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RETOUR SUR « DISPARAÎTRE » (réflexion sommaire)

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   Parfois on se demande si on a fait quelque chose d’abouti. Je ne dis pas ça pour qu’on me rassure mais c’est une vraie question. Orné d’une photo de la gare du Nord, prise depuis la ligne 2 par mon amie Marianne Vinégla Camara, Disparaître est sorti il y a trois ans, grâce à François Mocaër et aux éditions Unicité (Gallimard avait aimé l’idée, et puis c’est tout). Dans sa préface, Dominique Noguez parlait d’un « roman de la crise ». Je demeure très touché que l’écrivain ayant fait connaître Houellebecq, grand romantique libéral de ce nouveau siècle, (et qui m’a écrit par mail après avoir reçu le livre), ait parlé en termes élogieux de ce qui se voulait d’abord un récit poétique. De fait, j’y évoquais le parcours catastrophique d’un étudiant apathique devenu précaire, à la Poste de Nanterre, de ceux qu’Aymeric Patricot appelle les « petits blancs » dans son essai éponyme, sachant que le terme est polémique (comme tout ce qui est vrai aujourd’hui). L’absence de perspective et de foi propre au personnage, l’absence de cause religieuse ou politique, constituaient le fil directeur d’un parcours tristement banal, de la banlieue Ouest jusqu’au cimetière de Thiais. Au moment de l’écriture je voulais surtout évoquer les SDF et les paysages urbains, ces paysages fer, les ensembles multiculturels de la petite ceinture. L’introduction assez rapide d’un personnage ressemblant fort au dynamique François Bon, et animant un atelier d’écriture à la fac de Limoges, ne devait rien au hasard, évidemment. Désormais certains éléments me paraissent datés.D’une part, Paris s’est encore dégradé, évidemment, et la donne terroriste a laissé son empreinte de sang. D’autre part les lieux eux-mêmes ont changé. Mon propre quartier a muté, puisque les squats y ont laissé la place aux bâtiments du Ministère, et que le tramway s’est installé, le long de Montreuil. Chinagora même, qui était alors abandonnée, et où plusieurs affaires sordides s’étaient déroulées, a été réhabilité. Les chiffres de vente du bouquin sont par contre toujours aussi faibles, mais ça c’est encore autre chose. Le prochain roman sera plus saignant, plus direct peut être plus long et plus construit aussi car certains éléments me semblent trop brefs et sommaires. Dépasser le politiquement correct ne serait pas une mince affaire. Pourtant tout est là. Parler de l’époque en vrai, sans provocation ni idée préconçue. Juste dire les choses.

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4 commentaires

  1. Laurent Dessart dit :

    Cher Étienne,

    Merci de ton sms d’aujourd’hui, 6/9, auquel je n’ai pas répondu. Trop crevé.

    Je te félicite de témoigner de son époque et de vouloir pointer là où ça fait mal.

    Les petits blancs perdus dans la misère apprécieront ta démarche, du moins ceux qui lisent encore.…

    L’autre jour, j’étais invité dans le quartier de Colonel Fabien et suis passé par la gare de l’Est, le canal de l’Ourcq et Stalingrad ; j’ai eu l’impression que la France avait sérieusement muté et que l’on approchait de graves troubles sociaux, mais aussi d’une plus grande convivialité dans l’espace public, dans les rues ! À bientôt. Je dois me reposer. Laurent D. alias Armand Kahn Illtd Sty, Mahmad & Ahmad K. Cosmic Baradari

    ________________________________

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  2. Un amateur dit :

    Bon courage pour ton prochain roman Etienne, il en faut pour construire un roman, et qui plus est pour se lancer dans un second roman, en évitant le plus possible les pièges inhérents à la suite d’un premier essai romanesque!
    En tant que lecteur de « Disparaître », j’avais envie de réagir à nouveau, j’en avais apprécié l’atmosphère, le soin apporté aux descriptions… à défaut de me reconnaître dans le personnage, malgré tout pas si « banal », et dans le portrait de ce paysage désolé…
    Une oeuvre n’est jamais, sans doute, parfaitement aboutie, du moins achevée, en tout cas jusqu’à la mort de l’auteur… ou celles de tous ses lecteurs!
    Je comprends ton émotion quant à l’éloge de Dominique Noguez… mais je t’en prie, tente -si possible- de te détacher de l’Auteur (quelles que soient tes diverses sources d’inspiration, celle-ci semble les aspirer…) que tu cites inlassablement car il risquerait par dévorer ta propre création, même si un Aymeric Patricot le rejoint… et peux-tu t’interroger vraiment sur cette formulation: « Parler de l’époque en vrai, sans provocation ni idée préconçue. Juste dire les choses. » Je me répète, moi aussi, mais enfin est-il bien raisonnable, pour ne pas rien dire de la modestie ou de l’humilité, de prétendre à une telle objectivité, rhétorique ou pas!
    Autre question, que penses-tu des écrivains contemporains qui semblent animés, en dépit de notre époque -que chacun pourra juger ou bien semblable à d’autres époques ou bien pires que certaines époques… au fond peu importe?- par une « vision croyante », je pense en particulier à Sylvie Germain, bien connue mais sans doute peu lue…?
    Cordialement,
    un amateur…

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