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Accueil » Non classé » POINT OMÉGA, Don DeLillo, traduit de l’américain par Marianne Véron, Actes Sud, 2010 (note de lecture parue dans « Diérèse » 51, Hiver 2010)

POINT OMÉGA, Don DeLillo, traduit de l’américain par Marianne Véron, Actes Sud, 2010 (note de lecture parue dans « Diérèse » 51, Hiver 2010)

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New York, MOMA (Museum of Modern Arts). Chaque jour, un inconnu vient visionner 24 hours Psycho, version ralentie du célèbre film d’Hitchcock, réalisée par le plasticien Douglas Gordon. Bien loin de là, dans le désert californien, Richard Elster, un vieil universitaire pessimiste spécialiste de géopolitique, répond de mauvais gré aux questions du jeune cinéaste marginal James Finley. Venue les rejoindre, Jessie, la fille d’Elster, échange diverses banalités avec Finley, avant de disparaître définitivement lors d’une randonnée. Pendant ce temps, le spectateur anonyme du MOMA discute avec une étudiante, sans parvenir à un contact réel.

            Que signifie ce bref et étrange roman ? Loin des vastes fresques historico-réalistes Americana ou Cosmopolis, Point Oméga apparaît comme une lente quête de sens, à travers des personnages eux-mêmes murés dans leur propre solitude, soumis aux affres de l’incommunicabilité. Perdu dans sa contemplation muette, le cinéphile ne réussit pas à nouer le moindre rapport avec le monde extérieur, et le visionnage obsessionnel de 24 hours Psycho ne lui fournit nulle réponse existentielle. De même, Richard et Jessie Elster n’établissent aucun véritable échange, et Finley n’arrive pas à se lier à eux. Progressivement, la conversation s’éteint pour laisser place à l’angoisse du vide.

            Reste, dès lors, la beauté des images et la pureté de l’évocation. À défaut de l’expliquer, de fournir une quelconque solution, Don DeLillo décrit le monde en phrases sobres, parfois lyriques, comme pour atténuer la souffrance et le désespoir : Parfois le vent vient avant la pluie et fait envoler les oiseaux devant la fenêtre, des oiseaux fantomatiques qui parcourent la nuit, plus étranges que des rêves (p. 139). Point Oméga, un livre profond, singulier et mélancolique.


Un commentaire

  1. Un lecteur simple dit :

    « La beauté des images et la pureté de l’évocation », cela donne envie de découvrir ce roman, aux thématiques profondes qui ne sont pas étrangères à une certaine mélancolie qui semble quelque peu énigmatique, aux accents beckettiens?

    Aimé par 1 personne

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