PAGE PAYSAGE

Accueil » Poiraudeau Prisca

Category Archives: Poiraudeau Prisca

LA DEMEURE DES CHIENS FANTÔMES, éditions Unicité, 2015 (article paru dans « Diérèse » 70, printemps-été 2017)

sans-titre

   Illustré par les propres toiles de l’auteur, préfacé par Marc-Louis Questin,  dont nous avons parlé dans l’avant-dernier numéro (Diérèse 68, page 287-288), cet étonnant recueil possède la fraîcheur des contes. Inspirée par des sources extrêmement diverses, qu’il s’agisse de mangas, de littérature surréaliste, ou des histoires de notre enfance, la jeune Prisca Poiraudeau construit un univers bien à elle, très singulier, où la logique des rêves l’emporte sur la rationalité à proprement parler. Dialogues improvisés, fragments de journal intime, rencontres avec des chats surnaturels, des elfes, et autres créatures féériques : les récits semblent suivre leur propre cohérence, loin des canons de l’écriture scénaristique. Une pointe d’érotisme vient relever l’ensemble : Nous avons fait l’amour. Le petit soleil dans mon sexe de ses rayons a inondé mon corps de chaleur, de feu… J’ai frissonné. Je me suis ouverte à lui. J’en avais envie (page 105). Plutôt que de parler de nouvelles à chute, nous devrions ici évoquer ce que Jean-Yves Tadié appelle « récit poétique », soit une narration dans laquelle le lyrisme, les impressions, l’emportent sur la logique de l’intrigue proprement dite. L’expression de « récit onirique » semblerait elle aussi appropriée : comme Nerval dans Aurélia, Prisca se laisse en effet aller au rêve, dépeignant ainsi un monde parallèle, des êtres et des paysages vus en songe.

   Tout n’est pas idéal ni paisible, toutefois, dans ce décor chimérique. Une pointe d’inquiétude et d’angoisse transparaît effectivement entre les lignes : La jeune fille a sursauté, a pris la fuite, elle a croisé ces grands arbres noirs des infirmières diaphanes en longues blouses blanches ressemblant à des fantômes, elles s’avançaient vers elle. Des brancards roulaient lentement, sur les feuilles mortes dorées, craquantes… Des squelettes, des momies y reposaient, le lierre et les ronces s’entortillaient aux barreaux rouillés. Bambi est effrayée (page 152). L’enchantement paraît ici se dissiper pour laisser place aux démons, aux tourments de l’adolescence. Derrière leur caractère apparemment enfantin, les toiles d’art brut elles aussi semblent marquées une forme de mélancolie diffuse. Rien de naïf ni de gratuit, donc, dans un livre riche en images fortes, et qui  dénote déjà une singulière maturité.

RENCONTRE DU SAMEDI 25/02/2017

lucarne-des-ecrivains

Chers amis

   Ce samedi 25 février, à 19h30, je viendrai présenter mon dernier recueil poétique, le Bestiaire, à la Lucarne des écrivains (115 rue de l’Ourcq, 75019 PARIS, métro Crimée). Avec moi seront présentes les deux écrivaines Prisca Poiraudeau (La demeure des chiens fantômes, éditions Unicité, 2016), et Marianne Vinégla-Camara (Dakar je t’aime, Dakar je te hais, éditions Unicité, 2016), auteure, plasticienne et comédienne, qui a conçu la couverture de Disparaître.

  Le cas échéant, vous pouvez me contacter au 07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr

« LE CRÉPUSCULE DES OTARIES », Marc-Louis Questin, édition Unicité (note de lecture parue dans Diérèse n°68, été-automne 2016)

   crepuscule

   Le titre est étrange, et ressemble à ces expressions tirées des cadavres exquis surréalistes. De fait, Marc-Louis Questin qui signe ici son vingt-quatrième ouvrage, semble, à travers ce nouveau recueil, unir des éléments en apparence très disparates. Mêlant diverses spiritualités, l’auteur évoque également des paysages et des lieux distants de milliers de kilomètres, parle d’artistes, d’écrivains éloignés, différents. Tout se passe comme si la plume pouvait opérer, symboliquement, une sorte de syncrétisme, de grand voyage à travers le temps, l’espace, pour se concentrer sur la page, dans une série de poèmes lyriques et inspirés, véritable kaléidoscope, pour reprendre les termes d’une préface signée Jean Hautepierre : Dans la chambre d’hôtel des princesses vénitiennes rejaillit le soupçon des ultimes cigarettes, la fumée s’évapore dans la chambre de morts entre ses cuisses de courtisane assoupie sur le sable des linceuls de Pologne, sous la cendre des heures et la lave du Vésuve (p. 18). Auteur de plusieurs livres autour de la magie et de l’ésotérisme, animateur du périodique La Salamandre Marc-Louis Questin sait en outre convoquer les mythes, les figures anciennes, les créatures du rêve et de l’enfance, comme le Dagon lovecraftien, Dionysos ou Lilith. Se dessine ainsi une forme de nouvelle mythologie personnelle, inédite, une sorte de panthéon renouvelé.

   Entre les lignes se noue, où se raconte, également, la propre histoire du poète, qui confie un certain nombre de souvenirs, d’endroits visités, traversés, qui parle de ses souvenirs de lecture, de ses propres préférences, du poète Georg Trakl au chanteur Jim Morrison, en passant par la cantatrice Maria Callas : Où sont les larmes de La Callas ? Où sont les larmes de Ludwig ? Où sont les larmes de Claude Pélieu ? (…) Quand la mort est sereine en un rire de cristal (p. 37). Les images fusent, se mêlent ainsi en un sorte de long maelström lyrique, organisé en une suite de petites unités, essentiellement composées d’alexandrins blancs, long monologue intérieur, ouvert sur le monde. Publié chez Unicité, à l’instar de la magnifique Anthologie de la poésie baroque, ce magistral Crépuscule des otaries est en outre illustré par les dessins, les toiles colorées de la jeune Prisca Poiraudeau, elle-même poétesse et blogueuse. Entre les pages défilent ainsi une série d’images riches et colorées, oniriques, représentant des fées, et dans une approche à la fois naïve et émouvante, avec la saveur de l’enfance. Acteur, participant à divers projets musicaux, directeur de la revue gothique et fantastique La Salamandre, polyvalent et polygraphe, Marc-Louis Questin alias Lord Mandrake, nous livre ici un opus charnel et généreux.

ÉVÈNEMENTIEL DU MOIS DE SEPTEMBRE 2016

   C’est la rentrée, chers lecteurs! Ayant marqué une pause estivale toute relative en juillet-août, j’en reviens aujourd’hui, en ce premier jour de septembre, aux fondamentaux du blog, en annonçant quelques évènements à venir. Le mois va être riche!

urban sax

  Le vendredi 9 septembre, à partir de 18 heures, notre ami Marc-Louis Questin dédicacera son ouvrage consacré au groupe mythique « Urban sax ». Le livre, qui est paru chez Unicité, est accompagné d’un CD, et coûte 22 euros. Rendez-vous nous est donné au Centre Culturel Peugeot, 62 avenue de la Grande Armée, 75017 PARIS (métro « Porte Maillot », ligne 1). Je ne pourrai hélas être présent, pour des raisons professionnelles, mais le livre m’intéresse (la dédicace, que j’ai d’ailleurs déjà annoncée, a été décalée à cette date pour raisons techniques). Ci-dessous une petite présentation de l’ouvrage en question:

   Ce livre est le premier ouvrage consacré à la dimension esthétique, philosophique et poétique du groupe mythique Urban Sax. L’écriture profondément baroque de Marc-Louis Questin s’inscrit dans une longue tradition de récits jouant sur plusieurs niveaux de sens à la manière des poupées russes du romancier cubain José Lezama Lima. Le théâtre des sons mis en forme par les compositions étincelantes de Gilbert Artman redéfinit la relation de l’être humain à l’univers, à la musique tourbillonnante des sphères. L’esprit de chaque lieu investi s’imprègne ainsi du sceau de ces étranges symphonies ludiques et voluptueuses, répétitives et solennelles. Ethnologie, architecture, scénographie et musicologie se font écho entre les pages de cette étude originale. Le jeu des sons mène à l’éveil, à une sereine lucidité, à une vision renouvelée et transfiguratrice du monde.

   Urban Sax demeure une référence majeure en matière de musique vivante et performante, en incessant mouvement de dérive urbaine et de psycho-géographie. Ce pertinent essai montre la puissance, la beauté et la singularité de cette musique incomparable et inclassable. Il y est aussi question d’une méditation intense sur le pouvoir subtil des sons, le silence et le vide, l’espace et l’infini, la présence à soi-même et l’éternel retour.

   Écrivain, peintre, magnétiseur et comédien, Marc-Louis Questin dirige les Éditions Éleusis spécialisées dans la littérature fantastique. Fondateur du Cercle Dionysos et de la revue gothique La Salamandre, passionné de danse japonaise Butô, d’expressionnisme allemand, d’illusionnisme et de cinéma expérimental, il participe à différents projets de groupes tels que Barbarossa Umtrunk, Electric Press Kit, Heavenly Creatures, The Cemetary Girlz.

   Marc-Louis Questin aka Lord Mandrake anime régulièrement les soirées du Cénacle du Cygne au cabaret parisien La Cantada.

    Le lendemain soir, soit le samedi 10 septembre, nous pourrons cette fois écouter l’immortel auteur des Versets sataniques, Salman Rushdie, et son acolyte Wadji Mouawad, au théâtre de la Colline (15 rue Malte Brun, 75020 PARIS, métro Gambetta, ligne 3).

salman

  Je joins ci-dessous la présentation postée sur le site du théâtre, et qui est très complète:

   À l’occasion de la sortie en France du roman « Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits », les éditions Actes Sud et La Colline organisent une rencontre entre les auteurs Salman Rushdie et Wajdi Mouawad le samedi 10 septembre à 20h30.
Trois adolescents seront invités à monter sur le plateau pour cet entretien.

entrée libre, réservation indispensable
au 01 44 62 52 00 ou à contactez-nous@colline.fr

 

meaux

      Le samedi 10 septembre, les activités du Café-Poésie de Meaux reprendront également, comme me l’indique l’ami Pascal Mora, auteur du superbe recueil Paroles des forêts, évoqué sur le blog. Si vous habitez en Seine-et-Marne et que vous souhaitez lire des textes, participer à l’aventure… Ci-dessous le descriptif que m’a laissé Pascal:

Le Café-Poésie de Meaux reprend ses activités en septembre.

Durant la saison 2016 /2017 ,  nous prévoyons d’inviter des éditeurs, auteurs,

ateliers d’écriture, lycéens, musiciens…

Il est ouvert à toute forme poétique. Lecture, chant ou représentation

de 10 minutes environ pour chaque lecteur , acteur ou chanteur. Bien

sûr, il est possible d’assister à la rencontre en tant qu’auditeur uniquement. Entrée

libre et gratuite. L’adhésion à l’association et la participation à

l’organisation des rencontres sont bienvenues.

Les rencontres du Café-Poésie auront lieu à la Médiathèque du Luxembourg

1er étage/ dans la salle bulle au niveau de l’espace jeunesse.

Dates pour 2016 :

– Samedi 10 septembre    10h30/12h30

– Samedi 22 octobre       10h30/12h30

– Samedi 19 novembre   10h30/12h30

– Samedi 17 décembre  10h30 /12h30

Pour toute information, contacter Pascal Mora

pmora1262@gmail.com

AVT_Eric-Dubois_4120

  Le dimanche 11 septembre, à 15 heures, le poète Eric Dubois, dont j’ai déjà parlé sur « Page Paysage », fera une lecture du recueil Chaque pas est une séquence (éditions Unicité), au Cabinet de Curiosités, 41 bis rue Vandrezanne, près de la Butte aux Cailles (Paris 13, métro Tolbiac) dans le cadre du festival « 0+0 ».

Descriptif complet du festival « 0+0 » (cliquer sur le lien)

jauffret

   Le samedi 17 septembre, Régis Jauffret, que j’apprécie, dédicacera son nouveau roman à la librairie « Les Cahiers de Colette » (23 rue Rambuteau, 75004 PARIS, métro Rambuteau ligne 11), à partir de 18 heures. Ci-dessous un bref résumé du livre, que je suis en train de lire, d’ailleurs:

   Noémie est une artiste-peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec un architecte de près de trente ans son aîné avec lequel elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par une lettre adressée par Noémie à la mère de cet homme : elle s’y excuse d’avoir rompu. Une correspondance s’amorce alors et s’affermit entre les deux femmes, qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de se débarrasser du fils et ex-amant. Elles imaginent même de le dévorer cuit à la broche au cours d’un infernal banquet. En réalité, ce roman parle d’amour. Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a appelé son fils du nom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, et qui est mort accidentellement avant leur mariage. Noémie, elle, est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal. Au fil des lettres que, de son côté, il échange avec les deux protagonistes, le fils et ex-fiancé exprime toute la passion qu’il éprouve toujours pour Noémie. Un roman d’amour épistolaire, donc, dans la plus belle tradition du genre.

elka

  Le mercredi 21 septembre, à partir de 18 heures à 20 heures 30, la jeune Elka Léonard, dont j’ai déjà parlée sur le blog, et dont les peintures mêlent érotisme et humour, participera à un vernissage collectif à la galerie Mona Lisa (32 rue de Varenne, 75007 PARIS, métro Rue du Bac, ligne 12). Je ne pourrai être présent au vernissage en question mais visiterai de toute façon l’exposition ultérieurement.

Pour consulter le site d’Elka Leonard (cliquer sur le lien): https://www.artactif.com/elka#.V8fiPKKbcU0

jacq

  Le jeudi 22 septembre à 19h30, à la Lucarne des écrivains, notre ami Jean-François Jacq présentera Fragments d’un amour suprême, autobiographie poignante dont je parlerai dans le prochain numéro de la revue Diérèse. La librairie, où j’ai fait plusieurs lectures, se trouve au 115 rue de l’Ourcq, 75019 PARIS, métro Crimée (ligne 7). L’auteur Michel-Olivier Dury parlera lui de La Vie comme ça. Ci-dessous le descriptif de la soirée, sur le site de l’établissement.

Une soirée avec Jean-François Jacq pour Fragments d’un amour suprême et Michel-Olivier Dury pour La Vie comme ça.

Fragments d’un amour suprême
Deux hommes de milieux très différents, mais chacun avec des cassures, se rencontrent et s’aiment jusqu’à ce que la mort les sépare. Jean-François Jacq, tout en nous faisant part de ses émotions avec justesse, nous amène à une profondeur d’analyse que porte une écriture qui ne lâche rien à la facilité mais au contraire nous interroge. Un récit autobiographique que l’auteur parvient à nous faire partager avec son humanité.
 
La Vie comme ça
Avec cet ouvrage, Michel-Olivier Dury nous invite à lire deux histoires, tout d’abord celle d’un homme dans le milieu du travail de la fonction publique. L’emprise de ses supérieurs hiérarchiques qui frisent le ridicule l’amène à éprouver des états d’âme qui, paradoxalement, vont lui ouvrir la porte des souvenirs et de l’inspiration pour former en parallèle un second récit, celui de sa jeunesse. Alors, au gré des entrées et sorties de ses chefs, l’auteur revoit ou réinvente son enfance et son adolescence émaillées d’aventures, de sentiments, d’expériences amoureuses homosexuelles tout en retenue. Il y a beaucoup de drôlerie et de tendresse mélangée dans ce livre qui amènera le lecteur à se revoir lui-même dans sa propre enfance ou jeunesse.
IMG_1832

Marc-Louis Questin lisant les textes de Prisca Poiraudeau au Cénacle du Cygne (photographie personnelle)

  Le jeudi 22 septembre, enfin, se tiendra le fameux Cénacle du Cygne, dont je ne rate presque aucune édition, et où je vendrai moi-même mon propre petit recueil, Le Bestiaire. Comme toujours Lord Mandrake, alias Marc-Louis Questin, auteur de l’essai mentionné plus haut, fait bien les choses, invitant poètes, chanteurs, danseurs, plasticiens et cinéastes pour des soirées à la fois variées et riches, surprenantes. Comme toujours rendez-vous nous est donnée à la cave du bar « La Cantada II », 13 rue Moret, 75011 PARIS (métro Ménilmontant, ligne 3). Venez nombreux!

  Et bon courage pour la rentrée!

cassandra hans

La belle danseuse Cassandra Hans en pleine action.

DEUX ÉVÈNEMENTS (Dédicace de Marc-Louis Questin, Cénacle du Cygne dédié à Jean Rollin)

Chers amis, chers lecteurs,

   Comme indiqué dans mon bilan programmatique de l’année 2015, le blog a aussi une fonction évènementielle (pardonnez moi si je me répète). Au programme, donc, ce mois-ci et le suivant:

couverture_200px

  …Dans le cadre du Printemps des Poetes 2016 Marc-louis Questin lira des extraits du livre Le Crépuscule des Otaries paru aux éditions Unicité. D’autres auteurs et comediens participeront a cette soiree: Genevieve Baraone, Michele Barbier, Christine Beauvallet, Christophe & Theo Cigognot, Anne de Commines, Martine Konorski, Davide Napoli, Bojenna Orszulak, Alain Pizerra, Bruno Thomas, Fabrice Villard, Claude Yvans… La soirée sera organisée le vendredi 18 mars (dans deux jours), à la maison des associations du quinzième arrondissement  (22 rue de la Saïda, 75015 PARIS, station de tramway Georges Brassens, oui Porte de Versailles, en métro). Je reparlerai de ce riche recueil, illustré par Prisca Poiraudeau et préfacé par Jean Hautepierre, très prochainement par ailleurs, sur le blog et dans la revue Diérèse, si tout se passe bien. Je ne pourrai en tous cas être présent ce soir là, car je fête mon anniversaire (trente-six ans déjà!)

Jean-rollin_1938

  Animé par ce même Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, le prochain « Cénacle du cygne », qui se tiendra comme toujours à la Cantada II (13 rue Moret, Paris 11, station Ménilmontant), le 24 mars à partir de 20 heures, sera dédié au cinéaste et écrivain fantastique Jean Rollin, créateur enterré au Père-Lachaise, obsédé par les vampires, et dont j’ai déjà parlé sur le blog. Au programme: Lectures, danses, concerts, videos et performances de: Deen Pro Abboud, Zoro Astre, Pierre Brulhet, Teddy Burns, Nicolas Reynaud aka Nikko Dogz, Corinne Colmant, Béatrice Darmon, Sylvain Ferrieu, Alain Gilot, Cassandra Hans, Jean Hautepierre, Ghislaine Macret, Avicène Nikola, Pascal Perrot, Jean Peyrelade, Isabelle Pin, Monsieur Pun, Marc-louis Questin, Rhinoceros,Translucid Souls (Bruno Gaia et Juana Le Piranha), Mathilde Tixier, Pierre Triboulet, AnnSo Unter, Aïna Valeriu, Lilac Vinonudge, Richard Wahnfried + invites-surprise. Lecture du récit vampirique « La Dame de Sang » et des éditions Eleusis.

  Je lirai moi même quelques poèmes en début de soirée. Ci-dessous, pour se mettre dans l’ambiance, un court-métrage de Jean Rollin, librement adapté des Amours jaunes de Tristan Corbières, et sorti en 1958:

LE POÈTE CONTUMACE (1873)

Sur la côte d’ARMOR. – Un ancien vieux couvent,
Les vents se croyaient là dans un moulin-à-vent,
Et les ânes de la contrée,
Au lierre râpé, venaient râper leurs dents
Contre un mur si troué que, pour entrer dedans,
On n’aurait pu trouver l’entrée.

– Seul – mais toujours debout avec un rare aplomb,
Crénelé comme la mâchoire d’une vieille,
Son toit à coups-de-poing sur le coin de l’oreille,
Aux corneilles bayant, se tenait le donjon,

Fier toujours d’avoir eu, dans le temps, sa légende…
Ce n’était plus qu’un nid à gens de contrebande,
Vagabonds de nuit, amoureux buissonniers,
Chiens errants, vieux rats, fraudeurs et douaniers.

– Aujourd’hui l’hôte était de la borgne tourelle,
Un Poète sauvage, avec un plomb dans l’aile,
Et tombé là parmi les antiques hiboux
Qui l’estimaient d’en haut. – Il respectait leurs trous, –
Lui, seul hibou payant, comme son bail le porte :
Pour vingt-cinq écus l’an, dont : remettre une porte. –

Pour les gens du pays, il ne les voyait pas :
Seulement, en passant, eux regardaient d’en bas,
Se montrant du nez sa fenêtre ;
Le curé se doutait que c’était un lépreux ;
Et le maire disait : – Moi, qu’est-ce que j’y peux,
C’est plutôt un Anglais… un Être.

Les femmes avaient su – sans doute par les buses –
Qu’il vivait en concubinage avec des Muses !…
Un hérétique enfin… Quelque Parisien
De Paris ou d’ailleurs. – Hélas ! on n’en sait rien. –
Il était invisible ; et, comme ses Donzelles
Ne s’affichaient pas trop, on ne parla plus d’elles.

– Lui, c’était simplement un long flâneur, sec, pâle ;
Un ermite-amateur, chassé par la rafale…
Il avait trop aimé les beaux pays malsains.
Condamné des huissiers, comme des médecins,
Il avait posé là, soûl et cherchant sa place
Pour mourir seul ou pour vivre par contumace…

Faisant, d’un à-peu-près d’artiste,
Un philosophe d’à peu près,
Râleur de soleil ou de frais,
En dehors de l’humaine piste.

Il lui restait encore un hamac, une vielle,
Un barbet qui dormait sous le nom de Fidèle ;
Non moins fidèle était, triste et doux comme lui,
Un autre compagnon qui s’appelait l’Ennui.

Se mourant en sommeil, il se vivait en rêve.
Son rêve était le flot qui montait sur la grève,
Le flot qui descendait ;
Quelquefois, vaguement, il se prenait attendre…
Attendre quoi… le flot monter – le flot descendre –
Ou l’Absente… Qui sait ?

Le sait-il bien lui-même ?… Au vent de sa guérite,
A-t-il donc oublié comme les morts vont vite,
Lui, ce viveur vécu, revenant égaré,
Cherche-t-il son follet, à lui, mal enterré ?

– Certe, Elle n’est pas loin, celle après qui tu brâmes,
Ô Cerf de Saint Hubert ! Mais ton front est sans flammes…
N’apparais pas, mon vieux, triste et faux déterré…
Fais le mort si tu peux… Car Elle t’a pleuré !

– Est-ce qu’il pouvait, Lui !… n’était-il pas poète…
Immortel comme un autre ?… Et dans sa pauvre tête
Déménagée, encor il sentait que les vers
Hexamètres faisaient les cent pas de travers.
– Manque de savoir-vivre extrême – il survivait –
Et – manque de savoir-mourir – il écrivait :

« C’est un être passé de cent lunes, ma Chère,
En ton cœur poétique, à l’état légendaire.
Je rime, donc je vis… ne crains pas, c’est à blanc.
– Une coquille d’huître en rupture de banc ! –
Oui, j’ai beau me palper : c’est moi ! – Dernière faute –
En route pour les cieux – car ma niche est si haute ! –
Je me suis demandé, prêt à prendre l’essor :
Tête ou pile… – Et voilà – je me demande encor… »

« C’est à toi que je fis mes adieux à la vie,
À toi qui me pleuras, jusqu’à me faire envie
De rester me pleurer avec toi. Maintenant
C’est joué, je ne suis qu’un gâteux revenant,
En os et… (j’allais dire en chair). – La chose est sûre
C’est bien moi, je suis là – mais comme une rature. »

« Nous étions amateurs de curiosité :
Viens voir le Bibelot. – Moi j’en suis dégoûté. –
Dans mes dégoûts surtout, j’ai des goûts élégants ;
Tu sais : j’avais lâché la Vie avec des gants ;
L’Autre n’est pas même à prendre avec des pincettes…
Je cherche au mannequin de nouvelles toilettes. »
« Reviens m’aider : Tes yeux dans ces yeux-là ! Ta lèvre
Sur cette lèvre !… Et, là, ne sens-tu pas ma fièvre
– Ma fièvre de Toi ?… – Sous l’orbe est-il passé
L’arc-en-ciel au charbon par nos nuits laissé ?
Et cette étoile ?… – Oh ! va, ne cherche plus l’étoile
Que tu voulais voir à mon front ;
Une araignée a fait sa toile,
Au même endroit – dans le plafond. »

« Je suis un étranger. – Cela vaut mieux peut-être…
– Eh bien ! non, viens encor un peu me reconnaître ;
Comme au bon saint Thomas, je veux te voir la foi,
Je veux te voir toucher la plaie et dire : – Toi ! –

« Viens encor me finir – c’est très gai : De ta chambre,
Tu verras mes moissons – Nous sommes en décembre –
Mes grands bois de sapin, les fleurs d’or des genêts,
Mes bruyères d’Armor… – en tas sur les chenets.
Viens te gorger d’air pur – Ici j’ai de la brise
Si franche !… que le bout de ma toiture en frise.
Le soleil est si doux… – qu’il gèle tout le temps.
Le printemps… – Le printemps n’est-ce pas tes vingt ans.
On n’attend plus que toi, vois : déjà l’hirondelle
Se pose… en fer rouillé, clouée à ma tourelle. –
Et bientôt nous pourrons cueillir le champignon…
Dans mon escalier que dore… un lumignon.
Dans le mur qui verdoie existe une pervenche
Sèche. – … Et puis nous irons à l’eau faire la planche
– Planches d’épave au sec – comme moi – sur ces plages.
La Mer roucoule sa Berceuse pour naufrages ;
Barcarolle du soir… pour les canards sauvages. »

« En Paul et Virginie, et virginaux – veux-tu –
Nous nous mettrons au vert du paradis perdu…
Ou Robinson avec Vendredi – c’est facile –
La pluie a déjà fait, de mon royaume, une île. »

« Si pourtant, près de moi, tu crains la solitude,
Nous avons des amis, sans fard – Un braconnier ;
Sans compter un caban bleu qui, par habitude,
Fait toujours les cent-pas et contient un douanier…
Plus de clercs d’huissier ! J’ai le clair de la lune,
Et des amis pierrots amoureux sans fortune. »

– « Et nos nuits !… Belles nuits pour l’orgie à la tour !…
Nuits à la Roméo ! – Jamais il ne fait jour. –
La Nature au réveil – réveil de déchaînée –
Secouant son drap blanc… éteint ma cheminée.
Voici mes rossignols… rossignols d’ouragans –
Gais comme des poinçons – sanglots de chats-huants !
Ma girouette dérouille en haut sa tyrolienne
Et l’on entend gémir ma porte éolienne,
Comme chez saint Antoine en sa tentation…
Oh viens ! joli Suppôt de la séduction ! »

– « Hop ! les rats du grenier dansent des farandoles !
Les ardoises du toit roulent en castagnoles !
Les Folles-du-logis…
Non, je n’ai plus de Folles ! »

… « Comme je revendrais ma dépouille à Satan
S’il me tentait avec un petit Revenant…
– Toi – Je te vois partout, mais comme un voyant blême,
Je t’adore… Et c’est pauvre : adorer ce qu’on aime !
Apparais, un poignard dans le cœur ! – Ce sera,
Tu sais bien, comme dans Iñès de La Sierra…
– On frappe… oh ! c’est quelqu’un…
Hélas ! oui, c’est un rat. »

– « Je rêvasse… et toujours c’est Toi. Sur toute chose,
Comme un esprit follet, ton souvenir se pose :
Ma solitude – Toi ! – Mes hiboux à l’œil d’or :
– Toi ! – Ma girouette folle : Oh Toi !… – Que sais-je encor…
– Toi : mes volets ouvrant les bras dans la tempête…
Une lointaine voix : c’est Ta chanson ! – c’est fête !…
Les rafales fouaillant Ton nom perdu – c’est bête –
C’est bête, mais c’est Toi ! Mon cœur au grand ouvert
Comme mes volets en pantenne,
Bat, tout affolé sous l’haleine
Des plus bizarres courants d’air. »

« Tiens… une ombre portée, un instant, est venue
Dessiner ton profil sur la muraille nue,
Et j’ai tourné la tête… – Espoir ou souvenir –
Ma sœur Anne, à la tour, voyez-vous pas venir ?… »

– Rien ! – je vois… je vois, dans ma froide chambrette,
Mon lit capitonné de satin de brouette ;
Et mon chien qui dort dessus – Pauvre animal –
… Et je ris… parce que ça me fait un peu mal. »

« J’ai pris, pour t’appeler, ma vielle et ma lyre.
Mon cœur fait de l’esprit – le sot – pour se leurrer…
Viens pleurer, si mes vers ont pu te faire rire ;
Viens rire, s’ils t’ont fait pleurer…. »

« Ce sera drôle… Viens jouer à la misère,
D’après nature : – Un cœur avec une chaumière. –
… Il pleut dans mon foyer, il pleut dans mon cœur feu.
Viens ! Ma chandelle est morte et je n’ai plus de feu… »

*

Sa lampe se mourait. Il ouvrit la fenêtre.
Le soleil se levait. Il regarda sa lettre,
Rit et la déchira… Les petits morceaux blancs,
Dans la brume, semblaient un vol de goëlands.

Penmarc’h – jour de Noël.

UNE PREMIÈRE SOIRÉE AU CÉNACLE

cénacle du cygne

… Une belle première soirée au Cénacle du Cygne hier, en compagnie de mon éditeur François Mocaër, et de mon amie Prisca Poiraudeau, qui a lu son dernier recueil, Le miroir des chiens fantômes. J’ai, pour ma part, lu mon petit bestiaire, qui paraîtra normalement l’an prochain chez La Porte.

  Organisé par l’écrivain Marc-Louis Questin chaque mois dans la cave de la Cantada II (13 rue Moret, Paris 11, station Ménilmontant), l’évènement rassemble des plasticiens, des danseurs, des acteurs et des auteurs, dans une grande liberté de ton mais avec malgré tout une certaine préférence pour le monde gothique. Le prochain rendez-vous aura lieu le 26 janvier à 20 heures. Je ne monterai pas sur scène pour l’occasion, mais serai présent pour applaudir mon ami Jean Hautepierre.

LECTURE AU CÉNACLE DU CYGNE (le 29 décembre)

downloads

 

  Chers amis, chers lecteurs,

  Je lirai quelques uns de mes poèmes mardi prochain, le 29 décembre, au « Cénacle du cygne », soirée polyvalente mêlant littérature, cinéma, musique, danse et lectures, organisée par Lord Mandrake, alias Marc-Louis Questin, dans le bar gothique « La Cantada II », à partir de 20 heures. Pour des raisons familiales, je ne pourrai hélas pas rester longtemps, et serai là plutôt au début (vers 20 heures, donc). Serons aussi présents mes amis Prisca Poiraudeau et Jean Hautepierre. Entrée et participation libres.

Adresse: La Cantada II, 13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Parmentier ou Ménilmontant.

%d blogueurs aiment cette page :