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Accueil » critique » « UNE GARANCE POUR LE VIOLONCELLE, MYLÈNE VIGNON, ÉDITIONS UNICITÉ, SAINT-CHÉRON, 2013. (ARTICLE PARU DANS « LE SALON LITTÉRAIRE » EN JANVIER 2014).

« UNE GARANCE POUR LE VIOLONCELLE, MYLÈNE VIGNON, ÉDITIONS UNICITÉ, SAINT-CHÉRON, 2013. (ARTICLE PARU DANS « LE SALON LITTÉRAIRE » EN JANVIER 2014).

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Une série d’hommages : ainsi pourrions-nous qualifier le nouveau recueil de Mylène Vignon, femme de Lettres, blogueuse, journaliste, et animatrice du site « Saisons de culture ». Reprenant, par le titre, une métaphore de Maria Elena Vieira da Silva[1], Une garance pour le violoncelle ressemble en effet d’abord à une belle suite de dédicaces, ou plutôt d’odes à diverses personnes aimées, ou à des éléments, des lieux familiers. Ainsi, page 42, lorsque l’auteure s’adresse à Nina, dans le texte « Vers Nina » : Dors/Et j’écris le poème/Pour toi/Nina/Rien que pour toi, ou encore page 24, dans le texte « Vers les saisons » : Regarder une fleur/Avant de s’en aller/Sans se retourner/Observer le printemps/La veille d’un été/Et rêver. Une large part est faite aux créateurs, musiciens et plasticiens, que la poétesse, par ailleurs critique artistique[2], prend plaisir à célébrer, non sans une certaine complicité : Paris New York/West Side Story/Bernstein/Des cris joyeux/Percent l’hiver/Neigeux (page 26).

   Aucune phrase ne semble détachée, gratuite, et chaque moment, chaque passage, raconte un instant de vie. Une histoire personnelle se déroule ainsi, au fil du livre, comme si le recueil tout entier formait une sorte d’autobiographie fragmentaire. Écrite dans une langue à la fois simple et lyrique, exempte de prosaïsme, Une garance pour le violoncelle rappelle par son style la pureté et la limpidité du haïku. Les vers libres s’enchaînent dans une secrète harmonie, en une série d’images fugaces mais précises, picturales, loin de toute abstraction, de tout hermétisme : Un cri nyctalope/Alcôve interlope/Divan de minuit/Harmonie/Bras de lune/Rivière d’étoiles/Givre/Palette de lumière/Comète (« Vers la nuit », page 33). L’ensemble laisse une impression de vivacité, de bonheur, même si la mélancolie, l’amertume pointent parfois : On chante pour ne pas pleurer (« Vers la nostalgie », page 16).

   Publié par les soins de François Mocaër, jeune éditeur riche d’un catalogue déjà fourni et varié, illustré par Adrienne Jalbert, ce bref ouvrage, profond et touchant, évoque une trouée de lumière en ce morne début d’année.

[1] Un jaune d’or … richesse/Un violet de cobalt pour la rêverie/Une garance qui fait entendre le violoncelle (Maria Elena Vieira da Silva, Testament)

[2] Cf. notamment Rencontre avec Olivier Debré suivi de La Ferveur de l’être, éditions Unicité, 2010.

PS; Retrouvez notre article sur le site « Vu d’ailleurs »:

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