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Accueil » critique » « LE SUCRE DU SACRE », PATRICE MALTAVERNE, éditions Henry, collection « La main aux poètes », Montreuil-sur-Mer, 2017 (article paru dans « Diérèse » 73, été 2018).

« LE SUCRE DU SACRE », PATRICE MALTAVERNE, éditions Henry, collection « La main aux poètes », Montreuil-sur-Mer, 2017 (article paru dans « Diérèse » 73, été 2018).

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   Évoquer son mariage en poésie. La chose semble peu banale. Patrice Maltaverne l’a faite, décrivant étape par étape sa propre union, depuis « La demande en mariage », jusqu’au « Voyage de noces ». Composé de quarante petits chapitres de deux pages chacun, Le sucre du sacre forme ainsi un bref roman poétique, ou plutôt un « récit poétique », pour reprendre les termes de Jean-Yves Tadié1 ; un livre inclassable, à mi-chemin entre un lyrisme total, profond, et une trivialité soigneusement voulue. Le lecteur suit, enchanté, le périple de l’auteur-narrateur, qui décrit minutieusement les aspects les plus anodins, les plus bassement matériels de l’organisation. Ainsi du poème « Les cartons », où l’on découvre, amusé, comment les deux promis se sont échinés à concevoir des invitations : Ah j’oubliais les cartons. Les cartons d’invitation. C’est encore de l’écriture pour s’abrutir l’esprit déjà endimanché (…) L’objet se présente comme une feuille de papier épais sur laquelle suer des guirlandes de lettres bleues. (page 15). Associant lyrisme et prosaïsme, Patrice Maltaverne adopte un ton unique, très singulier, bigarré, mélange de niveaux de langage, de discours. Des références érudites, classiques, apparaissent parfois, à côté d’allusions à la culture populaire, tel cet Obélix dont le nom est repris sur le quatrième de couverture : Dans une montgolfière bicolore comme la robe d’Obélix en apesanteur sur un fleuve n’inondant jamais nos lits. Comme si on ne pouvait, ou devait parler de soi, de ce moment unique du mariage, qu’avec détachement, humour, et non de façon empesée. Une forme de drôlerie, d’incongruité, jaillit en effet, et brise la solennité écrasante du moment, permet de respirer. Une forme de tendresse, aussi, de romantisme, même, pourrait-on dire, transpire en filigrane : Et vous pouvez toujours partir à la recherche de nos bagues. Elles ont déjà comprimé nos cœurs c’est normal qu’ils éclatent (p. 59). Quelquefois, d’incroyables images, métaphores, surgissent, au milieu des phrases, autant d’éclats, de fulgurances : La blancheur sort vite des ces corps en lumière (p. 46). Poète, mais aussi éditeur, blogueur, revuiste et critique, créateur et animateur du fanzine Traction-Brabant, le Lorrain Patrice Maltaverne signe là une courte autobiographie pleine de vigueur, profondément singulière.

1 Le récit poétique, Jean-Yves Tadié, Gallimard, Paris, 1978.

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