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JACQUES LUCCHESI PARLE DU « BESTIAIRE » (mon propre travail, 5)

 

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Jacques Lucchesi, qui dirige la maison d’édition marseillaise « Port d’attache », et qui écrit de forts beaux poèmes, vient de signer la première chronique consacrée à mon petit « Bestiaire ». Si vous suivez bien, chers lecteurs, j’ai déjà parlé du « Port d’attache » dans un précédent « Blogorama »…

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   Dans son étude sur « Les Chants de Maldoror », Gaston Bachelard soulignait le caractère visqueux du bestiaire ducassien. On peut se demander ce que le vieux philosophe rationaliste aurait pu écrire sur le recueil d’Etienne Ruhaud, simplement titré « Bestiaire ». Car les créatures imaginaires qu’il offre à notre réflexion sont aussi – à l’exception des Centaures – de celles qui rampent et affectionnent l’élément Eau. Voici, par exemple, les biens nommés Ouranis, sortes de « nénuphars colorés qui éclairent la nuit océane », ce qui serait une très jolie chose s’ils n’étaient dotés d’une voracité à toute épreuve. Ou ces Larves dont « les œufs microscopiques forment une vague jaunâtre». Il y a aussi les Caloplans qui adhèrent irrésistiblement aux murs de votre salle de bain. Ou – pire encore – les Truffes, « cônes translucides » qui colonisent les estomacs. Mieux vaut arrêter ici la description de cet univers glauque et inquiétant dont la noirceur et l’humour froid ne sont pas sans rappeler les plus belles pages de Lovecraft. Car Etienne Ruhaud se révèle être un orfèvre du verbe. Il excelle dans la description minutieuse et érudite de ces créatures fantastiques qui semblent tout droit sorties de ses cauchemars d’enfant. On ne peut quitter qu’à la dernière page ce recueil sitôt qu’on l’a ouvert. Ce qui est d’autant plus aisé que l’ensemble ne fait, en tout et pour tout, que treize petites pages. Quelle frustration ! C’est dire que l’on attend impatiemment une suite.

L’article sur le blog des éditions du Port d’Attache (cliquer sur le lien)

Notre blogorama autour des éditions associatives du Port d’Attache

LES BRAÏNS (création personnelle, 7)

LES BRAÏNS
Des poissons dans la tête.

Ça vous rentre par la bouche, le nez, les oreilles, pendant le bain dans la rivière. Des œufs microscopiques qui éclosent entre les méninges en grouillement millimétrique d’alevins rouges, nourris du liquide céphalo-rachidien qui les baigne. Pas de migraine, mais une perte de la mémoire, avec parfois de bizarres changements d’humeur, de thymie.

Les braïns piquettent la pie-mère de multiples scléroses vertes, petites souillures, varicelle du cerveau.

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