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MEMOIRE DES POETES XII, LARS BO (1924-1999), division 87 du Père-Lachaise (columbarium)

Photo de Christopher Lancaster, tous droits réservés.

Photo de Christopher Lancaster, tous droits réservés.

DIVISION 87 :
Situé au sommet de la colline, dans la partie Est (non loin de la porte Gambetta), le crématorium et le columbarium occupent toute la surface de la quatre-vingt septième division, soit environ 4900 mètres carrés. En 1883, le conseil municipal de Paris en confie la conception à l’architecte Jean-Camille Formigé (1845-1926). Les travaux durent plus de vingt ans, et le lieu est d’abord dédié à l’élimination des déchets provenant des hôpitaux. Il faut encore attendre la loi du 15 novembre 1887 pour que la crémation humaine soit autorisée, et le 30 janvier 1889 pour qu’un corps soit officiellement incinéré, ce qui est une première en France. Longtemps marginale, cette pratique n’est tolérée par l’église catholique qu’en 1969, et, avant cette date, relève généralement du choix idéologique. Militants de gauche, syndicalistes, anarchistes, libres penseurs et francs-maçons optent ainsi pour la crémation par anticléricalisme. Plus tragique peut être, les premières victimes du sida, tels les intellectuels Jean-Paul Aron (1925-1988), Guy Hocquenghem (1946-1988), préfèrent qu’on brûle leur dépouille, pour, pensent-ils, éliminer toute trace du virus. Notons également la forte représentation de personnes d’origine étrangère, présence qui peut être diversement appréciée. Avec cinq fours, le crématorium réalise aujourd’hui près de 5000 crémations sur demande des familles par an, et 2500 crémations administratives par an, contre seulement 49 en 1889. C’est dire si les mentalités ont changé. Par-delà l’évolution des mœurs et le phénomène de déchristianisation, le choix de la crémation, nettement moins onéreuse que l’inhumation, repose aussi sur des motifs d’ordre financier.
Actuellement, les cendres des défunts sont bien souvent remises à leurs proches, ou dispersées dans la 77ème section, sur la pelouse ombragée du jardin cinéraire. Nombre de personnes choisissent toutefois de reposer dans le columbarium. Construit suite à une délibération du Conseil municipal, en 1890, le premier columbarium, placé le long du mur d’enceinte du cimetière, ne compte au départ que 300 cases environ. Développé sur quatre faces, autour du crématorium, pour reprendre les termes de Formigé, le nouveau columbarium regroupe ensuite 600 cases en 1893, 850 en 1895, et enfin 40800 environ, réparties sur plusieurs niveaux : deux en sous-sol, et deux à l’extérieur. L’ensemble crématorium et columbarium se compose ainsi maintenant de quatre ailes, entourant une chapelle de goût néo-byzantin, constituée de bandes horizontales en pierre blanches et noires, disposées de manière successive pour former un édifice bicolore, surmonté d’un vaste dôme de gré et de brique, orné des vitraux de Carl Mauméjean (1888-1957), flanqué de trois petites demi-coupoles et de deux grosses cheminées. Le sculpteur franco-polonais Paul Landowski (1875-1961), auteur du célèbre Christ monumental de Rio de Janeiro, a lui réalisé, entre 1943 et 1954, Le retour éternel, magnifique bas-relief d’une des cinq pièces souterraines destinées aux familles. Le lieu est inscrit aux monuments historiques depuis le 17 janvier 1995.

Lars Bo en compagnie de ses parents. Tous droits réservés.

Lars Bo en compagnie de ses parents. Tous droits réservés.

LARS BO, (case numéro 18581) :
Né le 29 mai 1924 à Kolding, dans le Jutland, d’un père architecte et aquarelliste amateur, Lars Bo étudie d’abord à l’université des Arts appliqués de Copenhague, puis auprès du peintre figuratif Peter Rostrup Bøyesen (1882-1952), au Statens Museum for Kunst , avant d’intégrer l’École danoise de design, de 1941 à 1943. Ses dessins paraissent alors dans la presse. Résistant, Lars Bo gagne Odense, sur l’île Fionie, puis, après la guerre, voyage en Europe, pour finalement s’installer à Paris, dès 1947. Il y apprend la gravure auprès d’Albert Flocon (de son vrai nom Albert Mentzel, 1909-1994) et de Johnny Friedlaender (1912-1992), tous deux Allemands et antinazis à l’Atelier de l’Ermitage, et parfait sa formation à l’Atelier 17, créé par Stanley William Hayter (1901-1988). Ayant exposé en Suède et dans son pays natal, Lars Bo se lance dans une carrière d’illustrateur, en 1952, tout en collaborant, un temps, au journal Le Monde. Il connaît alors un très vif succès, et ses images accompagnent des auteurs très variés, tels Voltaire, Nerval, Robert Giraud (1921-1997), Boris Vian (1929-1959), ou encore son compatriote Hans Christian Andersen. Également écrivain, il publie le roman fantastique, toujours inédit en français, Det vidunderlige hus i Paris (La merveilleuse maison de Paris), en 1954, ainsi que deux livres pour enfants : Sous les yeux de l’Afrique, carnet de chasse et L’Oiseau de Lune. En 1969, il retourne à Copenhague et réalise les décors du Lac des Cygnes sur une chorégraphie de Flemming Flindt, pour le théâtre national. Reconnue aux États-Unis, dans toute l’Europe et au Japon, son œuvre, qui compte plus de 400 gravures, est très proche, par ses thématiques, par le primat de l’imaginaire, du surréalisme. Lars Bo nous a quittés le 21 octobre 1999.

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