà que je pleure au château pour chaque/ étoile aigüe et pour tous les défis disparates du/ corps on dirait que la marmite stomacale tressaille/ voilà qu’aux abysses crevassés de ce mur/ soudain l’enfance agonise reçoit-il en écho une nouvelle réécriture explicative, méditation, prolongement, passage : Après « le grand feu de cuisine », le « grand brasier pour le festin cannibale », un fil de séparation se tire entre le passé jaloux et un présent, obscurément hypothétique, qui exige l’agonie de l’enfance en sacrifice.

A la lecture de chaque page il semble bien que tout, dans cet ouvrage, puisse ainsi se retrouver dans chacun de ses éléments, et la conception alchimique ne s’oublie pas, révélatrice du monde sans interruption. Travail de titan sur travail de titan, le Canon Sanda s’insère enfin dans la nouvelle collection littéraire des éditions Unicité, « Eléphant blanc », dirigée par Etienne Ruhaud.

L’article d’Olivier Massé sur le site Babélio:

https://www.babelio.com/livres/Cohen-Abbas-Le-canon-Sanda/1340159/critiques/2695448

Notre article sur les Poèmes préhistoriques d’Olivier Massé dans Diérèse 73 (été 2018):

https://www.babelio.com/livres/Masse-Poemes-prehistoriques/1304883/critiques/2545131

MAURICE BASKINE (1901-1968), CIMETIÈRE DU PÈRE-LACHAISE. MÉMOIRE DES POÈTES, (ARTICLE PARU DANS DIÉRÈSE 82, AUTOMNE 2021)

CIMETIÈRE DU PÈRE-LACHAISE (16 rue du Repos, 75020 Paris, métro Père-Lachaise, ligne 2), quatorzième partie.

  . Dans Diérèse 81,  nous avons évoqué le scientifique, poète et plasticien belge Théodore Koenig (1922-1997), ainsi que le peintre abstrait Paul Revel (1922-1983), tous deux nés la même année, tous deux liés au surréalisme, et tous deux inhumés au columbarium. Poursuivons notre exploration du Père-Lachaise en compagnie de Maurice Baskine, créateur profondément décalé, original, Juif ukrainien ayant grandi en France pour y créer sa propre mythologie.

Maurice Baskine par Emile Savitry.

MAURICE BASKINE (1902-1968)

Localisation : Reposait dans la case 3236, à l’extérieur du columbarium (87ème division). Les cendres ont été exhumées le 31 janvier 1996, et dispersées (probablement dans le jardin du souvenir de la 77ème division).

Kharkov, Paris, Fontenay…

   Située à l’extrême-Est, à quelques kilomètres de la Russie, la ville ukrainienne de Kharkov compte aujourd’hui presque un million et demi d’habitants. La fiche Wikipédia mentionne notamment la cathédrale de Pokrov, élégant édifice à bulbes, ou encore la collégiale de la Dormition. C’est en tous cas là que naît Miron Maurice Baskine, le 7 octobre 1901, et qu’il passe les quatre premières années de sa vie. L’importante communauté juive est alors victime des pogroms organisée par la bande des « Cent noirs », groupe antisémite radical. Est-ce pour fuir pareille violence que la famille déménage à Paris ? Le foyer, qui compte six enfants (quatre garçons, dont deux décèdent en bas-âge, et une fille, qui mourra à Auschwitz), habite un immeuble haussmannien, avenue Ledru-Rollin. Originaire de Krementchouk, au bord du Dniepr, le père, Élie Idel Baskine, (1873-1921), vend diverses marchandises, dont des chaussons, et décède prématurément à l’hôpital de Villejuif[1]. Nous savons peu de choses de son épouse, Hacia Tchoudnowski (1875-1943), hormis qu’elle mourra à l’hôpital Rotschild, dans le XIIème arrondissement, après son internement à Drancy[2] ; Maurice Baskine, très fort en mathématiques, travaille d’abord comme comptable dans une banque, puis comme représentant de commerce de 1923 à 1937, à l’instar de Georges Jacob, son aîné. Marié à une certaine Fernande Descantes le 3 novembre 1932, l’homme habite 84 avenue de Neuilly, à Fontenay-sous-Bois, derrière le périphérique.

   En 1933, il découvre l’occultisme après avoir lu un ouvrage traitant des rêves et de la chiromancie et s’enthousiasme pour la poésie de Norman Far. La guerre éclate sept ans plus tard. Le quadragénaire s’engage alors volontairement dans l’artillerie, le 14 mai 1940. Démobilisé le 30 juillet, Baskine est interné trois ans plus tard au camp de Noé, en Haute-Garonne, puis au camp de de l’organisation Todt à Martigues. Refusant de travailler pour l’Allemagne, il prend le maquis en mars 1944, puis rejoint les Forces Françaises Intérieures le 24 juin.

Kharkov (ou Kharkiv), en Ukraine.

Rupture et renaissance

   Devenu chômeur à la Libération, Maurice Baskine commence à exposer tardivement, présentant le « Temple du Mas » à la galerie parisienne de Katia Granoff, puis au Salon des Surindépendants, où il reviendra quatre fois. Il parle lui-même d’art atomique, en référence à la bombe H, pour qualifier ses sculptures en plâtre peint de couleur métallique, couvertes de fragments comme tirées d’explosion. Celles-ci déroutent généralement le public, mais attirent alors l’attention de Dubuffet, de Paulhan ou encore d’André Breton. C’est le début d’une chaleureuse collaboration entre les deux hommes. Breton initie ainsi Baskine à la pensée de Fulcanelli, mystérieux alchimiste dont l’identité réelle n’est toujours pas connue. Baskine, qui adhère au surréalisme dès 1946, participe notamment à l’exposition internationale de juillet 1947, à la galerie Maeght, avant d’envoyer une lettre de rupture à Breton, en 1951. Je vais de l’avant, seul, y déclare-t-il sobrement.

  Baskine quitte sa femme en bons termes, lui laissant la maison, et habite une chambre de bonne mansardée en haut d’un immeuble haussmannien, quartier Montparnasse. La cabine de cosmonaute, comme il l’appellera lors d’un reportage télévisuel[3], est trop petite pour concevoir de grands formats. Baskine conçoit alors des albums en répandant une encre de Chine noire et rouge à la surface du papier, avant de la gratter à l’aide d’une lame de rasoir. Évoquons toutefois Fantasophe-Roc ou l’édification de la pierre de Fantasophopolis, soit immense triptyque de cinq mètres sur deux mètres, peint entre 1952 et 1958, et présenté à la galerie Charpentier en 1964. Tout semble ici résumé, comme si Baskine avait voulu offrir un aperçu global de sa création, une sorte de compendium.

   Les expositions s’enchaînent, se poursuivent, y compris à l’étranger, comme à Knokke-le-Zoute en 1967.Mauvais gestionnaire et piètre commercial, Maurice Baskine ne sait hélas pas se vendre et reste miséreux. Exalté par les évènements de mai 68, il croit pouvoir diffuser ses idées ésotériques, mais s’épuise dramatiquement, avant de s’éteindre à l’hôpital Lariboisière à l’été, le 5 juillet 1968. Incinéré, le peintre repose longtemps au columbarium, puis ses cendres sont dispersées (vraisemblablement au jardin du souvenir. Cf. plus haut).

« Sirène » par Maurice Baskine (date inconnue).

Un magicien de la matière[4]

   Maurice Baskine entame sa carrière sur le tard, en autodidacte. Appréciées par Dubuffet, ses œuvres s’inscrivent, pour une part, dans le cadre de l’art brut, et on y décèle quelque chose de très enfantin, d’un peu naïf. On l’a classé dans l’art brut parce qu’il n’avait aucune formation déclare ainsi Paul Sanda[5]. Peut-on pour autant, légitimement, parler de création franche ? Citant Nerval ou les poètes symbolistes tel Baudelaire, Baskine est d’abord un homme de culture, imprégné de lectures classiques. Ainsi fait-il figurer un dé, en hommage au fameux poème de Mallarmé, sur plusieurs de ses tableaux, cite fréquemment Rabelais. Ce n’est pas non plus un créateur isolé, mais bien un Parisien, qui fréquente alors les salons, expose, se manifeste. Très bref, son compagnonnage avec le surréalisme demeure capital. Son divorce à l’amiable d’avec Breton reste lié à un goût certain pour l’indépendance. Admiré par l’auteur de Nadja, Baskine s’écarte du mouvement, justement parce qu’il est incapable de suivre un courant défini, soit d’adhérer à un groupe. Bien que mondain, parfaitement introduit au sein des milieux de son temps, l’homme est singulier, indocile.

  Ceci posé, plus qu’un artiste brut ou qu’un surréaliste, Baskine est peut-être, d’abord, un alchimiste. Le modeste employé, représentant de commerce Baskine devient en effet lui-même, c’est-à-dire peintre, après avoir découvert l’occultisme, et, comme le souligne encore Paul Sanda. Toutes ses toiles sont emplies de symboles extrêmement précis, qui font sens. Ainsi du Fantasophe-Roc évoqué plus haut, et qui représente les différentes étapes initiatiques. Ainsi, également des sculptures d’athanors, soit de fours sensés métamorphoser le métal commun en or, réalisées à partir de poêles en une matière épaisse et grumeleuse, dite fantasophale, inventée par Baskine lui-même, selon une recette restée secrète. En 1990, son ami Jean Saucet organise une rétrospective Baskine spécialement à Cahors, où plusieurs façades sont justement ornées de références à cette même alchimie.

  Féru de paranormal, l’homme donne un temps des conférences sur Nostradamus, le tarot. De même, le 9 mai 1956, organise-t-il une parafestation fantasophale chez les surréalistes Robert et Nina Lebel, 14 avenue du président Wilson. Jérôme Bosch et Gustave Moreau s’y trouvent invités ! Baskine déclare également que la lune n’existe pas, mais ne serait qu’un reflet, et le gag est évoqué dans le New York Times. Outre l’alchimie, sa peinture est de fait emplie de signes divers, qu’il s’agisse d’ésotérisme, du judaïsme de son enfance ou serpent qui se mord la queue, l’universel ouroboros auquel il attribue des plumes à l’instar des Aztèques. Une mythologie personnelle, nervalienne, se lit en filigrane, notamment lorsque Baskine peint son propre père sous les traits du Roi de Thune (soit celui qui ramène l’argent à la maison), et sa mère sous les traits de la Reine de Sabbath (soit celle qui organise la cérémonie sacrée).  

Le « Fantasophe-roc » au musée de Cordes-sur-Ciel (Tarn).

   Alchimiste et plasticien, pour Maurice Baskine, son œuvre peint et sculpté n’était pas commentaire de thèmes alchimiques, mais l’expression d’une alchimie qu’il a repensée pour son propre compte, accomplissant ainsi son Grand Œuvre. D’où la difficulté d’attribuer une signification à des pièces dont le titre ne nous est pas parvenu et qui sont majorité. Celles-ci ont été soumises à des experts en sciences occultes ; certains – seulement- ont pu être déchiffrées. C’est pourquoi ne seront indiquéees entre guillemets, que les titres reconnus de Maurice Baskine. Reste, intitulées ou pas, déchiffrées ou pas, la beauté magnétique de ses œuvres, déclare ainsi Jean Saucet[6].  

N.B.

   Personnage fantasque, méconnu de son vivant, découvert, re-découvert par une poignée de passionnés, Maurice Baskine aura donc disparu du columbarium. Mais sa trace s’éteint dans la célèbre nécropole, son œuvre reste à explorer dans ses moindres arcanes. To the happy few, pour reprendre les mots de Stendhal.


[1] Repose au cimetière parisien de Bagneux, 3ème division, ligne 14, tombe numéro 11, concession 17CC1915.

[2] Son nom figure sur le mémorial de la Shoah.

[3] Le 24 novembre 1964, le deuxième chaîne de télévision diffuse un reportage sur Baskine, dans l’émission « Entre les Lignes ».

[4] C’est ainsi que Simone Collinet, galeriste et première femme d’André Breton, qualifie Maurice Baskine.

[5] Paul Sanda Baskine,symboles,Alchimie et littérature – YouTube (conférence donnée en mars 2017 à Cordes-sur-Ciel dans le Tarn).

[6] Maurice Baskine : peintre, sculpteur, alchimiste : [exposition] Cathédrale de Cahors, Grenier du Chapître, 1er juillet-15 septembre 1990 / texte de Michel Butor, édité par le Conseil Général du Lot.

RENCONTRE AVEC ODILE COHEN-ABBAS LE 2 OCTOBRE 2021.

Chers amis, chers lecteurs,

Nous serions heureux de vous voir prochainement à la Lucarne des écrivains, librairie associative du 19ème arrondissement, le 2 octobre à partir de 16 heures (au 115 rue de l’Ourcq, station Crimée). En tant que directeur de la collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité), j’aurai le plaisir de présenter Le Canon Sanda, ouvrage d’Odile Cohen-Abbas consacré à l’oeuvre poétique de l’éditeur/auteur Paul Sanda. L’intéressée sera naturellement heureuse de dédicacer ses ouvrages. L’occasion nous sera également donnée de présenter Chansons et poèmes du cinéaste Paul Vecchiali, ainsi que Villes/Ciudades, anthologie franco-argentine dirigée par notre ami Pascal Mora. Enfin, vous découvrirez les poèmes de François Mocaër, responsable des éditions Unicité, ainsi que le roman de l’auteure belge Sophie Marchal.

Page Facebook de l’évènement: https://www.facebook.com/events/42478249907228

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