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VIE DU BLOG 3: COURRIER DES LECTEURS (suite)

  DIMITRI ROULLEAU-GALLAIS

   Nous allons nous répéter, mais « Page paysage » est aussi un lieu de rencontres et d’échanges, non pas un forum, mais l’occasion de partager. Un de mes amis de faculté, récemment revu, cinéphile invétéré, laisse souvent de longs et intéressants commentaires sous nos articles. En l’occurrence, cet « amateur trop éclairé », pour reprendre le pseudonyme qu’il s’est choisi, a rebondi sur notre avant-dernier « Ciné-club », écrit suite  la mort de Tobe Hooper, il y a déjà deux mois. La critique est intéressante, et nous la reproduisons donc ci-dessous. Chronique itinérante, irrégulière, notre nouvelle série « Vie du blog » laissera ainsi de plus en plus fréquemment, la parole aux lecteurs (pour plus de commodités, nous publions également le billet original, écrit par nos soins).

NB: C’est la seconde fois que nous publions un commentaire d' »Un amateur trop éclairé ». La prochaine fois, nous reproduirons les remarques d’un autre follower, ou plutôt d’une autre, qui nous suit assidûment.

 

hooper

Le regretté Tobe Hooper (1943-2017)

 

NOTRE BILLET INITIAL:

    Tobe Hooper vient de nous quitter, à l’âge de 74 ans. L’occasion pour nous de lui rendre un ultime hommage, à travers cette scène finale de Massacre à la tronçonneuse, film devenu culte, réalisé avec un budget dérisoire en 1971. Nous y voyons « Leatherface », personnage cauchemardesque, inspiré du tueur en série Ed Gein, suivre avec sa tronçonneuse une des malheureuses touristes égarées dans un hameau paumé du Texas, peuplé de sadiques. Ex-étudiant ès Lettres d’origine islandaise, Gunnar Hansen, qui incarne le monstre, a lui disparu en 2015.

LA RÉPONSE D’UN AMATEUR TROP ÉCLAIRÉ:

    « LE film d’horreur des années 70 et l’un des plus grands jamais tournés.
(…) une date, l’archétype du film inoubliable qui saisit toujours autant malgré les visionnages à répétition. Une œuvre dure et brutale qui traverse les décennies sans perdre de sa force. Un cauchemar éveillé qui surprend toujours par son étonnante virtuosité. Et surtout, un opus indispensable au même titre que le Frankenstein de James Whale ou que le King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack. » (Critique parue au verso de dvdclassik)

   Tout cela semble parfaitement juste sauf que je n’en partage pas la totalité, je conteste surtout le caractère inoubliable et son caractère indispensable aujourd’hui: je ferai une distinction entre les oeuvres devenues des classiques, toujours « modernes », et les films novateurs à leur époque, des films-jalons dont l’importance historique est indéniable mais pas forcément toujours actuels car tout simplement démodés ou dépassés ou rendus indigestes en raison de leur postérité…
   Par ailleurs rapprocher cette oeuvre des films cités ci-dessus, vrais classiques incontournables du fantastique plus que de l’horreur, me paraît peu judicieux; oui « Il s’inscrit dans la lignée des premiers survivals de l’histoire du cinéma, au même titre que les très controversés Delivrance réalisé par John Boorman, ou La Dernière maison sur la gauche, réalisé par le quasi-débutant Wes Craven », mais on peut se demander si le film d’horreur en tant que genre n’est pas condamné au vieillissement par essence, surtout s’il repose essentiellement sur son côté purement technique et novateur et non sur une vision forte de l’humanité.

   Je dois reconnaître ses qualités évidentes de mise en scène donc mais ne peux que reconnaître le caractère présentement plus parodique ou grotesque, en aucun cas insoutenable, son caractère dur et brutal n’étant plus qu’un lointain souvenir…

   Pour l’horreur, plutôt penser à Requiem pour un massacre  par exemple… ou aux films muets de Bunuel… ou certains films d’Haneke? Ou…

   Rendre hommage à Romero, oui pourquoi pas?! Au film de Hooper, ouais?

   Et Jess Franco? Déjà fait par nos amis des Cahiers du Cinéma dernièrement! Quant à Rollin…

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« SEMAINE SAINTE »

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  Dans Le dernier soupir du Maure, son autobiographie, Luis Buñuel évoque longuement son enfance à Saragosse, ainsi que sa rencontre avec Salvador Dali. À plusieurs reprises, le cinéastes parle également des processions de la semaine sainte, et de l’influence que cela devait avoir sur sa propre production. Chaque film, qu’il soit réalisé en France, au Mexique, ou dans son pays natal, contient effectivement un ou plusieurs roulements de tambour. Sombre, doloriste, peuplé de Christs tordus sur la croix et de squelettes enchâssés, le catholicisme espagnol ne pouvait, selon son propre aveu, que marquer l’esprit du jeune créateur. À titre privé, et bien que je ne l’aie jamais vue « en vrai », la marche solennelle des pénitents vêtus de San Benito m’a toujours frappé, comme une parfaite célébration de la mort, à l’instar de la corrida.

 

   … Notons que le rythme, au début de la vidéo, est le même que celui du générique, au début de Johnny s’en va-t-en guerre, film antimilitariste de l’Américain Dalton Trumbo (1905-1976), adapté de son propre roman (Johnny got his gun):

 

   Enfin, précisons, s’il le fallait, que ce blog est totalement laïc. Il ne s’agit ici que d’évoquer la culture d’un pays, et son influence.

GUS VAN SANT À LA CINÉMATHÈQUE (jusqu’au 31 juillet 2016)

… En ce moment à la cinémathèque française, et jusqu’au 31 juillet 2016, se tiennent une exposition et une rétrospective Gus Van Sant, créateur américain renommé, souvent abusivement rattaché au genre « gay » qui ne signifie rien (ou si peu). Réalisateur, l’homme est aussi plasticien, influencé par Burroughs (qu’il met en scène dans Drugstore cowboy). L’oeuvre m’a, a titre personnel, beaucoup marqué, et plus particulièrement dans ses aspects intimistes. Je pense naturellement à la trilogie de la mort, à Gerry, Elephant et Last days, évocation indirecte du suicide de Kurt Cobain, icône de ma propre génération, mais aussi à La Mala noche, premier film en noir et blanc, tourné avec peu de moyens dans l’Oregon. Je ne sais que dire de plus, et préfère laisser la parole aux spécialistes de cinéma, aux professeurs. Ci-dessous un petit bon, First kiss, très bref court-métrage esthétisant, typique de l’inspiration vansantienne (puisqu’il faut lui donner un nom).

N.B.: L’entrée de l’exposition est libre.

« First kiss », un court-métrage de Gus Van Sant (cliquer sur le lien)

Présentation de l’exposition sur le site de la cinémathèque (avec une longue présentation de l’oeuvre)

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