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« DISPARAÎTRE » DANS LES BIBLIOTHÈQUES PARISIENNES! (mon propre travail)

   Mon premier et unique roman, Disparaître, a été acquis il y a plusieurs années par les bibliothèques parisiennes! Ci-joint la fiche descriptive, assez succincte. On trouvera le livre à la « Réserve centrale ».

 

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DISPARAÎTRE : ROMAN

Étienne Ruhaud (1980-….). Auteur

Edité par Éd. Unicité – paru 2013

   En banlieue parisienne, Renaud se fait licencier de son emploi à La Poste, car pas assez productif. Peu à peu, il connaît une véritable descente aux enfers, perd son logement et passe à côté de quelques occasions de s’en sortir. Finalement, il se fait rattraper par son destin.

Fiche de « Disparaître » (cliquer sur le lien)

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« DISPARAÎTRE » PAR MICHEL LECORRE (mon propre travail 7)

   L’écrivain et critique Michel Lecorre a aimé mon premier et unique roman Disparaître, et lui a consacré une très belle lecture. Je joins son article ci-dessous, ainsi que les références de son site personnel:

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   Effectivement, le titre de ce roman est magnifique, il ouvre une porte vers l’incertitude, le questionnement, la liberté ? De quel voyage s’agit-il ici ?

  Étienne Ruhaud nous donne envie de tourner les pages de son livre, sans nous attendrir dès le départ sur son personnage principal.

  Renaud, la vingtaine, se démène pour « bien faire », ne pas décevoir ses parents, trouver une raison d’être à sa vie, à son corps, ses amours, à sa place dans la société. Dans un premier temps, le lecteur a le sentiment de découvrir un garçon paresseux, du genre qu’on aimerait secouer, remuer pour qu’il se prenne enfin en charge. Il n’est pas handicapé, en plus il est allé à l’université. Alors? Renaud ressent une soif d’apprentissage, seulement il ne se lance jamais dans la bataille, ne parvient pas à s’imposer, il n’a pas confiance en lui. Pourquoi ?

   Pour la poste, son ex-employeur, Renaud est un Mourerous, museau roux en provençal, un agneau qui n’a pas la même couleur que les autres, précisément son cerveau ne se met pas en disponibilité totale, de vide précisément, pour devenir un robot qui livre des paquets à la seconde près. Il n’a rien d’un révolutionnaire, n’appelle pas à la grève, mais pour la poste il est dangereux, parce qu’il doute, pense. La poste, les banques, les opérateurs téléphoniques, la grande distribution… liste non exhaustive… sont des abattoirs sociaux. Ils ne font pas uniquement que pour vous affirmer : « nous allons mettre fin à notre collaboration », derrière leur sourire ils t’ont socialement détruit, ils se donnent le pouvoir de te bannir. Pourtant travailler pour eux ne devrait pas être un but, parce que cette relation est avilissante, destructrice de la pensée, précisément elle met à sac ce que tu es, fais de toi un produit corvéable et jetable.

   Néanmoins, tu sais que tout est là: à travers les livres, la littérature, la philosophie, les murmures et les silences des peuples des Premières Nations, la force de ton corps et de ton esprit… pour que tu puisses exister tel que tu es, construire tes relations sociales, créer ton savoir, tes savoir-faire. Mais tu ne parviens pas à rebondir… sournoisement on t’a laissé entendre que tu peux penser par toi-même, mais tout est fait pour te rendre dépendant du consumérisme. Renaud devine que ses aïeux avaient des savoir-faire, ils étaient artisans, ouvriers, mais le Taylorisme, le Stakhanovisme, a détruit leur savoir, leur mémoire, leur dignité, pour créer des individus obéissant et dépendant pour absorber tout ce consumérisme, coûte que coûte.

   Ils ont ôté à tes ancêtres la volonté de t’apprendre à te battre pour survivre, exactement être sûr que toi et les générations futures ne parviennent pas à passer cette première étape, pour t’empêcher ensuite de défendre ta place, de créer ton univers, de respecter celui des autres, de t’en nourrir, vivre, puis exister, pour un peu plus tard comprendre qu’il te faut apprendre à mourir. Transmettre pour mourir soutenu par les siens, notre dernière étape de l’amour. Même cela, ils sont parvenus à nous le faire oublier…

   Les parents de Renaud sont-ils défaillants ? Non. Un certain monde du travail leur avait déjà signifié, bien avant leur retraite, qu’ils étaient trop vieux, plus productifs, plus bons à rien, ôté à eux aussi leur dignité. La disparition des lucioles… ou l’étouffement de la mémoire, alors les parents, les anciens n’ont plus rien à transmettre à leurs enfants. En conséquence, Renaud n’a connu aucun rituel pour passer de l’enfance à l’âge adulte, à vingt-ans, ce n’est qu’un nouveau-né face à la réalité. L’issu ? Vous la voyez chaque jour autour de vous.

   C’est une histoire très bien écrite, précise, actuelle, mais au raisonnement intemporel. Les questions qu’elle engendre se poseront sans relâche à nos sociétés modernes. Lorsque je lisais DISPARAÎTRE, je marchais dans Nanterre, un hasard, et je me suis retrouvé, sans l’avoir cherché au cœur du roman, dans un immédiat oppressant, une rage soutenue par une écriture poétique. Ce roman a été un véritable voyage, je vous invite sans réserve à le débuter à votre tour en lisant Étienne Ruhaud.

                                                            Le familier est inconnu
L’inconnu est un frère

Le site de Michel Lecorre

« DISPARAÎTRE » PAR PATRICE MALTAVERNE (mon propre travail, 4).

   Poète, mais aussi blogueur, critique et éditeur (Le Citron Gare), le messin Patrice Maltaverne nous a gratifié, voici cinq ans, d’un très bel article autour de mon premier, et unique roman, Disparaître, sur le blog « Poésiechroniquetamalle ». Nous aurons l’occasion de reparler de cet auteur très actif sur le Net et ailleurs. Merci à lui!

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   Comment s’en sortir quand on est célibataire, que l’on vient de perdre son emploi, même précaire, et que l’on vit seul en région parisienne ? Renaud est le personnage principal du premier roman d’Etienne Ruhaud, qui se trouve confronté à cette problématique du pire.

   Si cela continue comme ça, d’ailleurs, nous allons assister à la naissance d’un nouveau genre littéraire, comme une sorte de roman d’apprentissage à l’envers. La faute à notre société et surtout à ses décideurs, qui savent très bien s’occuper de la jeunesse, en pensant d’abord à eux-mêmes ! Ainsi, sans le vouloir, « Disparaître » peut être vu comme une oeuvre engagée dans une dénonciation, même a minima, de ces ravages sociaux.

   Ici, la réponse à la question de la survie en milieu urbain tient dans un seul mot : disparaître, qui donne le titre du roman.

   Mais je ne peux vous en révéler davantage, auquel cas ce texte n’aurait plus de mystère pour vous.

   J’ai en tout cas beaucoup aimé « Disparaître » pour plusieurs raisons : d’abord, l’excellente connaissance et description des paysages urbains, qui ne se limitent pas aux seuls immeubles et rues qui les desservent, mais également à moult friches industrielles ou immobilières situées au milieu de nulle part…

   Ensuite, l’auteur sait très bien rendre la solitude en milieu urbain, quelque chose de profondément déshumanisé, où seules les pensées ont encore une consistance humaine.

   Enfin, le style de l’auteur, qui reste dans la retenue, ajoute encore à la crédibilité du chemin de croix de Renaud.

   Ainsi, « Disparaître » constitue une description fidèle des conditions de vie d’aujourd’hui, entre réussite scolaire et faillite sociale, à laquelle est trop souvent destinée notre génération perdue.

   Pour en savoir plus sur ce livre, vendu au prix de 13 €, vous pouvez vous renseigner sur le site de son nouvel éditeur basé dans la région parisienne, Unicité, http://www.editions-unicite.com/, dont le mail est editionsunicite@laposte.net

L’article sur le blog de Patrice Maltaverne (cliquer sur le lien)

UN MAIL DE MICHEL HOUELLEBECQ! (mon propre travail, 3)

  En 2013 paraissait donc mon premier et unique roman, Disparaître. Lecteur, et grand admirateur de Michel Houellebecq devant l’Eternel, je décidais d’envoyer un exemplaire au Maître. L’ouvrage étant préfacé par Dominique Noguez, qui fut LE découvreur d’Extension… (publié par Maurice Nadeau dont nous avons parlé le mois dernier), j’espérais plus ou moins une réponse. Je ne pense pas que Michel Houellebecq ait lu le livre. Néanmoins il m’a répondu. Je reproduis donc notre bref échange, en ne divulguant pas l’adresse de l’intéressé.

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Paris, le 25 mai 2013
Cher Michel Houellebecq,
  Je lis vos œuvres depuis la terminale, et souhaite vous faire envoyer mon premier roman, « Disparaître », qui sortira le 15 juin, avec une préface de Dominique Noguez, chez Unicité. Le récit évoque la disparation d’un jeune diplômé au chômage, dans la proche banlieue actuelle, et la recherche du père. C’est très court.
  J’ai également écrit des contes animaliers.
  En espérant que vous allez bien, et que l’inspiration est toujours au rendez-vous,
  Cordialement,
  Etienne Ruhaud
PS: Je joins le bref article que j’ai consacré à vos poèmes, et qui paraîtra incessamment sous peu dans la revue « Diérèse ».
Etienne Ruhaud
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Cher Monsieur,

Dominique Noguez a raison, c’est un titre magnifique. Et il sait donner envie de lire. Vous pouvez m’adresser l’ouvrage à l’adresse suivante :
3, avenue de XXX
75XXX PARIS

Cordialement,
Michel Houellebecq. (le 25 mai à 12h54)

UNE LECTURE DE « DISPARAÎTRE » PAR JEAN-FRANÇOIS JACQ (série « mon propre travail », n°1)

Chers lecteurs,

  Comme vous le savez, « Page paysage » est avant tout basé sur l’idée de partage, ce à quoi nous nous employons, notamment à travers l’événementiel, qui permet de présenter le travail de nos amis créateurs, mais pas uniquement. Afin de faire connaître mon propre travail littéraire et éventuellement scénaristique, j’ai décidé de créer une nouvelle série qui cette fois parle uniquement de mes livres ou du blog, sobrement intitulé « Mon propre travail ». Voici donc un premier numéro, où on pourra lire un dithyrambique article de notre ami Jean-François Jacq, dont nous avons d’ailleurs déjà parlé ici dans un article critique.

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   Je ne suis pas un lecteur ordinaire, saisi de plein fouet par l’inéluctable se profilant de page à page, hanté par le personnage de Renaud dont la descente m’est, au demeurant, éminemment familière. Ayant connu la rue à l’âge de dix-neuf ans, et ce durant plusieurs années, je ne suis absolument pas en mesure de faire preuve de complaisance à l’égard du roman d’Etienne Ruhaud. Roman, je l’avoue d’emblée, le mot me gêne. Il me dérange d’autant plus que l’auteur nous met face à une histoire romancée, et que nous en dépassons rapidement le cadre, Ruhaud nous invitant à pénétrer l’envers de ce quotidien nauséabond, se suffisant à lui seul pour n’avoir à apporter aucune explication quant aux raisons de la chute de son personnage. Lorsque le processus est en marche, rien ne peut plus l’arrêter. Et c’est l’une des grandes réussites de ce livre. Ne pas donner à comprendre. Renaud ne m’est pas donc pas étranger (d’où ce rejet à l’égard du terme roman). Je suis tout près de lui au fil de la lecture de Disparaître, à ses côtés à un point tel que je ressens exactement le vide se faire en son corps, et que je me surprends – ce qui n’est nullement mon habitude de lecteur – à en murmurer les mots, happé par la justesse de la mécanique anthropologique de Disparaître. Sachez-le. Ruhaud ne vous a pas dupé. Ruhaud de nous conter une histoire somme toute banale, puisque c’est ainsi que nous côtoyons ceux dont les corps finissent par éclater sur le pavé. Combien de morts, précisément à Thiais, carré des indigents, dans la plus grande indifférence ? Le lecteur que je suis tient à remercier l’auteur que tu es pour cet immense Disparaître, d’un point de vue littéraire, mon cher Etienne. L’auteur que je suis le considère comme frère de sang de mon récit (Hémorragie à l’errance), traitant de mes années passées à la rue. Pas un seul jour sans que je n’y pense. Et il en sera ainsi jusqu’à ma mort, jusqu’à ce qu’à mon tour, communément à Renaud, peut-être bien dans mon lit mais empreint de la même liquéfaction que ce personnage en résonance avec ce que je suis, jusqu’à ce qu’à mon tour je disparaisse. Un livre de cet acabit ? Il y a bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

L’article sur le site même de Jean-François Jacq

Notre lecture de « Fragments d’un amour suprême », par Jean-François Jacq

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