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KATERINE DU DIMANCHE

Un dimanche soir, TF1, récemment (et ouais…). Me suis infligé Le lion, mauvais film d’espionnage, navet notoire à juste titre boudé par le public mettant en scène un psychiatre (Philippe Katerine) et son patient (Dany Boon), pseudo agent secret. En couple avec une femme fatale rangée des bécanes, le psy s’embarque dans une aventure absolument débile en compagnie de l’espion, qui répond à tous les clichés du genre, en mode James Bond hexagonal. Je pense que la « comédie » (ils auraient dû enregistrer les rires), se veut second degré. C’est plus que raté. Le qualificatif est faible. Du Mocky en moins bon. C’est dire…

Me suis donc fait violence pour tenir une heure. J’aurais mieux fait d’ouvrir un livre ou de zapper pour M6, chaîne populaire mais instructive. Dans les années 2000, je croisais Katerine sur le vieux port de La Rochelle. Et je le trouvais bon, du moins dans ses chansons. Non seulement j’estime ses albums de plus en plus surfaits et potaches (au mauvais sens du terme. Le potache pouvait être sublime, comme chez Jarry). Mais je le crois médiocre comédien, à l’instar de Houellebecq, qui n’a absolument rien d’un acteur, encore que sa mise de poète maudit soit parfaitement calculée. Passons sur Dany Boon, qui m’est indifférent… Passons aussi sur l’expo mignoniste au bon marché, où Katerine expose ses machins roses, non sans humour par contre. Au fond, je ne saisis pas pourquoi l’artiste accède à un statut culte au moment où il baisse. La bobocratie? Sans me placer au-dessus du lot (car je coche une bonne partie des cases), c’est quand même de plus en plus vain. On est loin des premiers disques!

VENDREDI 27 HAHA, AN 149. OCCULTATION D’ALFRED JARRY.

Notre article sur Alfred Jarry:

JOYEUSE ANNÉE 147!

1_TAXfZ9ki1RZFTHSBL2b3ZgChers amis, chers lecteurs pataphysiciens!

 

  Bonne année 147! Samedi, votre serviteur a croisé la route de son ami Maximilian Gilessen, traducteur de Raymond Roussel en allemand, ainsi que de Fernando Arrabal, grand Satrape, rue du Volga.

 

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Fernando Arrabal, photo d’Etienne Ruhaud.

Mon article sur la rue du Volga

SURRÉALISME 34: JORGE BANDEIRA, PATAPHYSIQUE (MADE IN BRASIL)

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Mon ami pataphysicien brésilien, Jorge Bandeira, originaire de Manaus, a judicieusement repris mon portrait Facebook pour compléter son calendrier pataphysique (Alfred Jarry ayant créé un calendrier spécifique, ubuesque, au cours de sa brève existence). J’envoie des éditions françaises d’Ubu à Jorge, dans le Nordeste, et il me renvoie ses travaux, grosso modo. C’est donc avec plaisir que je vous présente son travail sur cette page, lui disant MERDRE!

PS: Et avouez que je fais quand même plus jeune sur la photo…

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RUE DU VOLGA (article paru dans « L’ami du 20ème » en septembre 2018)

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   Plus long fleuve d’Europe, la Volga devient le Volga sous la plume de Jules Verne, dans Michel Strogoff, roman des steppes sibériennes publié en 1876. La forme masculine semble donc pratiquée au XIXème siècle, ce qui explique probablement que la « Vieille Rue », ou « Ancien chemin de Montreuil », soit devenue rue du Volga et non rue de la Volga en 1877. Avec ses 3690 kilomètres, le cours d’eau russe traverse huit grandes villes, parmi lesquelles Nijni-Novgorod, Kazan, avant de se jeter dans la Caspienne, en formant le détroit d’Astrakhan. Des peuples fort divers, parmi lesquels les Tatars musulmans, les Kalmouks bouddhistes ou encore des Allemands, vivent dans son bassin. Longue de 485 mètres, la rue du Volga débute elle au 70 rue d’Avron, et s’achève au 65 boulevard Davout, exactement en face de la station de tramway « Porte de Montreuil », après le restaurant situé à l’angle.

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   Plutôt calme et résidentielle, sans commerces bruyants, la voie forme un saisissant contraste avec la rue d’Avron parallèle. Pas de monuments marquants, mais une belle petite place ombragée, à l’extrémité Ouest, avec une fontaine à caryatides de la Mairie de Paris, plantée sur un dallage qui évoque une portée musicale garnie de notes et d’une clé de sol, formée par des pavés. Évoquons également le romantique pont en meulière qui enjambe la rue, décor occasionnel pour les photographes de mode, juste avant un parc, ainsi que la minuscule section piétonnière séparant la rue des Pyrénées et la rue des Maraîchers. Outre le salon oriental El Warda ou l’Entrepôt 49, ainsi que la bar du Manoir, la rue du Volga héberge le collège de Pataphysique, installé dans un atelier, au numéro 51 A. Fondé en 1948 en mémoire d’Alfred Jarry (1873-1907), écrivain fantaisiste et auteur du célèbre Ubu-roi, régie selon des termes bien précis, l’organisation promeut des sciences inexistantes, dans un esprit absurde, humoristique, et publie la revue Viridis candela (« la chandelle verte » en latin).

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MEMOIRE DES POETES I: Alfred Jarry (1873-1907) à Bagneux (92)

Alfred_Jarry (Le Père Ubu) n’a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s’éteindre. Il va s’arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu, écrit Alfred Jarry à la romancière Rachilde le 28 mai 1906. Criblé de dettes, miné par l’alcool, malade, l’écrivain s’éteint des suites d’une fièvre tuberculeuse à l’hôpital parisien de la Charité un an et demi plus tard, soit le 1er novembre 1907. L’inventeur de la Pataphysique, qui a demandé, en guise d’ultime volonté, un cure-dent à son ami Jean Saltas, sera inhumé le surlendemain, dans la banlieue Sud, au cimetière de Bagneux, après une courte cérémonie à l’église Saint Sulpice. Il n’a alors que trente-trois ans, mais son œuvre est immense.

  D’après une souscription lancée par Alfred Valette (lui-même enterré à Bagneux) dans le numéro 252 de son journal Le Mercure de France, la dernière demeure d’Alfred Jarry se trouverait au cinquième emplacement de la cinquième rangée, dans la division 23. Aujourd’hui ne reste cependant qu’une tombe extrêmement délabrée, sans inscription. La concession étant alors temporaire, on peut hélas supposer que l’occupant actuel ne soit pas Jarry lui-même. L’hypothèse la plus probable, toutefois, c’est que l’endroit soit resté tel quel, à l’abandon, et que le poète s’y trouve encore. Mais est  ce si important? Son esprit et son humour demeurent, eux, éternels!

La tombe d’Alfred Jarry (1873-1907), au cimetière de Bagneux. Photographie personnelle.

PS: Couvrant plus de 60 hectares, le cimetière de Bagneux, accessible en métro depuis la ligne 13 (arrête Châtillon-Montrouge), comporte les tombes de nombreux autres écrivains, parmi lesquels Jules Laforgue, Rosny Aîné, Jean Rictus, Francis Carco ou Armand Olivennes. Signalons aussi, entre autres, les cinéastes Claude Berri, Jean Eustache, et Jean Vigo, les chanteuses Barbara, Louise Boyer et Gribouille. Un plan est fourni à l’entrée, mais la tombe de Jarry n’y est pas indiquée, pour les raisons évoquées plus haut.

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