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Accueil » Andrieu Catherine » « À FLEUR DE PEAU », CATHERINE ANDRIEU, éditions Vincent Rougier, collection « Ficelle », 2020 (CRITIQUE)

« À FLEUR DE PEAU », CATHERINE ANDRIEU, éditions Vincent Rougier, collection « Ficelle », 2020 (CRITIQUE)

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   Ces jours-ci sort le nouveau recueil de Catherine Andrieu, aux éditions Vincent Rougier. Comme annoncé sur les réseaux sociaux, votre serviteur en a écrit la préface (reproduite ci-dessous).

Site de l’éditeur Vincent Rougier

Site de Catherine Andrieu

andrieu

 

  Une poésie de la mémoire…  Ainsi pourrions-nous qualifier ce nouveau recueil. Dans la lignée du premier opuscule publié[1], Catherine Andrieu se livre à une forme de confession en vers libres, évoquant les différents âges de sa vie, et plus particulièrement l’enfance, qu’il s’agisse de chimères griffonnées, portes vers l’imaginaire, ou de souvenirs plus réels, souvent plus douloureux : À l’école le Monsieur/N’a pas le droit de te toucher/Là, tu sais, entre les jambes. On ne saurait, pour autant, parler d’autobiographie au sens strict, soit d’un récit ordonné et exact, avec un début et une fin. Sous la lumière tout est flou, et, de fait, la chronologie semble totalement bouleversée, comme si l’auteur nous livrait un flux de conscience d’où la notion de temporalité, d’exactitude, semblait bannie. Les souvenirs se télescopent, se confondent, s’entremêlent en un subtil maelstrom brassant époques, figures, et lieux. Tantôt, nous voici dans la chambre de la maison familiale, tantôt nous sniffons de la poudre blanche, au milieu du rêve. Ut pictura poesis, le tout s’incarne en une série de tableaux plus ou moins précis, parfois de simples croquis littéraires. Peinture et écriture demeurent indissociables chez Catherine, poète ET plasticienne.

  Les allusions, les histoires, semblent nimbées de mystère, et demanderaient une initiation. Parfois un étrange mysticisme affleure, notamment à travers cette singulière prêtresse africaine, prêchant dans le désert…Que signifie ? S’il nous est interdit de tout comprendre, il reste permis de se laisser porter par les mots, la métaphore. Car le ton, lui, demeure simple. La plume procède de la pure figuration, refuse l’abstraction, la complication. Limpide, le style de Catherine tend parfois vers la naïveté, sinon le prosaïsme. Mais ni cette douce musicalité, ni le lyrisme, ni la construction d’un monde, ni les réminiscences heureuses, ne semblent prémunir du désespoir. Les jouets sont partis, les chats, chers compagnons, sont emportés, la cocaïne n’est que vaine pharmacopée, l’amour échoue, et, dès l’enfance, la magie s’est envolée : À dix ans, je ne crois pas en toi ! Si, pour reprendre Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible est rassasier, comment survivre ? La culture, les rêveries de monsieur Hugo, les œuvres de Dali, ou la mythologie antique, très présente chez Catherine, apportent un baume. Et plus encore la poésie, si elle ne guérit complètement, demeure un compromis, une voie lucide, l’unique exutoire : Je ne suis pas belle ma jeunesse se fane/Mais j’ai le secret du cœur et de l’Univers/Gravé sur le visage et les mains/Et les bêtes m’écoutent aussi/À  fleur de peau.

[1] Poèmes de la mémoire oraculaire, éditions du Petit Pavé, 2010.


4 commentaires

  1. alain.roussel10 dit :

    Merci de l’info. J’aime bien la collection « Ficelle » et son élégante présentation.Amicalement, AlzinEnvoyé depuis mon appareil mobile Samsung.

    Aimé par 1 personne

  2. Un lecteur simple dit :

    Bonjour!
    Merci pour ce partage…
    J’aimerais commenter :
    « Et plus encore la poésie, si elle ne guérit complètement, demeure un compromis, une voie lucide, l’unique exutoire »
    La poésie comme « unique exutoire »… Cela fait tellement écho à bien des destinées, celles de poètes pour qui la poésie est l’unique exutoire, l’objet de leur survie… tels ces trois poètes maudits du début du 20ème siècle, surréalistes de la première cuvée, Arthur Cravan, Jacques Vaché, Jacques Rigaut ou bien encore Francis Giauque… Sans compter d’autres moins connus ou d’illustres anciens…Les (trop) nombreux suicidés de la littérature…
    Un peu de lumière?

    Aimé par 1 personne

    • Dans le cas de mon amie Catherine, qui souffre psychiquement (je développe dans le prochain mail), il est bien évident que la poésie constitue en effet un exutoire, une sorte de thérapie, comme elle en convient elle-même… Maintenant, est-ce que les poètes souffrent davantage que les simples quidams? Non, je ne le crois pas. Disons qu’ils ont les moyens, le talent, d’évoquer cette souffrance.

      J'aime

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