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BLOGORAMA 24: « HOUELLEBECQ AU MILIEU DES GOUFFRES HUMAINS »

…. Où nous retrouvons Michel Houellebecq! Un blog fort intéressant, glané au hasard de mes pérégrinations électroniques, et concocté par une doctorante du Québec. Beaucoup d’articles très riches autour de l’écrivain français le plus célèbre de son temps. Je reproduis ci-dessous l' »A-propos ». Comme toujours, le site sera référencé dans mon propre blogroll (sites amis), et je mets le lien à la fin du résumé.

Soumission

 

   Isabelle Dumas est doctorante à L’Université de Montréal en littératures de langue française en cotutelle avec Paris 3-Sorbonne Nouvelle. Elle est également chargée de cours à l’U. de Montréal depuis 2013. Ses études doctorales portent sur l’oeuvre de Marcel Proust (voir http://www.marcelproustrecherche.wordpress.com) et sont financées par le FRQSC. Elle est spécialiste des romans de Houellebecq (M.A. de l’Université du Québec à Rimouski, études financées par la bourse Joseph-Armand-Bombardier du CRSH), est auteure d’un roman (Disloc) ainsi que de quelques nouvelles, et s’intéresse de près à la création littéraire. Elle a donné des conférences sur Proust et Houellebecq à Rimouski, à Montréal et à Longueuil, et a participé à plusieurs colloques au Québec et en France où elle a présenté des communications sur Proust et Houellebecq. Elle a publié des articles et des comptes rendus dans des ouvrages collectifs (coll. Classiques Garnier) et dans des revues (dont Histoires littéraires, @nalyses et Découvrir). Elle est aussi depuis 2013 responsable bénévole du comité des expositions du Groupe de peintres Alizarin, fondé en 1984. Elle est curieuse, fonceuse, et engagée à faire vivre, dans la mesure de ses moyens, la littérature.
« Houellebecq au milieu des gouffres humains » est un blogue, créé en juillet 2013, entièrement consacré à l’écrivain français. Il propose des analyses, des actualités, des critiques d’ouvrages, des citations commentées, des photos (dont des clichés inédits) ainsi que des liens vers des entrevues avec l’auteur, des articles de presse, etc. (rubrique « Blogroll »).
Courriel : isadumas.udem@gmail.com

« LES SURRÉALISTES » 2,  JACQUES HÉROLD (JACQUES BLUMER), 1910-1987 

 

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« Vénus anadyomène à l’approche de Cythère », vers 1930.

 

 

MÉMOIRE DES POÈTES XVI: GEORGES MÉLIÈS (1861-1938), Cimetière du Père-Lachaise, division 64 (article paru dans Diérèse 70, printemps-été 2017)

   Georges_Melies_tomb

   Marie-Georges Jean Méliès, dit Georges Méliès, naît le 8 décembre 1861 à Paris, au 49 boulevard Saint-Martin, dans le 3ème arrondissement, au sein d’une famille très aisée de fabricants de chaussures. Après des études au lycée Michelet de Vanves, puis à Louis-le-Grand, il effectue son service militaire à Blois. Bien qu’aucune trace écrite ne subsiste, la légende veut que l’appelé ait fréquenté le prestidigitateur Robert Houdin dans sa propriété de Saint-Gervais-la-Forêt. Revenu à la vie civile, Georges Méliès, qui désire devenir peintre, travaille quelques temps chez son père, et y apprend des rudiments de mécanique. En 1883, envoyé à Londres pour perfectionner son anglais, le jeune homme vend des corsets dans un grand magasin de confection, et en profite pour apprendre la prestidigitation auprès David Devant, comédien dont il réalise les décors, à l’Egyptian Hall. Revenu à Paris, il épouse Eugénie Génin, riche pianiste d’origine hollandaise, et se produit avec elle à la galerie Vivienne et au cabinet fantastique du musée Grévin notamment. Parallèlement, il poursuit une carrière de journaliste et de caricaturiste, notamment au journal antiboulangiste La Griffe, détenu par son cousin Adolphe Méliès. En 1888, fort des 500 000 francs rapportés par l’héritage familial, Méliès rachète son théâtre à la veuve de Robert Houdin, au 8 boulevard des Italiens. S’y produisent alors de célèbres illusionnistes tel le professeur Carmelli (1850-1919), qui passe pour être d’une habileté inégalée, mais aussi Okita, au style japonisant, au milieu des somptueux décors d’Houdin embellis par Méliès, et peuplés d’incroyables automates. Les soirées s’achèvent par des projections de photographies, sur des plaques en verre, dans une sorte d’ambiance poétique. Parallèlement, Méliès fonde en 1891 l’Académie de Prestidigitation, qui changera plusieurs fois de nom, et qui contribuera à donner un véritable statut à la profession .
Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n’a aucun avenir commercial ! lui aurait dit l’un des frères Lumière, ou leur père (les versions divergent), lors de la première projection du Cinématographe, le 28 décembre 1895, à l’Hôtel Scribe, 14 boulevard des Capucines, à Paris. Désirant racheter le brevet de l’invention, Méliès essuie un refus poli, mais ferme. Comprenant quel est le formidable potentiel de l’outil, il achète donc le procédé de l’Isolatographe des Frères Isola (inhumés au cimetière des Batignolles) et le projecteur Theatograph commercialisé par son ami londonien, l’opticien et cinéaste Robert William Paul (1869-1943), avant de fonder sa propre société de production, la Star Films. Le 5 février 1896, à trente-quatre ans, Méliès diffuse ainsi ses propres œuvres, très inspirées par celles des Frères Lumière, dans son propre théâtre. Une seconde vie commence.
L’homme n’a plus seulement envie de filmer le réel, des scènes de rue, mais invente des scénarios, des histoires courtes. Il découvre également le procédé du collage, ancêtre du montage moderne, notamment dans Escamotage d’une dame au théâtre Robert-Houdin, en 1896. Ayant fondé le premier studio de cinéma français dans sa propriété montreuilloise, Méliès filme sa propre équipe théâtrale, des gens trouvés dans la rue, des danseuses devant des décors peints, et bâtit un atelier spécial pour colorier ses images. Passant fréquemment de l’autre côté de la caméra, Méliès devient ainsi une sorte d’athlète complet, tour à tour réalisateur, producteur, scénariste, machiniste et décorateur. Il va jusqu’à réinventer sur pellicule les actualités auxquelles il n’a pu assister, avec le Sacre du roi Édouard VII notamment . Pas moins de six-cents petits « voyages à travers l’impossible » sont ainsi tournés entre 1896 et 1914, autant de petits sketchs poétiques, étonnants, de quelques minutes, généralement projetés dans des foires.
On retient aujourd’hui de cette période essentiellement L’Affaire Dreyfus, Barbe bleue et surtout l’incroyable Voyage dans la Lune. Tourné en 1902 et devenu un classique, Remportant un franc succès, d’une durée de seize minutes (ce qui, pour l’époque, reste exceptionnel), décrivant une merveilleuse aventure dans l’espace, le court-métrage est salué outre-Atlantique. Très admiratifs, les Américains n’hésitent toutefois pas à pirater les bobines, au point que la Star Films ouvre une succursale à New-York, dirigée par Gaston Méliès, frère de Georges, afin de contrôler la diffusion. Ce dernier n’hésite pas à rédiger un article dans la presse, menaçant de poursuivre tous les contrefacteurs. Hélas rien n’y fait. En ce qui me concerne, ne croyez pas que je me considère rabaissé en m’entendant traité dédaigneusement d’artiste, car si vous, commerçants (et rien d’autres, donc incapables de produire des vues de composition), vous n’aviez pas des artistes pour les faire, je me demande ce que vous pourriez vendre, déclare Méliès à l’époque. Les mots sont magnifiques, mais cruellement révélateurs : ne possédant pas le sens des affaires, le cinéaste perd ses procès face au géant Edison, qui profite d’une histoire de brevet, obtenu sur le sol américain, pour exploiter en toute tranquillité le Voyage dans la Lune, et le manque à gagner est important. Les difficultés commencent : ne parvenant pas à rivaliser avec les grosses sociétés de production, Méliès perd le contrôle éditorial sur ses œuvres au profit de Pathé, qui devient dès 1911 distributeur officiel de Star Films. La femme de l’artiste décède deux ans plus tard. Devenu un simple cinéma, le théâtre Robert-Houdin doit fermer lors de l’entrée en guerre, en 1914, sur ordre préfectoral. Placé dans une situation financière extrêmement critique, Méliès monte, avec l’aide de sa famille, un théâtre, puis un cabaret d’opérette, dans sa propriété de Montreuil. L’aventure dure huit ans, de 1915 à 1923, avant qu’un créancier ne se présente. Pathé rachète la demeure, et tous les films disparaissent, vendus à des forains, ou détruits par Méliès, dans un acte de désespoir. On brûle les bobines pour en extraire l’argent, ou pour en faire du celluloïd, destiné à la confection de talonnettes, pour les Poilus. Ironie de l’Histoire : nous connaissons aujourd’hui les films de Méliès grâce aux copies piratées et aux contrefaçons yankees.
La banlieue entière s’est figée dans le décor préféré du film français. À Montreuil, le studio de Méliès a été démoli. Ainsi merveilles et plaisirs s’en vont, sans bruit, déclare mélancoliquement Maurice Pialat dans L’Amour existe, longue prose filmique autour de la banlieue parisienne. Ruiné, amer, Méliès épouse Jeanne d’Alcy (de son vrai nom Charlotte Faës), en 1925. Ensemble, le couple tient une boutique de confiseries et de jouets, gare Montparnasse, tout en recevant des chèques de Bernard Nathan . En 1929, le journaliste Léon Druhot le retrouve et le fait sortir de l’oubli. En 1932, Méliès et son épouse sont accueillis au château d’Orly, maison de retraite de la Mutuelle du cinéma. L’artiste meurt du cancer le 21 janvier 1938, à l’âge de soixante-seize ans. Il repose désormais avec sa femme dans la division 64, dans une tombe blanche portant la mention professionnelle « créateur du spectacle cinématographique », sous un buste signé Gavinelli. Située dans la division 64, non loin du mur de clôture Ouest du cimetière, régulièrement fleurie et ornée de vieilles pellicules, la sépulture figure sur le plan fourni à l’accueil.
Alchimiste de la lumière, pour reprendre les termes de Chaplin, Méliès aura donné son nom à plusieurs rues, à plusieurs établissements et à plusieurs cinémas (à Montreuil et à Toulouse notamment), fait l’objet de nombreux hommages et expositions, et inspiré le groupe électro Air . En leur temps, les surréalistes eux-mêmes ont contribué à découvrir, ou plutôt à redécouvrir, le travail de l’artiste. Fasciné, le réalisateur allemand Hans Richter (1888-1976), a ainsi grandement contribué à sortir Méliès de l’ombre. En février 1937 on projette à nouveau des films de Méliès dans diverses salles. Il est de plus en plus apprécié par la « nouvelle vague » d’alors et par les jeunes poètes. Le Festival est placé sous la présidence d’Edmond Jaloux et se tient à la brasserie Lux, rue de Rennes, près de la gare Montparnasse. Là, sur un papier à en-tête de la Brasserie, le dessinateur Gea Augsbourg brosse un croquis de Méliès, chapeau sur la tête. La feuille est bientôt couverte de signatures : André Breton, Paul Éluard, Maurice Fombeure, Louis Aragon… cet hommage spontané cause une grande joie à grand-père : se voir reconnu comme l’un des leurs par les surréalistes, quelle surprise à soixante-seize ans ! témoigne ainsi Madeleine Malthête-Méliès, dans le livre consacré à son père . De fait, l’univers onirique, décalé, expérimental, du magicien, ne pouvait que fasciner ces jeunes esprits enthousiastes, tournés vers le rêve, l’imaginaire. Bien que n’ayant évidemment jamais participé au mouvement, Méliès semble, indirectement, l’annoncer, et Breton évoque d’ailleurs son cinéma primitif dans une conférence prononcée le 2 mai 1938 à Mexico, quelques jours après la disparition de l’intéressé.

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Photographie Etienne Ruhaud

 

(BREF) HOMMAGE À LOUIS-FRANÇOIS DELISSE (1931-2017)

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    En flânant sur Facebook, J’ai appris hier la disparition de Louis-François Delisse, à l’âge de 85 ans, au mois de février. Je ne connaissais pas l’homme à titre privé, mais j’avais échangé quelques lettres avec lui. Louis-François Delisse, qui avait enseigné au Niger, s’y était marié, résidait à l’hospice d’Ivry depuis plusieurs années, et poursuivait son activité littéraire, en marge de tous les circuits. Enfant terrible de la poésie française, il avait connu Henri Michaux, Raymond Queneau. Citons notamment ce très beau dossier sur le site « Poezibao ».

Hommage à Louis-François Delisse sur le site « Poezibao » (cliquer sur le lien)

Regrets

Voilà des mois que je n’ai vu la lune
Que je n’ai vu une épaule pressée
de ma main nue frémir et fleurir
une cuisse s’épancher de bas en haut

Voilà des ans que je n’ai fait l’ange
à deux ventres que je n’ai enjambé
de jambes ni de ruisseaux
pleuré sur l’œillet d’un nombril
et la marguerite double au bas
d’une tige légère

Voilà des lunes que je n’ai vu la lune
décocher du fond profond des bois
la flèche d’un beau plaisir
Que comme un mort je bats le bas
des haies le ras des herbes

ni fleurs ni couronnes Que je remonte
mon slip serre ma ceinture
boutonne mon pardessus par-dessus
ce corps devenu mon tombeau :
lune, galet du ciel os de mes yeux…

29 XII 1997

(Editions La Morale merveilleuse, 1998)

« À UN MOMENT DONNÉ », Thierry Radière, éditions Tarmac, 2016 (article paru dans « Diérèse » 70, printemps-été 2017)

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   Un recueil intimiste : ainsi pourrions-nous qualifier l’ouvrage. Publié chez Tarmac, la toute jeune maison nancéenne dirigée par Jean-Paul Goiri, ce bref volume au titre évocateur retranscrit effectivement une série d’instants précis, comme autant de réminiscences propres à l’auteur. De la première nouvelle, qui raconte un accident routier, à la dernière, qui cette fois parle d’un ascenseur bloqué et d’une étonnante rencontre, chaque intrigue plonge ses racines en des réminiscences plus ou moins lointaines, parfois dans de minuscules souvenirs, décrits avec précision. Car le style demeure essentiellement introspectif : écrits à la première personne, les différents textes du volume explorent minutieusement les pensées, le ressenti du narrateur. Dans « L’océan », ainsi, Thierry Radière parle d’un singulier souvenir d’enfance, ces quelques secondes où sa sœur a manqué de se noyer, alors que lui-même restait sur la plage à se prélasser : Valérie s’assit sur la serviette, au bord du trou que j’avais creusé quelques minutes auparavant, mit ses jambes dedans et me demanda de l’enterrer jusqu’à la taille, pour sentir comment ça faisait d’avoir une moitié du corps au soleil et l’autre moitié sous le sable. Le ton est absolument sincère, puisqu’il s’agit de tout dire, sans fard, d’évoquer de la façon la plus vraie possible, la plus authentique, l’angoisse de l’évènement, de ces quelques minutes où tout aurait pu basculer. Le style est quant à lui  à la fois sobre, dépouillé et subtil, net et précis. Ressuscité, revivifié, par la magie d’une phrase harmonieuse, sonnant juste, le passé ressurgit, devient présent. Nous ressentons ainsi pleinement l’anxiété du garçonnet qui manque de perdre un être cher, qui chute dans une bouche d’égout, cette fois dans « L’épicerie ».

  Nouvelliste, romancier, poète, auteur de nombreux livres mais aussi blogueur[1], Thierry Radière, qui enseigne l’anglais à Fontenay-le-Comte en Vendée, signe là un ouvrage à la fois léger et profond, dans un genre négligé par la grosse artillerie littéraire.

 

[1] « Sans botox ni silicone » : http://sbns.eklablog.com

ÉVÈNEMENTIEL DE JUILLET

Chers amis,

  Peu de choses à annoncer pour ce nouveau mois. Juillet/août constitue généralement une période de vaches maigres.

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   Signalons d’abord l’extraordinaire Festival du Film de La Rochelle, qui, pour sa 45ème édition, présentera notamment une rétrospective Hitchock et Tarkovski. Le réalisateur Volker Schlöndorff est également attendu. Arnold Schwarzenegger, le talentueux acteur de Terminator , devenu gouverneur de Californie, sera également à l’honneur. L’occasion de découvrir des nouveaux talents, des surprises, des films en avant-première. Hélas je ne pourrai pas m’y rendre.

Le site du festival du film de La Rochelle (cliquer sur le lien)

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  Signalons, pour rester dans le domaine cinématographique, le prochain numéro des « Projos de Greta », séances organisées par la talentueuse Julie Chaux, rappeuse et réalisatrice. Un ensemble de court-métrages vous sera ainsi présenté au Café de Paris, le mardi 18 juillet, autour d’une thématique historique (à partir de 19h30, 158 rue de Paris, 75011 PARIS, métro Ménilmontant). L’occasion de découvrir des jeunes, des bleus ou des déjà confirmés.

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   Pour rester dans le onzième, signalons le traditionnel Cénacle du Cygne, qui, comme chaque fois, se tiendra au bar La Cantada II (13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant), le dernier jeudi du mois (soit le 27 juillet) à partir 20h30. Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, l’évènement accueillera notamment Jean Hautepierre, que nous avons déjà évoqué ici, mais aussi votre serviteur, venu lire ses délires animaliers, le comique YG, et bien d’autres.

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   Évoquons enfin la rétrospective consacrée à l’artiste britannique David Hockney au Centre Pompidou. Ouverte le 21 juin, l’exposition se poursuivra jusqu’au 31 octobre 2017.

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