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Archives d’Auteur: ETIENNE RUHAUD

« LE CANON SANDA », ODILE COHEN-ABBAS, ÉDITIONS UNICITÉ, COLLECTION « ÉLÉPHANT BLANC », SORTIE FIN MAI 2021.

Editeur, essayiste féru d’occultisme et d’alchimie, Paul Sanda est aussi et d’abord poète. Habitée par les vers de l’intéressé, Odile Cohen-Abbas en explore les moindres aspects recueil après recueil, en adoptant un point de vue personnel, c’est-à-dire sensible, vrai, loin des exégèses universitaires desséchantes. Le résultat est surprenant, émouvant: cent pages de prose passionnée, comme si la lecture attentive engendrait une nouvelle furor lyrique.

… Bientôt, dans la collection « Eléphant blanc » créée et dirigée par Etienne Ruhaud aux éditions Unicité, l’essai d’Odile Cohen-Abbas dédié à la poésie de Paul Sanda. Une dédicace sera par organisée dans le cadre du festival « Quartier du livre », sous la présidence de Laure Adler, à la mairie du Vème arrondissement, vendredi 4 juin à 15 heures. Nous y reviendrons.

EDITIONS UNICITE | ROMANS | POESIE | ESSAIS | HISTOIRE | TEMOIGNAGES (editions-unicite.fr)

« LA MÉMOIRE NÉCROPOLITAINE », COURT-MÉTRAGE DE JAMES FRACHON (SÉRIE : MÉMOIRE DES POÈTES)

Photographe, spécialiste de l’histoire des cimetières, artiste, créateur de monuments funéraires, André Chabot a imaginé sa propre tombe au Père-Lachaise, en sculptant son propre appareil, de marque Leica. Portrait du créateur et de sa femme, Anne Fuard, par James L. Frachon, (Mygale Films 2021).

Notre article sur le livre d’André Chabot, Mes pères sous les draps verts:

« MES PÈRES SOUS LES DRAPS VERTS , ANDRÉ CHABOT, éditions Galerie Koma, Mons, Maison de la culture de Tournai, La mémoire nécropolitaine, 2013. (article à paraître dans « Diérèse  72, printemps 2018) « «PAGE PAYSAGE (wordpress.com)

Le site d’André Chabot:

Accueil – André CHABOT (andrechabot.com)

DIÉRÈSE 81 (été 2021)

Sous le patronage de Daniel Martinez, le Diérèse nouveau est en route! Outre la poésie contemporaine, les traductions et les textes libres, retrouvez mes chroniques autour du surréalisme ainsi que quatre notes de lecture de mon cru. Les différents articles seront mis en ligne ici même au fil du temps. Pour être précis:

  • deux notes biographiques autour des poètes plasticiens Théodore Koenig et Paul Jean Revel
  • quatre critiques littéraires autour de Didier Ayres (H.P.), Paul Sanda (Sept fragments immanents pour une alchimie poétique), Radu Bata (Le Blues roumain) et Claire Boitel (Vitamines noires).

Retrouvez une présentation plus complète sur le blog dédié:

Diérèse 81 : Diérèse et les Deux-Siciles (hautetfort.com)

Pour commander Diérèse, envoyer un chèque de 19,90 euros (15 euros + 4,90 euros de frais de port), à Daniel Martinez, 8 avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière. L’abonnement (3 numéros annuels) est de 45 euros.

La revue sortira fin mai, aux alentours du 30.

« CONFINÉS DANS LE NOIR », MURIELLE COMPÈRE-DEMARCY, ÉDITIONS DU PORT D’ATTACHE, MARSEILLE, 2021 (CITATION)

Illustration de couverture; Jacques Cauda

Monde endommagé, corps crevés,

Monde surchargé, vie virtuelle

Vies covidées, mal préparées

Coronavirus, un fusible

A sauté, le monde disjoncte

Nos corps grillés, franc court-circuit

Le temps, sportif, saute à la corde

La corde saute autour de nous

L’impatience saute, trépigne

_ Et nous appartiendrons-nous encore?

_ Où survivre? Quand être libre?

Humanité anonymée

Vie covidée avec la mort

à ses côtés maman est morte

Avec la mort, seule, en personne

à ses côtés maman est morte

Son deuil résonne comme un linceul

Vide vie covidée et sans

Personne maman m’man est morte

J’ai mal au ventre ma m’man morte.

Pour commander le recueil, s’adresser à Jacques Lucchesi:

Éditions du Port d’Attache (editionsduportdattache.blogspot.com)

HAÏKU DE JARNAC

Comme une envie de chasser le mammouth

en compagnie d’Helmut

du côté d’Solutré…

THIAIS, SUITE ET FIN (réflexion personnelle)

Le cimetière fut construit par Auguste Perret en 1929.

Avec un ami, nous étions mercredi dernier dans le tristissime cimetière parisien de Thiais, pour retrouver les dernières sépultures de surréalistes qui figureront dans mon essai. Lieu de dernier repos des marginaux, d’étrangers (parmi lesquels Zog 1er roi d’Albanie), d’anciens miliciens, ou tout simplement de familles pauvres… Imaginé par Auguste Perret, le portail massif a quelque chose de rétro-futuriste et rappelle Le Havre, surtout sous la pluie. Trouvé la dernière demeure, en pleine terre, d’un peintre pourtant reconnu. Trouvé, comme toujours, des gens aux patronymes amusants, mais je me suis fixé pour règle de ne jamais diffuser d’images d’inconnus, par respect pour la mémoire, et parce que les gens ont droit au silence (les artistes/écrivains étant des personnalités publique, c’est différent). Cette exploration des nécropoles n’est pas un but en soi, puisqu’il s’agit d’abord d’évoquer des oubliés, ou des créateurs variés. Je dois désormais terminer la rédaction.

L’ENFANT ET LE 4éme MONDE « LIVE » (THE CHILD AND THE 4TH WORLD « LIVE »), GÉRARD PAPE (INTERLUDE MUSICAL).

Mon ami, le compositeur d’origine new-yorkaise Gérard Pape, vient de publier une nouvelle vidéo musicale, tirée d’un spectacle donné le 19 septembre 2020 à Ivry-sur-Seine, ville où Artaud acheva son parcours terrestre. Pour en savoir plus sur l’artiste:

Gérard Pape — Wikipédia (wikipedia.org)

ENTRETIEN AVEC PATRICK BÉGUINEL SUR RADIO ACTIV’. MARS 2021 (VLOG 7)

… Chers lecteurs, chers amis,

J’ai décidé de reprendre ma chaîne YouTube, et de produire un vidéo mensuelle. Ce septième vlog vient donc à la suite des précédentes productions (fortement imparfaites, il est vrai. Je tâtonne). Il s’agit d’un entretien passé avec Patrick Béguinel, déjà diffusé sur PAGE PAYSAGE sous forme de fichier audio. Je produirai également quelques teasers promotionnels pour la collection « éléphant blanc ». Les liens utiles sont donnés en description.

BALZAC, NAPOLÉON DES LETTRES… (MÉMOIRE DES POÈTES )

En majesté sur son étagère Ikéa!

… Comme quoi on peut être petit, gros, endetté, mal aimé par sa maman, réactionnaire, mourir jeune, bling-bling, mais coucher avec de belles princesses polonaises et marquer l’histoire littéraire.

« LA POSSIBILITE D’UNE ÎLE (MICHEL HOUELLEBECQ) : DU LIVRE AU FILM » (ARTICLE PARU DANS « DIÉRÈSE » 42, AUTOMNE 2008).

  Au secours, Houellebecq revient ! : trois ans après sa parution, le titre du livre d’Eric Naulleau[1] semble plus que jamais d’actualité.  Adaptant lui-même La possibilité d’une île, publié en 2005, la star des lettres françaises fait une nouvelle fois couler beaucoup d’encre, suscite les passions, enflamme nombre de détracteurs. Refusant bien des interviews, légèrement désabusé, l’auteur constate, dans un entretien accordé à Technikart, que la presse française ne « l’aime pas ». C’est là un doux euphémisme : de « la possibilité du nul » à « la possibilité du vide » en passant par « la possibilité du bide », le « navet » annoncé par Libération, sorti le 10 septembre, aura essuyé les pires critiques.

Houellebecq cinéaste ?

  Beaucoup se sont étonnés de voir Houellebecq faire un film. Pourtant il ne s’agit pas tout-à-fait d’un débutant. Ex-élève de l’Ecole Louis Lumière, l’écrivain a tourné plusieurs courts métrages, comme Cristal de souffrance, au cours de ses études ou La Rivière, produit par Canal + en 2001. Ce premier long métrage ne constitue donc pas, au sens strict, un coup d’essai. Houellebecq a manifesté à plusieurs reprises son désir de passer derrière la caméra. Ayant collaboré à l’adaptation d’Extension du domaine de la lutte, tourné par Philippe Harel (ici conseiller technique), en 2000, Houellebecq aurait voulu poursuivre l’expérience avec Les particules élémentaires, portées à l’écran par l’Allemand Oskar Roehler en 2006, au grand dam de l’auteur.

Du livre…

  Peut-on, cependant, parler ici d’adaptation ? Par bien des aspects, le scénario s’écarte du roman. L’intrigue a évolué, paraît, en quelque sorte, simplifiée. Livre à clef, ouvrage d’anticipation, La possibilité d’une île met en scène deux personnages essentiels : Daniel 1 et Daniel 25. Daniel 25 constitue en quelque sorte la réincarnation de Daniel 1, plusieurs siècles après… Comique cynique et outrancier, Daniel 1 connaît un immense succès. Ayant rencontré des Elohimites, secte fortunée, dirigée par un gourou très proche de Raël, basée en Espagne, l’artiste accepte la perspective d’un clonage. Le parcours de Daniel 1 s’achève brutalement : dépressif suite à une rupture sentimentale, le héros passe un ultime appel depuis une cabine, quand survient une catastrophe planétaire, non identifiée. La deuxième et dernière partie du roman nous plonge en pleine science-fiction. Vingt cinquième avatar cloné de Daniel 1, Daniel 25, dont nous avons lu les interventions dans les précédents chapitres, quitte le bâtiment protégé, retraite des néo-humains, pour parcourir la Terre, vaste champ de ruines, entièrement détruit par les guerres nucléaires et les désastres écologiques. Croisant ce qui reste de l’humanité, soit quelques survivants à l’état sauvage, Daniel 25 retrouvera la mer, et connaîtra un long moment d’apaisement.

  Une telle conclusion correspond naturellement au pessimisme de Houellebecq, lecteur de Schopenhauer, qu’il se plaît à citer, notamment lors d’un travail réalisé à l’occasion de la Biennale Internationale d’Art contemporain de Lyon, en 2007. Fidèle au nihilisme du philosophe, l’écrivain de la décadence démonte un par un les grandes « valeurs » de la civilisation : l’amour est considéré comme un leurre, les rapports humains se réduisent aux luttes d’intérêts… Seule la contemplation esthétique, la vue de la mer, à la fin du roman, la lecture de « La mort des pauvres » de Baudelaire, peuvent apporter un soulagement, l’extinction du désir, douloureux, l’abolition momentanée du « vouloir-vivre » schopenhauerien, l’ataraxie. à ce titre, la disparition d’une Humanité nécessairement souffrante, par ailleurs inéluctable, devient presque souhaitable. C’est la deuxième partie de La possibilité d’une île.

…  au film

  Le scénario garde quelques grandes lignes de ce schéma romanesque. Nous retrouvons en tous cas un prophète, incarné par Henry Bauchau, mais qui cette fois prêche en zone commerciale, accompagné d’un jeune assistant, Daniel, interprété par Benoît Magimel. Délaissant le gourou, Daniel le retrouve quelques années plus tard, à la tête d’une véritable communauté, apparemment en Espagne, comme dans le livre. La fin du film est d’ailleurs très proche de celle de l’ouvrage. Daniel marche sur une planète désolée, suivi de loin par une mystérieuse jeune femme noire, ultime avatar de l’amante du héros (?). Certains éléments évoquent Lanzarote. Récit à la première personne publié en 2000 chez Flammarion, Lanzarote décrit le voyage d’un cadre fatigué. Parti seul en vacances sur une île espagnole méconnue, celui-ci rencontre Rudy, inspecteur belge pédophile, qui sera rattrapé par la justice. Nous retrouvons dans le film un commissaire wallon, croisé au cours d’un séjour-club hispanique, de même que les paysages volcaniques désolés, décors de la nouvelle… Les similitudes s’arrêtent là.  En tous cas Houellebecq s’est bel et bien écarté de la trame de La possibilité d’une île. Bien qu’il porte le même prénom, le héros du long-métrage n’a quasiment rien à voir avec celui du livre (un comique), les histoires d’amour, qui occupent une place centrale dans l’imprimé, sont ici absents, de même que les scènes sexuelles, nombreuses… On ne peut donc véritablement parler d’adaptation, ce qui semble avoir déconcerté, voire déçu, certains critiques.

Une tentative avortée ?

  Doté d’une vaste culture cinématographique, Houellebecq a fait plusieurs fois l’éloge du cinéma muet de Murnau, Buster Keaton… Le scénario laisse ici peu de place aux dialogues. Il s’agit avant tout d’échanges banals, elliptiques, sans grande portée métaphysique, ce qui a d’ailleurs été reproché à l’homme de lettres… Photographe amateur, comme on peut s’en apercevoir sur son blog, l’auteur pratique avant tout un cinéma d’images. Certaines prises sont superbes, notamment cette vue aérienne d’une carrière, ou encore d’un volcan, à la fin (souvenir du Stromboli de Rossellini ?). Hormis ces quelques réussites, La possibilité d’une île laisse une impression d’inachèvement. La mise en scène ne convainc pas. Mal dirigés, Henry Bauchau et Benoît Magimel, pourtant bons acteurs, jouent de façon terne, artificielle… L’intrigue, sans grande cohérence, ne paraît qu’un pâle reflet du roman. Le film semble inachevé : qui êtes cette mystérieuse jeune femme noire ? Pourquoi Daniel erre t’il au milieu d’une planète désolée ? Le spectateur, qui n’a pas lu l’ouvrage, a de quoi rester sceptique…

  Sans aller jusqu’à mépriser cette production, à lui dénier toute valeur, l’on ne peut que difficilement souscrire aux louanges des Inrockuptibles, ou de F. Beigbeder. En bref, mieux vaut lire La possibilité d’une île que de voir le film. Manifestement plus à l’aise à l’écrit, Houellebecq vient d’ailleurs de sortir un nouvel opuscule, recueil d’une correspondance avec Bernard-Henry Levy, Ennemis publics, nouveau coup littéraire et médiatique orchestré par Flammarion.


[1] Chiflet&Cie, Paris, 2005.

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