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« UN SIÈCLE D’ÉCRIVAINS À CORDES-SUR-CIEL », PAUL SANDA, BRUNO GENESTE, éditions Rafael de Surtis, 2022 (citation)

Dans les sables rouges,, Léon Lambry, 1930.

« Yves Bonnefoy interroge ainsi avec acuité le continent de l’enfance perdue, comme dans un demi-jour où il se souvient alors de ce roman de Léon Lambry, intitulé Dans les sables rouges, qui exerça sur lui une très puissante impression, emportant son imaginaire d’enfant dans le désert de Gobi, en Asie centrale, au milieu des ruines d’une étrange ville romaine, avec des hommes et des femmes parlant latin dans cet ailleurs: « je puis maintenant m’en rendre compte, cela avait de quoi impressionner un enfant qui entendait ses parents parler patois – un patois issu du latin – et rêvait que cet occitan menacé de disparation, c’était l’expression d’un être au monde mystérieusement supérieur à l’a-présent de la vie ». Au milieu de tant de résurgences, l’écrivain, conscient de la richesse d’un passé et d’une langue, par laquelle, constatera-t-il, le latin pouvait avoir survécu, nous rappelle l’importance de toute transmission, ce qui irrigue la poésie dans une langue, et depuis la langue occitane en particulier, cet idiome que, souvent très modestement, portèrent haut les troubadours de l’Amour courtois. » (p. 150-151)

YVES BONNEFOY, L’ARRIÈRE-PAYS

 bonnefoy

   En ce début du mois d’un mois de juillet qui s’annonce ensoleillé (prions Sainte Rita, patronne des causes perdues!), je crains que ce blog ne s’apparente à une rubrique nécrologique. Nerval (disparu il y a plus d’un siècle), Dantec, et maintenant Yves Bonnefoy! L’homme, qui avait quatre vingt treize ans, s’est éteint hier, nous laissant quantité de recueils, dont certains évoquent sa terre natale du Lot, où j’ai moi-même de fortes attaches familiales. De nombreuses biographies existent, et bien des hommages sont actuellement rendus à l’un de nos plus grands poètes. Je n’ajouterai donc pas de la matières à la matière. À titre privé, j’ai eu la chance de rencontrer Yves Bonnefoy à plusieurs reprises, à la fois à Bordeaux, au centre Cervantès de Paris (en compagnie d’Alejandro Jodorowsky), et à Poitiers, où j’ai étudié son oeuvre. Hélas les livres dédicacés sont dans les cartons. Plutôt que de reproduire ici une mauvaise photographie de son paraphe, je préfère donc vous livrer un poème, extrait des magnifiques Planches courbes, et vous souhaite à tous un beau week-end:

bonnefoy 2

La pluie d’été I

Mais le plus cher mais non
Le moins cruel
De tous nos souvenirs, la pluie d’été
Soudaine, brève.

Nous allions, et c’était
Dans un autre monde,
Nos bouches s’enivraient
De l’odeur de l’herbe.

Terre,
L’étoffe de la pluie se plaquait sur toi.
C’était comme le sein
Qu’eût rêvé un peintre

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