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Accueil » Abeille Jacques » LA GUERRE ENTRE LES ARBRES, Jacques Abeille, Cadex, 1997 (note de lecture parue dans « Diérèse » 50 à l’automne 2010)

LA GUERRE ENTRE LES ARBRES, Jacques Abeille, Cadex, 1997 (note de lecture parue dans « Diérèse » 50 à l’automne 2010)

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  Sensuelle, sensible, la plume de Jacques Abeille explore mieux qu’aucune autre le désir et les plaisirs physiques. Lyrique et sobre à la fois, l’auteur bordelais décrit avec précision les joies du corps, explorant la bien aimée, objet de fantasmes : pose ton cul sur ma face / de tes poils sombres abrase mon nez (…) / mouille moi (p. 14). Les métaphores fusent, les images s’entremêlent, dans une harmonie légèrement brouillonne, ou du moins dominée par l’orgie des sens. Vue, ouïe et odorat paraissent se confondre dans une synesthésie joyeuse, dionysiaque. Volontiers panthéiste, J. Abeille rapproche le coït du retour des saisons, dans la forêt, cette « circulation des sèves inouïes » chère à Rimbaud : les charmes poussent au ciel / leurs brèves feuilles que torréfie l’orage / une senteur de foutre suave / engorge la grande allée (p. 15). Liaison, apaisement, l’acte sexuel devient aussi affrontement, théâtre de violence, semblable en cela aux cycles végétaux, à la « guerre entre les arbres » : chacun lutte, en quelque sorte, pour retrouver un espace vital, avant de se confondre en l’autre.

  Tantôt en vers libres, tantôt en prose, Abeille sait épouser le rythme de l’union, tout en restant évitant l’écueil de la pornographie.La fête charnelle n’a effectivement rien de vulgaire, de trivial, et la tendresse s’exprime à travers chaque page, de façon voilée : j’aurai voulu / sur moi tes mains / ton souffle / le châle de ton regard / les étoiles de ta voûte(p.28). Publié en 1997 par les soins de Cadex, orné des vulves feuillues de Jean-Gilles Badaire, ce mince recueil reste un bel hommage à la Femme, à la manière des blasons Renaissance. Placée sous le signe d’Eros, ces petits textes gardent quelque chose d’intemporel, célébrant l’Amour, la jouissance, soit la vie en elle-même, le bonheur d’être au Monde.


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