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Archives Mensuelles: avril 2022

FERDINAND

« Ce que je voulais dire, c’est… Bof… Pourquoi? »

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TUTOYER SOLLERS

Éditer son propre éditeur (Paul Sanda, auteur d’une poésie puissante, spirituelle), puis son propre professeur de khâgne, Jean R., éléphanteau de décembre. Etrange sentiment d’inversion. L’homme, qui m’a fait notamment découvrir Jean Ristat ou Francis Ponge, a très exactement l’âge de mon père, dont il partage, grosso modo, les options politiques et les orientations, bien que les trajectoires demeurent fort différentes. Bizarre, aussi, de corriger au bic bleu (le rouge m’étant interdit, car trop professoral, justement), le manuscrit soumis, avant de retrouver, mardi, Jean R. directement chez lui, derrière Beaubourg, pour une séance de réflexion. On a beau parler de postérieurs, de décolletés, forcer sur le rhum, l’homme, que j’ai toujours admiré, m’impressionne encore, exerçant par-devers lui, et du fait de ses fonctions passées, une sorte d’autorité morale, intellectuelle, indépassable. Sentiment, également, d’accomplissement. Jean R. a accepté ma proposition, soit publier chez un ancien étudiant de l’âge de son fils devenu gardien de musée, dans une petite maison d’édition, un recueil tiré à 150 exemplaires (retiré au besoin), sans diffusion massive. Khâgneux un peu engoncé dans les conventions sociales, je n’osais imaginer un jour la chose. C’eût été comme tutoyer Sollers (pour lequel j’éprouve là aussi une niaise vénération, mêlée d’un peu de rancoeur générationnelle, avec ce désir de caresser comme de fouetter, verbalement s’entend, le sublime pacha), ou manger chez Houellebecq.

GUYLIAN DAI PARLE D' »ANIMAUX » SUR FACEBOOK

Auteur d’un livre consacré à John Lennon et Yoko Ono, nouvel éditeur dont nous aurons l’occasion de parler ici même, Guylian Dai évoque mon recueil sur Facebook. Un chaleureux merci!

Une monographie rassemble et classe avec force application les matériaux recueillis et un tel traité manquait, se dit-on lorsqu’on lit toutes ces fiches ; il est une boussole, empirique certes – et c’est là sa beauté –, mais une boussole et une carte pour se diriger et revenir assurément sidéré, mais vivant, peut-être, de Terres inconnues que l’on se piquerait de visiter, soi-même.

On pense, en lisant les fiches, au bestiaire en son sens du Moyen-Âge, mais aussi en son sens par métonymie, où l’on imagine voir renversé le mouvement : l’ensemble de ces animaux viendrait irriguer le roman ou le récit à écrire, au lieu d’en être de façon fictionnelle extrait.

Une bien belle expérience de lecture.

« LES CHÂTEAUX DE L’ENFANCE S’ÉLOIGNENT » (MAURICE PIALAT)

L’église orthodoxe Saint-Séraphin-de-Sarov a brûlé le 17 avril 2022.

Nichée derrière une porte cochère verte, 91 avenue Lecourbe, la petite chapelle russe Saint-Séraphin-de-Sarov n’aura donc pas résisté aux flammes, ce dimanche de Pâques. Les croyants y verront un signe. Les russophobes pratiquants (haine permise, sournoise), adeptes de la reductio ad poutinum, ne sachant distinguer un autocrate impérialiste d’une culture ancienne, si riche, s’en réjouiront lâchement, en mode mineur, sur le refrain « Bien fait! » ou « On va pas les plaindre ». Les complotistes y verront une attaque, lors qu’il ne s’agit sans doute que d’un banal incident.

N’étant ni orthodoxe, ni tsariste, ni rien du tout, j’éprouve cependant une certaine peine à imaginer l’édifice, construit par des Russes exilés, à jamais disparu. J’aimais y emmener des amis, de la famille, non pour assister aux offices, que je trouvais d’ailleurs fort beaux avec leurs choeurs de basse, leurs voix féminines, mais pour admirer l’isba consacrée au milieu du jardin, en plein centre, si incongrue et pourtant si émouvante, avec ses clochetons bleus, sortis d’un conte. C’était comme partager un coin à champignons, faire découvrir un bon restaurant, un lieu enchanteur inattendu, par-delà gaz d’échappement, foules, smartphones et tracas urbains. L’intérieur était orné d’icônes colorées, quasi naïves, tel un rêve slave.

JOYEUSES PÂQUES!

Concert dans un oeuf, Hieronymus Bosch

NUAGES COMME DES ÉLÉPHANTS BLANCS (surréalisme)

 

Glané sur Internet. Je ne lis hélas pas l’hindi. Si un lecteur peut m’aider…

BOBY LAPOINTE A CENT ANS!

Boby Lapointe est né le 16 avril 1922…

Ce soir au bar de la gare
Igor hagard est noir
Il n’arrête guère de boire
Car sa Katia, sa jolie Katia
Vient de le quitter
Sa Katie l’a quitté

Il a fait chou-blanc
Ce grand-duc avec ses trucs
Ses astuces, ses ruses de Russe blanc
Ma tactique était toc
Dit Igor qui s’endort
Ivre mort au comptoir du bar

Un Russe blanc qui est noir
Quel bizarre hasard! Se marrent
Les fêtards paillards du bar
Car encore Igor y dort

Mais près d’ son oreille
Merveille! Un réveil vermeil
Lui prodigue des conseils
Pendant son sommeil

Tic-tac, tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac, tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac, tic-tac
T’es cocu, qu’attends-tu?

Cuite-toi, t’es cocu
T’as qu’à, t’as qu’à t’ cuiter
Et quitter ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta tactique était toc
Ta tactique était toc

Ta Katie t’a quitté
Ôte ta toque et troque
Ton tricot tout crotté
Et ta croûte au couteau
Qu’on t’a tant attaqué

Contre un tacot coté
Quatre écus tout comptés
Et quitte ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté

Tout à côté
Des catins décaties
Taquinaient un cocker coquin
Et d’étiques coquettes
Tout en tricotant
Caquetaient et discutaient et critiquaient

Un comte toqué
Qui comptait en tiquant
Tout un tas de tickets de quai
Quand tout à coup
Tic-tac-tic, et brrring!

Au matin quel réveil
Mâtin quel réveille-matin
S’écrie le Russe, blanc de peur
Pour une sonnerie
C’est une belle sonnerie!

RÉSEAUX SOCIAUX (ET TEMPS PERDU)

Les gens qui n’interviennent sur ton mur que pour te corriger et te faire comprendre qu’ils suivent une sorte de doxa officielle, ayant valeur de blanc-seing moral, alors qu’ils ne commentent absolument jamais les dizaines de posts autour de la poésie et des beaux-arts… Alors certes, prendre le contre-pied de tout en se voulant transgressif tel un adolescent pénible… Mais venir te condamner en exhibant ta générosité supposée à l’égard d’un pays lointain où tu n’as jamais mis les pieds et dont tu te moques pas mal, parce que c’est la tendance du moment… Ou exclure Pierre, Paul et Tartempion parce qu’il a choisi les extrêmes et bien le faire savoir sur les réseaux, histoire de se décharger, d’exprimer sa propre intolérance refoulée… Restons décents.

« LA PRÉCESSION DES SPHÈRES » (PAUL SANDA) PAR MIGUEL-ANGEL REAL

Déjà auteur d’une note consacrée à Villes/Ciudades (anthologie bilingue franco-argentine), le poète et traducteur, Miguel-Angel Real nous livre un très bel article sur le dernier Paul Sanda, publié par nos soins dans la collection « Eléphant blanc » (éditions Unicité). Merci, à lui! Muchas gracias.

http://oupoli.fr/2022/04/la-musique-comme-une-quete/?fbclid=IwAR2R8ejWYxL11l57gXd2UMsoNHlWXGFYZI_NIyyZbla80BrpKXnR7Qfs8PQ

BIENTÔT!

Venez nous retrouver au Grand-Action, 5 rue des Ecoles, 75005 PARIS), et acheter le livre de Paul Vecchiali!

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