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Accueil » Actualité littéraire » « SURVIVRE », MICHEL BUTOR, éditions AEncrages & Co, 2011 (article initialement paru dans « Diérèse » 54, automne 2011)

« SURVIVRE », MICHEL BUTOR, éditions AEncrages & Co, 2011 (article initialement paru dans « Diérèse » 54, automne 2011)

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    Michel Butor, que j’ai eu la chance de rencontrer une fois, et qui était charmant, vient de nous quitter. Ci-dessous, en guise d’hommage, un article de mon cru paru il y a six ans déjà.

survivre

   Le titre du dernier recueil de M. Butor n’a rien de programmatique. Lumineux, Survivre  célèbre le monde et le règne naturel, à la fois la Terre, les animaux, les plantes, les montagnes, mais aussi la mer, très présente dans « Jade », la deuxième partie : végétation minérale / les algues se sont crispées/ dans un glaçon chaleureux/les courants des océans. Fraîche, intuitive, la plume de Butor procède ainsi d’une sorte de panthéisme joyeux, doublé d’une foi en l’avenir, d’un irréfutable optimisme, y compris à l’égard de la technologie : des avions mieux adaptés/des fusées intelligentes/qui puissent les emporter. L’amour participe discrètement de cette fête sensuelle, de cette euphorie : Ma peau se mêle à ta peau/tes yeux coulent sur mes yeux/je vois à travers ton ventre. Seule la vieillesse, la crainte de la déchéance physique, semblent pouvoir assombrir l’horizon du paisible écrivain, bien que l’idée de mort paraisse acceptée à l’image d’une fin heureuse, le terme d’un long et beau voyage : Ce qui diminue sûrement/c’est le nombre des jours qui restent. Maelstrom de métaphores, de couleurs, Survivre est écrit dans un style limpide et pourtant sans prosaïsme. Les textes tranchent ainsi avec certaines productions actuelles, parfois presque illisibles. Essayiste anticonformiste et auteur expérimental, M. Butor choisit ici l’octosyllabe sans rime, soit une forme relativement classique, comme il le dit d’ailleurs lui-même à la fin du livre, définissant son propre art poétique avec humour : Quand on atteint les quatre-vingts/On écrit en octosyllabes/si je deviens nonagénaire/je saurai compter jusqu’à neuf. Ornée des toiles de Georges Badin, et publié par les soins d’AEncrages & Co, en Bretagne, cette plaquette est toute entière portée par l’allégresse et ouvre d’autres perspectives de lecture. Souvent réduit à son rôle de pionnier du Nouveau Roman, M. Butor se révèle également être un poète délicat et sensible, chantre de la Nature et du simple plaisir de vivre.

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