PAGE PAYSAGE

Accueil » Antiquité

Archives de Catégorie: Antiquité

Publicités

« SELON SILÈNE », FRÉDÉRIC TISON, L’Harmattan, 2018.

tison

   J’aime les rois mous, les princes légers, les petits maîtres et les poètes mineurs. J’aime ces silences, ces murmures – j’entends là les silences, les murmures dans les chroniques, dans les livres célèbres ou célébrés, parmi les paroles humaines convoquées au grand banquet des opinions délébiles: n’y décèle-t-on pas cette sorte de paix blanche, de paix secrète et scintillante qui est celle d’après l’orage? Or il est des orages ignorés, au cœur du silence, qui ne font aucun bruit – j’évoque aussi le calme des pensées et des mœurs, l’absence d’ambition vulgaire, les chatoiements discrets, les rêveries précises et délicates, les propositions sans cri, l’ironie simple – mais aussi les ombres étranges et douces, les eaux qui dorment, les choses sombres, toute la menace sourde et perpétuelle de la vie; ces divinités des bois, les elfes furtifs, les fées malicieuses, peut-être dangereuses. M’attirent les coulisses, la porte dérobée, la cave ou le grenier, l’autre chemin, l’impasse apparente qui soudain, ou lentement, se révèle passage ou traversée. (p. 12-13)

46deda868f9516acb82c428abfcf7d17

Publicités

RETOUR

constanta
Hic ego qui iaceo tenerorum lusor amorum
Ingenio perii, Naso poeta, meo.
At tibi qui transis, ne sit grave quisquis amasti
Dicere: Nasonis molliter ossa cubent.

(« Chantre né des amours , et poète du coeur,
Le crime de mes vers a causé mon malheur,
O passant! Si ton coeur fut amoureux et tendre,
Dis; que d’Ovide au moins repose en paix la cendre »)

   … tel est le magnifique épitaphe inscrit sous la statue d’Ovide, sur la place centrale de Constanta, petite ville roumaine au bord de la mer Noire, bijou dace tombant hélas en ruines. Exilé par Auguste pour des motifs demeurés inconnus, l’auteur des Métamorphoses y écrivit les Tristes, suite de suppliques adressées à l’empereur, et demeurées sans réponse. Mort de chagrin en 17 ou 18 après Jésus-Christ sur la petite île de Tomis, l’homme nous a laissé quelques vers d’une lumineuse mélancolie.

  Je reparlerai peut être prochainement de mon passage sur les pas d’Ovide dans un prochain billet. Quoi qu’il en soit, je fais aujourd’hui ma rentrée anticipée, du moins sur le blog, après presque un mois d’absence. Car, comme vous vous en doutez, chers et rares lecteurs, je suis parti quelques temps. D’abord à l’Est, très à l’Est, à Bucarest puis à Sofia, en Bulgarie, puis, moins loin, en Seine-et-Marne, du côté de Fontainebleau, sur les traces du précieux Mallarmé, inhumé à Samoreau, mais aussi de Gaston Ferdière, moins connu, et d’autres poètes résistants au destin tragique.

  « Page paysage » reprend donc son cours. Je vous espère tous en forme. En attendant les prochaines agapes, voici la couverture de mon futur micro-recueil (j’ai renvoyé la maquette trois semaines), à paraître très prochainement chez la Porte.

bestiaire

 

 

 

%d blogueurs aiment cette page :