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ÉVÉNEMENTIEL DE MARS 2018 (ADDENDUM)

salon livre paris

Chers amis, chers lecteurs,

   Je serai a priori présent le samedi 17 mars au Salon du Livre de Paris, au parc d’exposition Porte de Versailles. J’y présenterai brièvement le roman La douce histoire du triste éléphant, livre que j’ai chroniqué précédemment. Rendez-vous donc au pavillon de la Roumanie, entre 14 et 15 heures, en compagnie de l’auteure, Diana Adamek, professeure de littérature à l’université de Cluj-Napoca.

Notre article sur « La douce histoire du triste éléphant » (cliquer sur le lien)

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   Je viendrai également au Salon de l’Autre livre, dans le XIème arrondissement (métro Charonne), le lendemain, à une heure indéterminée. Si vous passez dans le coin… er10@hotmail.fr

Le site du salon de l’autre Livre (cliquer sur le lien)

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   De son côté, l’auteure Silène Edgar, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler sur le blog, fera la tournée des salons franciliens, à travers plusieurs dates. Nous contacter pour plus de précisions, toujours à la même adresse (er10@hotmail.fr):

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  • Le 11 mars, au Salon du roman historique de Levallois.
  • Les 17 et 18 mars au Salon du livre de Paris (14h30-16h le samedi / 11h-12H le dimanche). Avec Paul Beorn
  • Les 24 et 25 mars au Salon du livre jeunesse d’Eaubonne.
  • Le 4 avril, en dédicace à la librairie ‘Jeux Lis là’ (7ème) avec Aude Marzin (17 rue du Champ de Mars, 75007 PARIS, 01 44 18 38 77)Salon_Levallois_11_03_0
  • eaubonne
  • Librairie-Je-ux-Lis-Lyy

MÉMOIRE DES POÈTES XXI: GUILLAUME APOLLINAIRE (1880-1918), CIMETIÈRE DU PÈRE-LACHAISE, DIVISION 86 (article paru dans « Diérèse » 71, hiver 2017)

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   Guillaume Apollinaire naît à Rome le 26 août 1880, d’une mère originaire de Lituanie (pays qui appartient alors à la Russie), issue de la noblesse polonaise, qui entretient alors une relation avec Francesco Flugi d’Aspermont, un lieutenant italien. Déclaré né de père inconnu et de mère voulant rester anonyme, le futur poète reçoit d’abord le nom de Dulcigny, avant d’être reconnu par Angelica Kostrowtizka, sous le nom de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandroi Apollinare de Kostrowitzky. Son demi-frère, Alberto Eugenio Giovanni, naît en 1882. Installée en 1887 à Monaco, Angelica officie comme entraîneuse au casino, et se voit arrêtée, puis fichée par la police. Placé en pension au collège Saint Charles, dirigé par les frères maristes, puis au lycée Stanislas de Cannes, et enfin au lycée Masséna de Nice, Guillaume, pourtant bon élève échoue au baccalauréat. En 1899, on le retrouve en compagnie de son frère, à Stavelot, en Wallonie. Ce bref séjour de trois mois, qui s’achève le 16 octobre « à la cloche de bois » (dépourvu d’argent, les deux jeunes gens partent sans payer les frais d’hôtel), marque durablement l’imaginaire du jeune homme, qui évoquera la Belgique à travers plusieurs textes, jusqu’à emprunter certains termes au dialecte local. Arrivé à Paris en 1900, il fréquente les cercles littéraires et la bibliothèque Mazarine, mais, réduit à la précarité, se résout à passer un diplôme de sténographie, avant d’effectuer divers travaux alimentaires de secrétariat. Engagé comme nègre pour rédiger le roman feuilletonesque Que faire?, l’écrivain, qui n’a pas été payé, se venge en séduisant la jeune maîtresse du commanditaire, un avocat bohême du nom d’Henry Esnard.
Auteur d’un premier article publié par le journal satirique Tabarin, Apollinaire publie ses poèmes dans La Grande France, en septembre 1901, sous le nom de Wilhelm Kostrowitzky. Il réside alors en Allemagne, où il reste jusqu’en août 1902, pour officier en tant que précepteur auprès de la fille d’Élinor Hölterhoff, vicomtesse de Milhau, veuve d’un comte français. C’est là qu’il rencontre l’Anglaise Annie Playden, jeune gouvernante qui l’éconduit. Profondément amoureux, Apollinaire retournera voir deux fois Annie à Londres par la suite, avant que celle-ci ne parte pour les États-Unis en 1905. « La chanson du mal-aimé », ainsi que les neuf textes de « Rhénanes », témoignent de cette douloureuse expérience outre-Rhin.
Revenu à Paris, à la fois journaliste à L’Européen et employé de banque, il publie de nombreux contes et poèmes en revue, adoptant alors le pseudonyme d’Apollinaire, d’après son propre prénom, et en référence à Apollon, dieu grec de la poésie. En 1903, il créé également Le Festin d’Ésope, mensuel dont il est rédacteur en chef, et dans lequel on retrouve Alfred Jarry, ou encore André Salmon notamment. Ayant rencontré la peintre Marie Laurencin en 1907, il connaît sept ans durant une relation orageuse, chaotique, mais parvient peu à peu à vivre de sa plume, tout en fréquentant assidûment les cercles artistiques, pour côtoyer Pablo Picasso, André Derain, ou encore Le Douanier Rousseau, qui le représentera en compagnie de son amie. Il se fait alors un nom en tant que critique et conférencier, et contribue à théoriser le cubisme, mouvement radicalement nouveau. Apollinaire, qui vit alors rue Léonie à Paris, publie Les onze mille verges et Les exploits d’un jeune Dom Juan, deux œuvres érotiques signées de ses initiales, « G.A. ». En décembre 1909 paraît L’Enchanteur pourrissant, son premier livre « officiel », tiré à cent exemplaires par le galeriste Daniel-Henry Kahnweiler (inhumé dans la 90ème division) et illustré des bois de Derain. Œuvre de jeunesse, ce recueil de contes fantastiques peuplés de personnages issus de la saga arthurienne, comme Merlin, Morgane ou la fée Viviane, ravira les surréalistes, qui en loueront les qualités d’invention. Il s’agit peut-être néanmoins, avant tout, d’un hommage aux légendes classiques de l’Occident, dans une relecture très personnelle, pour ne pas dire autobiographique, puisqu’Apollinaire y parle à la fois du mystère des origines et des pouvoirs secrets du poète, inspiré et menacé par la passion amoureuse. L’auteur, qui entre temps a déménagé à Auteuil, écrit dans le quotidien L’Intransigeant, et, en octobre 1910, rate de peu le prix Goncourt avec son recueil L’Hérésiarque et Cie, nouveau recueil de contes fantastiques. En mars 1911 paraissent son célèbre Bestiaire, orné des œuvres de Raoul Dufy, ainsi que Le Cortège d’Orphée. Parallèlement, il tient une chronique de la vie aléatoire pour Le Mercure de France.

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Tout bascule le 7 septembre 1911. Apollinaire, qui a accepté de conserver chez lui les statues phéniciennes qu’un ami a dérobées au Louvre , se trouve accusé de complicité dans le vol de la Joconde, et jeté en prison, à la Santé, pour cinq jours, expérience traumatisante qui lui inspire plusieurs poèmes magnifiques. Cela ne l’empêche pas de fonder la revue Les Soirées de Paris en 1912. Accompagné de ses amis André Billy et André Salmon notamment, Apollinaire y publie de nombreuses critiques d’art, articles et notes, et devient rédacteur en chef l’année suivante. Déprimé par sa rupture avec Marie Laurencin, qui ne supporte plus sa jalousie, l’homme n’en poursuit pas moins une activité frénétique, et publie, en français et en italien, L’Antitradition futuriste, hommage au mouvement transalpin initié par Antonio Marinetti. En 1913 sort son livre le plus célèbre, somme de ses meilleurs poèmes, d’abord publiés dans la presse, depuis 1898. Alcools, qui ne comporte volontairement pas de ponctuation, s’ouvre par « Zone », célébration de la ville moderne, qui rappelle notamment « Les Pâques à New-York » de son nouvel ami Blaise Cendrars. Apollinaire, qui est retourné vivre à Paris, écrit également un essai sur le cubisme, ainsi qu’un nouveau roman libertin, La Rome des Borgia, tout en s’enthousiasmant pour les toiles de Matisse et de son ami Douanier-Rousseau. Il se rend à Londres en compagnie de ses amis Francis Picabia (1879-1953, inhumé au cimetière Montmartre), puis à Berlin avec Robert Delaunay (1885-1941), pour admirer les toiles de Georges Braque.
La guerre éclate fin juillet 1914. Apollinaire, qui fréquente alors les cercles de Montparnasse en compagnie du caricaturiste André Rouveyre, et qui compose ses premiers calligrammes, tente de s’engager mais voit sa demande ajournée par le conseil de révision. Il part alors pour Nice, où sa seconde demande, déposée en décembre 1914, sera finalement acceptée. Peu après son arrivée, au cours d’un déjeuner au restaurant, il croise Louise de Coligny-Châtillon, dite Lou (1881-1963, inhumée au cimetière de Passy), femme divorcée qui mène une vie libre chez sa belle-sœur, à la villa Baratier. Très épris, Apollinaire est d’abord éconduit, avant que Lou ne lui accorde ses faveurs. Tous deux vivent alors une relation torride, et Lou vient rejoindre le poète-soldat à Nîmes, où il fait ses classes, non sans lui révéler qu’elle aime un autre homme surnommé « Toutou ». Une magnifique correspondance, plus tard regroupée sous le titre de Lettres à Lou, naît de leur passion. De très beaux poèmes (d’abord publiés sous le titre Ombres de mon amour puis de Poèmes à Lou) naissent de cette passion charnelle. Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d’hier soir, j’éprouve maintenant moins de gêne à vous l’écrire. Je l’avais déjà senti dès ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et beaux yeux de biche m’avaient tant troublé que je m’en étais allé aussi tôt que possible afin d’éviter le vertige qu’ils me donnaient, déclare ainsi Apollinaire dans une lettre du 28 septembre 1914. Cet amour total ne semble néanmoins pas totalement partagé. Toujours folle de « Toutou », Lou décide de rompre la veille du départ d’Apollinaire pour le front, en mars 1915. Les anciens amants demeurent amis. Citons ces quelques vers, d’une éblouissante beauté :

Nîmes, le 17 décembre 1914

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne
Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons
Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et prompts
Mais près de moi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage
Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi
Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d’un obus qui éclate au nord
Je t’aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flancs sur qui ruent les étoiles

   Parti avec le 38ème régiment d’artillerie de campagne pour le front de Champagne le 4 avril 1915, Apollinaire, emporté par la fièvre patriotique, continue à écrire, malgré les difficultés de la vie militaire, et publie deux nouveaux romans érotiques. Il envoie aussi de nombreuses lettres à ses amis et à Lou, ainsi qu’à Yves Blanc, jeune poétesse montpelliéraine qui deviendra sa marraine de guerre , et à Madeleine Pagès (1892-1965) professeure de Lettres à Oran, rencontrée dans le train le 2 janvier, à laquelle il se fiancera. Nommé maréchal des logis après une formation, Apollinaire profite de sa première permission pour passer Noël en compagnie de Madeleine, en Algérie. Il obtient la nationalité française le 9 mars 1916, mais, huit jours plus tard, reçoit un éclat d’obus à la tête dans une tranchée près de Reims, alors qu’il lit le Mercure de France. Évacué à Paris, trépané le 9 mai, il entame une longue convalescence, et, très épuisé, rompt toute relation avec Madeleine Pagès, qui restera vieille fille. Fin octobre, la parution du Poète assassiné, ultime recueil de contes, sera suivie d’un mémorable banquet, organisé par des amis. Philippe Soupault et André Breton, qui considèrent Apollinaire comme un voyant considérable, voient en lui le précurseur de leur mouvement. C’est d’ailleurs Apollinaire lui-même qui invente le terme de « surréalisme » à travers Les mamelles de Tirésias, pièce étonnante, féministe et antimilitariste, censée se passer à Zanzibar, publiée en 1918 par les éditions Sic, et représentée une première fois le 24 juin 1917 sur une mise en scène de Pierre Albert-Birot (1876-1967), dans une ambiance particulièrement houleuse (Jacques Vaché, accompagné de Theodor Fraenkel, aurait menacé la salle avec un révolver. Le jeune Louis Aragon, de son côté, fait un compte-rendu extrêmement élogieux du texte). Déclaré inapte pour le front depuis mai, le poète, qui est affecté à la Censure par le Ministère de la Guerre, publie en 1918 un poème intitulé « La jolie rousse», dédié à Jacqueline Kolb, sa nouvelle compagne, épousée le 9 mai, tandis que sort le recueil Calligrammes, au Mercure de France. Promu lieutenant le 28 juillet, et travaillant cette fois au bureau de presse du Ministère des Colonies, il passe trois semaines avec Jacqueline dans le Morbihan, avant de rentrer dans la capitale, et de poursuivre un intense travail littéraire, et scénaristique. Affaibli par sa blessure, il décède toutefois à son domicile, 202 boulevard Saint-Germain, le 9 novembre 1918, vraisemblablement de la grippe espagnole. Détail troublant : dans la rue, tandis qu’il agonise, les Parisiens crient « À mort Guillaume ! », en référence au Kaiser Guillaume II, qui a abdiqué le même jour. Il est inhumé le 13 novembre, et déclaré « mort pour la France ».

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Apollinaire, par Jacques Cauda.

   En 1921, ses amis constituent alors un comité afin de réaliser un beau monument funéraire, et récoltent 30 450 francs suite à une vente d’œuvres d’art. Trois projets de pierre tombale, dont deux proposés par Picasso, sont abandonnés. C’est finalement le travail de Serge Férat (ami d’Apollinaire inhumé au cimetière de Bagneux), qui est retenu. Disparu à trente-huit ans seulement, le poète repose désormais sous un impressionnant menhir en granit orné d’un crucifix, à côté de Jacqueline (1891-1967). On peut y lire trois strophes issues du poème « Collines », ainsi qu’un calligramme en forme de cœur, constitué de tessons de bouteilles verts et blancs : mon cœur pareil à une flamme renversée. La sépulture est toujours ornée de morceaux de papier griffonnés, de tickets de métro, de fleurs, ultimes hommages à un poète mort trop jeune, au terme d’une vie passionnée.

 

NB : La tombe est indiquée sur le plan, fourni à l’entrée du cimetière.

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ÉVÉNEMENTIEL DE DÉCEMBRE 2017

Chers lecteurs,

  La vie littéraire, artistique, se poursuit, malgré la pluie, malgré le froid. Quelques éléments nouveaux, donc, pour ce dernier évènementiel de l’année 2017. Le mois de novembre a vu le nombre de visiteurs augmenter. Quelques nouveaux abonnés, parmi lesquels un jeune poète et un ufologue, que je ne nommerai pas. Un premier visiteur irakien, également, ce qui constitue évidemment une agréable surprise. Mais venons en aux faits!

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Pétrarque, par Jacques Cauda. 

  Réalisateur, écrivain, peintre, illustrateur, notre ami Facebook Jacques Cauda expose depuis le 1er décembre, avec d’autres artistes, à la librairie « Équipages », au 61 rue de Bagnolet, 75020 PARIS (métro Porte de Bagnolet). Les éditions Tinbad, chez lesquels l’homme a publié Comilédie, sont également présentes. Venez donc avant le 31.

 

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La conteuse Karine Leroy en pleine action.

 

   Mardi 12 décembre à 20h, Karine Leroy viendra interpréter « Les Contes de la lune verte » au Bouffadou, 93 rue des Vignoles 75020 Paris (métro Maraîchers). L’entrée est libre, et un chapeau circulera dans la soirée. Chacun peut également amener quelque chose à boire ou à manger. Ambiance conviviale. (Métro Maraîchers ou Alexandre Dumas, bus 26 64, station Orteaux)

Site de la conteuse Karine Leroy

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   Le 16 décembre, notre lecteur et ami surréaliste franco-québécois David Nadeau, animateur de la revue La vertèbre et le rossignol, présentera ses Poésies complètes à la librairie Saint Jean-Baptiste, 565 rue Saint Jean, dans la belle ville de Québec, de l’autre côté de l’Atlantique, à partir de 17 heures. Je suis déjà allé à Québec à l’occasion d’un festival de poésie (ce qui a d’ailleurs été évoqué sur le blog), mais hélas pour le coup je ne pourrai pas être présent. Je le signale néanmoins à l’attention de mes amis canadiens, puisque certains semblent suivre « Page paysage ».

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  Organisé par notre ami Pascal Mora, le traditionnel café-poésie de Meaux se tiendra lui ce même 16 décembre. Tout est indiqué sur cette belle affiche. Je serai de la partie (pour la première fois!)

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  Organisé par notre ami poète, l’increvable Marc-Louis Questin, alias Lord Mandrake, le prochain Cénacle du cygne se tiendra le jeudi 28 décembre, peu après Noël, à partir de 20 heures, à La Cantada II, 13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant. Je serai présent. Pas de thèmes imposés, cette fois-ci. Freestyle, comme disent les Anglo-Saxons et les jeunes!

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  Dans notre événementiel de novembre, nous évoquions le groupe pictave « Wallack », en plein essor. Vous pouvez d’ores et déjà soutenir leur projet en achetant le disque à sortir en janvier, soit le mois prochain, via la plateforme Ulule (suivre le lien ci-dessous). Un don de 10 euros vous permettra d’acquérir le produit. Plusieurs extraits sont disponibles sur Internet.

     Avant de vous souhaiter à tous de bonnes fêtes de fin d’année (avec un peu d’avance, il est vrai), évoquons le court-métrage Gypsies, par notre ami Stéphane Rizzi. Le tournage commence aujourd’hui même, dimanche 3 décembre, en Seine-Saint-Denis. Je suis à titre privé très fier d’en être le dialoguiste non exclusif, et d’avoir signé mon premier contrat de production il y a maintenant deux semaines. On retrouvera dans ce petit film notamment l’actrice syro-égyptienne Nanda Mohammad. Notre précédent travail, Cantate/macabre, ayant rencontré un certain succès (dans le milieu underground indépendant), on espère qu’il en ira de même pour cette histoire.

  Et joyeux Noël!!

 

 

 

CINÉ-CLUB 8: « HÔTEL DES INVALIDES » (GEORGES FRANJU), 1951

  Déjà le 22 novembre. Il y a quelques jours, nous célébrions comme chaque année l’armistice de 14-18. Et à l’heure où Au revoir là haut, le film de Dupontel, fait un tabac dans les salles, poursuivons notre cycle « Franju » en diffusant ce court-métrage tourné en 1951 au Musée de l’Armée, réquisitoire contre les horreurs de la guerre. Pas de sang, pas de combats, ou presque. Juste le commentaire, terrible, dit par Michel Simon, sur une musique de Maurice Jarre.

ÉVÉNEMENTIEL DE NOVEMBRE 2017 (addendum)

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   Le 27 novembre, à 19h30, une soirée « Art brut » est prévue chez « Atout livres » (203 bis avenue Daumesnil, 75012 PARIS, station Daumesnil). Reprenons simplement la description de la librairie.

   Le gazouillis des éléphants (ed Sandre) : un livre fantastique sur l’art brut ! Un tour de France des réalisations les plus improbables, des jardins, maisons et espaces privés « artistiquement modifiés » !
   Ni universitaire ni conservateur de musée, Bruno Montpied mène depuis les années 1980 des recherches sur l’art brut. Collaborateur de nombreuses revues (Raw Vision, Plein Chant, Création Franche…), il est aussi l’auteur du remarqué Éloge des jardins anarchiques (L’Insomniaque, 2011, livre désormais épuisé, qui a donné lieu à une cinquantaine d’interventions dans des médiathèques à travers la France) et l’animateur du site « Le Poignard subtil », qui fait référence dans ce domaine.
Il prépare Le Gazouillis des éléphants depuis une vingtaine d’années.

  Il va de soi que j’en serai. Me contacter par mail ou par téléphone si intéressé (e)!

ÉVÉNEMENTIEL DE NOVEMBRE 2017

Chers amis,

   Un mois de novembre chargé, au sens positif du terme, s’annonce. Et l’événementiel sera riche.

revue salon

  Signalons tout d’abord le 27ème salon de la revue, qui se tiendra, comme chaque année, dans le Marais, à l’espace des Blancs-Manteaux, et réunira nombre de périodiques intéressants, parmi lesquels notamment Empreinte de mon amie Claude Brabant, infatigable chantre de l’art brut, et première secrétaire du regretté Guy Debord.. Les indications se trouvent sur la photo ci-dessus. Je m’y rendrai moi-même le samedi 11, après 18H30.

autre livre

   Une semaine plus tard, au même endroit exactement, se tiendra le Salon de l’autre Livre, qui regroupe des éditeurs indépendants. A voir, donc, pour les auteurs en quête de maison. La liste complète des structures présentes se trouve sur le site même de l’association.

Site web de l’association « L’autre livre » (cliquer sur le lien)

meaux

  Signalons, comme chaque mois, le traditionnel Café Poésie de Meaux, animé par notre ami Pascal Mora, maintes fois évoqué ici. Comme toujours, chacun peut venir lire ses textes à partir de 10h30, le samedi 18 novembre, donc, au dernier étage de la médiathèque Luxembourg, 1 rue Cornillon.

cénacle cygne

   Autre évènement incontournable, pour ceux qui suivent, le Cénacle du Cygne, animé par Marc-Louis Questin, se tiendra comme d’habitude au 13 rue Moret, dans le sous-sol du bar « La Cantada II ». Nous y retrouverons danseurs, cinéastes, auteurs et magiciens, autour d’une soirée consacrée au Moyen-Âge. Venez donc (j’y serai pour lire quelques poèmes!), le 23 novembre à partir de 20h30.

chat de mars

Avec sa couverture toute noire, la revue « Chats de Mars » contient de riches illustrations en noire et blanc. L’objet s’obtient auprès de Julien Boutreux, contre quelques timbres seulement.

    Comme indiqué dans le dernier billet, la revue tourangelle Chats de mars 4 est parue, et ne coûte que quelques timbres, à envoyer à Julien Boutreux (jlboutreux@gmail.com)

nadeau

   De l’autre côté de l’Atlantique, notre ami, le jeune poète franco-québécois David Nadeau, animateur de la revue La vertèbre et le rossignol, très marqué par le surréalisme, vient de sortir un recueil regroupant tous les textes écrits entre 2006 et 2016. L’ouvrage peut se commander sur le site éditorial Lulu.com.

Cliquer sur le lien pour acheter le livre de David Nadeau.

radière

   J’ai oublié d’en parler le mois dernier (l’événementiel était déjà préparé), mais l’écrivain vendéen Thierry Radière que nous avons évoqué au détour d’une note de lecture (pour son recueil de nouvelles intitulé À un moment donné), a publié le 2 octobre un livre de poésie, aux éditions belges « Les Carnets du Dessert de Lune ». Préfacé par notre ami Denis Montebello, et illustré par Virginie Dolle, l’ouvrage est vendu 12 euros. Ci-dessous un bref extrait:

AUX DÎNERS DES RATS 

   Qu’aurais-je fait seul au milieu des fruits et légumes avec des voix incompréhensibles chuchotant derrière mon dos ? Bien sûr l’homme survit à tout ou presque et peut se représenter l’infini où qu’il soit, mais après sa boisson vite bue et les quelques mètres de marché parcourus de long en large et plusieurs fois, il reste le temps à vivre que l’imagination ne peut faire à sa place. Les marchands sont des habitués ; les clients endimanchés. Le vendeur de poulets rôtis laissera comme à l’accoutumée une petite pomme de terre dans la sauce du sac chaud que nous prendrons et poserons délicatement au fond du chariot rouge après l’avoir réglé. Nous ne la mangerons pas cette unique patate. Elle ira à la poubelle, seule, rejoindre les restes du repas et la carcasse de l’oiseau cuit. Avec un pincement au cœur de déchet mal à l’aise, je laisserai la compassion faire son travail de digestion en pensant aux dîners des rats les yeux grands ouverts.

Pour commander le livre de Thierry Radière (cliquer sur le lien)

 

wallack

  Une fois n’est pas coutume, diffusons un peu de musique. Guitariste/chanteur du groupe pictave Wallack, mon camarade d’études et ami Cyprien Tillet annonce la sortie d’un album studio en janvier. Dès à présent, goûtez le son du single « White noise », directement sur le site de Wallack, qui se produira notamment le vendredi 17 novembre au café-concert « Le plan B », à 20h30, au 30-32 boulevard du Grand Cerf à Poitiers. Je ne pourrai hélas être de la partie.

Site officiel du Wallack.

  Voilà. On se quitte avec une image prise dans le jardin des Tuileries, par un dimanche clair et ensoleillé d’octobre, à l’occasion de la FIAC (Art contemporain). « Jamais un coup de dés n’abolira le hasard » (Mallarmé dixit).

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« Mushroom dice », GIlles Barbier, 2017. Photographie de Saghi Sam.

 

 

CINÉ-CLUB 6: « LE SANG DES BÊTES », GEORGES FRANJU, 1949.

  Nous continuons notre série « hommage à Franju » à travers la rubrique « Ciné-club » en diffusant cette fois-ci Le sang des bêtes, court-métrage réalisé en 1949, mettant en scène les abattoirs de Vaugirard et de Pantin. Loin d’être un carnivore invétéré, ou un sadique, Franju capte la violence du geste avec une précision chirurgicale. Une sorte de prouesse, pour un réalisateur féru de surréalisme, connu essentiellement pour son chef d’œuvre, Les Yeux sans visage.

ÉVÉNEMENTIEL DE SEPTEMBRE 2017

Chers amis, chers lecteurs,

   Juste trois évènements à annoncer en ce mois, grisâtre, de septembre 2017. Et trois évènements franciliens (de surcroît):

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  • Signalons tout d’abord les « Projos de Greta ». Deux projos pour le prix d’une, c’est possible ce mois-ci. Réalisatrice, chanteuse, Julie Chaux nous donne un double rendez-vous pour présenter les courts-métrages de jeunes créateurs généralement méconnus, débutants:
    – Lundi 11 septembre à 20h30 (précises) au cinéma Saint-André-des-Arts: « Une séance nommée désir », la crème de sa sélection de ces 5 dernières années, pour seulement 5€
    – Mardi 19 septembre dès 19h30 Au « Café de Paris » pour Les Projos de Greta, autour de la thématique « Arrêt sur mirage » (entrée gratuite).
    Au plaisir de vous y accueillir !

 

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Votre serviteur au Cénacle du Cygne, fin août.

 

  • Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, le traditionnel « Cénacle du Cygne » se tiendra comme chaque dernier jeudi du mois, à la Cantada II, bar métal s’il en est, au 10 rue Moret, dans le onzième arrondissement (métro Ménilmontant ou Oberkampf). La thématique en sera les vampires. Et nous accueillerons notamment Jacques Sirgent, spécialiste des créatures et directeur/fondateur du musée de vampires, aux Lilas, ou encore Jean Hautepierre, Jean-Yves Gaudin, que nous avons déjà évoqués ici. Je n’interviendrai pas personnellement mais la programmation sera riche. Le jeudi 28 septembre à partir de 20h30, à la Cantada II.

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  • Organisé cette fois par notre ami Pascal Mora, le prochain Café poésie de Meaux aura lieu le samedi 23 septembre à partir de 10h30 à la médiathèque Luxembourg (2 rue Cornillon, 77100 MEAUX, 01 83 69 00 90). Chacun peut lire et dire ses textes. Chaque rencontre sera dédiée à la lecture de quelques textes d’un poète renommé. Cette fois : Charles Baudelaire. Je pense être présent. N’hésitez donc pas à me contacter (07 50 89 83 24, er10@hotmail.fr)

 

MÉMOIRE DES POÈTES XVI: GEORGES MÉLIÈS (1861-1938), Cimetière du Père-Lachaise, division 64 (article paru dans Diérèse 70, printemps-été 2017)

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   Marie-Georges Jean Méliès, dit Georges Méliès, naît le 8 décembre 1861 à Paris, au 49 boulevard Saint-Martin, dans le 3ème arrondissement, au sein d’une famille très aisée de fabricants de chaussures. Après des études au lycée Michelet de Vanves, puis à Louis-le-Grand, il effectue son service militaire à Blois. Bien qu’aucune trace écrite ne subsiste, la légende veut que l’appelé ait fréquenté le prestidigitateur Robert Houdin dans sa propriété de Saint-Gervais-la-Forêt. Revenu à la vie civile, Georges Méliès, qui désire devenir peintre, travaille quelques temps chez son père, et y apprend des rudiments de mécanique. En 1883, envoyé à Londres pour perfectionner son anglais, le jeune homme vend des corsets dans un grand magasin de confection, et en profite pour apprendre la prestidigitation auprès David Devant, comédien dont il réalise les décors, à l’Egyptian Hall. Revenu à Paris, il épouse Eugénie Génin, riche pianiste d’origine hollandaise, et se produit avec elle à la galerie Vivienne et au cabinet fantastique du musée Grévin notamment. Parallèlement, il poursuit une carrière de journaliste et de caricaturiste, notamment au journal antiboulangiste La Griffe, détenu par son cousin Adolphe Méliès. En 1888, fort des 500 000 francs rapportés par l’héritage familial, Méliès rachète son théâtre à la veuve de Robert Houdin, au 8 boulevard des Italiens. S’y produisent alors de célèbres illusionnistes tel le professeur Carmelli (1850-1919), qui passe pour être d’une habileté inégalée, mais aussi Okita, au style japonisant, au milieu des somptueux décors d’Houdin embellis par Méliès, et peuplés d’incroyables automates. Les soirées s’achèvent par des projections de photographies, sur des plaques en verre, dans une sorte d’ambiance poétique. Parallèlement, Méliès fonde en 1891 l’Académie de Prestidigitation, qui changera plusieurs fois de nom, et qui contribuera à donner un véritable statut à la profession .
Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n’a aucun avenir commercial ! lui aurait dit l’un des frères Lumière, ou leur père (les versions divergent), lors de la première projection du Cinématographe, le 28 décembre 1895, à l’Hôtel Scribe, 14 boulevard des Capucines, à Paris. Désirant racheter le brevet de l’invention, Méliès essuie un refus poli, mais ferme. Comprenant quel est le formidable potentiel de l’outil, il achète donc le procédé de l’Isolatographe des Frères Isola (inhumés au cimetière des Batignolles) et le projecteur Theatograph commercialisé par son ami londonien, l’opticien et cinéaste Robert William Paul (1869-1943), avant de fonder sa propre société de production, la Star Films. Le 5 février 1896, à trente-quatre ans, Méliès diffuse ainsi ses propres œuvres, très inspirées par celles des Frères Lumière, dans son propre théâtre. Une seconde vie commence.
L’homme n’a plus seulement envie de filmer le réel, des scènes de rue, mais invente des scénarios, des histoires courtes. Il découvre également le procédé du collage, ancêtre du montage moderne, notamment dans Escamotage d’une dame au théâtre Robert-Houdin, en 1896. Ayant fondé le premier studio de cinéma français dans sa propriété montreuilloise, Méliès filme sa propre équipe théâtrale, des gens trouvés dans la rue, des danseuses devant des décors peints, et bâtit un atelier spécial pour colorier ses images. Passant fréquemment de l’autre côté de la caméra, Méliès devient ainsi une sorte d’athlète complet, tour à tour réalisateur, producteur, scénariste, machiniste et décorateur. Il va jusqu’à réinventer sur pellicule les actualités auxquelles il n’a pu assister, avec le Sacre du roi Édouard VII notamment . Pas moins de six-cents petits « voyages à travers l’impossible » sont ainsi tournés entre 1896 et 1914, autant de petits sketchs poétiques, étonnants, de quelques minutes, généralement projetés dans des foires.
On retient aujourd’hui de cette période essentiellement L’Affaire Dreyfus, Barbe bleue et surtout l’incroyable Voyage dans la Lune. Tourné en 1902 et devenu un classique, Remportant un franc succès, d’une durée de seize minutes (ce qui, pour l’époque, reste exceptionnel), décrivant une merveilleuse aventure dans l’espace, le court-métrage est salué outre-Atlantique. Très admiratifs, les Américains n’hésitent toutefois pas à pirater les bobines, au point que la Star Films ouvre une succursale à New-York, dirigée par Gaston Méliès, frère de Georges, afin de contrôler la diffusion. Ce dernier n’hésite pas à rédiger un article dans la presse, menaçant de poursuivre tous les contrefacteurs. Hélas rien n’y fait. En ce qui me concerne, ne croyez pas que je me considère rabaissé en m’entendant traité dédaigneusement d’artiste, car si vous, commerçants (et rien d’autres, donc incapables de produire des vues de composition), vous n’aviez pas des artistes pour les faire, je me demande ce que vous pourriez vendre, déclare Méliès à l’époque. Les mots sont magnifiques, mais cruellement révélateurs : ne possédant pas le sens des affaires, le cinéaste perd ses procès face au géant Edison, qui profite d’une histoire de brevet, obtenu sur le sol américain, pour exploiter en toute tranquillité le Voyage dans la Lune, et le manque à gagner est important. Les difficultés commencent : ne parvenant pas à rivaliser avec les grosses sociétés de production, Méliès perd le contrôle éditorial sur ses œuvres au profit de Pathé, qui devient dès 1911 distributeur officiel de Star Films. La femme de l’artiste décède deux ans plus tard. Devenu un simple cinéma, le théâtre Robert-Houdin doit fermer lors de l’entrée en guerre, en 1914, sur ordre préfectoral. Placé dans une situation financière extrêmement critique, Méliès monte, avec l’aide de sa famille, un théâtre, puis un cabaret d’opérette, dans sa propriété de Montreuil. L’aventure dure huit ans, de 1915 à 1923, avant qu’un créancier ne se présente. Pathé rachète la demeure, et tous les films disparaissent, vendus à des forains, ou détruits par Méliès, dans un acte de désespoir. On brûle les bobines pour en extraire l’argent, ou pour en faire du celluloïd, destiné à la confection de talonnettes, pour les Poilus. Ironie de l’Histoire : nous connaissons aujourd’hui les films de Méliès grâce aux copies piratées et aux contrefaçons yankees.
La banlieue entière s’est figée dans le décor préféré du film français. À Montreuil, le studio de Méliès a été démoli. Ainsi merveilles et plaisirs s’en vont, sans bruit, déclare mélancoliquement Maurice Pialat dans L’Amour existe, longue prose filmique autour de la banlieue parisienne. Ruiné, amer, Méliès épouse Jeanne d’Alcy (de son vrai nom Charlotte Faës), en 1925. Ensemble, le couple tient une boutique de confiseries et de jouets, gare Montparnasse, tout en recevant des chèques de Bernard Nathan . En 1929, le journaliste Léon Druhot le retrouve et le fait sortir de l’oubli. En 1932, Méliès et son épouse sont accueillis au château d’Orly, maison de retraite de la Mutuelle du cinéma. L’artiste meurt du cancer le 21 janvier 1938, à l’âge de soixante-seize ans. Il repose désormais avec sa femme dans la division 64, dans une tombe blanche portant la mention professionnelle « créateur du spectacle cinématographique », sous un buste signé Gavinelli. Située dans la division 64, non loin du mur de clôture Ouest du cimetière, régulièrement fleurie et ornée de vieilles pellicules, la sépulture figure sur le plan fourni à l’accueil.
Alchimiste de la lumière, pour reprendre les termes de Chaplin, Méliès aura donné son nom à plusieurs rues, à plusieurs établissements et à plusieurs cinémas (à Montreuil et à Toulouse notamment), fait l’objet de nombreux hommages et expositions, et inspiré le groupe électro Air . En leur temps, les surréalistes eux-mêmes ont contribué à découvrir, ou plutôt à redécouvrir, le travail de l’artiste. Fasciné, le réalisateur allemand Hans Richter (1888-1976), a ainsi grandement contribué à sortir Méliès de l’ombre. En février 1937 on projette à nouveau des films de Méliès dans diverses salles. Il est de plus en plus apprécié par la « nouvelle vague » d’alors et par les jeunes poètes. Le Festival est placé sous la présidence d’Edmond Jaloux et se tient à la brasserie Lux, rue de Rennes, près de la gare Montparnasse. Là, sur un papier à en-tête de la Brasserie, le dessinateur Gea Augsbourg brosse un croquis de Méliès, chapeau sur la tête. La feuille est bientôt couverte de signatures : André Breton, Paul Éluard, Maurice Fombeure, Louis Aragon… cet hommage spontané cause une grande joie à grand-père : se voir reconnu comme l’un des leurs par les surréalistes, quelle surprise à soixante-seize ans ! témoigne ainsi Madeleine Malthête-Méliès, dans le livre consacré à son père . De fait, l’univers onirique, décalé, expérimental, du magicien, ne pouvait que fasciner ces jeunes esprits enthousiastes, tournés vers le rêve, l’imaginaire. Bien que n’ayant évidemment jamais participé au mouvement, Méliès semble, indirectement, l’annoncer, et Breton évoque d’ailleurs son cinéma primitif dans une conférence prononcée le 2 mai 1938 à Mexico, quelques jours après la disparition de l’intéressé.

ÉVÈNEMENTIEL DE JUILLET

Chers amis,

  Peu de choses à annoncer pour ce nouveau mois. Juillet/août constitue généralement une période de vaches maigres.

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   Signalons d’abord l’extraordinaire Festival du Film de La Rochelle, qui, pour sa 45ème édition, présentera notamment une rétrospective Hitchock et Tarkovski. Le réalisateur Volker Schlöndorff est également attendu. Arnold Schwarzenegger, le talentueux acteur de Terminator , devenu gouverneur de Californie, sera également à l’honneur. L’occasion de découvrir des nouveaux talents, des surprises, des films en avant-première. Hélas je ne pourrai pas m’y rendre.

Le site du festival du film de La Rochelle (cliquer sur le lien)

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  Signalons, pour rester dans le domaine cinématographique, le prochain numéro des « Projos de Greta », séances organisées par la talentueuse Julie Chaux, rappeuse et réalisatrice. Un ensemble de court-métrages vous sera ainsi présenté au Café de Paris, le mardi 18 juillet, autour d’une thématique historique (à partir de 19h30, 158 rue de Paris, 75011 PARIS, métro Ménilmontant). L’occasion de découvrir des jeunes, des bleus ou des déjà confirmés.

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   Pour rester dans le onzième, signalons le traditionnel Cénacle du Cygne, qui, comme chaque fois, se tiendra au bar La Cantada II (13 rue Moret, 75011 PARIS, métro Ménilmontant), le dernier jeudi du mois (soit le 27 juillet) à partir 20h30. Organisé par notre ami Marc-Louis Questin, aka Lord Mandrake, l’évènement accueillera notamment Jean Hautepierre, que nous avons déjà évoqué ici, mais aussi votre serviteur, venu lire ses délires animaliers, le comique YG, et bien d’autres.

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   Évoquons enfin la rétrospective consacrée à l’artiste britannique David Hockney au Centre Pompidou. Ouverte le 21 juin, l’exposition se poursuivra jusqu’au 31 octobre 2017.

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