PAGE PAYSAGE

Accueil » 2018 » juillet » 24

Archives du 24/07/2018

« CE LIEU SERA NOTRE FEU », PASCAL MORA, éditions Unicité, 2018, Itzpapalotl, série mexicaine, 9.

  Ce mois-ci nous ne faisons pas appel à notre amie Claudine Sigler, animatrice principale de la rubrique mexicaine « Itzpapalotl », dont nous avons chroniqué le dernier recueil ce mois-ci (cf. plus bas, ou plus haut). En revanche nous citons Pascal Mora, un autre ami, poète et animateur du Café Poésie de Meaux, régulièrement évoqué sur le blog. Pascal a publié il y a quelques mois un troisième livre, dont nous parlerons dans le prochain Diérèse (comme toujours, l’article sera relayé sur PAGE PAYSAGE). Laissons lui donc la parole, à travers ces quelques vers qui évoquent fort justement le Mexique.

Notre critique du recueil « Paroles des forêts ».

Ce-lieu-sera-notre-feu

Tenoch, le grand prêtre mexica fit un rêve.
Le dieu de la guerre, Huitzipochtli,
Commandait à son peuple d’explorer
Tous les territoires de l’est.

De construire une cité
Au lieu où ils apercevraient
L’aigle dressé sur un nopal
Dévorant un serpent, les ailes déployées.
Tenochtitlan, la cité de Tenoch
Fut édifiée sur le lac Texcoco
Oracle, ouragan, volcan, séisme.

En tout lieu sera notre feu,
La ville épouse un lieu, son dieu symbole.
Amsterdam, ville du barrage.
Paris sur l’île, Paris la colline
Jérusalem, les cités versées côte à côte.
Lisbonne, le fleuve et l’océan
Rome des sept collines
Istanbul, pont passeur de continents. (page 25)

 

 

 

JACQUES LUCCHESI PARLE DU « BESTIAIRE » (mon propre travail, 5)

 

Ruhaud1

Jacques Lucchesi, qui dirige la maison d’édition marseillaise « Port d’attache », et qui écrit de forts beaux poèmes, vient de signer la première chronique consacrée à mon petit « Bestiaire ». Si vous suivez bien, chers lecteurs, j’ai déjà parlé du « Port d’attache » dans un précédent « Blogorama »…

jacques-lucchesi

   Dans son étude sur « Les Chants de Maldoror », Gaston Bachelard soulignait le caractère visqueux du bestiaire ducassien. On peut se demander ce que le vieux philosophe rationaliste aurait pu écrire sur le recueil d’Etienne Ruhaud, simplement titré « Bestiaire ». Car les créatures imaginaires qu’il offre à notre réflexion sont aussi – à l’exception des Centaures – de celles qui rampent et affectionnent l’élément Eau. Voici, par exemple, les biens nommés Ouranis, sortes de « nénuphars colorés qui éclairent la nuit océane », ce qui serait une très jolie chose s’ils n’étaient dotés d’une voracité à toute épreuve. Ou ces Larves dont « les œufs microscopiques forment une vague jaunâtre». Il y a aussi les Caloplans qui adhèrent irrésistiblement aux murs de votre salle de bain. Ou – pire encore – les Truffes, « cônes translucides » qui colonisent les estomacs. Mieux vaut arrêter ici la description de cet univers glauque et inquiétant dont la noirceur et l’humour froid ne sont pas sans rappeler les plus belles pages de Lovecraft. Car Etienne Ruhaud se révèle être un orfèvre du verbe. Il excelle dans la description minutieuse et érudite de ces créatures fantastiques qui semblent tout droit sorties de ses cauchemars d’enfant. On ne peut quitter qu’à la dernière page ce recueil sitôt qu’on l’a ouvert. Ce qui est d’autant plus aisé que l’ensemble ne fait, en tout et pour tout, que treize petites pages. Quelle frustration ! C’est dire que l’on attend impatiemment une suite.

L’article sur le blog des éditions du Port d’Attache (cliquer sur le lien)

Notre blogorama autour des éditions associatives du Port d’Attache

%d blogueurs aiment cette page :